Ce mercredi matin, les premiers volontaires du service national, accueillis par le 19e régiment du génie, ont officiellement signé leur contrat. Venus notamment de Marseille et de l’ouest de la France, ces 26 jeunes découvriront pendant dix mois la formation militaire, les métiers du génie et la vie d’une unité opérationnelle.
Quelques secondes avant de devenir officiellement des « sapeurs d’Afrique », les 26 jeunes volontaires étaient invités à mesurer la portée de leur décision. Réunis au 19e régiment du génie, à Besançon, ils ont signé leur contrat d’engagement pour une durée de dix mois. Les nouvelles recrues ne sont pas uniquement originaires de la région. Le groupe rassemble notamment des jeunes venus de Marseille et de l’ouest de la France. Des parcours et des horizons différents qui devront désormais se rejoindre autour d’une même formation et d’un engagement commun.
« C’est un moment symbolique et j’aimerais que vous en profitiez », leur a lancé le colonel Guillaume Levasseur, chef de corps du 19e régiment du génie. Celui-ci ne cache pas son « immense fierté » de voir une partie de la jeunesse choisir de servir sous l’uniforme. Cette signature marque le début d’un parcours au cours duquel les volontaires vont progressivement découvrir les exigences de la vie militaire, les compétences du combattant et les différentes spécialités du génie.
L'interview de la la rédaction : Colonel Guillaume Levasseur
Un mois de formation initiale
Les jeunes commenceront par un mois de formation initiale du soldat. Ils apprendront les règles essentielles de la vie militaire, les codes de l’institution et les premiers savoir-faire du combattant. Une deuxième période, plus technique, sera ensuite consacrée aux métiers du génie. Les volontaires pourront alors être répartis dans différentes compagnies, selon leurs aptitudes, leurs centres d’intérêt et les besoins du régiment. Ils seront notamment initiés au maniement des armes et aux tactiques élémentaires. Ils devront apprendre à trouver leur place au sein d’un dispositif et à évoluer avec un groupe de combat. Le régiment entend également leur transmettre le goût de l’effort et du dépassement de soi.
La progression sera adaptée au niveau physique de chacun. « On ne naît pas soldat, on le devient », a rappelé le colonel Guillaume Levasseur. L’encadrement, constitué de personnels expérimentés du régiment, doit accompagner chaque volontaire dans son apprentissage. L’instruction est annoncée comme exigeante, mais également progressive et bienveillante. « Le moral pourra connaître des hauts et des bas. Accrochez-vous et serrez-vous les coudes », a conseillé le chef de corps aux jeunes avant la signature des contrats.
L'interview de la la rédaction : Colonel Guillaume Levasseur
Une possible mission de protection
Si la programmation opérationnelle le permet, les volontaires pourraient participer à une mission de protection sur le territoire national. Cette première expérience opérationnelle devrait constituer l’un des moments marquants de leur parcours. Ils pourront ensuite intégrer différentes compagnies et découvrir au plus près le quotidien des militaires du 19e régiment du génie. Avec environ 1.360 personnels et de nombreuses spécialités, l’unité constitue à la fois un outil de combat, une importante organisation et une communauté humaine.
« Un régiment, c’est une équipe soudée qui s’entraide dans l’adversité », insiste le colonel Guillaume Levasseur. La formation ne se limitera donc pas à l’acquisition de techniques. Elle devra aussi permettre aux jeunes de développer l’esprit de corps, la solidarité et la camaraderie. Au fil des exercices et des difficultés rencontrées, des liens particuliers devraient se créer entre des volontaires qui ne se connaissaient pas avant leur arrivée. Ils vont apprendre à se découvrir dans l’épreuve et à développer des liens de fraternité, espère le chef de corps.

Une décision mûrement réfléchie
Parmi les nouveaux engagés figure Romain. Avant de signer, le jeune homme explique avoir longuement pesé le pour et le contre et beaucoup échangé avec ses parents et sa famille. « Ce que je recherche en rejoignant le service national, et plus largement l’armée, c’est un véritable environnement de respect », confie-t-il. Il souhaite trouver une hiérarchie structurée, dans laquelle les ordres donnés ont un sens, mais également acquérir des compétences susceptibles de lui servir à l’avenir. Son arrivée au régiment marque pour lui le début d’une période de découverte. Dès le lendemain de la signature, les jeunes doivent recevoir leur paquetage et entrer plus concrètement dans la vie militaire. Romain envisage déjà de prolonger cette expérience. Son objectif est de poursuivre son engagement au sein du 19e régiment du génie après les dix mois de service national. « Si je suis retenu, ce sera avec grand plaisir que je continuerai mon parcours dans ce régiment », affirme-t-il.
L'interview de la rédaction :
« Donner le meilleur de soi-même »
Pour Yanis, cette signature revêt une dimension familiale particulière. Soutenu et encouragé par ses proches, il s’est ensuite tourné vers le Centre d’information et de recrutement des forces armées, le Cirfa, afin de construire son projet. « C’est familial, donc cette signature représente pour moi un très grand moment », explique-t-il. Son engagement ravive des souvenirs liés à sa famille et prolonge une histoire personnelle avec l’institution militaire. Comme Romain, Yanis se dit déjà prêt à envisager la suite. Interrogé sur son état d’esprit au moment de rejoindre le régiment, il répond sans hésiter : « Je suis content d’être là . Il faut donner le meilleur de soi-même".

Plusieurs possibilités après les dix mois
À l’issue de cette période, plusieurs orientations seront possibles. Les jeunes pourront rejoindre l’armée comme engagés volontaires, intégrer la réserve opérationnelle ou retourner à la vie civile en devenant des relais de l’esprit de défense. Le temps passé au titre du service national pourra être pris en compte pour ceux qui choisiront de poursuivre leur carrière militaire. Le 19e régiment du génie, qui dispose de nombreuses offres d’emploi, espère naturellement convaincre certains volontaires de rester dans ses rangs. Aucun objectif chiffré de recrutement n’a cependant été fixé. « Je n’ai pas de contrat de conversion de ces jeunes en engagés volontaires », précise le colonel Guillaume Levasseur. Le régiment veut avant tout leur proposer une expérience susceptible de servir de tremplin.
Pendant dix mois, ces volontaires venus de différentes régions devront apprendre à vivre collectivement, à assumer de nouvelles responsabilités et à se dépasser. Pour Romain, Yanis et leurs camarades, la signature du contrat constitue désormais le premier acte concret de cette nouvelle vie sous l’uniforme.
L'interview de la la rédaction : Colonel Guillaume Levasseur
La Ville de Salins-les-Bains a signé une convention de partenariat avec la 1ʳᵉ division de l'armée de Terre afin de renforcer les liens entre la commune, les militaires et leurs familles. Cet accord vise notamment à faciliter l'installation des militaires sur le territoire, à promouvoir les métiers de la Défense auprès des jeunes et à développer des actions communes autour de la citoyenneté, de la mémoire et de l'engagement. La municipalité entend également renforcer l'attractivité de la commune grâce à ce partenariat.
Le 13e régiment du génie, basé à Valdahon, participera au défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Élysées, à Paris, sous les ordres du colonel Pierre-Yves Mesplède. Cette présence mettra à l'honneur l'engagement des sapeurs du régiment au service des forces armées françaises. L'édition 2026 du défilé réunira un nombre particulièrement important de militaires, illustrant le renforcement des capacités des armées françaises et de la coopération avec leurs alliés européens.
A Besançon. Le 19e régiment du génie vivra un moment important de son histoire ce mardi 23 juin Après deux années à la tête du régiment, le colonel Clément Torrent transmettra officiellement le commandement au colonel Guillaume Levasseur, qui dirigera l'unité pour les deux prochaines années. Cette cérémonie marquera la fin d'un commandement particulièrement dense sur le plan opérationnel. Sous les ordres du colonel Torrent, les sapeurs du 19e RG ont été engagés sur de nombreux théâtres : Roumanie, Estonie, Liban, Guyane, Golfe persique, territoire national et surtout Mayotte après le cyclone Chido, où ils ont participé pendant plusieurs mois à la reconstruction d'infrastructures essentielles.
Un régiment tourné vers la haute intensité
Le colonel Guillaume Levasseur arrive dans un contexte de transformation profonde de l'armée de Terre. Le 19e RG est appelé à jouer un rôle majeur dans la préparation des forces engagées dans les conflits de haute intensité. L'officier entend poursuivre la modernisation engagée ces dernières années. Le régiment dispose désormais d'équipements entièrement renouvelés et développe de nouvelles capacités dans les domaines des drones, de l'intelligence artificielle, du déminage et du franchissement. Parmi les priorités du nouveau chef de corps figurent trois axes : l'innovation, le retour d'expérience opérationnel et le facteur humain. « La technologie est essentielle, mais ce sont toujours les hommes qui feront la différence », souligne le colonel Levasseur.
L'interview de la rédaction : Colonel Guillaume Levasseur, nouveau chef de corps du 19è régiment du génie
L'interview de la rédaction : Colonel Clément Torrent

Les colonels Clément Torrent et Guillaume Levasseur
De nouveaux équipements et des compétences inédites
Le régiment poursuit l'acquisition de matériels de nouvelle génération. Quatre systèmes de déminage de zone téléopérés sont déjà en service et un nouvel engin de bréchage mécanique téléopéré doit prochainement rejoindre les rangs du régiment. Ces équipements s'accompagnent d'une montée en compétences des militaires. Une section dédiée à l'expérimentation et à l'innovation a notamment été créée afin de tester de nouveaux usages des drones aériens et terrestres ainsi que les moyens de lutte anti-drones. Le colonel Levasseur souhaite également renforcer les partenariats avec les entreprises innovantes capables de proposer des solutions adaptées aux besoins opérationnels du régiment.
Une grande évaluation attendue à l'automne
Parmi les premières échéances figure l'exercice majeur Doumenc, organisé en novembre à Moumelon, dans la Marne. Le poste de commandement du régiment y sera évalué par la Brigade du Génie. Près de 500 militaires devraient être mobilisés lors de cet exercice de grande ampleur consacré à la zone arrière du champ de bataille, devenue un enjeu stratégique des conflits modernes. Une seconde évaluation, baptisée Antares, viendra ensuite mesurer la capacité opérationnelle globale du régiment.
Le 14 juillet sur les Champs-Élysées
Autre rendez-vous symbolique : la participation du 19e RG au défilé militaire du 14 juillet à Paris. Le régiment représentera la Brigade du Génie au sein du Commandement des actions et de la logistique terrestre (CALT). Le nouveau chef de corps prendra place à bord d'un véhicule du défilé. À ses côtés se trouveront le président des sous-officiers du régiment et sa fille, caporale au sein du génie militaire. Respectivement chef de bord et pilote du véhicule, ils illustreront la transmission des valeurs militaires entre générations. Cette jeune militaire de bientôt 26 ans a rejoint l'armée il y a quatre ans. Inspirée par le parcours de son père, elle sert aujourd'hui dans une compagnie de combat du génie. Leur présence commune dans le même véhicule a été voulue comme un symbole fort de transmission et d'engagement familial.
L'interview de la rédaction : Colonel Guillaume Levasseur
Le Service national, l'un des grands défis de la rentrée
Parmi les premières missions du colonel Levasseur figure également l'accueil d'une section du Service national dès le mois de septembre. Le 19e RG recevra 30 jeunes volontaires âgés de 18 à 25 ans pour une durée de dix mois. Le programme comprendra une formation militaire initiale et complémentaire durant les deux premiers mois, suivie d'une période d'engagement sur le territoire national, principalement dans le cadre de l'opération Sentinelle. Les volontaires pourront ensuite se spécialiser selon leurs centres d'intérêt et leurs compétences : combat du génie, génie travaux, soutien au déploiement des forces, drones ou encore fonctions administratives et ressources humaines.
Le régiment souhaite faire de cette année une véritable expérience de découverte et de responsabilisation. Les jeunes pourront valoriser certaines compétences acquises dans leurs études ou leurs activités personnelles. À l'issue de leur parcours, plusieurs possibilités s'offriront à eux : retour aux études, insertion dans la vie professionnelle, engagement dans la réserve opérationnelle ou poursuite d'une carrière dans l'armée d'active.
Actuellement, une vingtaine de places sont déjà pourvues et une dizaine restent disponibles. Les candidats pourront provenir de toute la France. Hébergés, nourris et logés gratuitement au régiment, ils ne sont pas forcément issus de Franche-Comté. Pour le lieutenant-colonel Nicoilas, l'objectif est clair : « offrir une expérience qu'ils ne pourraient vivre nulle part ailleurs » et faire découvrir les nombreux métiers du génie militaire. Le colonel Torrent estime de son côté que le succès du dispositif reposera désormais sur la qualité de l'encadrement : « Les jeunes ont fait leur part en s'engageant. À nous maintenant de bien les former, de bien les employer et de leur donner envie de poursuivre l'aventure ». Le régiment espère ainsi former de futurs ambassadeurs de l'armée de Terre, qu'ils choisissent ou non de poursuivre un parcours militaire.
L'interview de la rédaction : le lieutenant-colonel Nicolas, chef du bureau ressources humaines du régiment
Une transition préparée de longue date
Le colonel Levasseur connaît déjà bien son futur régiment. Affecté à la 1re Division, il travaille depuis plusieurs mois avec son prédécesseur afin de préparer cette transition. « On ne commande un régiment que pendant deux ans, mais le régiment lui, continue avant et après nous », rappelle-t-il. De son côté, le colonel Clément Torrent quittera Besançon pour prendre, dès le 2 juillet prochain, le commandement du Groupement de recrutement et de sélection de Lyon. Il sera chargé du recrutement militaire sur une vaste zone allant de Nevers à Ajaccio, en passant par Nice et Perpignan, avec pour objectif le recrutement de 5 000 personnes par an.
Une nouvelle mission après deux années particulièrement intenses à la tête du 19e régiment du génie, qui s'apprête désormais à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire.
Ce matin, sept jeunes hommes et femmes, âgés de 18 à 25 ans, originaires de toute la Franche-Comté, sont venus officialiser leur engagement dans l’armée de Terre. En présence d’autorités militaires et de la maire de Besançon, Anne Vignot, ils ont apposé leur signature sur un contrat qui changera le cours de leur vie. Cette cérémonie d’engagement, désormais bien ancrée dans le paysage local, marque le passage d’une décision intime à un acte public. Les familles, parfois émues, ont assisté à ce moment qui cristallise mois de réflexion et de préparation.
Un engagement mûri, accompagné et solidement encadré
Responsable du recrutement pour tout le Nord-Est, le colonel Jean-Baptiste Gailhbaud, commandant du Groupement de Recrutement et de Sélection Nord-Est, suit attentivement le parcours de ces jeunes. « Ils sont sept aujourd’hui, mais derrière chacun d’eux il y a un cheminement personnel et un accompagnement rigoureux. Rien n’est laissé au hasard », rappelle-t-il. Contrairement à certaines idées reçues, l’armée n’attire pas uniquement par impulsion ou par effet d’image. Chaque candidat passe par un Centre d’Information et de Recrutement des Forces Armées (CIRFA) où il bénéficie du suivi d’un conseiller dédié. « On ne vend pas du rêve. Ce serait contre-productif. Nous devons préparer le jeune à son futur métier, à ses exigences comme à ses réussites possibles », insiste le colonel. Entre tests médicaux, évaluations sportives, entretiens d’orientation et choix d’une spécialité, les futurs soldats entrent dans un processus attentif, pensé pour leur permettre de trouver la place qui leur correspond.
L'interview de la rédaction : colonel Jean-Baptiste Gailhbaud, commandant du Groupement de Recrutement et de Sélection Nord-Est

Des profils variés, des ambitions multiples
Les sept engagés de ce matin se destinent à des métiers très différents. Parmi eux, certains rejoindront également des unités en appui, notamment l’USID, l’Unité de Soutien de l’Infrastructure de la Défense, dont une antenne est implantée à Besançon. Cette structure, souvent méconnue du grand public, est pourtant essentielle. Elle est chargée de l’entretien des bâtiments militaires, de la gestion des infrastructures stratégiques, du soutien technique et logistique des sites de défense et de la conduite de projets immobiliers liés aux armées.
Une nouvelle vie qui commence… dès cet après-midi
Si la cérémonie avait des airs d’instant suspendu, la transition vers la vie militaire est, elle, immédiate. « La plupart prennent directement le train pour rejoindre leur unité. On est dans une salle solennelle, et quelques heures plus tard, ils passent les portes de leur régiment. Une nouvelle vie commence pour eux », explique le colonel Gailhbaud. Ce changement de rythme est voulu : plonger rapidement les jeunes engagés dans leur environnement, leur permettre de rencontrer leurs cadres et camarades, et entamer leur formation générale initiale. Celle-ci dure plusieurs semaines et marque le véritable début de leur carrière militaire.

Un engagement qui séduit toujours
La présence de sept jeunes Francs-Comtois ce matin n’est pas anecdotique : elle illustre une tendance nationale. Malgré un contexte social et économique mouvant, l’armée de Terre continue d’attirer. « Ces jeunes ont envie de s’engager, et ils ne sont pas seuls. Le nombre de candidatures reste élevé. Il y a une vraie volonté de servir et de trouver un cadre porteur », observe le colonel. Pour nombre d’entre eux, l’armée représente un projet professionnel solide, offrant stabilité, formation, progression et cohésion. Pour d’autres, c’est un choix de valeurs, une envie de se mettre au service de la collectivité ou de se dépasser.

Un partenariat local fort avec la Ville de Besançon
La tenue de la cérémonie à l’Hôtel de Ville n’est pas anodine. Elle symbolise le lien entre la communauté militaire et la population civile. La maire, Anne Vignot, a rappelé dans son intervention l’importance de ce partenariat et l’honneur pour la Ville d’accueillir ces moments d’engagement républicain.
Entre fierté et appréhension, des jeunes prêts à franchir le pas
Au-delà des discours, il restait ce matin des regards chargés d’émotion : la fierté des familles, la détermination des jeunes, parfois mêlée d’un peu d’appréhension. Une génération qui choisit son avenir en uniforme, prête à entrer dans les rangs d’une institution exigeante mais formatrice. En franchissant les portes de l’Hôtel de Ville, contrat signé, ces sept jeunes Francs-Comtois ont posé un premier pas décisif. Le suivant les attend, quelques heures plus tard, au seuil de leur régiment. Et pour chacun d’eux commence désormais une histoire singulière au service de la France.
L'interview de la rédaction : Vincent, ingénieur principal militaire d'indrastructure à l'Unité de Soutien à l'Infrastructure de la Défense (USID) de Besançon
L'interview de la rédaction : François, jeune ingénieur de 29 ans, qui vient de s'engager au sein de l'USID bisontin
Plus grand régiment de la Force opérationnelle terrestre, le 19ᵉ Régiment du Génie détaille sa feuille de route entre transformation interne, innovations et engagements opérationnels soutenus. Le 19ᵉ RG, qui compte près de 1800 hommes et s’étend sur trois zones Besançon, Mourmelon et Canjuers, a dévoilé ses perspectives pour les mois à venir : réorganisation organique, avancées majeures dans le génie de combat – du franchissement aux drones en passant par la robotique – et montée en puissance de la réserve. Le régiment reste le plus important de la Force opérationnelle terrestre (FOT) et l’un des plus sollicités en opérations extérieures comme sur le territoire national.
Organisation : retour de la 11ᵉ compagnie et création d’une 6ᵉ compagnie de réserve
L’année 2025 marque un tournant pour la structure interne du 19ᵉ RG. La 11ᵉ compagnie d’instruction est recréée afin de renforcer la formation des jeunes recrues, dans un contexte de fort renouvellement des effectifs. En parallèle, le régiment crée une 6ᵉ compagnie de réserve, cette fois spécialisée dans les savoir-faire essentiels du génie : franchissement, travaux lourds, appuis techniques. Cette montée en puissance s’accompagne d’un élargissement des partenariats et d’un ancrage territorial renforcé.
L'interview de la rédaction : le Colonel Clément Torrent
2025, une année d’engagement intense en France et à l’étranger
Le 19ᵉ RG affiche en 2025 un taux d’engagement dépassant 35 % de ses effectifs en posture opérationnelle – un record dans l’armée de Terre. Des opération ont été menées en Roumanie, un engagement continu depuis 2022, à Mayotte, au cœur de la reconstruction post-cyclone et au Liban et en Estonie. En France, le régiment a assuré des missions régulières dans le cadre de Sentinelle, des renforts importants dans la lutte contre les feux de forêt, avec la mission Héphaïstos et des travaux structurants sur plusieurs camps militaires.

2026 : trois exercices majeurs pour préparer la haute intensité
L’année 2026 s’annonce déterminante pour la préparation opérationnelle du 19ᵉ RG. Ainsi, l’opération Servus 2026 réunira 250 militaires, dont la moitié issus de la réserve, en Alsace. Il sera conçu et commandé par des officiers de réserve, signe de leur montée en responsabilité. Par ailleurs, 500 sapeurs seront déployés durant trois semaines sur le camp de La Courtine, pour un entraînement complet de l’ensemble des compagnies. Enfin, Orion 2026, en appui au franchissement dans un exercice national. Le 19ᵉ RG apportera ses capacités de franchissement sur un dispositif s’étendant de l’Yonne à la Marne.
Innovations : franchissement léger, fortifications discrètes, drones et robot déminage
Le régiment mène plusieurs projets qualifiés de « game-changers » pour le génie de combat. Dans le cadre des opération de franchissement nouvelle génération, afin de créer des moyens plus légers, montables à la main, nécessitant très peu de personnel, mais capables de supporter des véhicules lourds. Des industriels viendront prochainement présenter leurs solutions modulaires en matériaux plastiques. Le domaine de la fortification. Le 19ᵉ RG explore de nouveaux matériaux permettant de fortifier des positions plus vite et en réduisant la signature visuelle. Le régiment travaille également au déploiement de drones pour la reconnaissance. Enfin, le robot de déminage est dans les cartons. Le 19ᵉ RG est l’un des deux seuls régiments en France à disposer du nouveau système robotisé de dépollution. La mise en service opérationnelle est en cours.
L'interview de la rédaction : le Colonel Clément Torrent
Ressources humaines : 200 jeunes formés chaque année et une réserve dynamique
Avec un turnover de 15 à 20 %, le 19ᵉ RG forme environ 200 jeunes par an au sein de cinq formations initiales de douze semaines. La réserve opérationnelle, forte de 370 personnels, se distingue par une forte proportion d’étudiants, attirés par la souplesse et la diversité des missions. Le régiment doit recruter 80 à 100 réservistes par an pour maintenir ce niveau. Comme le rappelle le Colonel Clément Torrent, « Le réserviste d’aujourd’hui peut partir au Liban ou en opération intérieure comme n’importe quel sapeur d’active. ». Le 19ᵉ RG entretient par ailleurs des liens privilégiés avec huit Classes Défense de l’académie de Besançon, renforçant ainsi son ancrage local.
L’exercice militaire Centaurex 2025, mené cette semaine dans tout le Jura, s’achèvera par une cérémonie officielle le vendredi 31 octobre à 10 h, devant le Monument aux Morts de la Grande Guerre, place de la Chevalerie à Lons-le-Saunier.
Organisé par la 7ᵉ brigade blindée de Besançon, Centaurex mobilise 250 réservistes pour des missions grandeur nature : patrouilles urbaines, sécurisation de sites sensibles, coordination interservices. Objectif : certifier les unités dans des conditions réalistes, en lien avec les autorités locales.
Les 24 et 25 mai derniers, respectivement de 14h à 19h et de 9h à 18h, le 19ᵉ régiment du génie, basé rue Max Vuillemin, à Besançon, accueillera le public pour ses Journées Portes Ouvertes, une occasion unique de découvrir ses missions et son savoir-faire. À travers des stands et des démonstrations dynamiques, les visiteurs pourront échanger avec les sapeurs d’Afrique et participer à des ateliers immersifs. Une cérémonie militaire aura lieu le samedi 24 mai à 18h00. Elle sera marquée par la remise de la médaille d’or de la Défense Nationale avec étoile de bronze, en hommage aux actions menées durant l’opération Barkhane.
Cette année encore, le 19è régiment du génie participera au Marathon de Paris, qui se disputera ce dimanche 12 avril. Il sera représenté par 10 sous-officiers qui, pour cette nouvelle édition, courront les 42 kilomètres en treillis, avec un blessé de l’armée de terre en joëlette. En parallèle de cette course, lors du salon Run Expérience, ils proposeront également une cagnotte, dont l’argent récolté sera reversé à deux associations qui viennent en aide aux blessés de l’armée de Terre. Pour participer : https://operationhyperion.fr/hyperdon/marathon-de-paris-2025/
Ce mardi matin, à l’Hôtel de Clévans, à Besançon, 18 jeunes franc-comtois, garçons et filles ont confirmé leur souhait de rejoindre l’armée de terre. En France, l’armée recrute environ 1000 jeunes par mois. Avant d’en arriver là , ces futurs sapeurs sont passés par un temps d’informations, d’échanges et de rencontres avec le CIRFA, le bureau de recrutement militaire de Besançon. S’en est suivie une période de tests médicaux, cognitifs, sportifs et de personnalité pour déterminer les compétences et le régiment approprié. Tout au long de ce parcours, les postulants sont accompagnés par un militaire référent, auprès duquel la recrue peut obtenir des réponses à toutes ses inquiétudes et incertitudes.

Ce matin, à Besançon, ces jeunes hommes et femmes s’apprêtaient à vivre une nouvelle vie. En amont, pour que ce choix ne soit pas précipité et s’inscrive pleinement dans un parcours personnel et professionnel réfléchi, un suivi rigoureux est mis en place, avec des militaires référents. Dans quelques jours, ces jeunes sapeurs regagneront leur garnison et suivront une formation de combattant et de spécialité d’une durée de six mois. Ils deviendront des soldats à part entière. Leur affectation s’effectuera dans toute la France. Certains seront fantassins, mécaniciens ou sapeurs dans ces différents régiments s’ils choisissent de poursuivre l’aventure.

L'interview de la rédaction : Colonel Carlier, le Chef du groupement de regroupement et de sélection Nord-Est
L'interview de la rédaction : Colonel Carlier, le Chef du groupement de regroupement et de sélection Nord-Est
Le contexte international
Pas sûr que les conflits armés actuels et le contexte international incertain du moment contribuent à augmenter les effectifs militaires. Néanmoins, le Colonel Carlier, le Chef du groupement de regroupement et de sélection Nord-Est, explique que « les jeunes sont conscients des enjeux internationaux et sont sereins face à un monde plus dangereux ». Selon lui, « ils affichent une certaine maturité et comprennent que le contexte international peut nécessiter des engagements supplémentaires ».
L'interview de la rédaction : Colonel Carlier, le Chef du groupement de regroupement et de sélection Nord-Est
Les compétences recherchées
Pas question de tenter de séduire la nouvelle génération. Les militaires, qui encadrent les jeunes, décrivent la réalité du quotidien. Le général de brigade de l’Estoile, commandant en second de la 1ère division, leur promet un parcours riche et formateur, au cours duquel « le moral pourra parfois flancher ». Il a salué « leur courage et leur dévouement pour la nation française ». « L’armée recherche des jeunes avec le goût de l’effort, le sens du devoir et une appétence pour la vie en collectivité » a décrit le colonel Carlier, pour qui ces qualités permettent de former des soldats efficaces.

L'interview de la rédaction : Adrien, futur jeune sapeur
L'interview de la rédaction : chef Lilia, conseiller recrutement