Du 18 au 20 septembre prochains, Besançon accueillera la 11e édition de « Livres dans la Boucle », devenu au fil des années le premier festival littéraire en Bourgogne Franche-Comté. Lors de la présentation officielle de l'événement à la Maison Victor Hugo, Grand Besançon Métropole, l’organisateur, et son président Ludovic Fagaut, ont affiché une ambition claire : conforter la place du festival dans le Top 10 national tout en élargissant encore son public. « Nous voulons un festival placé sous le signe de la sérénité et de la nouveauté », a résumé M. Fagaut. Un message qui marque la volonté de tourner la page des difficultés rencontrées lors de l'édition précédente tout en proposant une programmation renouvelée.
Un moteur culturel et économique pour le territoire
Au-delà de sa dimension culturelle, « Livres dans la Boucle » représente un levier économique important pour l'agglomération bisontine. L'édition 2025 a généré près de 350 000 euros de retombées économiques, attiré plus de 30 000 visiteurs, accueilli près de 200 auteurs et permis la vente de plus de 12 000 ouvrages. Les organisateurs rappellent également l'importance de soutenir la filière du livre dans un contexte difficile. Chaque année, près de 80 librairies ferment également leurs portes en France. Par ailleurs, selon les chiffres évoqués lors de la conférence, un jeune Français ne consacre plus que 18 minutes par jour à la lecture, tandis que le temps passé devant les écrans dépasse trois heures quotidiennes. « Ces événements sont essentiels pour redonner le goût de la lecture et soutenir les acteurs du livre », a souligné l’élu.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut, président de Grand Besançon Métropole
Une programmation répartie dans toute la ville
Le festival investira de nombreux lieux culturels de Besançon : la Maison Victor Hugo, le Nouveau Théâtre de Besançon, le Bastion, le cinéma Megarama, le Scénacle ou encore le Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie. Le grand chapiteau de Chamars restera le cœur du festival, mais la volonté affichée est de faire rayonner l'événement dans toute la ville et dans plusieurs communes du Grand Besançon. « Dix médiathèques de l'agglomération accueilleront également des rencontres avec les auteurs. Des animations seront proposées dans les écoles, au CHU ainsi qu'en milieu carcéral afin de toucher les publics éloignés de la lecture » a expliqué Franck Monneur, Vice-Président de la collectivité, en charge de la culture.
Guillaume de Tonquédec, président d'honneur
La grande nouveauté de cette édition est la nomination du comédien Guillaume de Tonquédec à la présidence du festival. Récompensé par le César du meilleur acteur dans un second rôle pour « Le Prénom » en 2013, il succède à une longue liste d'écrivains ayant marqué l'histoire du festival. Un choix qui symbolise l'ouverture du rendez-vous bisontin vers d'autres disciplines artistiques. L'acteur viendra présenter son nouveau livre « Ta mère et moi », publié chez Stock, un récit personnel consacré à la maladie, à la famille et à la place des aidants.
L'interview de la rédaction : Franck Monneur, Vice-Président de Grand Besançon Métropole, en charge de la culture
Littérature, cinéma, musique et bande dessinée
L'édition 2026 entend renforcer les passerelles entre la littérature et les autres formes artistiques. Près de 170 auteurs sont attendus, dont une centaine en littérature générale, une vingtaine d'auteurs de bande dessinée, 25 auteurs jeunesse et une trentaine d'auteurs régionaux. Les organisateurs revendiquent pleinement cette diversité. « La bande dessinée n'est pas une sous-littérature, pas plus que le manga », a insisté Franck Monneur. Concerts dessinés, rencontres cinéma, performances artistiques et lectures musicales viendront compléter la programmation.
L'interview de la rédaction : Christine Bresson, directrice du festival
Une attention particulière portée à la jeunesse
Le festival poursuit également son important travail en direction des jeunes lecteurs. Le Prix Jeunesse réunira un jury de quinze enfants âgés de 8 à 11 ans chargés de départager quatre autrices sélectionnées. La remise du prix aura lieu le 19 septembre. Particularité de ce prix : l'ouvrage lauréat donnera naissance à une création artistique réalisée avec le Conservatoire à Rayonnement Régional de Besançon. Le spectacle sera présenté lors de l'édition suivante du festival. Des rencontres avec les auteurs seront également organisées dans les établissements scolaires du Grand Besançon avant et après le festival.
Un rendez-vous incontournable en Bourgogne-Franche-Comté
Avec ses dizaines de milliers de visiteurs et ses centaines d'intervenants, « Livres dans la Boucle » s'impose aujourd'hui comme le plus important festival littéraire de Bourgogne-Franche-Comté. Pour les organisateurs, l'objectif est désormais clair : poursuivre son développement, attirer de nouveaux publics et faire de Besançon, chaque mois de septembre, une capitale du livre ouverte à toutes les formes de création artistique.
Ils étaient huit, ils ne sont plus que trois. À l’issue des redoutables demi-finales Opéra et Concerto du 59e Concours international de jeunes chefs d’orchestre de Besançon, le jury a tranché : Satoshi Yoneda (Japon, 29 ans), Kyrian Friedenberg (États-Unis, 26 ans) et Tianyi Xie (Chine, 21 ans) accèdent à la Finale.
Ce mercredi 24 septembre, les candidats ont dirigé Così fan tutte de Mozart et accompagné le violoniste Nicolas Dautricourt dans un concerto exigeant. L’Asie reste bien représentée, et le benjamin du concours s’invite en finale.
Rendez-vous samedi 27 septembre à 16h au Théâtre Ledoux pour une ultime épreuve en conditions de concert, avec le Deutsche Radio Philharmonie. Au programme : Berlioz, Prokofiev et une création mondiale de Régis Campo. Retransmission en direct sur Youtube, medici.tv, medici.tv et sur écran géant Place Granvelle à Besançon.
La 10e édition du festival bisontin "Livres dans la Boucle" a attiré près de 30 000 visiteurs selon les premières estimations. Une baisse de fréquentation a été constatée lors de la première journée, vendredi. La journée de samedi a enregistré une fréquentation exceptionnelle sous le grand chapiteau. Celle de dimanche enregistre une fréquentation habituelle. Les ventes sont jugées satisfaisantes, avec, néanmoins, un chiffre d’affaires en baisse. Grand Besançon Métropole relate « la belle performance du secteur BD et des éditions régionales ».
La liste « Besançon Forte et Solidaire » sera présente à l’ouverture du festival « Livres dans la Boucle » ce vendredi, à Besançon, sur le parking Chamars, pour réaffirmer son engagement en faveur de la lecture et de la culture. Le collectif socialiste et son chef de file Jean Sébastien Leuba, candidats aux élections municipales de mars prochain, annoncent leur volonté d’organiser, dès l’année prochaine, « une nouvelle manifestation entièrement dédiée au livre et à la lecture ». Ce projet s’inscrit dans une conviction profonde : « la lecture est un bien commun, un vecteur d’émancipation et de lien social ».
Invité sur France Inter ce mardi, le philosophe Raphaël Enthoven a reconnu une erreur dans sa formulation polémique sur les journalistes à Gaza : « Je n’aurais jamais dû écrire la phrase ‘Il n’y a aucun journaliste à Gaza’. » Ce mea culpa intervient après sa déprogrammation du festival Livres dans la Boucle à Besançon, motivée par des risques de troubles à l’ordre public. Enthoven sera finalement réintégré au programme.
Dans un communiqué publié mardi, la maire de Besançon, Anne Vignot, s’est dite « satisfaite » du recul du philosophe, tout en réaffirmant que sa décision initiale visait à défendre la liberté de la presse : « Cette séquence a démontré l’importance de la vigilance de chacun pour permettre qu’une démocratie vive. »
Le festival pourra ainsi renouer avec son esprit d’ouverture et de dialogue, dans la ville de Victor Hugo.
Les libraires associés à l’organisation du festival Livres dans la Boucle se disent soulagés par la décision des élus de l’agglomération de reprogrammer Raphaël Enthoven, après l’annulation initiale décidée par la maire Anne Vignot.
Dans un communiqué, les libraires — L’Intranquille, le Grand Forum, la Maison du Livre et de la Presse, les Sandales d’Empédocle et Mine de Rien — rappellent que, malgré leur désaccord avec les propos de l’essayiste sur les journalistes à Gaza, le festival est historiquement un lieu de débat et de pluralité.
Ils regrettent que la décision ait été prise sans concertation avec l’équipe organisatrice, notamment Christine Bresson et Bertrand Morisset, et saluent l’intervention de l’écrivain David Foenkinos, jugée déterminante dans ce retournement.
La section du Parti communiste français de Besançon exprime sa profonde désapprobation quant à la venue de Raphaël Enthoven au festival Livres dans la Boucle. « Ses propos du 15 août 2025, assimilant les journalistes de Gaza à des « tueurs ou preneurs d’otages », sont d’une violence inacceptable. Ils criminalisent des professionnels dont le courage consiste à informer au péril de leur vie » expliquent les communistes bisontins.
Et de poursuivre : « Raphaël Enthoven n’est pas censuré : il dispose de multiples tribunes médiatiques. Mais la collectivité publique n’a aucune obligation de financer ou de cautionner sa présence. Ce n’est pas une question de liberté d’expression, mais de responsabilité politique ».
Un été marqué par la polémique
Les déclarations de Raphaël Enthoven durant l’été ont provoqué une onde de choc à gauche. À Besançon, elles ont conduit la présidence du Grand Besançon Métropole, en concertation avec Gilles Ory, vice-président en charge de la culture, à déprogrammer l’auteur-philosophe du festival « Livres dans la boucle ». L’argument avancé : éviter tout trouble à l’ordre public et préserver la sérénité de la manifestation. Cette décision a immédiatement suscité des réactions vives, certains dénonçant une forme de censure, d’autres pointant un risque de dégradation de l’image du festival.
Retour en arrière et reprogrammation
Face à la mobilisation des libraires, des auteurs, des éditeurs et des acteurs de la chaîne du livre, sans oublier David Foenkinos, le parrain de l’évènement, l’organisateur a revu sa copie. Finalement, la question de la reprogrammation de Raphaël Enthoven a été soumise au bureau exécutif du Grand Besançon, qui a tranché en faveur de son retour dans la programmation. Anne Vignot assume ce revirement : « L’intérêt général, c’est de faire en sorte que le festival se déroule dans de bonnes conditions », a-t-elle déclaré. Ecartant, tout procès de censure, que certains veulent imposer. Une sécurisation renforcée sera mise en place autour de l’événement.
Un dilemme entre liberté d’expression et ordre public
Au cours de la conférence de presse, Mme Vignot a souligné la tension centrale de cette affaire : la liberté d’expression, valeur fondamentale, mais aussi ébranlée par les réseaux sociaux où se mêlent informations, opinions, menaces et fake news. La maire-présidente a rappelé : « Je n’ai jamais eu l’intention de censurer qui que ce soit. La question posée n’était pas celle de la liberté d’expression, mais celle des conditions permettant au dialogue entre auteurs et public de se tenir sereinement. ». À Besançon, le choix initial a été revu et corrigé. Cette reprogrammation illustre une volonté de concilier liberté et responsabilité.
Réactions et crispations dans le milieu du livre
Les libraires, qui avaient publié un communiqué dénonçant l'absence de consultation lors de la première décision, ont salué le revirement. L’écrivain David Foenkinos a joué un rôle important dans les discussions, même si la décision finale est présentée comme le fruit d’un débat collectif. Néanmoins, tout le monde espère une manifestation culturelle apaisée et souhaite écarter les conséquences possibles : manifestation d’opposants, surmédiatisation de l’auteur, voire politisation du festival.
Et maintenant ?
Raphaël Enthoven devrait bien être présent à Besançon, après un passage au festival de Nancy. Il l’a écrit sur son compte X. Certaines maisons d’édition n’ont pas encore précisé leur position. La sécurisation sera assurée en concertation avec les forces de l’ordre. Au-delà du cas Enthoven, cette affaire interroge sur la place de la liberté d’expression dans la société française, ses limites et ses protections. « Il est urgent que la société se saisisse de ce débat », a conclu la présidente du Grand Besançon, insistant sur la nécessité d’un cadre républicain qui protège à la fois la diversité des opinions et la sérénité du vivre-ensemble.
Que l’édition 2025 de « livres dans la Boucle » suscite de nombreux tumultes. Selon le communiqué de « Besançon Maintenant », qui dénonce « la gestion chaotique et idéologique d’Anne Vignot, la maire de Besançon et de son équipe municipale », après la déprogrammation de l’essayiste Raphaël Enthoven, qui pourrait finalement être reprogrammé. Ludovic Fagaut évoque dans cet écrit « un mail qui a fuité » et qui semble évoquer une autre décision. Selon l’opposant de droite, Anne Vignot devrait faire marche arrière « sous la pression du Président d’honneur David Foenkinos, de différents auteurs et acteurs économiques du monde du livre et sous la pression populaire et politique ».
Rappelons que Raphaël Enthoven avait été déprogrammé suite à ses propos tenus sur X, ex-twitter, sur la présence des journalistes palestiniens à Gaza. L’organisateur avait évoqué des raisons de sécurité. Le groupe d’opposition Besançon Maintenant, par la voix de Ludovic Fagaut, appelle à dépasser les clivages partisans et à défendre une culture ouverte, capable de rassembler au-delà des sensibilités politiques.
Le groupe Rassemblement National au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté dénonce la déprogrammation de Raphaël Enthoven du festival « Livres dans la Boucle », prévu du 19 au 21 septembre à Besançon. Selon le RN, cette décision, prise sous pression du Parti Communiste, constitue une censure politique inacceptable.
Julien Odoul et Jacques Ricciardetti, candidat aux municipales de Besançon, demandent officiellement le retrait de la subvention régionale de 50.000 euros allouée au festival, estimant que les fonds publics ne doivent pas servir à « financer des rassemblements politiques » ni à « cautionner la censure ». Ils appellent à la reprogrammation de l’écrivain, au nom du pluralisme culturel et de la liberté d’expression.