Dominique Voynet, député de la 2è circonscription du Doubs
À l’occasion de sa rentrée politique, la députée écologiste de la deuxième circonscription du Doubs, Dominique Voynet, a dressé le bilan de son activité parlementaire et présenté ses priorités. Budget 2027, défense des services publics, avenir industriel, agriculture, gestion de l’eau et élections sénatoriales figurent parmi les principaux dossiers évoqués.
La rentrée s’annonce particulièrement dense pour Dominique Voynet
La députée prévoit une session parlementaire raccourcie par l’élection présidentielle de 2027. Avant l’examen de plusieurs textes consacrés aux violences faites aux femmes et aux enfants, au logement ou encore aux transports, les députés devront se pencher sur le projet de loi de finances pour 2027. Un débat qui devrait occuper le Parlement pendant plusieurs semaines. Dominique Voynet regrette cependant de ne pas encore connaître les orientations précises du gouvernement. Elle reproche notamment au Premier ministre de privilégier les économies sans tirer les enseignements d’un été marqué par la canicule, la sécheresse et leurs conséquences humaines, agricoles et économiques. « La dépense publique n’a pas le même sens lorsqu’elle sert à reconduire des situations acquises ou lorsqu’elle permet d’investir pour préparer l’avenir », souligne-t-elle.
Violences faites aux enfants : « La loi ne sera pas intégrale sans les moyens »
Dominique Voynet explique avoir choisi de ne pas le cosigner dans sa version actuelle. « Je ne l’ai pas signée, non pas parce que je me désintéresse des violences faites aux enfants, mais parce qu’elle me paraît bancale. Elle ne sera pas intégrale tant qu’il n’y aura pas les moyens », affirme-t-elle. La parlementaire estime qu’un durcissement des peines ne peut suffire si les magistrats et les enquêteurs ne disposent pas des effectifs nécessaires pour traiter les dossiers. Elle demande donc des garanties sur les budgets des ministères de la Justice et de l’Intérieur. « Ce n’est pas le bleu marine dans la rue qui compte dans ce domaine. Ce sont les inspecteurs qui réalisent les enquêtes », insiste la parlementaire. Elle alerte également sur la situation de l’aide sociale à l’enfance, dont les services dépendent des départements, ainsi que sur les moyens accordés aux structures qui accueillent les femmes victimes de violences. Elle cite notamment la Maison des femmes de Besançon, qui doit pouvoir bénéficier de financements suffisants de la part des différentes collectivités. Pour l’élue écologiste, la prévention doit aussi passer par l’éducation des garçons, la détection des comportements violents et un meilleur accompagnement des victimes. « Tout cela relève d’abord d’une question de budget. Il n’est pas raisonnable de durcir les peines théoriques sans donner à ceux qui appliquent les règles les moyens de travailler », résume-t-elle.
Le grand âge et les services publics au centre des inquiétudes
Dominique Voynet établit le même constat dans les secteurs du logement et du grand âge. Elle rappelle qu’une réforme ambitieuse de la prise en charge du vieillissement est annoncée depuis plusieurs années, sans avoir réellement abouti. La députée juge insuffisantes les mesures adoptées jusqu’à présent. Elle souligne que les conditions de travail et les rémunérations des personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes n’ont pas connu les améliorations nécessaires. Elle rappelle également que la question du vieillissement ne se limite pas aux Ehpad. Le maintien à domicile suppose des personnels disponibles, des services adaptés et des financements que les départements, déjà fragilisés financièrement, peinent à mobiliser. Face à l’augmentation du nombre de personnes âgées de plus de 80 ans, Dominique Voynet considère que le pays n’est pas suffisamment préparé. La santé mentale, la dépendance, les pathologies chroniques et l’accompagnement des personnes durablement affectées par une maladie doivent, selon elle, devenir de véritables priorités budgétaires.
Un budget pour « préparer l’avenir »
La députée attend désormais de connaître les orientations précises du projet de loi de finances pour 2027. Elle regrette que la lettre adressée pendant l’été aux parlementaires par le Premier ministre ne mentionne pas, selon elle, la nécessité de financer l’adaptation au changement climatique. « Comme si on avait déjà oublié l’été catastrophique que nous venons de vivre », déplore-t-elle. Dominique Voynet souhaite que les contribuables les plus fortunés participent davantage au redressement des comptes publics. Elle propose également de réexaminer les aides accordées aux entreprises et de mieux les conditionner à la préservation de l’emploi, à la formation et à la transformation de l’économie. Par ailleurs, elle refuse que les collectivités locales et les associations deviennent les variables d’ajustement du budget.
L'interview de la rédaction : Dominique Voynet
La papeterie de Novillars et la desserte des Hauts-du-Chazal
Sur le terrain, Dominique Voynet affirme avoir défendu plusieurs dossiers économiques et d’aménagement du territoire. Elle cite notamment la papeterie de Novillars, confrontée à d’importantes difficultés financières malgré la reprise de son activité et un carnet de commandes rempli. La députée dit être intervenue auprès du ministère de l’Économie afin d’obtenir un assouplissement des règles et de préserver les emplois du site. L’élue soutient par ailleurs la création d’une halte ferroviaire, voire d’une véritable gare, dans le secteur des Hauts-du-Chazal. Cette infrastructure permettrait de mieux desservir le CHU Jean-Minjoz et Planoise, tout en réduisant la saturation des entrées de Besançon.
Pour des « assises de l’eau » dans les territoires
Après un été particulièrement difficile pour les exploitations agricoles du Haut-Doubs, Dominique Voynet appelle à une évolution du modèle agricole. Elle refuse que les aides publiques servent uniquement à prolonger des pratiques devenues fragiles face au changement climatique. La députée critique notamment les grandes réserves d’irrigation bénéficiant à un nombre limité d’exploitants. Elle estime que le stockage de l’eau doit prendre en compte les besoins de la population, de l’industrie, de l’ensemble des agriculteurs et des milieux naturels. Elle propose l’organisation d’« assises de l’eau » à l’échelle des territoires afin de définir collectivement les usages prioritaires. Cette réflexion devrait porter à la fois sur la quantité disponible et sur la qualité de la ressource, notamment face aux pollutions aux substances per- et polyfluoroalkylées, les PFAS. « On ne fera pas sans les agriculteurs », insiste Dominique Voynet. Elle rappelle l’importance économique de la filière comté, tout en estimant indispensable d’engager un dialogue sur son adaptation aux sécheresses et aux canicules.
L'interview de la rédaction : Dominique Voynet
Une ouverture de la chasse à adapter selon les espèces
Interrogée sur l’ouverture prochaine de la chasse, Dominique Voynet ne demande pas son report général dans le Doubs. Elle appelle en revanche à s’appuyer sur des données objectives concernant l’état de conservation de chaque espèce. La faune sauvage a souffert de la canicule, du manque d’eau et de nourriture. La forêt franc-comtoise a également été fortement touchée. La députée estime donc que les prélèvements doivent être adaptés aux réalités constatées sur le terrain. Concernant le chevreuil, elle souligne la nécessité de trouver un équilibre entre la préservation de l’espèce et la protection des jeunes pousses d’arbres. Le dialogue entre la préfecture, les chasseurs, les associations environnementales, les forestiers et les agriculteurs devra, selon elle, déterminer les espèces qui peuvent être chassées et celles qui doivent être davantage protégées.
L'interview de la rédaction : Dominique Voynet
Les écologistes derrière Arnaud Marthey aux sénatoriales
À l’approche des élections sénatoriales du 27 septembre, les écologistes ont choisi de soutenir la liste conduite par le socialiste Arnaud Marthey. Ils y seront représentés par Odile Joannès, élue du Pays de Montbéliard. Dominique Voynet souhaite que les préoccupations des différents territoires du Doubs soient portées au Sénat : mutation de l’industrie automobile dans le pays de Montbéliard, déplacements, services publics dans les communes rurales et conséquences du dérèglement climatique. L’élue se montre très critique envers un Sénat qu’elle juge « profondément conservateur ». Elle se dit également préoccupée par la progression du Rassemblement national et par le rapprochement observé, sur certains textes, entre la droite parlementaire et l’extrême droite.
Une fin de mandat tournée vers le terrain
Au cours des prochains mois, Dominique Voynet entend poursuivre sa « Grande Écoute », une série de rencontres organisées dans les communes et les quartiers de sa circonscription. Ces réunions permettent aux élus locaux et aux habitants d’échanger directement avec leur députée. « J’explique ce que je fais, mais aussi les politiques publiques, dans un monde de moins en moins compréhensible pour des personnes souvent informées par les excès des réseaux sociaux », explique-t-elle.
La députée assure vouloir rester très présente sur le terrain pendant cette dernière partie du mandat. Interrogée sur une éventuelle nouvelle candidature, elle indique ne pas avoir encore arrêté sa décision et vouloir consulter sa famille ainsi que les militants écologistes.
L'interview de la rédaction : Dominique Voynet
Les dates à retenir :