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Après la décision du tribunal administratif de Besançon suspendant l'arrêté préfectoral qui interdisait la conférence de Salah Hamouri dans le cadre du Besac Antifa Fest, l'élue municipale bisontine Sévérine Véziès a  réagi. Dans un communiqué, elle estime que cette décision constitue également un désaveu pour le président de Grand Besançon Métropole Ludovic Fagaut et son adjoint Franck Monneur, qu'elle accuse d'avoir contribué à la polémique autour de la venue du militant franco-palestinien. Elle dénonce également l'annulation de la réservation d'une salle municipale avant même la décision de justice. Pour Sévérine Véziès, cette suspension représente « une grande victoire » pour les défenseurs de la cause palestinienne et de la liberté d'expression.

La section bisontine de la France insoumise monte au créneau après la publication d'un arrêté anti-mendicité signé par l'adjoint au maire de Besançon, Ludovic Fagaut. La mesure concerne plusieurs secteurs du centre-ville ainsi que la zone commerciale de Châteaufarine. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, les militants et élus insoumis dénoncent une décision qu'ils jugent « grave socialement et symboliquement ». Ils regrettent notamment l'absence de débat préalable au sein du conseil municipal et accusent la majorité municipale d'avoir agi sans véritable discussion publique.

« Une politique de stigmatisation »

Pour la France insoumise, cet arrêté ne constitue pas une réponse aux difficultés rencontrées dans l'espace public mais participe à une politique de « stigmatisation » des personnes les plus précaires. Le mouvement estime que la mesure vise davantage à éloigner la pauvreté des zones les plus fréquentées qu'à traiter les causes de la précarité. Les auteurs du communiqué rappellent que le Conseil de l'Europe a récemment critiqué les arrêtés anti-mendicité, considérés comme discriminatoires et contraires aux droits sociaux fondamentaux.

Des outils juridiques déjà existants

La France insoumise souligne que les comportements portant réellement atteinte à l'ordre public, comme les agressions, les menaces, l'ivresse publique ou la mendicité coercitive, peuvent déjà être sanctionnés par les dispositifs légaux existants. Selon le mouvement, l'arrêté municipal relève donc d'un choix politique davantage que d'une nécessité juridique ou sécuritaire.

Un recours envisagé

Les insoumis accusent également la municipalité de privilégier les réponses sécuritaires et la communication au détriment des politiques sociales de fond. Ils citent notamment les questions du logement, de la santé mentale, des addictions, du pouvoir d'achat ou encore de la lutte contre la précarité. La France insoumise annonce enfin qu'elle examinera le contenu précis de l'arrêté avec des juristes afin d'étudier d'éventuels recours. Elle indique également vouloir lancer un appel à la mobilisation citoyenne contre cette mesure qu'elle juge contraire à sa vision d'une ville « solidaire, digne et humaine ».

Le feuilleton politique autour de Franck Bernard a connu son dénouement ce jeudi matin. Le maire de Chevroz a annoncé sa démission de son poste de 15e vice-président de Grand Besançon Métropole, ainsi que son retrait de délégation, après la polémique provoquée par des publications relayées sur un compte Facebook anonyme dont il était l’auteur. Ce matin, le président de Grand Besançon Métropole, Ludovic Fagaut, avait demandé à l’élu de « prendre ses responsabilités » à l’issue du conseil communautaire particulièrement tendu de jeudi soir. « Ce vendredi, le président de l’agglomération a reçu un SMS de Franck Bernard officialisant sa décision de quitter l’exécutif communautaire » nous certifie-t-o,n à Grand Besançon Métropole. Un communiqué de presse doit être envoyé aux rédaction.  

Des révélations qui ont fragilisé l’exécutif

Depuis plusieurs jours, la polémique ne cessait de prendre de l’ampleur après les révélations de Mediapart et du média local Le Ch’ni concernant des publications jugées racistes, islamophobes et haineuses diffusées via un compte anonyme attribué à l’élu proche du Rassemblement national. Cette affaire a profondément secoué la majorité communautaire et placé l’exécutif sous forte pression politique. Lors du conseil communautaire de jeudi soir, plusieurs élus avaient publiquement demandé le départ du vice-président dans un climat particulièrement tendu. Les explications apportées par Franck Bernard avaient alors suscité de vives réactions dans l’assemblée.

L"interview de la rédaction : Séverine Vézies 

Séverine Véziès : « Il n’avait pas d’autre choix »

Parmi les premières réactions politiques ce jeudi matin, l’élue bisontine de La France insoumise, Séverine Véziès, a salué « la fin de cet épisode », tout en estimant que cette situation aurait pu être évitée bien plus tôt. « Dès le 20 avril, lors du conseil communautaire d’installation, nous avions dénoncé sa candidature », rappelle-t-elle. Selon l’élue insoumise, « il est hors de question qu’un élu du Rassemblement national siège au sein de l’exécutif de GBM ». Mme Véziès considère également que Ludovic Fagaut « n’avait pas d’autre choix » face à « une pression devenue beaucoup trop forte ». Tout en saluant le retrait de Franck Bernard, elle critique le soutien initial apporté à sa candidature : « Ce caillou dans la chaussure, c’est lui-même qui se l’est mis ". 

L"interview de la rédaction : Séverine Vézies 

« Attention à la banalisation de l’extrême droite »

Séverine Véziès souligne également le rôle joué par les révélations médiatiques dans ce dénouement. « Je salue le travail d’investigation mené », explique-t-elle, estimant que cette affaire doit servir « d’alerte contre la banalisation de l’extrême droite ». L’élue insoumise estime que les publications reprochées à Franck Bernard ne sont pas une surprise au regard de son engagement politique. « Derrière le vernis, on retrouve le vrai visage du Rassemblement national », affirme-t-elle, dénonçant « un fonds de commerce raciste, islamophobe, homophobe et sexiste ». Elle appelle enfin les élus et les citoyens à « rester vigilants » face à la progression des idées d’extrême droite dans les institutions locales.

L"interview de la rédaction : Séverine Vézies 

À Besançon, la situation des habitants de la rue Dürer suscite colère et inquiétude. Touchés par des incendies à répétition ces dernières semaines, les riverains dénoncent des conditions de vie dégradées, entre insalubrité et manque de sécurité. Une situation qui fait réagir Séverine Véziès, élue bisontine de La France insoumise, qui pointe des responsabilités multiples.

Une situation locale symptomatique d’un problème plus large

Pour l’élue, les difficultés rencontrées rue Dürer ne sont pas un cas isolé.
« Cette situation existe depuis des années dans tous les quartiers de Besançon », affirme-t-elle, évoquant une problématique structurelle du logement dans la ville. Au-delà des récents incendies, ce sont surtout les conditions de vie des habitants qui sont mises en cause : bâtiments dégradés, équipements défaillants et sentiment d’abandon.

Bailleurs sociaux : des économies au détriment des locataires

Séverine Véziès met en cause le fonctionnement des bailleurs sociaux, accusés d’avoir privilégié des logiques de réduction des coûts. Elle dénonce notamment des ascenseurs en panne pendant des mois,  la disparition progressive des concierges ou encore un manque d’entretien global des immeubles.  Selon elle, ces choix ont des conséquences directes sur la qualité de vie mais aussi sur le lien social : « La présence humaine permettait d’apaiser les situations et de créer du vivre-ensemble. » L’élue rappelle également que la Ville et Grand Besançon Métropole siègent dans les instances de gouvernance des bailleurs, et disposent donc de leviers d’action.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès 

Des solutions axées sur la proximité

Face à ces constats, La France insoumise défend une approche basée sur la proximité. Séverine Véziès propose notamment la création de “brigades du logement”, destinées à accompagner les locataires et à faciliter leurs démarches. Elle souligne également le rôle important des associations comme la CNL, mais qui doivent être épaulés dans leur mission bénévole.

Insécurité et pauvreté : un contexte aggravant

L’élue élargit son analyse aux enjeux sociaux plus larges, évoquant une hausse de la pauvreté et des problèmes liés aux trafics, qui dégradent le quotidien des habitants. Elle estime que ces questions relèvent aussi de la responsabilité de l’État, notamment en matière de sécurité.

Une critique directe de la gestion municipale

Séverine Véziès n’épargne pas non plus la majorité municipale actuelle, et en particulier le nouveau maire Ludovic Fagaut (LR). Elle dénonce une politique basée sur « des symboles » et des « effets d’annonce », citant : l’illumination de la Citadelle,  des dépenses pour les fleurs et l’armement de la police municipale. Selon elle, ces mesures ne répondent pas aux enjeux de fond : « Ce sont des actions visibles, mais qui ne règlent pas les problèmes structurels du logement. »

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès 

Le débat relancé au conseil municipal

La question du logement social devrait être au cœur des débats lors du conseil municipal. Séverine Véziès annonce vouloir interpeller la majorité sur ses priorités budgétaires, qu’elle juge « pas à la hauteur des enjeux ». Entre critiques des bailleurs, appel à plus de proximité et mise en cause de la stratégie municipale, l’élue entend replacer la question du logement au centre des préoccupations politiques locales.

Une urgence sociale persistante

Alors que les habitants de la rue Dürer attendent des réponses concrètes, cette prise de position relance le débat sur l’état du parc social à Besançon. Au-delà des polémiques, une question demeure : comment garantir des conditions de vie dignes et sécurisées à l’ensemble des locataires ?

Sans réelle surprise, Ludovic Fagaut a été élu président de Grand Besançon Métropole (GBM), recueillant 97 voix sur les 122 conseillers communautaires. Une large majorité qui conforte l’ancrage politique du maire de Besançon à la tête de l’intercommunalité. Face à lui, l’élue bisontine insoumise Séverine Véziès n’a obtenu que huit suffrages, tandis que Jacques Adriasen en a récolté deux.

Une feuille de route axée sur le développement et l’attractivité

Dans son discours d’installation, le nouveau président a fixé les grandes orientations de sa mandature. Parmi ses priorités figurent : le développement économique du territoire, l’aménagement urbain,  la sécurisation des entreprises, notamment celles du secteur du luxe, le renforcement des politiques culturelles, sportives et touristiques…  . L’objectif affiché est clair : valoriser le territoire du Grand Besançon et renforcer son attractivité, y compris à l’international. Dans cette optique, Ludovic Fagaut a également insisté sur la nécessité de consolider les partenariats existants, en particulier avec la Suisse voisine.

Un exécutif installé conformément aux règles

Cette première assemblée a également permis de mettre en place l’exécutif de la nouvelle mandature. Au total, 15 vice-présidents et 17 conseillers délégués ont été élus. Catherine Barthelet accède au poste de première vice-présidente. Elle sera entourée notamment d’Anne Falga, Pascal Routier, Patrick Ayache, Patrick Jacques, Nathalie Bouvet, Jean-Paul Michad, Anthony Nappez, Laurence Mulot Césari, Pascal Dériot, Philippe Regenass, Pierre Charles Henry, Franck Monneur, Laurent Jeunet et Franck Bernard.

CATHERINE Barthelet GBM

                                                                                                                                                            Catherine Barthelet 

L’élection controversée de Franck Bernard

L’un des temps forts de cette installation reste l’élection de Franck Bernard, maire de Chevroz, au poste de quinzième vice-président. Soutenu par une partie de la majorité, cet élu, qui revendique son attachement aux valeurs du Rassemblement National, a remporté son duel face à Gérard Monnien avec 58 voix. Cette nomination a suscité de vives réactions. La gauche bisontine, appuyée par Patrick Ayache, maire de Pirey et pourtant membre de l’exécutif, a tenté en vain de faire barrage à sa candidature. Plusieurs élus ont exprimé leur inquiétude quant à l’entrée d’un représentant assumé de cette sensibilité politique au sein du bureau de GBM.

francke bernard GBM

                                                                                                                                                            Franck  Bernard 

 

GERARD Monnien GBM

                                                                                                                                                              Gérard Monnien 

 

Des tensions autour de la gouvernance

Malgré l’appel à une « présidence collégiale » lancé par Ludovic Fagaut, des voix discordantes se sont rapidement fait entendre. Séverine Véziès, Aline Chassagne, Anthony Poulin et Anne Vignot ont exprimé leurs réserves, dénonçant un manque d’ouverture. La contestation s’est cristallisée autour de la nomination de Franck Monneur comme 13 vice-président et dernier représentant du secteur bisontin. La gauche bisontine reproche notamment l’absence de représentants de l’opposition au sein du bureau, malgré des engagements initiaux du président. Ludovic Fagaut a justifié cette décision par la présence de La France Insoumise dans les rangs de l’opposition, provoquant une vive réaction des élus concernés. Séverine Véziès a fermement répondu, appelant le président à revoir son positionnement : « Il n’y a pas de sous-élus dans cette instance », a-t-elle déclaré, rappelant les 19 000 électeurs ayant soutenu la gauche à Besançon lors du scrutin municipal de mars.

Séverine Vezies GBM

                                                                                                                                                 Séverine Vézies 

 

Aline Chassagne GBM

                                                                                                                                                     Aline Chassagne 

 

ANTHONY poulin GBM

                                                                                                                                                          Anthony Poulin 

Une mandature qui débute sous tension

Si l’élection de Ludovic Fagaut ne faisait guère de doute, la mise en place de son exécutif révèle déjà des lignes de fracture politiques. Entre volonté affichée de rassemblement et critiques de l’opposition, la nouvelle gouvernance de Grand Besançon Métropole débute dans un climat contrasté.

À Besançon, la situation du logement social est de nouveau pointée du doigt. Dans un communiqué, Séverine Véziès, élue La France insoumise, alerte sur une dégradation importante des conditions de vie de nombreux locataires, notamment dans plusieurs quartiers populaires. Elle évoque des problèmes d’insalubrité, de nuisibles, de pannes d’ascenseurs ou encore de déchets non ramassés. À Planoise, comme dans le quartier Durer, des habitants se mobilisent depuis plusieurs semaines pour dénoncer ces difficultés.

L’élue appelle les bailleurs sociaux, mais aussi la Ville et Grand Besançon Métropole, à agir rapidement pour garantir des logements dignes et accessibles. Elle demande notamment davantage de présence de proximité, ainsi que des mesures concrètes pour lutter contre la précarité et améliorer les conditions de vie. Séverine Véziès assure enfin que son groupe restera mobilisé aux côtés des locataires.

Sévérine Véziès, élue bisontine de La France insoumise, réagit à l’éventuelle nomination de Frédéric Bernard, maire de Chevroz, proche des idées du Rassemblement National, comme 1er vice-président de Grand Besançon Métropole. L’élection de l’exécutif est prévue lundi 20 avril.

Quelle est votre réaction à la possible entrée d’un élu proche du Rassemblement National dans l’exécutif de Grand Besançon Métropole ?

Nous avons là un nouvel exemple de la recomposition politique des droites, qui s’allient avec l’extrême droite dans des exécutifs. Cela fait suite à des alliances plus ou moins assumées lors des élections, comme on a pu le voir à Besançon avec M. Fagaut, élu notamment grâce au Rassemblement National et avec le soutien du collectif Némésis. Cela illustre une porosité de plus en plus forte entre les droites et l’extrême droite.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès 

Certains parlent de démocratie. Vous, vous alertez sur les valeurs en jeu ?

Oui, tout à fait. Force est de constater que M. Fagaut, qui devrait être élu président de l’agglomération lundi selon la charte de gouvernance, a forcément son mot à dire dans les discussions qui ont permis de pré-désigner les vice-présidents. C’est un véritable problème qu’il assume aujourd’hui de gouverner le Grand Besançon avec le Rassemblement National. C’est une nouvelle digue qui saute. Et quand on l’entend dire que l’entrée de La France insoumise à la Ville de Besançon reviendrait à « faire entrer le loup dans la bergerie », on peut se demander si le loup n’est pas ailleurs. Il serait peut-être temps de s’interroger sur le fait de gouverner avec l’extrême droite, qui divise et attise la haine, alors que nous portons un projet humaniste et solidaire.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès 

Ce sont justement ces notions de haine et de division qui vous inquiètent ?

Oui. Le Rassemblement National porte un projet politique qui va à l’encontre des valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous devons donc nous y opposer de toutes nos forces. Nous refusons également la stratégie de dédiabolisation en cours, à laquelle ce type d’initiative participe. On assiste à une normalisation du RN dans des instances de gouvernance, y compris au niveau national, avec le soutien de la Macronie et de la droite. Nous dénonçons ces pratiques à tous les niveaux, local comme national, et nous ferons face à ces alliances que nous considérons comme contre nature et antirépublicaines.

Vous allez donc exprimer votre opposition lors du conseil communautaire ?

Oui, bien sûr. Nous ferons part de notre désaccord et de notre refus de normaliser un parti d’extrême droite qui ne défend pas les valeurs républicaines, mais s’y oppose. Il est essentiel de continuer à le rappeler.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès 

Selon vous, Ludovic Fagaut peut-il refuser cette nomination ?

Personne ne peut sérieusement croire que le futur président de l’agglomération n’a pas été impliqué dans les discussions en cours. Il a nécessairement eu son mot à dire dans ces choix.

Journée de mobilisation aujourd’hui dans l’éducation nationale. À Besançon, la colère monte face aux fermetures de classes. 27 suppressions de classes  sont annoncées dans la ville, et 109 dans l’ensemble du Doubs. Les élus insoumis dénoncent une situation « inacceptable », liée notamment à la suppression de postes d’enseignants prévue dans la loi de finances 2026.

Ils alertent sur des conséquences concrètes : classes surchargées, conditions d’apprentissage dégradées et affaiblissement de l’école publique. Les élus demandent à la mairie d’intervenir auprès de l’Éducation nationale pour empêcher certaines fermetures, notamment dans les quartiers les plus fragiles.

Le premier conseil municipal du maire Ludovic Fagaut, marqué par de vives tensions et le départ de l’opposition, pourrait connaître des prolongements bien au-delà de l’enceinte de l’Hôtel de Ville. La minorité municipale a en effet décidé de porter le conflit sur le terrain juridique.

Une rupture politique assumée

La séance, consacrée à l’installation de la nouvelle équipe municipale, a rapidement dégénéré après l’intervention de l’ancienne maire, Anne Vignot. Privés de prise de parole selon leurs dires, les élus d’opposition ont dénoncé un fonctionnement qu’ils jugent contraire aux règles démocratiques. Malgré une suspension de séance, les tensions ne sont pas retombées. Anthony Poulin a notamment pointé des manquements au règlement intérieur. Dans la foulée, l’ensemble de la minorité, dont Anne Vignot et Séverine Véziès, a quitté la salle, marquant une rupture nette avec la majorité.

Le choix de la voie juridique

Mais au-delà du geste politique, c’est surtout la suite donnée à cet épisode qui retient l’attention. Les élus de la minorité annoncent désormais leur intention de saisir les autorités compétentes. Un signalement va être adressé au préfet dans le cadre du contrôle de légalité. Objectif : faire examiner les conditions dans lesquelles certaines délibérations ont été adoptées en leur absence. Dans le viseur de l’opposition, plusieurs décisions votées après leur départ, qu’ils estiment entachées d’irrégularité.

L'interview de la rédaction : Anne Vignot 

Le dossier sensible du CCAS

Parmi les points les plus contestés figure la composition du conseil d’administration du Centre communal d’action sociale (CCAS). La réglementation impose une représentation proportionnelle de la majorité et de l’opposition. Or, selon la minorité, la liste adoptée ne respecterait pas cette exigence, remettant en cause la légalité même de la délibération. Cet élément pourrait constituer le cœur du recours à venir.

Vers un recours devant le tribunal administratif

Au-delà du signalement au préfet, les élus d’opposition n’excluent pas de saisir le tribunal administratif. Une telle démarche viserait à obtenir l’annulation des délibérations contestées et à faire reconnaître d’éventuels manquements aux règles de fonctionnement des assemblées locales. Cette stratégie marque une montée d’un cran dans l’opposition politique, qui choisit désormais le terrain juridique pour faire valoir ses droits.

Un début de mandat sous pression

En poursuivant la séance malgré le départ de l’opposition, Ludovic Fagaut a fait le choix de la fermeté. Une position qui pourrait désormais être mise à l’épreuve par le contrôle de légalité. Ce premier conseil municipal ne se limite donc pas à un affrontement politique : il ouvre une séquence potentiellement contentieuse, qui pourrait peser sur le début de la mandature. À Besançon, le débat démocratique se joue désormais aussi devant les instances administratives.

Une installation marquée par un climat explosif

Comme on pouvait s’y attendre, le premier conseil municipal de Besançon sous l’ère du nouveau maire Ludovic Fagaut s’est déroulé dans un climat particulièrement tendu. Consacrée à l’installation de la nouvelle équipe municipale, la séance a rapidement viré à l’affrontement politique. Dans une ambiance électrique, les échanges se sont durcis au fil des prises de parole, laissant peu de place à l’apaisement.

L’opposition quitte la séance

La situation a dégénéré après l’intervention de la maire sortante, Anne Vignot. À la suite de cette prise de parole, plusieurs élus d’opposition ont demandé à s’exprimer. Face au refus du maire de leur accorder la parole, le ton est monté, entraînant une suspension de séance. À la reprise, les tensions ne sont pas retombées. Anthony Poulin, désormais dans l’opposition, a dénoncé publiquement des manquements au règlement intérieur du conseil municipal. Dans la foulée, l’ensemble de l’opposition — représentée notamment par Anne Vignot et Sévèrine Véziès — a décidé de quitter la salle, claquant la porte de l’assemblée.

Un scénario qui rappelle la précédente mandature

Cet épisode n’est pas sans rappeler les tensions de la précédente mandature. À l’époque, Ludovic Fagaut et Laurent Croizier, alors dans l’opposition, avaient eux-mêmes pratiqué ce genre d’initiatives pour protester contre la conduite des débats. Un renversement de situation qui illustre la continuité des rapports de force au sein de l’assemblée bisontine, malgré l’alternance politique.

Un maire inflexible face aux critiques

Malgré les protestations, Ludovic Fagaut est resté ferme. Refusant de revenir sur sa décision, il a poursuivi le déroulement de la séance, assumant une ligne de conduite jugée rigide par ses opposants. Cette posture a directement conduit au départ précipité de l’opposition, scellant une première fracture visible dans cette nouvelle mandature.

Une mandature qui s’annonce agitée

Ce premier conseil municipal donne le ton : les relations entre majorité et opposition s’annoncent particulièrement tendues dans les mois à venir. Entre contestations sur la méthode, accusations de non-respect des règles et affrontements politiques, les prochains conseils municipaux pourraient être tout aussi houleux.

Une chose est certaine : à Besançon, le changement de majorité n’a pas apaisé les débats. Bien au contraire.