Frédérique Thomas Maurin a défendu les décisions municipales
Accusée de vouloir censurer la dimension politique d’une exposition consacrée à l’art et à l’anarchie, la municipalité de Besançon contre-attaque. Ludovic Fagaut défend le changement de titre de cette manifestation culturelle, désormais baptisée « Art en Liberté, de Courbet au street art ». Avec Anne-Rachel Schertz, élue chargée de la culture, et Frédérique Thomas Maurin, chargée des musées, il rejette les accusations de censure et dénonce une polémique entretenue, selon lui, par l’opposition municipale.
Un changement de titre qui cristallise les critiques
Initialement envisagée sous le titre de travail « Art et Anarchie », l’exposition avait ensuite été présentée sous l’appellation « Ni Dieu, ni Maître », avant que la nouvelle municipalité ne retienne « Art en Liberté, de Courbet au street art ». Ludovic Fagaut assure qu’aucune œuvre ni aucun élément du contenu artistique n’a été modifié. Il s’appuie sur l’article 9 de la convention établie avec la Ville de Roubaix, qui autorise chaque partenaire à conduire sa propre campagne de communication. « L’exposition n’a pas été changée, rien de tout cela n’a été modifié », insiste-t-il.
Un budget de 372 000 euros et un enjeu de fréquentation
Pour Anne-Rachel Schertz, le changement de titre répond avant tout à la volonté d’attirer un public plus large. Avec un budget de 372 000 euros, l’exposition doit également générer des recettes de billetterie. La municipalité souhaite notamment séduire les familles, les jeunes et les personnes peu habituées à fréquenter les musées. Autre argument avancé : l’ouverture de l’exposition a été avancée du 4 mars au 27 février, soit une semaine supplémentaire de présentation. Une décision que l’équipe municipale juge incompatible avec une volonté de censure.
Frédérique Thomas Maurin défend vivement le choix municipal
Ancienne directrice du musée Courbet d’Ornans pendant quatorze ans, Frédérique Thomas Maurin a vivement réagi aux accusations visant la municipalité. « Nous accuser de vouloir faire de la censure, c’est absolument ridicule », affirme-t-elle. L’élue défend également Ludovic Fagaut, avec lequel elle a collaboré sur plusieurs projets culturels. « Ça me fatigue d’entendre dire perpétuellement que Ludovic Fagaut est sectaire et contre la culture », déclare-t-elle, évoquant notamment les ambitions municipales autour du Palais Granvelle. Elle explique par ailleurs que le titre « Art en Liberté » s’inspire d’une lettre de Gustave Courbet adressée au ministre des Arts en juin 1870, lors de son refus de la Légion d’honneur. Le peintre y revendiquait son indépendance à l’égard des écoles, des institutions et des régimes politiques, à l’exception de celui de la liberté.
Courbet et les penseurs socialistes toujours au programme
La municipalité assure que la dimension politique de l’exposition demeure intacte. À Besançon, une attention particulière sera portée aux relations entre Gustave Courbet, Pierre-Joseph Proudhon et les penseurs socialistes. Frédérique Thomas Maurin insiste également sur la nécessité d’élargir les publics. Elle cite la dernière exposition « Chorégraphie », qui aurait accueilli environ 11 000 visiteurs, un résultat qu’elle juge inférieur aux fréquentations habituelles du musée des Beaux-Arts. « La culture, c’est ce qui peut rassembler tout le monde », souligne-t-elle.
Ludovic Fagaut accuse l’opposition de rechercher le « bad buzz »
Au-delà du débat culturel, Ludovic Fagaut s’en prend directement à ses opposants. Il leur reproche de multiplier les controverses depuis six mois, de rechercher le « bad buzz » et de déformer les décisions municipales. Il conteste particulièrement les accusations formulées lors du précédent conseil municipal concernant un supposé changement du nom d’une œuvre. Pour le maire, cette polémique détourne l’attention de l’essentiel : rendre l’exposition accessible au plus grand nombre. « Je considère que la culture aujourd’hui doit être un espace de rencontre et pas un sujet de division », affirme-t-il.
Ludovic Fagaut et son équipe souhaitent recentrer les discussions sur le contenu artistique de l’exposition. Ils maintiennent que le changement de titre relève uniquement d’un choix de communication, destiné à « davantage rassembler que cliver ».