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Le vignoble jurassien traverse une année 2026 particulièrement difficile. Selon les dernières estimations du ministère de l’Agriculture, sa production viticole devrait reculer de 36 %. Cette forte baisse s’inscrit dans un contexte national dégradé : la filière française enregistrerait sa plus faible récolte depuis 1957.

La sécheresse et les canicules fragilisent les vignes

Dans le Jura, les viticulteurs ont subi une succession d’épisodes climatiques défavorables. La sécheresse a d’abord freiné le développement des grappes. Les fortes chaleurs estivales ont ensuite brûlé ou desséché une partie des baies directement sur les ceps. Les cépages rouges figurent parmi les plus touchés. La chaleur a également accéléré la maturation du raisin, obligeant certains domaines à avancer fortement les vendanges. Cette précocité a compliqué le recrutement des saisonniers, encore peu disponibles au cœur de l’été, et entraîné des coûts d’organisation supplémentaires.

Des conséquences économiques importantes

Avec plus d’un tiers de production en moins, les exploitations disposeront de volumes réduits à commercialiser. Cette situation pourrait rapidement peser sur leur trésorerie, alors que les stocks constitués lors des récoltes précédentes diminuent. La Société de viticulture du Jura redoute ainsi une récolte très réduite susceptible de fragiliser durablement certains domaines. Les conditions climatiques compliquent aussi la vinification. La chaleur diminue naturellement l’acidité des moûts et peut perturber l’action des levures sauvages.

Le vignoble jurassien cherche à s’adapter

Face à la répétition des sécheresses et des canicules, les viticulteurs font évoluer leurs pratiques. Certains rehaussent notamment le palissage afin que le feuillage protège davantage les grappes du soleil. L’enherbement maîtrisé et le paillage sont également utilisés pour conserver plus longtemps l’humidité et la fraîcheur des sols. Des recherches portent parallèlement sur des lignées de savagnin plus résistantes au manque d’eau. À plus long terme, la filière envisage aussi le retour de cépages anciens ou l’introduction de variétés arrivant plus tardivement à maturité. Enfin, la gestion de l’eau devient un enjeu majeur. Le stockage hivernal et le recours à une irrigation strictement encadrée font désormais partie des pistes étudiées pour préserver les vignes lors des épisodes de chaleur les plus intenses. Pour le vignoble jurassien, l’adaptation au changement climatique apparaît désormais indispensable à la survie de certaines exploitations.

Sylvie Vermeillet, la sénatrice jurassienne vient d’adresser un courrier à Marc Fesneau, le ministre de l’agriculture, afin d’attirer son attention sur la situation économique, sociale et humaine des viticulteurs jurassiens, touchés de plein fouet par le dernier épisode de gel, en date des 24 et 25 avril derniers.

La parlementaire lui demande d’accorder « une attention particulière aux vignerons nouvellement installés, avec le déclenchement de l’indemnité de solidarité nationale, un soutien à la trésorerie  et des mesures d’exonération de cotisations et de taxes sur le foncier non bâti Â». Mme Vermeillet propose également que soit mis en place « un soutien financier en faveur des projets d’évaluation de dispositifs de protection contre le gel Â».

Le 3 mai prochain, Jura Tourisme et le Comité Interprofessionnel des Vins du Jura décerneront les Ceps d’Or du Jura, les trophées de l’œnotourisme dans le vignoble du Jura. L’objectif est de mettre en lumière et d’encourager les domaines du vignoble et acteurs touristiques jurassiens qui se mobilisent pour mettre en place « des propositions oenotouristiques fortes, originales et adaptées aux demandes de la clientèle Â».