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Ce dimanche, le père Patrick Gorce a donné  son dernier office religieux en l’église de Morez. Lorsqu’il était mineur, ce prêtre a été victime d’abus sexuels au sein de l’Eglise. Après cinq années d’exercice dans la cité jurassienne, il a décidé de prendre du recul et a souhaité partir au Canada « pour un temps limité ».

Karima Rochdi réagit aux tags qui ont visé deux mosquées de Besançon. « N’oublions jamais que ceux qui dénaturent la religion pour justifier la violence, et que ceux qui dégradent les lieux de culte, ont en commun la même détestation de la laïcité » déclare l’élue Bisontine. Ces faits ont été commis dans la nuit de vendredi à samedi.

Ces actes de vandalisme surviennent après la découverte de croix de Lorraine sur les murs de la Mosquée Philippe Grenier à Pontarlier et de deux associations turques à Pontarlier et Montlebon.

Ce week-end, la mosquée de Pontarlier et les bâtiments de deux associations turques, l’une à Pontarlier et l’autre à Montlebon, ont été tagués avec des croix de Lorraine. Une enquête va être diligentée a indiqué hier soir le Parquet de Besançon.

Sur la Mosquée Philippe Grenier, six croix gammées, réalisées avec une bombe de peinture rouge,  ont été recensées par les forces de l’ordre. Les tags ont été constatés dimanche matin.  La mosquée de Pontarlier a déjà fait l’objet de telles dégradations. La croix de Lorraine, qui symbolise la résistance, pourrait signifier également « résistance à l’Islam ».

 

Suite aux résultats du rapport de la Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Eglise, qui a dénombré 216.000 personnes victimes d’agressions et violences sexuelles en France, par des Clercs ou des religieux catholiques, alors qu’elles étaient mineures, entre 1950 et 2020, Monseigneur Bouilleret, l’Archevêque de Besançon, se dit « effondré ». « Je ne mesurais pas l’ampleur des agressions qui ont été commises depuis les années 50. C’est un tremblement de terre, un tsunami » explique l’homme d’église. Et de poursuivre : « Je suis au bord des larmes ».

Laver son linge sale en interne

Monseigneur Bouilleret le reconnaît, « l’église a manqué de courage » pour dénoncer  ces violences, qui étaient le plus souvent réglées en interne. « C’est une part d’ombre de l’église catholique de ne pas avoir eu le courage d’en référer à la justice » dit-il. Monseigneur Bouilleret l’assure, « depuis les années 2000, l’église a pris des dispositions claires. « Aujourd’hui, dès que nous avons une information d’une agression éventuelle, nous faisons un signalement au Procureur de la République » promet-il.  « Les procédures que nous avons mises en place, sans doute très tardivement, sont assez claires sur les signalements pour que la justice civile fasse son travail ».  

Réformer l’église

Pour Jean-Luc Bouilleret, l’église doit continuer à se réformer. Cela passe par une plus grande implication des fidèles, et notamment des femmes. « Nous, en responsabilité, nous attendons vraiment leur participation pour que dans l’avenir, l’église soit une maison sûre ».

L'interview de la rédaction / Mgr Bouilleret

Mgr Jean-Luc Bouilleret, archevêque du diocèse de Besançon, se dit « profondément touché par l’assassinat du père Olivier Maire ». Il adresse « ses sincères condoléances à sa famille et l’assure de sa prière ». Il salue particulièrement la communauté montfortaine éprouvée par ce drame.

Demain, mercredi 11 août, à 18 h 15, en la cathédrale St Jean St Étienne de Besançon, à l’issue de la messe du Chapitre donnée à l’intention du père Olivier Maire, l’archevêque a demandé que le bourdon soit sonné. Celui-ci est actionné pour les grands événements.

Dimanche 15 août, lors de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie, une messe sera célébrée à nouveau à l’intention du père Olivier Maire à 18 h 15 en la cathédrale St Jean St Étienne.