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Haut-Doubs : Christophe Corne nage 18 kilomètres en Guyane pour dénoncer les maltraitances subies par sa mère à l’EHPAD Granvelle

Publié le 20 Oct. 2026 à 16:10
Tags: Faits divers | solidarite |
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Haut-Doubs : Christophe Corne nage 18 kilomètres en Guyane pour dénoncer les maltraitances subies par sa mère à l’EHPAD Granvelle Christophe Corne

Alors que l’EHPAD Granvelle de Besançon se retrouve de nouveau sous le feu des projecteurs après la révélation de nouveaux dysfonctionnements, Christophe Corne poursuit son combat. Le Franc-Comtois dénonce les maltraitances et les négligences médicales dont sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, aurait été victime au sein de cet établissement. Après avoir appris le classement sans suite, en août dernier, d’une plainte déposée en 2020, il a décidé de faire entendre sa colère à travers un défi sportif hors du commun. En Guyane française, il vient de parcourir 18 kilomètres à la nage, entre Kourou et l’île Royale, en 7 heures et 15 minutes. Une performance destinée à interpeller les pouvoirs publics sur la protection des personnes âgées dépendantes et le traitement des plaintes déposées par leurs familles.

Une traversée en Guyane pour dénoncer les maltraitances subies par sa mère

Christophe Corne a choisi de transformer sa colère en défi sportif. Habitué des longues distances en eau libre, notamment dans le Haut-Doubs, le Franc-Comtois s'est cette fois-ci lancé dans une traversée particulièrement exigeante au large des côtes guyanaises. Mais derrière cette performance se cache une histoire familiale douloureuse. Le nageur entend dénoncer les conditions dans lesquelles sa mère, atteinte de la maladie d'Alzheimer, a été prise en charge à l'EHPAD Granvelle de Besançon.

Il affirme qu'elle a été victime de maltraitance et de négligences médicales au sein de cet établissement. Des accusations qu'il assure pouvoir étayer par des documents et qu'il avait déjà portées à la connaissance des autorités. « C'est un coup de gueule », résume Christophe Corne. Contrairement à certaines de ses précédentes initiatives sportives, organisées notamment pour récolter des fonds en faveur des enfants  malades, cette traversée poursuit un autre objectif : dénoncer ce qu'il considère comme une injustice et attirer l'attention sur la situation des personnes âgées vulnérables.

L'interview de la rédaction : Christophe Corne 

Une plainte déposée en 2020, classée sans suite six ans plus tard

Le combat de Christophe Corne remonte à plusieurs années. Dès 2020, il affirme avoir alerté l'Agence régionale de santé et saisi la justice concernant les conditions de prise en charge de sa mère. Une plainte avait été déposée auprès du procureur de la République. Mais ce n'est qu'en 2026, par l'intermédiaire d'un journaliste, que Christophe Corne explique avoir appris son classement sans suite, intervenu en août dernier. Il assure ne jamais avoir été personnellement informé de cette décision.

Une situation qui suscite son incompréhension et sa colère, d'autant que de nouveaux dysfonctionnements ont été révélés au sein de l'EHPAD Granvelle quelques jours seulement après cette décision. « Je me bats pour que les plaintes soient un petit peu mieux traitées et que la justice soit peut-être un peu moins laxiste et plus éveillée par rapport aux plus faibles qui n'ont pas les moyens de se faire entendre autrement que par les médias », explique-t-il. Le nageur s'interroge sur le temps nécessaire au traitement de sa plainte et sur l'attention portée aux alertes concernant les résidents les plus fragiles.

L'EHPAD Granvelle de nouveau au centre des interrogations

Les nouveaux dysfonctionnements révélés à l'EHPAD Granvelle de Besançon donnent une résonance particulière au combat engagé par Christophe Corne. Selon lui, les problèmes rencontrés par sa mère auraient dû conduire les autorités à s'intéresser davantage aux conditions de prise en charge des résidents.  Son objectif est d'éviter que d'autres proches connaissent des situations similaires. Au-delà des accusations de maltraitance, Christophe Corne évoque la détresse des familles confrontées à la dépendance et à la nécessité de placer un parent en établissement spécialisé. « Quand on a une maladie dégénérative comme Alzheimer, on n'a pas d'autre choix que de placer nos proches un jour ou l'autre. Et puis après, on culpabilise parce qu'ils ont une fin de vie qu'ils n'ont pas méritée », confie-t-il. Il dénonce également le décalage entre le coût élevé de certains établissements, présentés comme haut de gamme, et les conditions de prise en charge qu'il affirme avoir constatées.

L'interview de la rédaction : Christophe Corne 

Un défi de 18 kilomètres au large de la Guyane

Pour donner une dimension symbolique à sa démarche, Christophe Corne a choisi un lieu chargé d'histoire : les îles du Salut, au large de Kourou, en Guyane française. Cet archipel, composé notamment de l'île Royale, de l'île Saint-Joseph et de l'île du Diable, a accueilli autrefois des prisonniers du bagne de Guyane. Le nageur souhaitait établir un parallèle entre les conditions de détention particulièrement dures de cette époque et les situations d'indignité qu'il estime encore subies aujourd'hui par certaines personnes âgées dépendantes. Son défi consistait à rejoindre l'île Royale depuis la plage des Roches, à Kourou. Un parcours effectué dans le sens inverse de celui emprunté autrefois par certains prisonniers qui tentaient de s'évader en rejoignant le continent sur des radeaux. Cette particularité rendait la traversée encore plus exigeante, puisqu'il fallait progresser à contre-courant. Christophe Corne a finalement réussi à rejoindre l'île Royale après 7 heures et 15 minutes de nage, au terme d'un parcours d'environ 18 kilomètres.

L'interview de la rédaction : Christophe Corne 

Une eau à près de 29 degrés et des conditions éprouvantes

Au-delà de la distance, le nageur a dû affronter des conditions très différentes de celles rencontrées lors de sa préparation dans le Haut-Doubs. Habitué aux eaux du lac Saint-Point, où la température oscillait entre 17 et 18 degrés, Christophe Corne a évolué en Guyane dans une eau comprise entre 28 et 29 degrés. Une chaleur qui augmentait considérablement les besoins d'hydratation et les risques d'hyperthermie. Pendant toute la traversée, il a bénéficié de ravitaillements transmis depuis une embarcation d'assistance, sans jamais prendre appui sur le bateau. Les boissons lui étaient tendues à l'aide d'une perche équipée d'une épuisette. Autre difficulté : la visibilité quasiment inexistante sous l'eau, particulièrement trouble.

« Le mental, c'est le principal ennemi »

Pour Christophe Corne, la principale difficulté d'une telle traversée reste toutefois psychologique. Pendant plus de sept heures, il a dû lutter contre la fatigue, la chaleur et les pensées qui peuvent pousser un nageur à abandonner. « Le mental, c'est l'ennemi, c'est le principal ennemi quand on est comme ça, parce qu'on est tout seul », raconte-t-il. Dans ces moments de doute, le souvenir de sa mère et la cause qu'il défend constituent ses principales motivations. « On se dit : je suis là pour ça et puis j'irai jusqu'au bout. C'est vraiment un combat avec son mental. » Une détermination qui lui a permis d'achever cette traversée particulièrement éprouvante.

L'interview de la rédaction : Christophe Corne 

De nouveaux défis pour poursuivre son combat

Après cette performance en Guyane, Christophe Corne n'exclut pas de relever de nouveaux défis sportifs, notamment en Franche-Comté. Il souhaite continuer à sensibiliser l'opinion publique aux conditions de prise en charge des personnes âgées dépendantes et aux difficultés rencontrées par leurs familles pour obtenir des réponses. Il déplore notamment le manque de retour à ses démarches administratives et judiciaires, évoquant des courriers restés sans réponse et des lettres recommandées qui lui auraient été retournées. « On n'a que les médias pour se faire entendre », estime-t-il. Pour Christophe Corne, les défis sportifs constituent désormais un moyen de donner une visibilité à son combat et à celui d'autres familles.