Choix du secteur :
Se connecter :
 

La fresque réalisée par l'artiste bisontin Nacle, boulevard Diderot à Besançon, pourrait bientôt bénéficier d'un cadre officiel garantissant sa conservation. Sur les réseaux sociaux, sans doute sous la pression populaire et médiatique, Ludovic Fagaut, le Mairen, a affiché sa volonté de préserver cette œuvre qui véhicule, selon lui, « un message fort » tout en mettant en valeur le talent des artistes locaux. La Ville annonce ainsi son intention de régulariser cette réalisation dans le respect de la réglementation nationale en matière d'urbanisme. Elle souhaite également assurer sa pérennité grâce à la mise en place d'une convention d'entretien avec l'artiste.

Au-delà de cette œuvre, la municipalité entend poursuivre le développement des arts urbains sur le territoire bisontin. Parmi les engagements annoncés figurent l'ouverture de nouveaux espaces dédiés à l'expression artistique, notamment à travers le déploiement de murs d'expression libre. Un volet pédagogique est également envisagé. La Ville souhaite associer l'artiste, les établissements scolaires et les habitants autour de la fresque afin de favoriser les échanges et la sensibilisation à l'art urbain.

« Préserver, valoriser et transmettre : c'est ainsi que nous ferons grandir Besançon », souligne l’édile. Dans cette perspective, un premier échange téléphonique a déjà eu lieu à l'initiative de la Ville avec Nacle. Une rencontre doit désormais être organisée dans les prochains jours afin d'évoquer l'avenir de l'œuvre et les différents sujets qui y sont liés.

Un temps menacé, l'œuvre du street artiste Nacle restera finalement visible pour le moment. Une rencontre doit prochainement réunir le maire de Besançon et l'artiste afin d'échanger sur la création de nouveaux espaces dédiés à l'expression urbaine. Dans un communiqué, la municipalité rappelle toutefois que cette réalisation aurait dû faire l'objet d'une autorisation préalable, les règles d'urbanisme s'imposant à tous. Tout en saluant la qualité artistique du travail et le message porté, la Ville choisit donc la voie du dialogue en attendant cet échange.

La fresque qui suscite depuis plusieurs jours une vive controverse à Besançon va être recouverte. La municipalité a confirmé sa décision d’effacer au plus vite l’œuvre réalisée début octobre par l’artiste Nacle, après que le CRIF a dénoncé une représentation jugée antisémite et déposé plainte. La peinture, visible sur un mur, à  la Malcombe, mêlait notamment un chandelier juif et une tête de mort coiffée d’un foulard palestinien, un assemblage de symboles qui a rapidement enflammé le débat local.

Une décision municipale présentée comme “technique”

En pleine campagne électorale, la Ville assure qu’il ne s’agit pas d’un geste politique mais de l’application stricte de sa politique anti‑tag. Le mur concerné, bien que régulièrement utilisé par des artistes urbains, n’est pas officiellement reconnu comme espace d’expression libre. La mairie estime donc qu’elle doit intervenir comme elle le ferait pour toute autre peinture non autorisée.

L’artiste appelle à l’apaisement et demande un échange

Face à la polémique, Nacle a adressé une longue lettre aux élus et aux institutions. Il y exprime son regret de voir la situation “s’installer sans échange préalable” et demande la suspension du recouvrement afin de permettre un dialogue. L’artiste défend une démarche “de vanité contemporaine”, destinée à interroger la mort, la guerre et la mémoire à travers des symboles universels. Il affirme n’avoir jamais voulu cibler un peuple ou une religion et condamne “sans ambiguïté toute forme d’antisémitisme, de racisme ou de discrimination”.

Il rappelle également que ce mur est utilisé depuis des années par de nombreux artistes sans intervention municipale, même s’il ne bénéficie pas d’une autorisation formelle. Nacle regrette enfin de ne pas avoir été contacté par le CRIF avant la médiatisation de l’affaire, estimant qu’un échange direct aurait pu éviter les tensions actuelles.

Soutiens politiques et débat local

L’élu communiste bisontin Hasni Alem a publiquement apporté son soutien à l’artiste, saluant dans sa lettre “une hauteur d’esprit” et dénonçant les “calomnies” visant Nacle. D’autres voix, au contraire, estiment que certains symboles ne peuvent être associés sans risque d’interprétation haineuse.

Une issue désormais scellée

Malgré les appels à la médiation, la disparition de la fresque semble inévitable. La Ville n’a pas annoncé de date précise, mais l’effacement devrait intervenir rapidement. Le débat, lui, reste ouvert : entre liberté artistique, sens des symboles et gestion de l’espace public, l’affaire révèle une fois encore la sensibilité extrême des représentations liées au conflit israélo‑palestinien.