Les socialistes du Doubs, par un écrit signé par Jean Sébastien Leuba, premier secrétaire fédéral du PS dans le Doubs, souhaitent la constitution d’une liste commune de la gauche pour les élections sénatoriales du 27 septembre. Réunis autour de leur tête de liste, Arnaud Marthey, ils saluent la volonté d’union exprimée par la fédération départementale du Parti communiste.
Le PS demande l’organisation rapide d’une réunion avec l’ensemble des formations intéressées afin de lever les derniers désaccords. Les socialistes estiment que les conditions d’un accord sont réunies autour de plusieurs priorités : la défense des services publics et des communes, la transition des territoires ainsi que la justice sociale. Leur objectif est de permettre à la gauche du Doubs de retrouver une représentation au Sénat.
Le Parti communiste français présentera une liste aux élections sénatoriales du 27 septembre dans le Doubs. Elle sera conduite par Christophe Lime, accompagné de Virginie Dayet. Cette candidature se veut crédible, représentative du territoire et ouverte à une large union à gauche, avec les socialistes, les écologistes et La France insoumise. Les négociations doivent se poursuivre jusqu’au dépôt officiel des listes, fixé au 7 septembre.
L'interview de la rédaction : Matthieu Guinebert
Christophe Lime et Virginie Daillet en première ligne
Ancien adjoint à la Ville de Besançon et ancien vice-président de Grand Besançon Métropole, Christophe Lime est actuellement maire adjoint de Dannemarie-sur-Crète. Le Parti Communiste Français met en avant ses ving-cinq années d’engagement local, sa connaissance des dossiers et sa capacité à travailler avec des élus de différentes sensibilités. Christophe Lime sera secondé par Virginie Dayet, maire de Randevillers et vice-présidente de la communauté de communes du Pays de Sancey-Belleherbe. Le PCF souligne le parcours de cette femme élue à la tête d’une commune rurale.
L'interview de la rédaction : Christophe Lime
Une liste complète déjà prête
Les cinq candidats de la liste ont été choisis et représentent différentes parties du Doubs. Les communistes ne dévoilent cependant pas encore les trois derniers noms afin de préserver des places pour d’éventuels partenaires. Malgré la constitution de cette liste, le PCF assure que celle-ci n’a pas nécessairement vocation à être maintenue jusqu’au scrutin. Les communistes se donnent jusqu’au 7 septembre pour tenter de parvenir à un accord avec les autres composantes de la gauche. Ils parlent d’une « candidature de raison », tout en reconnaissant vouloir exercer une certaine pression sur leurs partenaires. Les quinze prochains jours devront permettre de déterminer si la gauche met en place « une machine à perdre ou une machine à gagner ». Les socialistes ont déjà annoncé la candidature d’Arnaud Marthey, tandis que La France insoumise a désigné Geoffrey Lang. Le PCF considère néanmoins qu’aucune liste n’est encore définitivement déposée et que toutes les possibilités restent ouvertes. Pour le parti, la question principale n’est donc pas l’identité politique de la personne placée en tête de liste, mais sa capacité à rassembler et à porter une ligne clairement située à gauche. Les communistes disent en avoir assez des rivalités visant à déterminer qui prendra la direction d’un camp en difficulté : « On en a marre de cette guerre pour être le capitaine du bateau qui coule".

Matthieu Guinebert
Des blocages principalement programmatiques
Après environ quatre mois de discussions, le principal désaccord porte sur le contenu du programme. Les communistes refusent de signer un « blanc-seing » au nom de l’union ou de se satisfaire de déclarations de bonnes intentions. La liste entend placer le « pouvoir de vivre » parmi ses principales priorités. Cette notion dépasse la seule question du pouvoir d’achat. Elle englobe les salaires, les pensions, les indemnités, les conditions de travail et l’accès aux besoins essentiels. Le parti doubiste souhaite également défendre les services publics et les budgets des collectivités territoriales. Le parti rapproche les difficultés rencontrées dans les quartiers populaires de celles des territoires ruraux. « Dans les deux cas, les habitants peuvent subir le recul des services publics, l’éloignement de l’offre culturelle et une dégradation de l’accès aux soins ».
Associer justice sociale et transition écologique
Les communistes veulent également articuler les enjeux environnementaux et sociaux. Ils refusent d’opposer la protection de l’environnement aux conditions de vie de la population ou de faire reposer la transition écologique sur la culpabilisation individuelle. Leur objectif consiste à lutter simultanément contre « la fin du monde » et « la fin du mois ». Les questions environnementales, sociales et sanitaires doivent donc être examinées conjointement. La place du travail, sa durée et son articulation avec la vie personnelle doivent aussi nourrir le projet. Le PCF réaffirme son opposition au recul de l’âge de départ à la retraite. Il souhaite également élargir le débat au financement du système et au montant des pensions.
Le précédent de 2020 toujours présent
Les communistes estiment que les divisions internes au Parti socialiste avaient privé la gauche d’un siège lors des sénatoriales de 2020. Une situation qualifiée d’« anomalie » par Mathieu Guinebert, secrétaire de la Fédération du Doubs du Parti Communiste Français, et Christophe Lime. Le parti mesure le risque d’un nouvel éclatement. « L’union ne garantit pas la victoire, mais la désunion conduit à la défaite », résument ses responsables.
Refus de toute hégémonie à gauche
Les communistes veulent être considérés autrement par leurs partenaires historiques et entendent bien le faire savoir. Ils souhaitent que les discussions portent aussi sur les prochaines élections législatives, régionales et départementales, pour lesquelles les fédérations disposent d’une certaine marge de décision. Il demande à ses partenaires de respecter son implantation et son poids politique dans le Doubs. La décision définitive interviendra d’ici au 7 septembre. En attendant, la liste menée par Christophe Lime, présenté comme étant l’homme de la situation, poursuit son travail auprès des grands électeurs tout en maintenant les discussions avec les autres formations. L’objectif affiché demeure l’élection, le 27 septembre, d’un sénateur de gauche dans le Doubs.
L'interview de la rédaction : Christophe Lime
La France insoumise entend faire son entrée au Sénat. Dans le Doubs, le mouvement a dévoilé une liste de cinq candidats pour le scrutin sénatorial du 27 septembre prochain. La liste sera conduite par Geoffroy Lang, conseiller municipal à Montbéliard. Il sera accompagné de Séverine Vezies, conseillère municipale à Besançon et conseillère communautaire à Grand Besançon Métropole. Cédric Laithier, élu municipal à Pontarlier, occupera la troisième position. La liste comprend également Maryse Vuerli, conseillère municipale à Montbéliard et élue de Pays de Montbéliard Agglomération, ainsi que Martin Mellion, conseiller municipal bisontin et conseiller communautaire à Grand Besançon Métropole.
Défendre les communes
Geoffroy Lang et ses colistiers affirment vouloir porter au Sénat le programme du Nouveau Front populaire. Leur campagne sera notamment axée sur la défense des communes et de leurs moyens financiers. Les candidats proposent d’indexer la dotation globale de fonctionnement versée aux collectivités sur l’inflation. Ils souhaitent également renforcer la lutte contre les déserts médicaux et défendent une gestion publique et décentralisée de l’eau.
La liste inscrit enfin l’abrogation de la réforme portant l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans parmi ses priorités. Avec cette candidature, La France insoumise espère prolonger dans le Doubs la dynamique revendiquée à l’issue des élections municipales et obtenir une représentation au sein de la chambre haute du Parlement.
Le Parti socialiste du Doubs a désigné Arnaud Marthey comme tête de liste pour les élections sénatoriales de septembre 2026. Maire de Baume-les-Dames depuis douze ans et conseiller régional, l’élu de 53 ans mènera une campagne axée notamment sur les services publics, les territoires ruraux et la transition écologique. Cette candidature intervient alors que le PS espère retrouver un siège perdu il y a six ans après les divisions de la gauche entre le socialiste Nicolas Bodin et Barbara Romagnan, alors candidate de Génération.s. Cette fracture avait permis à Annick Jacquemet de se qualifier et de rejoindre au Sénat les deux autres sénateurs doubistes, Jacques Grosperrin et Jean-François Longeot.