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Les enseignants font leur rentrée ce lundi 31 août, avant d’accueillir les élèves dès le lendemain. Dans l’académie de Besançon, 191.461 écoliers, collégiens et lycéens reprendront le chemin de l’école mardi 1er septembre. Cette traditionnelle journée de prérentrée permet aux équipes pédagogiques de préparer l’accueil des élèves, de prendre connaissance des effectifs définitifs et de régler les derniers détails organisationnels. Elle doit également leur permettre de partager les principales orientations fixées pour cette nouvelle année scolaire.

Plus de 20 500 personnels mobilisés

Dans l’académie de Besançon, 20.556 personnels travaillent dans l’enseignement scolaire. Ils exerceront au sein d’environ 1 200 structures, parmi lesquelles 992 écoles, 141 collèges et 65 lycées. Cette rentrée s’inscrit dans un contexte de baisse démographique. Le rectorat recense 1.753 élèves de moins dans les écoles publiques de l’académie. Le recul atteint notamment 543 enfants dans le Doubs et 337 dans le Jura.

La diminution concerne également le second degré. L’administration prévoit une baisse de 917 élèves dans les collèges, les lycées et les établissements régionaux d’enseignement adapté publics de Franche-Comté.

« Un professeur devant chaque classe »

Pierre Moya, recteur de l’académie de Besançon, assure qu’il y aura « un professeur devant chaque classe » à l’occasion de cette rentrée. Plusieurs priorités accompagneront également cette nouvelle année scolaire. L’encadrement de l’utilisation du téléphone portable au lycée, le déploiement d’un questionnaire consacré aux violences sexuelles, la protection du bien-être des élèves et la garantie d’un climat scolaire serein figurent notamment parmi les objectifs fixés par le ministère de l’Éducation nationale.

L’académie de Besançon accueille 191.461 élèves à la rentrée 2026, soit 2.270 de moins que l’année précédente. Cette baisse démographique, qui devrait s’accentuer, impose une réorganisation progressive des écoles. Protection des enfants, interdiction du téléphone au lycée, santé mentale et adaptation aux fortes chaleurs figurent aussi parmi les dossiers prioritaires. Rencontre avec Pierre Moya, recteur de l’académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté

Une baisse démographique durable

Le nombre d’élèves continue de diminuer dans les quatre départements de l’académie de Besançon. Selon les projections du rectorat, 30 000 élèves supplémentaires pourraient disparaître des effectifs au cours des dix prochaines années. Cette baisse s’ajouterait aux 28 000 élèves déjà perdus durant la décennie précédente. L’Éducation nationale veut donc sortir des décisions prises année après année. Les prévisions démographiques doivent être partagées avec les élus et les services de l’État afin d’organiser le réseau scolaire sur plusieurs années. Les temps de transport, l’isolement des communes et l’accès aux autres services publics devront être pris en compte. « La diminution des effectifs a déjà permis d’alléger les classes dans le premier degré. Elles compteront en moyenne 20,7 élèves à cette rentrée. Dans les collèges et les lycées, la moyenne reste stable Â» nous dit-on. .

Une nouvelle méthode expérimentée dans le Doubs

Le Doubs fait partie des dix-huit départements choisis pour tester une « carte scolaire inversée ». Cette méthode consiste à réfléchir avec les élus à l’avenir des écoles avant de répartir les moyens, plutôt que de décider chaque année des ouvertures et des fermetures de classes. Un projet doit être construit à l’horizon 2031. Certaines petites écoles pourront être maintenues lorsque leur situation géographique, les difficultés de transport ou leur rôle dans une zone de montagne le justifient. D’autres pourront être regroupées dans des pôles scolaires plus importants, avec davantage d’enseignants et de services périscolaires. Des fermetures resteront possibles, mais elles devront être préparées et discutées avec les collectivités. La première véritable application de cette nouvelle carte scolaire est attendue en 2027.

Mieux repérer les violences subies par les enfants

La protection des élèves constitue un chantier majeur. Selon les estimations présentées par le rectorat, environ trois enfants par classe auraient subi des violences sexuelles, principalement dans le cadre familial. Un questionnaire national adapté à leur âge doit être proposé avant les vacances de la Toussaint, en même temps que celui consacré au harcèlement. Les personnels seront également davantage formés pour détecter les signes de mal-être, accueillir la parole d’un enfant et l’orienter vers les professionnels compétents.

L'interview de la rédaction : Pierre Moya, recteur de l'académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté 

Le téléphone éteint et rangé au lycée

Après les écoles et les collèges, l’interdiction du téléphone portable doit s’appliquer dans les lycées. Les appareils devront être éteints et rangés pendant le temps scolaire. Chaque établissement pourra toutefois adapter la mesure. Des dérogations seront possibles lorsque le téléphone est nécessaire pour accéder à la cantine, effectuer un travail pédagogique ou répondre aux besoins des internes. Cette décision vise à améliorer la concentration des élèves et à réduire leur dépendance aux écrans.

L'interview de la rédaction : Pierre Moya, recteur de l'académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté 

Préparer les écoles aux fortes chaleurs

Après les épisodes de canicule survenus au printemps et au début de l’été, le rectorat veut identifier les écoles et les collèges les plus exposés. Des travaux et des achats d’équipements doivent permettre de créer au moins quelques salles fraîches dans les établissements concernés. Les épreuves écrites et orales des examens seront organisées le matin afin d’éviter les heures les plus chaudes. Une semaine académique consacrée à l’éducation au développement durable est également annoncée pour mars 2027. Enfin, malgré les cyberattaques ayant touché le ministère pendant l’été, la préparation de la rentrée n’a pas été perturbée dans l’académie de Besançon. Un plan de formation à l’intelligence artificielle doit également être déployé durant l’année, afin d’aider les enseignants et les élèves à utiliser ces nouveaux outils avec discernement.

L'interview de la rédaction : Pierre Moya, recteur de l'académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté 

Pierre Moya a été nommé recteur de la région académique Bourgogne-Franche-Comté et de l’académie de Besançon, ainsi que chancelier des universités, lundi 27 juillet en Conseil des ministres. Il succède à Nathalie Albert-Moretti, en poste depuis mars 2022, qui rejoint la région académique Bretagne et l’académie de Rennes.

Professeur d’histoire-géographie de formation, Pierre Moya a commencé sa carrière dans l’enseignement en 1990. Il a ensuite occupé de nombreuses fonctions de direction et d’encadrement au sein de l’Éducation nationale, notamment dans les académies de Lille, Versailles, Rouen et Créteil, ainsi qu’au ministère. Recteur de l’académie d’Amiens depuis juillet 2023, il prend désormais la tête de la région académique Bourgogne-Franche-Comté.