Deux jours après les violences et les dégradations survenues samedi dans le centre-ville de Besançon, un rassemblement citoyen et transpartisan s'est tenu ce lundi 19 octobre, en fin d'après-midi, place du 8 Septembre, devant l'hôtel de ville. Organisé à l'appel de France urbaine et de l'Association des maires de France, sous le mot d'ordre « #TouchePasÀMaVille », il visait à dénoncer les violences et à réaffirmer l'attachement aux valeurs républicaines. Mais cette mobilisation a été perturbée par la présence de militants scandant des slogans hostiles à la police, au maire de Besançon et à la politique gouvernementale.
Des habitants venus condamner les violences de samedi
Habitants, commerçants et élus se sont retrouvés devant l'hôtel de ville pour exprimer leur indignation après les dégradations commises samedi, en marge de la mobilisation sociale. Parmi les participants, Jérôme, 67 ans, explique appartenir à cette France silencieuse qui s'exprime principalement dans les urnes. Sa présence traduit une volonté de dénoncer des méthodes qu'il juge inacceptables. « Manifester, oui, absolument, heureusement, mais pas casser, non, c'est plus possible », insiste-t-il. Pour ce Bisontin, les destructions ont des conséquences qui dépassent les seuls dégâts matériels. Elles pénalisent les commerçants, les habitants et, plus largement, la collectivité qui doit en supporter les coûts. D'autres participants évoquent leur désolation face aux images des violences et rappellent leur attachement aux libertés publiques et aux valeurs de la République.
Le reportage de la rédaction :
Un rassemblement perturbé par des militants contestataires
La mobilisation n'a toutefois pas échappé aux tensions politiques et sociales qui traversent actuellement la ville. À quelques mètres des participants venus dénoncer les violences, un groupe de militants, composé de jeunes et de personnes plus âgées, a perturbé le rassemblement en scandant des slogans hostiles aux forces de l'ordre, à la personne du maire de Besançon et à la politique menée par le gouvernement. Une confrontation essentiellement verbale s'est ainsi installée entre des citoyens venus condamner les dégradations et des militants souhaitant faire entendre une contestation d'une autre nature. Sollicités pour expliquer leur présence, leurs revendications et le sens de leur démarche, les militants contestataires ont refusé de s'exprimer devant la presse. Un refus qui n'a pas permis de recueillir directement leurs arguments ni de préciser les motivations individuelles de leur mobilisation. Cette situation interroge sur les conditions du dialogue démocratique. Si chacun dispose du droit de manifester et de défendre publiquement ses convictions, la confrontation des idées suppose également de pouvoir les expliquer et les soumettre au débat.
Les commerçants dénoncent les conséquences économiques des dégradations
Présent sur place, Jean-Luc Quivogne, président de la chambre de commerce et d’industrie Saône-Doubs, apporte son soutien aux professionnels touchés par les événements de samedi. Selon lui, deux commerces ont été pillés à Besançon, tandis que plusieurs vitrines ont été endommagées. Il insiste sur la nécessité de distinguer les manifestants, notamment les lycéens et les étudiants, des individus qui profitent des mobilisations pour commettre des vols et des dégradations. « Je suis vraiment à leurs côtés », explique-t-il en évoquant les commerçants qui ont parfois engagé toutes leurs économies dans leur activité. Des salariés de la maison Loiseau ont également témoigné de leur inquiétude. Samedi, ils ont tenté de mettre à l'abri des clients et des personnes cherchant refuge dans leur établissement. Ils évoquent également plusieurs annulations liées aux événements. La perspective d'une nouvelle mobilisation samedi prochain nourrit désormais leurs préoccupations.
Le reportage de la rédaction : Jean-Luc Quivogne, président de la chambre de commerce et d’industrie Saône-Doubs
Le reportage de la rédaction : président de la chambre de commerce et d’industrie Saône-Doubs
Des élus réclament le retour de l'ordre républicain
La présence de responsables politiques a également donné une dimension institutionnelle au rassemblement. Laurent Croizier, député du Doubs a exprimé sa colère après les violences du week-end. Il réclame le rétablissement de l'ordre républicain et estime que des mesures de couvre-feu pourraient être envisagées si les circonstances le nécessitent. Il demande également que les commerçants puissent rouvrir rapidement et que les auteurs des dégradations assument les conséquences financières de leurs actes. Sur le plan politique, il met en cause certains représentants de La France insoumise, des écologistes et du Parti communiste, auxquels il reproche d'avoir contribué à alimenter les tensions. Il reconnaît néanmoins la légitimité de certaines revendications sociales, notamment celles des lycéens et celles liées à la hausse des prix des carburants, tout en refusant toute justification des violences.
Le reportage de la rédaction : Laurent Croizier, député du Doubs
Des jeunes partagés entre compréhension de la colère sociale et condamnation des violences
Parmi les personnes présentes, plusieurs jeunes ont exprimé une position nuancée. Un adolescent de 17 ans estime que les manifestations traduisent une colère sociale réelle, alimentée par le sentiment de ne pas être entendu par les pouvoirs publics. Il condamne toutefois les destructions, rappelant qu'elles peuvent fragiliser des familles et des professionnels. Un autre jeune participant partage cette analyse. Selon lui, la manifestation doit permettre de défendre des idées et de faire entendre des revendications, mais les violences ne constituent pas une réponse aux difficultés rencontrées. « C'est pas en cassant que ça va résoudre le problème », résume-t-il.
Le reportage de la rédaction :
Deux expressions de la démocratie, mais un dialogue difficile
Au-delà des divergences politiques, les tensions observées ce lundi soir illustrent une situation paradoxale. D'un côté, des citoyens réunis pour défendre les valeurs républicaines, condamner les violences et rappeler leur attachement au droit de manifester. De l'autre, des militants venus exprimer leur opposition aux forces de l'ordre, au maire et à la politique gouvernementale. Malgré leurs désaccords, les deux groupes revendiquent, à travers leur présence dans l'espace public, une même liberté fondamentale : celle de manifester et d'exprimer leurs convictions.
Une ville encore marquée par les événements de samedi
Deux jours après les violences qui ont touché son centre-ville, Besançon demeure traversée par de fortes tensions. Le rassemblement de ce lundi 19 octobre aura permis à des habitants, des commerçants et des élus d'exprimer publiquement leur refus des dégradations et leur volonté de défendre les valeurs républicaines. Mais les perturbations qui ont accompagné cette mobilisation montrent également combien le dialogue reste difficile entre les différentes sensibilités politiques et sociales.
Une question demeure : comment permettre à chacun de faire entendre sa colère ou ses convictions, sans que l'expression des uns ne vienne perturber celle des autres ? C'est aussi l'un des enjeux démocratiques soulevés par cette soirée bisontine
Des manifestations ont lieu ce samedi 17 octobre en Franche-Comté, réunissant syndicats, lycéens et Gilets jaunes autour de la défense du pouvoir d’achat et de la contestation de la hausse des prix des carburants.
À Besançon, plusieurs milliers de manifestants annoncés
Au moins 5.000 personnes ont défilé dans le calme à Besançon. Le cortège réunissait notamment des militants de la CGT, de FO, de la FSU et de Solidaires, ainsi que des collectifs lycéens.
Des rassemblements à Pontarlier et Morteau
À Pontarlier, plus d’une centaine de manifestants ont perturbé la circulation au rond-point de la gare avant de rejoindre la place d’Arçon. Un rassemblement s’est également tenu devant la mairie de Morteau.
Dans le Jura, une participation variable selon les villes
Plus de 600 personnes se sont réunies place de la Liberté, à Lons-le-Saunier, avant de marcher en direction de la préfecture. À Dole, une centaine de participants sont mentionnés lors d’un rassemblement organisé dans la matinée. Des actions se sont également tenues à Arbois et Saint-Claude.
Un nouveau syndicat, Sud Collectivités départementales 39, vient de voir le jour dans le Jura. Affilié à la Fédération Sud-CT et à l’Union syndicale Solidaires, il entend représenter les agents des collectivités territoriales. Son premier objectif est de présenter une liste aux élections professionnelles du 10 décembre à la communauté de communes Haut-Jura Saint-Claude. Parallèlement, un rassemblement est annoncé ce samedi 17 octobre, à 10h30, place de l’Abbaye à Saint-Claude, dans le cadre d’un appel national à la convergence des luttes. Cette mobilisation doit également permettre de préparer la journée intersyndicale du 5 novembre.
Un rassemblement de retraités s’est tenu ce mercredi 14 octobre à Besançon, à l’appel d’une intersyndicale. Les manifestants dénoncent la faiblesse des revalorisations des pensions face à l’inflation et la dégradation de leur pouvoir d’achat. Cette mobilisation intervient alors que le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco se réunit ce même jour pour examiner l’évolution des retraites complémentaires. Les organisations syndicales réclament une augmentation des pensions et dénoncent les mesures fiscales et sociales qui, selon elles, pénalisent les retraités.
La section Besançon-Franche-Comté de la LICRA condamne les attaques personnelles visant le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, et sa famille sur les réseaux sociaux. L’association dénonce notamment des photomontages et des propos assimilant l’élu au nazisme. Elle alerte sur la banalisation de ce terme dans le débat public et rappelle la nécessité de préserver la mémoire des crimes nazis et de la Shoah. Tout en défendant la liberté d’expression et le droit à la critique politique, la LICRA souligne que certains propos peuvent constituer des infractions pénales. Elle n’exclut pas d’engager des démarches judiciaires et de se constituer partie civile.
L’intersyndicale féministe organisait, ce lundi 12 octobre à 19 h, un rassemblement devant le tribunal de Besançon, à la veille d’un vote annoncé à l’Assemblée nationale sur la loi dite intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Les manifestants réclament un renforcement de la prévention et un budget d’au moins 3 milliards d’euros dès 2027 pour garantir l’application du texte. Mobilisés depuis juin, ils ont affiché leurs revendications sur les murs du tribunal, en citant notamment l’exemple espagnol. De nouvelles actions pourraient être organisées lors des discussions budgétaires.
Présentée à l’Hôtel du Département, à Lons-le-Saunier, en marge du Forum des aidants du 6 octobre, l’exposition « Reflets de vie – Jeux de mains » met en lumière les parcours de 14 personnes âgées accompagnées par les associations Abrapa et Petits Frères des Pauvres. Réalisé pendant un an avec la photographe Lucie Comby, ce projet collectif raconte, à travers les mains, des histoires de vie et des émotions. L’initiative vise également à lutter contre l’isolement et à renforcer le lien social. L’exposition est accessible du lundi au vendredi, de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30.
La Préfecture du Jura a communiqué, ce lundi, ses chiffres sur la mobilisation lycéenne d’hier dans le département. À Lons‑le‑Saunier, un lycéen a été interpellé alors qu’il confectionnait un cocktail Molotov. Dans son véhicule, les policiers ont découvert le matériel nécessaire à la fabrication d’engins incendiaires. La mobilisation est restée concentrée sur le lycée Jean‑Michel, où dix interpellations ont eu lieu, dont sept gardes à vue.
Depuis le début du mouvement, le Jura totalise 25 interpellations et 19 gardes à vue. Les faits recensés confirment, selon l’Etat, une montée des violences. Par ailleurs, un individu cagoulé porteur d’un marteau brise‑vitre a également été arrêté.
À Besançon, la matinée a été marquée par plusieurs épisodes de violence autour des lycées. Selon l’édile bisontin, environ 150 jeunes cagoulés ont été repérés dans différents secteurs. Une jeune femme a été interpellée au lycée Victor‑Hugo pour des faits liés à un incendie. Trois autres interpellations ont eu lieu près de Chaland et Canot lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, tandis qu’un véhicule de gendarmerie a été visé par des projectiles sur le pont Canot.
Le maire Ludovic Fagaut appelle à l’apaisement et met en garde contre toute tentative de récupération politique susceptible d’alimenter les débordements. Il distingue clairement les lycéens mobilisés des casseurs et insiste sur la nécessité de préserver la sécurité des jeunes et des habitants. La municipalité réaffirme son soutien aux forces de l’ordre, à la communauté éducative et aux journalistes pris à partie durant ces incidents.
La mobilisation lycéenne s’intensifie nettement. En fin de matinée, dans le Doubs, les forces de l’ordre faisaient état d’une vingtaine d’interpellations après plusieurs épisodes de violence et des dégradations aux abords de différents établissements.