L’équipementier automobile Grupo Antolin prévoit de supprimer 35 postes sur son site de TEMIS à Besançon, soit environ 10 % de ses effectifs. Annoncée au début du mois de juillet, cette restructuration intervient dans un contexte particulièrement difficile pour l’ensemble de la filière automobile. Elle doit notamment entraîner la fermeture du service d’outillage.
Un site pourtant récemment modernisé
Spécialisée dans les systèmes d’éclairage et les équipements intérieurs pour automobiles, l’entreprise espagnole est implantée à Besançon depuis 2012. Elle avait regroupé ses activités industrielles, logistiques et de recherche et développement au sein d’une usine de 22 000 m² construite sur le parc TEMIS. Cet investissement de 34 millions d’euros, présenté comme un projet d’« usine 4.0 », devait permettre de moderniser la production et de conforter durablement la présence du groupe dans la capitale comtoise. Le nouveau site, inauguré à la fin de l’année 2023, avait alors été érigé en symbole du renouvellement industriel bisontin. Moins de trois ans plus tard, Antolin invoque une baisse de son activité, des coûts fixes élevés et le poids financier des machines pour justifier cette réduction d’effectifs. Le service d’outillage devrait être particulièrement touché.
Ludovic Fagaut à la rencontre des salariés
Le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, s’est rendu dans les locaux de l’entreprise le 20 août, accompagné d’Anne Falga, vice-présidente chargée du développement économique, de l’industrie, de l’emploi, de l’insertion et de l’innovation à Grand Besançon Métropole. Les deux élus ont rencontré les équipes afin d’échanger sur les difficultés du site et sur les conséquences humaines de la restructuration. « Au-delà des chiffres, ce sont des femmes et des hommes, des compétences et un savoir-faire industriel qui sont concernés », souligne Ludovic Fagaut.
Le maire assure que les collectivités resteront « à l’écoute et disponibles » pour accompagner l’entreprise, dans la limite de leurs compétences et de leurs moyens. Il insiste également sur la nécessité, pour les élus locaux, d’être présents sur le terrain afin de mieux comprendre les contraintes qui pèsent sur l’activité industrielle.
Toute la filière régionale sous pression
La situation d’Antolin s’inscrit dans une crise plus large. La baisse des volumes produits en Europe, la transition vers les véhicules électriques, la pression exercée sur les prix par les constructeurs et la concurrence internationale, notamment chinoise, fragilisent les sous-traitants. Cette évolution est particulièrement sensible en Bourgogne-Franche-Comté, l’une des régions françaises les plus dépendantes de l’automobile. Fin 2023, la filière représentait 28 700 emplois répartis dans près de 430 établissements. Près des trois quarts de leurs effectifs travaillaient directement pour l’automobile, une proportion alors plus élevée que dans toutes les autres régions françaises. À l’échelle du groupe, Antolin affirme pourtant avoir amélioré sa rentabilité en 2025, malgré la diminution de son chiffre d’affaires. L’équipementier a parallèlement poursuivi son plan de transformation et de réduction des coûts. Il a annoncé 28 millions d’euros de dépenses de restructuration sur l’exercice.
À Besançon, la suppression annoncée de 35 postes fait donc craindre une perte durable de compétences industrielles, quelques années seulement après un investissement majeur destiné à consolider l’avenir du site.
Une filière majeure de l'emploi régional
La filière automobile demeure l'un des moteurs économiques de la Bourgogne-Franche-Comté. Fin 2023, elle représente 28.700 emplois répartis dans 430 établissements, soit 2,9 % de l'emploi régional, une part presque deux fois supérieure à celle de la filière vitivinicole (1,8 %). Elle génère 2,5 milliards d'euros de richesse, soit 3 % de la valeur ajoutée régionale, contre 1,1 % à l'échelle nationale.
Le Nord Franche-Comté, cœur historique de l'automobile
L'activité est particulièrement concentrée dans le Nord Franche-Comté, berceau historique de Peugeot, aujourd'hui intégré au groupe Stellantis. Le Doubs concentre à lui seul la moitié des salariés de la filière et 55 % de la valeur ajoutée régionale. Les grands constructeurs emploient près d'un tiers des salariés de la filière et produisent 42 % de la richesse créée. Autour d'eux gravite un important réseau d'équipementiers, parmi lesquels Forvia et Michelin, ainsi qu'un vaste tissu de sous-traitants. Un établissement sur trois est donneur d'ordre, tandis que la moitié intervient en sous-traitance.
Une spécialisation industrielle marquée
La Bourgogne-Franche-Comté se distingue par une forte présence de la métallurgie, qui représente 34 % des établissements et 20 % des emplois de la filière, des proportions nettement supérieures à la moyenne nationale. À l'inverse, les activités d'ingénierie, de commerce et plus encore d'informatique sont moins développées que dans le reste de la France.
Une filière qui prépare sa transformation
Très dépendantes de l'industrie automobile, les entreprises régionales cherchent à diversifier leurs activités. La transition vers les véhicules électriques et hybrides est déjà engagée : en 2023, un quart des établissements avaient amorcé cette évolution et un sur dix participait déjà à la conception ou à la fabrication de ces nouveaux véhicules. Parallèlement, les entreprises de la métallurgie et des autres industries prospectent de nouveaux marchés, notamment dans les secteurs de l'énergie et de l'aéronautique, afin de renforcer leur résilience face aux mutations du secteur automobile.
Le marché automobile français continue de s’enliser, avec une baisse de 12 % des immatriculations de voitures neuves en mai, comparé à la même période en 2024. Cette chute reflète un climat d’incertitude économique qui affecte l’ensemble des constructeurs, freinant la reprise espérée du secteur. La crise persistante soulève des interrogations sur l’évolution du marché dans les prochains mois.
Ce dimanche. Carlos Tavares, le patron du groupe Stellantis, qui occupait cette fonction depuis 2021, a annoncé sa démission « avec effet immédiat ». Cette décision a été prise en raison de « divergences de vues », explique le communiqué de presse du groupe. Elle a été approuvée par le conseil d’administration du constructeur. La nomination de son successeur devrait aboutir au cours du premier semestre 2025.
A partir du mois d’avril prochain, la vignette verte et l’attestation d’assurance seront dématérialisées. C’est ce qu’a dernièrement confirmé Bruno Le Maire, le ministre de l’économie. Ces documents, auxquels les forces de l’ordre pourront accéder à distance, via un fichier spécifique, ne seront plus à afficher sur le pare-brise ou à conserver dans son véhicule. Néanmoins, ils restent plus que jamais obligatoires.
Automobile. Ce mardi, à l’usine Stellantis de Sochaux, la firme Peugeot présente, en avant-première mondiale, le nouveau Peugeot 3008 de troisième génération, 100% électrique. Cette communication se tiendra dans le Mattern Lab, un tiers-lieu, servant à la fois de laboratoire et de centre de formation. C’est à Sochaux que les premiers exemplaires sont produits. Une montée en cadence est prévue. La sortie du véhicule est annoncée pour mars prochain. La production pourrait atteindre 800 véhicules par jour.