La France et la Franche-Comté font face à sa troisième vague de chaleur de l'année, un épisode exceptionnel qui pourrait se prolonger jusqu'au jeudi 16 juillet. La quasi-totalité du pays demeure placée en vigilance orange ou rouge, avec des températures atteignant ou dépassant 40 °C dans plusieurs régions et des nuits particulièrement chaudes. Cette canicule, renforcée par le changement climatique, maintient un risque d'incendie très élevé, alors que plus de 25 000 hectares sont déjà partis en fumée depuis le début de 2026. À l'approche des festivités du 14-Juillet, les pouvoirs publics renforcent les dispositifs de prévention et plusieurs préfets pourraient interdire les feux d'artifice afin de limiter tout risque de départ de feu.
Dans un communiqué, La France insoumise réagit à la multiplication des incendies et à la sécheresse qui frappent le Doubs. Le mouvement estime que ces phénomènes sont les conséquences du changement climatique et appelle à une réponse politique ambitieuse. Il adresse son soutien aux sapeurs-pompiers mobilisés, ainsi qu'aux agriculteurs et aux habitants touchés. LFI propose notamment de renforcer la planification écologique, de rendre gratuits les premiers mètres cubes d'eau pour chaque foyer et de mieux protéger les ressources naturelles afin d'adapter le territoire aux effets du réchauffement climatique.
La sécheresse exceptionnelle qui touche la Franche-Comté provoque des images spectaculaires. Près de la frontière franco-suisse, le lit du Doubs est totalement à sec sur plusieurs kilomètres, ne laissant apparaître qu'un paysage de pierres et de rochers. Cette situation, conséquence du manque prolongé de précipitations, illustre l'ampleur de la crise hydrique qui frappe le département. Les effets se font déjà sentir sur les milieux naturels, l'agriculture, mais aussi sur l'approvisionnement en eau de certaines communes.
Alors que les températures pourraient atteindre 38 °C dans les prochains jours, la Ville de Besançon renforce progressivement les mesures mises en place pour faire face à cet épisode caniculaire. Les services municipaux et le Centre communal d'action sociale (CCAS) restent pleinement mobilisés afin de protéger les habitants, en particulier les personnes les plus vulnérables.
Une vigilance renforcée auprès des publics fragiles
Le dispositif VIGAL est activé afin d'assurer un suivi des personnes inscrites sur le registre des personnes vulnérables. Parallèlement, une veille mobile est déployée auprès des personnes sans domicile pour distribuer de l'eau et les orienter vers les structures d'accueil et d'aide. Les résidences autonomie de la Ville ouvrent également leurs salles climatisées aux personnes âgées, leur offrant des espaces de fraîcheur pendant toute la durée de l'épisode de fortes chaleurs.
Des espaces de fraîcheur accessibles à tous
La municipalité poursuit le déploiement de plusieurs dispositifs destinés à permettre aux habitants de mieux supporter les températures élevées. Des rampes d'eau temporaires sont installées dans le centre-ville, tandis qu'une signalétique spécifique permet de repérer les points d'eau potable et les lieux frais. Un réseau de commerçants partenaires participe également à l'opération en proposant le remplissage gratuit des gourdes et en offrant un espace de répit aux passants. Par ailleurs, les musées municipaux restent accessibles gratuitement pendant toute la durée de la canicule.
Des consignes de prudence
La Ville rappelle les recommandations de Santé publique France : boire régulièrement de l'eau, éviter les efforts physiques durant les heures les plus chaudes, maintenir son logement au frais, se rafraîchir plusieurs fois par jour et prendre régulièrement des nouvelles des personnes les plus fragiles. Elle insiste également sur le fait que la baignade dans le Doubs demeure strictement interdite, les fortes chaleurs pouvant conduire à sous-estimer les risques liés au cours d'eau.
Une information actualisée en continu
Les organisateurs d'événements en extérieur sont invités à adapter leur programmation en fonction des conditions météorologiques afin d'assurer la sécurité des participants. Enfin, les Bisontins peuvent consulter la page spéciale du site internet de la Ville, régulièrement mise à jour, pour retrouver la carte des lieux frais, des points d'eau potable, les adaptations des services municipaux et l'ensemble des dispositifs déployés. Une version papier de cette carte est également disponible à l'accueil de l'Hôtel de Ville et de l'Office de tourisme.
Le groupe des élus « Les Écologistes, Génération.s et Société civile » annonce l'organisation, en septembre, d'une convention citoyenne consacrée à l'adaptation de Besançon aux fortes chaleurs et au changement climatique. D'ici là , des échanges seront menés tout au long de l'été avec les habitants, les associations, les syndicats et les acteurs économiques afin de recueillir des propositions qui seront ensuite présentées au conseil municipal. Dans leur communiqué, les élus estiment que la municipalité n'a pas suffisamment répondu aux enjeux de la canicule et de la sécheresse, regrettant notamment l'absence de concertation sur leurs précédentes propositions et critiquant plusieurs choix de la nouvelle majorité en matière de végétalisation et de rénovation thermique.
Le département du Doubs sera placé en vigilance orange canicule à compter de ce mercredi 8 juillet à 12 h, selon Météo-France. Face au retour de fortes chaleurs, la préfecture active le dispositif ORSEC et appelle les communes à renforcer les mesures de protection des personnes les plus vulnérables. Les collectivités sont invitées à ouvrir des locaux rafraîchis, faciliter l'accès aux piscines et espaces de baignade, étendre les horaires des parcs et renforcer la surveillance des personnes isolées.
Les organisateurs de manifestations en plein air, notamment en vue des festivités du 14 Juillet, sont également appelés à adapter leurs dispositifs, voire à modifier les horaires ou reporter certains événements si nécessaire.
La députée du Jura Danielle Brulebois s'est rendue ce lundi au Centre hospitalier Jura Sud de Lons-le-Saunier afin de faire le point sur la gestion de l'épisode caniculaire. Elle a salué l'engagement des équipes soignantes, techniques et administratives, mobilisées dans le cadre du plan canicule, ainsi que le renfort apporté par les bénévoles de la Protection civile et de la Croix-Rouge.
Selon l'élue, l'établissement a notamment déployé 228 ventilateurs, 26 climatiseurs mobiles, 588 brumisateurs et distribué plus de 15 000 litres d'eau. L'hôpital doit prochainement recevoir 130 ventilateurs et 200 climatiseurs mobiles supplémentaires dans le cadre du plan national contre les fortes chaleurs. Danielle Brulebois souligne toutefois que cet épisode met en évidence la nécessité d'investissements durables pour adapter les bâtiments hospitaliers aux épisodes climatiques extrêmes.
Face à la dégradation de la situation hydrologique, le préfet du Doubs place l'ensemble du département en alerte renforcée sécheresse. En cause : l'absence de précipitations, la récente canicule et la baisse continue des nappes phréatiques et des cours d'eau. L’alimentation en eau potable reste sous tension sur le nord Franche-Comté et dans le Pays de Maîche, Cinq communes sont désormais alimentées en eau par camions-citernes. De nouvelles restrictions s'appliquent à tous les usagers : limitation de l'arrosage, interdiction du nettoyage des voiries, façades et toitures, ainsi que de l'arrosage des terrains de sport enherbés, sauf impératif sanitaire. Les particuliers, collectivités, agriculteurs et industriels sont appelés à réduire leur consommation d'eau.
Le sénateur du Doubs Jean-François Longeot demande au Sénat d'engager une évaluation de la gestion de l'épisode caniculaire en cours. Dans un courrier adressé au président du Sénat, Gérard Larcher, il propose l'organisation d'auditions publiques des ministres concernés afin d'analyser les décisions prises, d'identifier d'éventuelles défaillances et d'évaluer le niveau de préparation de la France face aux crises climatiques. L'élu souhaite également tirer les enseignements de la canicule de 2003 pour renforcer la résilience des territoires et formuler des recommandations opérationnelles en vue des prochaines vagues de chaleur.
Alors que les épisodes de canicule se multiplient, des parents d'élèves de plusieurs écoles bisontines, dont celle de Bregille Plateau, se sont rassemblés ce mercredi 1er juillet devant la mairie de Besançon. Leur objectif : demander à la municipalité des mesures rapides et durables afin d'améliorer les conditions d'accueil des enfants dans des établissements parfois confrontés à des températures dépassant les 33 °C dans les salles de classe. Les familles estiment que ces épisodes de fortes chaleurs ne relèvent plus de l'exception et qu'ils nécessitent désormais une véritable politique d'adaptation des bâtiments scolaires.
Des mesures d'urgence réclamées
Les parents demandent la mise en place immédiate d'équipements permettant d'atténuer les effets de la chaleur : installation de brumisateurs, voiles d'ombrage dans les cours, protection solaire des salles de classe ou encore amélioration de la ventilation. Selon eux, ces dispositifs permettraient de préserver des conditions d'apprentissage acceptables en attendant des travaux plus importants.
Le reportage de la rédaction
« Les canicules sont désormais prévisibles »
Les organisateurs expliquent que leur mobilisation dépasse la seule vague de chaleur actuelle. Pour eux, le changement climatique impose d'anticiper des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents. « Les situations de canicule sont prévisibles et vont se répéter dans les années à venir », explique une représentante des parents. Les parents considèrent que les collectivités ont la responsabilité de garantir un accueil dans des conditions compatibles avec les apprentissages. « Les enfants doivent pouvoir apprendre sans étouffer », résume-t-elle.
Le reportage de la rédaction
Une rénovation globale plutôt que la climatisation
Les manifestants insistent sur le fait qu'ils ne réclament pas une généralisation de la climatisation, jugée peu compatible avec les enjeux environnementaux. Ils défendent plutôt un ensemble de solutions durables : végétalisation des cours, désimperméabilisation des sols afin de favoriser le rafraîchissement naturel, plantations d'arbres, meilleure isolation thermique des bâtiments, protections solaires sur les baies vitrées et installation de brasseurs d'air dans les classes. Selon l'un des participants, ces aménagements permettraient d'abaisser sensiblement la température intérieure. « Entre une salle à 33 °C et une salle à 28 ou 29 °C avec des brasseurs d'air, la différence est très importante pour les élèves et les enseignants », estime-t-il.
« Les écoles ne peuvent pas passer après »
Au-delà de la chaleur, les participants souhaitent faire de la rénovation des établissements scolaires une priorité budgétaire. Ils rappellent que plusieurs écoles ont déjà bénéficié de travaux, mais jugent le rythme insuffisant. Pour eux, l'investissement dans les écoles doit être considéré comme un choix prioritaire. « Les enfants sont l'avenir. Les écoles ne peuvent pas passer après », affirme un manifestant, qui estime que les investissements éducatifs doivent être placés au premier rang des politiques publiques.

Une rencontre avec la Ville reportée
La Ville de Besançon avait proposé aux représentants des parents une rencontre ce mercredi à 18 heures, en réponse à leur courrier d'interpellation. Les organisateurs ont toutefois préféré reporter cet échange. Ils souhaitent d'abord réunir les représentants de plusieurs écoles afin d'élaborer une plateforme commune de propositions et présenter à la municipalité un plan d'action partagé à l'échelle de la ville. Cette mobilisation pourrait ainsi constituer la première étape d'un mouvement inter-écoles destiné à obtenir un programme global d'adaptation des établissements scolaires face au réchauffement climatique.
Le reportage de la rédaction
Des propositions pour adapter durablement les écoles
Dans un texte diffusé à l'occasion de la mobilisation, des parents de l'école Henri-Fertet appellent à dépasser les mesures d'urgence pour engager une véritable adaptation des établissements scolaires au changement climatique. Ils estiment que les ventilateurs ne suffisent pas et plaident pour des solutions durables : rénovation thermique des bâtiments, protections solaires, ventilation naturelle, végétalisation des cours et désimperméabilisation des sols. Ils demandent également la réalisation d'un audit de chaque école afin de définir les aménagements prioritaires, jugeant que les épisodes de fortes chaleurs sont désormais appelés à devenir la norme.