Choix du secteur :
Se connecter :

Mobilisation sociale à Besançon : la FSU appelle à renforcer les moyens humains dans l’Éducation nationale et prépare les manifestations des 31 octobre et 5 novembre

Publié le 28 Oct. 2026 à 16:10
Tags: éducation | Social |
Lecture: min
Mobilisation sociale à Besançon : la FSU appelle à renforcer les moyens humains dans l’Éducation nationale et prépare les manifestations des 31 octobre et 5 novembre

Alors que la mobilisation sociale et lycéenne se poursuit à Besançon, Bénédicte Ponçot, co-secrétaire départementale de la FSU dans le Doubs, estime que les propositions du ministre de l’Éducation nationale constituent une avancée, mais restent largement insuffisantes. Pour la responsable syndicale, la priorité demeure le renforcement des moyens humains dans les établissements scolaires et la remise en cause d’un système éducatif jugé trop sélectif. Après la manifestation du samedi 24 octobre, deux nouvelles échéances se dessinent : le 31 octobre à Besançon et la journée de mobilisation interprofessionnelle du 5 novembre.

Des annonces ministérielles jugées insuffisantes

Les dernières propositions du ministre de l’Éducation nationale ne répondent que partiellement aux attentes de la FSU. Bénédicte Ponçot reconnaît certaines avancées, mais considère que les mesures annoncées restent très éloignées des revendications portées depuis plusieurs années par les organisations syndicales. La question des moyens humains constitue, selon elle, le principal point de désaccord. La FSU réclame davantage de personnels dans les écoles, les collèges et les lycées afin d'améliorer les conditions d'apprentissage des élèves et les conditions de travail des équipes éducatives. La responsable syndicale rappelle que ces demandes ne sont pas nouvelles. Elles sont défendues depuis une vingtaine d'années, sans avoir obtenu de réponses suffisantes.

L'interview de la rédaction : Bénédicte Ponçot, co-secrétaire départementale de la FSU dans le Doubs

Une mobilisation qui ne faiblit pas malgré les tensions

Revenant sur la manifestation du samedi 24 octobre à Besançon, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes, Bénédicte Ponçot souligne la détermination des participants. « Cette mobilisation ne faiblit pas, malgré la répression », affirme-t-elle. Pour la représentante de la FSU, cette participation témoigne de revendications profondes, qui dépassent les seules annonces gouvernementales. Elle traduit notamment le malaise d'une partie de la jeunesse face aux conditions d'enseignement, au manque d'accompagnement et aux perspectives d'orientation. La syndicaliste considère que les lycéens expriment aujourd'hui des préoccupations partagées depuis longtemps par les enseignants et les autres personnels de l'Éducation nationale.

L'interview de la rédaction : Bénédicte Ponçot, co-secrétaire départementale de la FSU dans le Doubs

Des classes moins chargées et davantage de personnels

Pour la FSU, l'amélioration du système éducatif passe d'abord par une réduction des effectifs dans les classes. Bénédicte Ponçot défend notamment un objectif de 24 élèves par classe au lycée et de 20 au collège, avec des effectifs encore plus réduits dans les écoles primaires. À ces revendications s'ajoute la nécessité de renforcer les équipes éducatives, notamment les personnels de santé scolaire et d'accompagnement. La responsable syndicale insiste également sur la situation des assistants d'éducation (AED) et des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), dont elle dénonce la précarité professionnelle. Pour elle, améliorer les conditions d'emploi de ces personnels permettrait également d'offrir aux élèves un environnement scolaire plus stable et plus favorable à leur épanouissement.

L'interview de la rédaction : Bénédicte Ponçot, co-secrétaire départementale de la FSU dans le Doubs

Parcoursup : au-delà de la plateforme, la remise en cause d'une logique de sélection

La contestation de Parcoursup occupe une place importante dans les revendications des lycéens. Mais pour Bénédicte Ponçot, le problème dépasse le seul fonctionnement de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur. « Derrière Parcoursup, c'est la philosophie de Parcoursup qui est surtout à remettre en cause », explique-t-elle.  La responsable syndicale critique une logique de sélection permanente, qui contribuerait, selon elle, à accentuer la pression sur les élèves dès la classe de première. Elle considère néanmoins que la priorité reste le renforcement de l'encadrement humain. La présence d'adultes en nombre suffisant permettrait de développer le dialogue, de mieux accompagner les jeunes et de réduire le stress lié à leur scolarité et à leur orientation.

L'interview de la rédaction : Bénédicte Ponçot, co-secrétaire départementale de la FSU dans le Doubs

Une rentrée scolaire encore incertaine

À quelques jours de la reprise des cours, Bénédicte Ponçot reconnaît qu'il demeure difficile de prévoir l'évolution de la mobilisation lycéenne. « Personne ne peut prédire l'avenir », observe-t-elle. La FSU entend néanmoins poursuivre son engagement aux côtés des jeunes et des personnels mobilisés. La prochaine échéance syndicale majeure est fixée au jeudi 5 novembre, dans le cadre d'une journée de mobilisation interprofessionnelle. Cette journée doit permettre de faire converger les revendications de l'Éducation nationale avec celles d'autres secteurs professionnels, notamment autour de la lutte contre la vie chère et de l'augmentation des salaires.

L'interview de la rédaction : Bénédicte Ponçot, co-secrétaire départementale de la FSU dans le Doubs

Une nouvelle manifestation annoncée le 31 octobre à Besançon

Avant le rendez-vous interprofessionnel du 5 novembre, une nouvelle manifestation est annoncée pour le samedi 31 octobre dans les rues de Besançon. Bénédicte Ponçot confirme qu'un parcours a été déposé auprès de la préfecture du Doubs. Le rassemblement doit débuter à 14 heures, place de la Révolution, un lieu devenu emblématique des mobilisations bisontines. Les organisateurs prévoient ensuite d'emprunter de grandes artères de la ville, notamment la rue de Dole, déjà utilisée lors de la manifestation du 24 octobre.

L'interview de la rédaction : Bénédicte Ponçot, co-secrétaire départementale de la FSU dans le Doubs

Le cortège doit s'achever au parc de la Gare-d'Eau. Ce choix répond, selon la responsable syndicale, à une volonté de disposer d'un espace suffisamment vaste pour permettre une dispersion des manifestants dans le calme, notamment en cas de forte participation. La FSU défend un itinéraire qu'elle estime conforme au cadre légal et ne voit pas de motif justifiant un éventuel refus préfectoral. Le dépôt du parcours ne préjuge toutefois pas des décisions que pourrait prendre la préfecture.

Deux rendez-vous pour maintenir la pression

Entre les incertitudes entourant la rentrée scolaire, la mobilisation annoncée le 31 octobre et la journée interprofessionnelle du 5 novembre, la FSU entend maintenir la pression sur le gouvernement. Pour Bénédicte Ponçot, les revendications exprimées par les lycéens rejoignent une préoccupation plus ancienne du monde enseignant : disposer d'un service public d'éducation capable d'accompagner chaque élève, sans faire de la sélection et de la compétition les principes dominants de son parcours scolaire. Au-delà des réponses immédiates du ministère, c'est donc une évolution plus profonde du système éducatif que réclame la responsable syndicale.