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Me Randall Schwerdorffer, avocat de Rashid Askari, nous l’a confirmé : il fera bien appel de la décision rendue par la cour d’assises du Doubs le 10 décembre dernier. Rachid Askari a été condamné de 30 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté de 20 ans pour avoir tué sa femme de 19 coups de couteau en pleine rue à Besançon en 2018. Il s'était également vu signifier une interdiction du territoire national lorsqu'il aura purgé sa peine, et le retrait total de l'autorité parentale. Un nouveau procès dans cette affaire aura bien lieu dans les prochains mois.

Au terme de trois jours de procès devant la cour d’assises du Doubs, Rashid Askari est condamné pour le meurtre de son épouse avec préméditation. Il écope de 30 ans de réclusion criminelle assortie d’une période de sureté de 20 ans. Il est également soumis à une obligation de quitter le territoire français. La cour ordonne également le retrait total des droits de Rashid Askari sur ses deux enfants.

L'interview de la rédaction / Maître randall Schwerdorffer

La jeune femme de 18 ans, mise en examen pour homicide volontaire après la découverte du corps de Théo Decouchant, s'est expliquée hier devant un magistrat. Elle a expliqué qu'elle l’aurait poignardé puis étranglé au cours d'une dispute qui aurait dégénéré dans la nuit. Selon la version de la suspecte, elle a agi « parce qu'il insistait pour avoir une relation sexuelle ». Devant son insistance, toujours selon la jeune femme, elle l’aurait repoussé, avant d’aller dans une autre pièce de son appartement et de se saisir d’un couteau de cuisine qu’elle lui aurait enfoncé dans le foie. Le jeune homme, à genoux, aurait alors continué de la menacer, c'est pourquoi elle aurait saisi une cordelette d'une de ses robes et l’aurait étranglé.

 

Des déclarations confuses

Une version qui interroge le procureur et les enquêteurs, au vu de certaines incohérences. Dans un premier temps parce que les proches de Théo, l'ont décrit « comme introverti, et peu à l'aise avec les femmes ». Sa mère indique qu’il aurait pu tenter « une approche, mais n’aurait jamais insisté ou forcé quoique ce soit ». La jeune femme de 18 ans s'est aussi expliquée sur le fait que le jeune homme a été retrouvé les mains liées, car elle « avait peur qu'il se réveille ». Le lendemain, vers 7 heures du matin, elle va envoyer un message à la victime avec écrit : « merci pour hier, c'était vraiment bon », alors que Théo Decouchant aurait été tué vers 4 heures du matin.

 

« Elle portait les baskets de sa victime »

Etienne Manteaux, le procureur de la République de Besançon, indique une accumulation d’éléments troublants. La jeune femme a utilisé la carte bleue du jeune homme de 23 ans, dès le lendemain de sa disparition. Tout d’abord dans une station essence à Devecey avec la voiture de la victime, et ensuite en allant acheter des bijoux dans la zone commerciale de Châteaufarine. Puis, elle va retirer 600 euros à Dole et va réserver une chambre Airbnb à Bordeaux. Lors de sa conférence, le procureur a révélé un autre détail sordide. Sur les vidéosurveillances transmises aux policiers où l’on voit le suspect utiliser cette carte bleue, « il est difficile de reconnaître la personne car elle se dissimule ». Mais la sœur de Théo indique qu’à Dole, sur les images qui lui ont été présentées, la personne porte les baskets bien reconnaissables de son frère.

 

Théo était « son pigeon »

Ensuite, c'est avec la voiture de la victime, alors qu'elle n'a pas le permis, qu'elle fera l'aller-retour entre Bordeaux et la Haute-Saône, en expliquant qu'elle allait rejoindre un jeune homme rencontré peu de temps auparavant sur les réseaux sociaux. Elle aurait passé deux nuits avec celui-ci avant, durant lesquelles ils auraient eu des relations sexuelles, avant de revenir en Haute-Saône. L’homme a été entendu par la police, et a affirmé qu'ils avaient bien eu des rapports sexuels, mais qu'à aucun moment elle ne lui avait parlé du meurtre de Théo. Lors de son retour en Franche-Comté le 4 décembre, elle est flashée en excès de vitesse à proximité d’Angoulême, puis s'arrête à Dijon chez son ex-petit ami. Elle lui demande de changer les plaques d'immatriculation de la voiture. Puis, avant de rentrer chez elle, elle passe acheter des sacs poubelles de 130 litres ainsi que du scotch pour emballer le corps de la victime. Autre fait troublant, elle va jeter les draps et le couteau à la poubelle la veille du ramassage des ordures. Aucun objet présent lors du crime n'a été retrouvé. 

Selon certaines conversations relevées sur les réseaux sociaux de la jeune fille, le procureur explique qu'elle cherchait "compulsivement" une voiture, le 28 et 29 novembre, soit la veille et le jour même du rendez-vous avec Théo.  Elle a ensuite reconnu que Théo « était son pigeon, qu'elle souhaitait en obtenir de l'argent ». Malgré tout, elle soutiendra sa version de l’agression sexuelle. Si lors des premières auditions, la jeune femme paraissait extrêmement détachée et paraissait mener une vie tout à fait normale, elle s’est effondrée en larme ce mercredi après-midi dans le bureau de la juge d’instruction.

 

Mise en examen pour homicide volontaire, la jeune femme de 18 ans a été incarcérée en fin d'après-midi mercredi à Mulhouse. 

Le 29 février dernier, un jeune homme doubien de 20 ans abattait deux personnes en Suisse. Il souhaitait tromper des acheteurs de produits stupéfiants, et indique avoir paniqué lorsque ses clients ont découvert son stratagème. Il a été conduit en Suisse ce mardi pour participer à la reconstitution de la scène.  

 

De la résine de cannabis remplacée… par du savon

Le 29 février 2020, cet habitant de Pirey se rend à Grandson, en Suisse, où des hommes souhaitent acheter de la résine de cannabis. Il transporte 6 kg de marchandise, mais en ayant remplacé la drogue par du savon qu’il a emballé avec du plastique noir. La situation dégénère au moment où les clients se rendent compte que l’homme va les arnaquer. Il se saisit alors d’une arme et ouvre le feu six fois. Deux victimes meurent sur le coup, et deux autres vont être grièvement blessées. Le suspect prend la fuite, et sera interpellé quelques jours plus tard, par des hommes de la section de recherches de Besançon.

 

L’instruction touche à sa fin

Ce mardi, il était extrait de sa cellule et conduit à Lausanne pour participer à une reconstitution, dans un gymnase, ou l’appartement étroit a été reproduit à l’identique. Selon le procureur de la République de Besançon, Étienne Manteaux, l’homme indique « n’avoir jamais voulu attenter à la vie des personnes. Qu’il a vu une arme rangée dans un sac et qu’en constatant qu’il était démasqué, il a paniqué, s’est saisi du pistolet et a ouvert le feu ». Des déclarations qui vont à l’encontre des témoins survivants. Ils précisent que c’est ce dernier qui a amené et sorti ce 6,35 mm de sa poche, avant d’ouvrir le feu. L’instruction de ce dossier devrait toucher à sa fin dans les prochains mois avant un procès, prévu au cours de l’année 2022.