À quelques kilomètres de Besançon, le Musée Lucien Roy de Beure conserve la mémoire des conflits qui ont marqué la France depuis le XIXe siècle jusqu’aux opérations militaires contemporaines. Uniformes, lettres, photographies, objets personnels et équipements militaires composent des collections constituées presque exclusivement grâce aux dons. Derrière chaque pièce, les bénévoles cherchent surtout à raconter des parcours humains et à transmettre une histoire sans en effacer les pages les plus difficiles.
Un musée né d’une volonté de mémoire
L’histoire du lieu est intimement liée à Jean Cretin, ancien militaire engagé notamment en Indochine et en Algérie, lui-même issu d’une famille marquée par les guerres. À la fin des années 1960, les événements de Mai 68 et notamment la vision de drapeaux brûlés provoquent chez lui un déclic : il souhaite conserver les traces des conflits et la mémoire de ceux qui les ont vécus. Grâce à son important réseau dans le monde des anciens combattants, les premiers dons affluent. D’abord conservées à son domicile, les collections prennent progressivement place dans une ancienne maison de vigneron de Beure, acquise pour accueillir le futur musée. Les locaux sont aménagés à partir des années 1970, avant la création de l’association en 1983. Jean Cretin choisit de donner au musée le nom de son oncle, Lucien Roy, soldat de la Première Guerre mondiale. Fait prisonnier en 1915, le jeune homme meurt du typhus dans un camp allemand, à seulement 22 ans.
Des originaux pour raconter l’Histoire
Aujourd’hui, 98 à 99 % des collections proviennent de dons. Un principe auquel les bénévoles sont particulièrement attachés : présenter autant que possible des pièces originales. « On fait avec ce qu’on a », résume Françoise Martin, bénévole depuis une dizaine d’années et ancienne professeure d’histoire-géographie. Cette particularité signifie que certains personnages ou événements ne peuvent être évoqués aussi largement que d’autres, faute de documents. Mais elle donne aussi au musée une identité particulière. Ici, l'Histoire ne repose pas seulement sur des panneaux explicatifs. Une lettre, un uniforme, une médaille ou une photographie devient le point de départ d'un récit individuel replacé dans son époque.
L'interview de la rédaction : Françoise Martin
Du XIXe siècle à l’Afghanistan
Le parcours dépasse largement les deux guerres mondiales. L’un des plus anciens documents conservés est l’état de service, daté de 1814, d’un militaire dont le parcours avait commencé auprès des Français partis soutenir les insurgés américains contre les Britanniques avant de se poursuivre lors des campagnes napoléoniennes. Quelques pièces racontent ensuite la guerre franco-prussienne de 1870, avant les importantes collections consacrées à 1914-1918 et à la Seconde Guerre mondiale.
L’Indochine et la guerre d’Algérie occupent également une place importante, directement liée au parcours militaire de Jean Cretin. Parmi les objets présentés figurent notamment de rares tenues nord-vietnamiennes. Le musée poursuit aujourd’hui cette chronologie en aménageant un espace consacré aux OPEX, les opérations extérieures de l’armée française, avec des témoignages des engagements au Liban, en ex-Yougoslavie ou encore en Afghanistan.
Des destins derrière les uniformes
C’est sans doute là que réside l’une des forces du Musée Lucien Roy : derrière la grande Histoire apparaissent des trajectoires beaucoup plus personnelles. Le visiteur découvre ainsi le parcours d’un parachutiste engagé à Diên Biên Phu, ou encore celui des Harkis pendant la guerre d’Algérie. Les bénévoles s’attachent à contextualiser ces sujets parfois sensibles plutôt qu’à les esquiver. La place des femmes est également mise en avant. Autrefois regroupées dans une salle spécifique, elles sont désormais présentes dans les différents espaces : infirmières en Indochine, personnels des transmissions, ambulancières de la Seconde Guerre mondiale ou femmes engagées au sein des armées. Les célèbres Rochambelles, ambulancières de la 2e DB du général Leclerc, permettent notamment de rappeler le rôle joué par des femmes qui apprennent alors à conduire, soigner mais aussi entretenir et réparer leurs véhicules.
La Seconde Guerre mondiale au plus près de la Franche-Comté
Plusieurs mises en scène rendent également les collections accessibles au grand public. La Seconde Guerre mondiale est abordée à travers l’Occupation, le régime de Vichy, la Résistance, la ligne de démarcation ou encore les persécutions antisémites. La proximité avec la Suisse trouve naturellement sa place dans le parcours. Le musée évoque notamment les militaires français et étrangers qui tentent de franchir la frontière en 1940.
D’autres objets frappent immédiatement le visiteur, comme les masques à gaz conçus pour les enfants et même les bébés. Une bibliothèque portative utilisée par un officier allemand, retrouvée des décennies plus tard dans un grenier du quartier Battant à Besançon, raconte quant à elle une histoire locale faite d’Occupation, de collaboration et de drames intimes.
La Résistance franc-comtoise n’est jamais très loin. Une reconstitution évoque notamment les lieux d’interrogatoire et de torture fréquentés par des résistants bisontins, tandis que lettres de déportés, matériels radio et conteneurs destinés au parachutage d’armes complètent cette plongée dans la période.
« Dire ce qui s’est passé »
Pour Françoise Martin, transmettre cette histoire demeure plus que jamais nécessaire. L’ancienne enseignante constate notamment l’intérêt des enfants qui franchissent les portes du musée. « Je crois qu’il ne faut pas du tout désespérer. Je pense qu’on peut arriver à transmettre », explique-t-elle. Mais cette transmission suppose, selon elle, de ne rien édulcorer : la défaite française de 1940, le nazisme ou encore les persécutions contre les Juifs doivent être expliqués tels qu’ils ont existé.
Cette volonté pédagogique conduit également le musée à faire évoluer régulièrement sa présentation, en recherchant un équilibre entre documents écrits, objets, uniformes et reconstitutions. Des groupes scolaires sont accueillis, tout comme des militaires, notamment venus du 19e régiment du génie de Besançon.
L'interview de la rédaction : Françoise Martin
Le Château de Joux propose jusqu’au 15 novembre l’exposition « Graffitis : mémoire des soldats du Fort de Joux ». À travers les inscriptions laissées sur les murs du fort, les visiteurs découvrent les traces et témoignages des soldats ayant occupé les lieux au fil du temps. Entre attente, solitude et quotidien militaire, ces graffitis racontent une part méconnue de l’histoire du site. L’exposition est accessible tous les jours et comprise dans le billet d’entrée du Château de Joux.
Ce vendredi 24 octobre, à 20h, à Salins-les-Bains, l’enseignant chercheur jurassien Michel Campy animera une conférence intitulée « Histoire de la vigne à Salins : origine, importance et déclin », à la Fondation Maison de Salins du Crédit Agricole. Un rendez-vous proposé par Salins, Pays du Livre. Entrée libre. Infos : 06 17 92 54 69.
Ce jeudi 20 mars, le musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon organise, dans le cadre de son cycle de conférences, une nouvelle conférence. Pour ce nouveau rendez-vous, l’équipe du Musée recevra Valentin Schneider, docteur en histoire et en sciences politiques, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Rendez-vous à la salle Courbet, 6 rue Mégevand, vers la mairie, au centre-ville de Besançon.
Ce vendredi 22 novembre, l’association des amis du Musée de Pontarlier, dans le cadre de son cycle de conférences, propose une soirée intitulée « Napoléon et la Franche-Comté », animée par Gérard Tissot-Robbe auteur et historien indépendant. Elle se déroulera, à 20h, à la salle des fêtes de la Cluse-et-Mijoux. L’entrée est libre. Plus d’information sur www.admdp.com.
Une nouvelle édition des Absinthiades se prépare, la 22è du nom. Elle se déroulera les 5 et 6 octobre prochains à Pontarlier. Pour ce nouveau numéro, l’organisateur, les Amis du Musée de Pontarlier, cherche toujours à innover et à ne pas s’endormir sur ses acquis. Ce qui explique sans doute le succès et la longévité de cet évènement culturel. La thématique des bistrots a été retenue cette année.
L'interview de la rédaction : Fabrice Hérard
« Passeurs de mémoire »
C’est en ces termes que Fabrice Herard, chargé de mission à l’association pontissalienne, définit l’action de sa structure au quotidien. « Les Absinthiades » s’inscrit parfaitement dans cette approche. L’évènement se veut être le transmetteur, le diffuseur et celui qui met en valeur le patrimoine culturel local. Cette année, un hommage sera rendu à Nicolas Giger, Président d’honneur du Pays de l’Absinthe, qui nous a quittés le 25 décembre 2023. L’écrivain Nicolas Leclerc et l’illustrateur Francis Grandvoinnet en sont les parrains. Comme chaque année, le public retrouvera les valeurs sures de la manifestation : le salon des collectionneurs, le concours de dégustation d’Absinthes, les découvertes culinaires, les portes ouvertes des distilleries,… .
Les bistrots à l’honneur
La thématique des bistrots a été retenue cette année. Elle se déclinera de différentes manières : folklore comtois, expositions de cartes postales avec les collectionneurs du Mont d’Or et d’affiches de films, conférences, … . Ce thème fait référence aux nombreux établissements qui existaient jadis à Pontarlier. Pour immerger complètement le public dans cette ambiance, des bénévoles de l’association, Christian Bailly et Georges Meulle, ont réalisé un pan de la façade du Café Georges, bien connu des Pontissaliens. Cet établissement était situé sur la place Saint-Pierre, dans les locaux de l’ancienne pharmacie Saillard, aujourd’hui devenu un salon de coiffure. En intéressant le plus grand nombre à la Fée Verte, les Amis du musée de Pontarlier veulent redonner à la cité comtoise ses lettres de noblesse et resituer historiquement et géographiquement Pontarlier et le Haut-Doubs.
L'interview de la rédaction : Fabrice Hérard
Les 22ès Absinthiades se dérouleront les 5 et 6 octobre prochains au centre-ville de la capitale du Haut-Doubs. Rendez-vous au musée, à la chapelle des Annonciades et au théâtre Bernard Blier.
A Besançon. Dans le cadre d’une émission scientifique pour France 5, la chaîne du savoir, une nouvelle imagerie médicale de la momie de Séramon, l’une des œuvres les plus emblématiques du musée des beaux-arts et d’archéologie de la ville, va être menée. Elle se déroulera le 6 septembre au Centre de recherche en imagerie de Lyon. Le scanner devrait apporter de nouvelles informations sur cet ensemble funéraire, daté vers 1069 à 945 av. JC. Précisons que cette technique permet de préserver cette mystérieuse momie, qui sera de nouveau visible au musée à partir du 11 septembre.
Ce week-end, et notamment le dimanche 8 septembre, le territoire du Grand Besançon célèbre les 80 ans de sa libération. Pendant quatre jours, les troupes alliés, les unités américaines et les Forces Françaises de l’Intérieur ont combattu. Des affrontements ont eu lieu de Larnod à Avanne, de Chateaufarine à Saint-Claude et Chaudanne, de Palente au Point du Jour, jusque dans la Boucle, comme aux abords de la Citadelle. Parce qu’il ne faut pas oublier, parce que la guerre menace l’Europe et le Monde et parce que chaque jour, l’antisémitisme, la haine et le racisme gangrènent le globe, les élus bisontins et grands bisontins ont voulu marquer cet évènement. « Quand on est ensemble, on gagne » a rappelé Anne Vignot.
A Besançon, le programme est riche et varié. Il se déroulera en présence de représentants américains. Il rendra hommage aux résistants tombés lors des combats de la Libération et aux GIs de la 3è division d’infanterie US, tombés pour la libération de la ville. Avec ses partenaires, engagés dans ce devoir de mémoire, des cérémonies commémoratives, des prestations musicales, des expositions et des parcours commentés seront proposés.
Place du 8 septembre à Besançon
L'interview de la rédaction : Jean-Yves Monin, directeur du service départemental du Doubs de l'office national des combattants et victimes de guerre.
Précisons que des temps commémoratifs sont prévus ce samedi 7 septembre à Montfaucon (16h) et Ecole-Valentin (18h) et ce dimanche à Beure (11h) et Thise (11h). A Besançon, le rendez-vous est fixé à 9h30n ce dimanche 8 septembre, sur la place du 8 septembre. Des évènements musicaux se tiendront tout au long de cette journée : à 9h45 sur la place du 8 septembre, à 11h30 au parc Micaud, à 15h dans la cour d’honneur Paulette Guinchard à Saint-Jacques, à 16h au parc des Chaprais et à 17h au Grand Kursaal. A l’occasion des 80 ans de la libération de Besançon et la 1ère année de réouverture du Musée, l’accès à la Citadelle sera gratuit et le public pourra visiter le Musée de la résistance et de la déportation et redécouvrir l’histoire de la résistante Germaine Tillion.
« De l’occupation à la Libération de Besançon »

Oriane Vatin
A l’occasion de cette date anniversaire, la Ville de Besançon met également en valeur l’ouvrage d’Oriane Vatin, baptisée « de l’occupation à la Libération de Besançon », aux éditions Cêtre. Journaliste et historienne de formation, la jeune femme s’est intéressée à cette période historique. D’autres périodes et thématiques sont déjà dans les cartons. Pour ce projet, son angle fut « d’essayer de mesurer la liesse des personnes qui ont vécu la libération de Besançon ». Selon l’autrice, « on ne peut pas comprendre la libération de Besançon, si on ne connaît pas les détails de l’occupation ». Et de terminer : « on ne peut pas mesurer à quel point on peut se réjouir d’être libéré, si on ne sait pas de quoi on a été libéré ». Pour répondre à cette problématique, le quotidien des Bisontins, pendant l’occupation, a été travaillé et documenté. Un livre à mettre dans toutes les bonnes mains et qui recontextualise cette période de notre histoire contemporaine.
L'interview de la rédaction : Oriane Vatin
C’est un véritable travail scientifique qui vient d’être mis au jour à Besançon. Durant sept années, une équipe de 25 auteurs, composés des archéologues de la ville et de l’INRAP, d’ historiens d’art, d’historiens et de géographes ont mis leur compétence en commun pour donner naissance à un atlas historique sur la ville de Besançon. Il s’agit seulement du 55è volume de cette édition en France. Un 56è est en cours à Nice. Cet ouvrage bisontin se décline en trois volumes de 600 pages. Soit, pour l’anecdote, un poids total de 4,5 kilos.
La masse d’informations est colossale. L’atlas décline un ensemble de renseignements, allant de la naissance de la ville de Besançon, avec sa période gauloise, jusqu’au milieu du 19è siècle, avec les grands bouleversements urbains. Le grand public est loin d’être exclu de cette richesse. A l’intérieur, les lecteurs, néophytes ou conformés, y trouveront des contenus des plus intéressants sur l’histoire de la ville, ses monuments et ses territoires. Une plongée dans la vie locale et le développement d’une cité à travers les siècles. A l’intérieur, le lecteur trouvera des reproductions de plans, des documents historiques et des photographies.
L’atlas historique de Besançon est à retrouver dans toutes les librairies au prix de 50 euros.
L'interview de la rédaction : Marie-Laure Bassi, directrice du patrimoine historique de la Ville de Besançon.
Actuellement à Besançon, des travaux de restauration sont menés sur le quai Vauban, au centre-ville. L’objectif de cette opération est de consolider la partie haute du mur qui menaçait de s’effondrer. Certes, des blocs en béton avaient été installés en 2005, mais une intervention plus ambitieuse était devenue incontournable. L’usure de l’édifice ne lui permettait plus de contenir l’eau, qui, en s’engouffrant à l’intérieur, a occasionné des dégâts. Provoquant une déformation, un décalage ou encore « un ventre », dans le jargon technique, de 20 centimètres, sur 16 mètres de long.
85 clous de plus de 6 mètres
Ainsi, pour corriger ce phénomène, améliorer la situation et la pérennité de l’édifice, une intervention en quatre temps a été programmée. La durée du chantier s’effectue sur onze mois. Après les démarches administratives nécessaires, les rencontres avec les habitants et la validation des interventions, qui s’effectuent sur un site historique, les travaux ont pu débuter en juin dernier. Ils devraient se terminer en mai prochain. La première étape a consisté à consolider le mur existant et enlever les blocs provisoires de 2005 pour lancer concrètement les opérations. Lors de la deuxième phase, qui est en cours, 85 clous de 6 mètres de longueurs sont installés pour tenir le parement. Ensuite, il faudra démonter le parement en pierre et projeter du béton pour tenir les parties arrière du mur. Enfin, viendra la phase de reconstruction, « en conservant un maximum de pierres d’origine ».

Olivier Comte, responsable exploitation au sein de l'entreprise Pateu et Robert.
L'interview de la rédaction : Olivier Comte
Une reconstruction à l’identique
Un important travail de référencement a été effectué. Appelé « calepinage », il consiste à renseigner chaque pièce démontée pour ensuite les réintroduire fidèlement. Les pierres qui n’ont pas être conservées seront remplacées. Elles proviennent de Myon, près de Salins-les-Bains. Là -bas, le fournisseur est en capacité de proposer une production qui correspond aux caractéristiques et exigences exprimées. Le coût de ce chantier s’élève à 900.000 euros. La DRAC, pour près de la moitié, la Région, le Département et Grand Besançon Métropole apportent leur concours.
L'interview de la rédaction : Olivier Comte