À une vingtaine de minutes de Besançon, la fromagerie-musée de Trépot fait revivre tout un pan de l’histoire agricole et fromagère de la Franche-Comté. Anciennes chaudières, caves d’affinage, moules à beurre et film d’époque permettent de comprendre comment le Comté s’est imposé comme l’un des emblèmes du territoire. Roland Philippe, responsable du musée, raconte cette histoire intimement liée aux savoir-faire venus de Suisse.
Du « gruyère » au Comté
Avant de porter officiellement le nom de Comté, consacré dans les années 1950, le fromage était couramment désigné sous le terme de « gruyère ». Son développement dans le massif jurassien est étroitement lié aux fromagers suisses, autrefois sollicités dans les villages pour transmettre leurs techniques. Des patronymes retrouvés dans les archives témoignent encore de cette influence, notamment venue de Suisse alémanique. La création d’une école de fromagerie à Mamirolle, à la fin du XIXe siècle, puis le développement de la formation à Poligny vont progressivement permettre au territoire de disposer de ses propres professionnels. Cette histoire se poursuit aujourd’hui dans une filière fortement ancrée dans son terroir. « Aucun Comté ne se ressemble en fonction de l’altitude et des pâturages », souligne Roland Philippe. Jusqu’à 83 arômes différents ont été identifiés dans le fromage.
L'interview de la rédaction : Roland Philippe
Une production qui reste à taille humaine
La filière repose sur un réseau de fruitières qui collectent le lait dans un périmètre limité autour de leur site de production. Le cahier des charges du Comté contribue à maintenir ce modèle, fondé sur le lien entre les élevages, les pâturages et les ateliers de transformation. Pour Roland Philippe, cette organisation participe également au maintien d’une agriculture dynamique dans le massif jurassien. Il souligne notamment la présence de jeunes exploitants et une rémunération du lait à Comté qui favorise la pérennité des exploitations. La filière produit aujourd’hui autour de 70 000 tonnes de Comté par an. Sa production est encadrée afin de maîtriser les volumes. Certaines fruitières développent parallèlement d’autres produits, notamment les yaourts, et misent davantage sur la vente directe.
Des installations presque intactes
À Trépot, c’est surtout l’ancienne fromagerie qui permet de mesurer le chemin parcouru. L’atelier a très peu changé depuis sa transformation en 1952. Deux chaudières de 1 200 litres servaient à fabriquer seulement quatre meules. L’une des curiosités est un ancien foyer roulant, déplacé sous les différentes chaudières selon les besoins. Une troisième cuve permettait notamment de chauffer de l’eau. « On économisait tout », résume Roland Philippe. La chambre à lait rappelle, elle aussi, l’organisation du travail d’autrefois. Le lait du soir y était conservé avant sa transformation le lendemain.
Plus de 110 moules à beurre
Le musée possède également une importante collection consacrée à la fabrication du beurre. Plus de 110 moules sont exposés. Certains témoignent de traditions aujourd’hui disparues, à l’image des moules permettant de donner au beurre des formes particulières à l’occasion de Pâques. Parmi les pièces remarquables figure également un rouleau ancien destiné à décorer le beurre. Les caves d’affinage complètent la visite. Une effigie grandeur nature d’un fromager y reproduit notamment le geste du salage des meules. Les anciennes plaques publicitaires permettent, quant à elles, de suivre l’évolution de l’image du fromage et le passage progressif de l’appellation « gruyère » à celle de « Comté ».
Le concours de Mamirolle, autre vitrine du savoir-faire fromager
Cette culture fromagère dépasse les murs du musée. Depuis 1990, Mamirolle accueille également un concours de fromages devenu international. La manifestation réunit des produits venus de plusieurs régions françaises, mais également de Belgique, d’Italie ou de Suisse. Lors d’une récente édition, 210 jurés ont été mobilisés pour 27 concours différents. Malgré plusieurs propositions de changement de site, les organisateurs souhaitent conserver la manifestation à Mamirolle et préserver son identité. La prochaine édition aura lieu l'automne prochain.
Un film de 1977 pour revoir vivre la fromagerie
La visite de Trépot s’achève par un document particulièrement précieux : un court métrage de quatorze minutes tourné sur place en 1977, lorsque la fromagerie était encore en fonctionnement. Après avoir découvert les chaudières, les caves et les différents outils, les visiteurs peuvent ainsi les voir utilisés par le fromager de l’époque. « On voit le fromager au travail », explique Roland Philippe. Une manière de faire revivre les gestes derrière les objets et de rappeler que le Comté est autant un patrimoine alimentaire qu’une histoire humaine et rurale.
Plein Air a choisi pour vous :
Besançon – Escape game à la Citadelle
Jusqu'au 26 septembre – Citadelle de Besançon
La Citadelle propose l'escape game « Citadelle assiégée ! ». Pendant une heure, les participants sont plongés au début du XVIIIᵉ siècle, en pleine guerre de Succession d'Espagne, avec pour mission de préparer la forteresse à un siège imminent. Accessible dès 8 ans, le jeu est proposé en versions adaptées aux familles, aux adultes et aux personnes à mobilité réduite. Réservation conseillée.
Besançon – Vital'Été
Jusqu'au 22 août
La Ville de Besançon propose Vital'Été, un vaste programme d'activités gratuites destiné aux personnes de 2 à 99 ans. Réparties sur les sites de la Malcombe et de Chailluz, les animations sont sportives, culturelles, éducatives et artistiques. Des ateliers nature, des soirées sportives et des activités de plein air complètent le programme. Les activités sont gratuites, sur inscription, et les enfants de moins de 8 ans doivent être accompagnés d'un adulte.
Besançon – Vital'Chailluz
Jusqu'au 22 août – Forêt de Chailluz
Vital'Chailluz invite le public à découvrir la nature grâce à des jeux, ateliers, balades, spectacles, expériences scientifiques et animations naturalistes. La Fête Forêt'N, en accès libre du mardi au samedi de 9 h à 13 h 30, est complétée par des activités gratuites sur inscription, sous réserve des conditions météorologiques.
Labergement-Sainte-Marie – Exposition « Regard animal »
Jusqu'au 27 septembre – Maison de la Réserve
L'exposition « Regard animal » de l'artiste Lise Vurpillot met en lumière les liens entre l'humain et l'animal à travers des œuvres colorées centrées sur l'expression des regards. L'entrée est comprise dans le billet de la Maison de la Réserve.
Labergement-Sainte-Marie – Sorties nature
Tout au long du mois d'août
La Maison de la Réserve organise des sorties consacrées à la découverte de la biodiversité locale : observation des rapaces, des libellules, des chauves-souris, reconnaissance des traces de la faune sauvage et animations pour les enfants de 4 à 6 ans accompagnés de leurs parents. Tarifs : 10 € par adulte, 6 € par enfant (gratuit pour les moins de 5 ans). Réservation conseillée.
Pontarlier – Hommage à Ursula Andress
Jusqu'au 31 juillet – Hôtel de Ville
Le hall de l'Hôtel de Ville accueille une exposition consacrée à Ursula Andress, organisée par le Centre de ressources iconographiques pour le cinéma des Amis du Musée de Pontarlier. Cette rétrospective rend hommage à la comédienne suisse, célèbre pour son rôle dans James Bond 007 contre Dr No, à l'occasion de son 90ᵉ anniversaire.
Pontarlier – 96ᵉ Salon des Annonciades
Jusqu'au 2 août – Chapelle des Annonciades
Le plus ancien salon artistique de Franche-Comté réunit peintures, sculptures et gravures d'artistes confirmés et de jeunes talents de l'art contemporain comtois. L'exposition est organisée par les Amis du Musée de Pontarlier.
La Cluse-et-Mijoux – Visites guidées du Château de Joux
Jusqu'au 30 août
Des visites guidées sont proposées chaque jour à 10 h 30, 11 h 30, 14 h, 14 h 30, 15 h 30 et 16 h 15. Le parcours permet de découvrir plus de dix siècles d'histoire militaire. Le château est ouvert de 10 h à 18 h
Après six années de bons et loyaux services, l’ancien escape Game de la Citadelle de Besançon cède la place à une toute nouvelle aventure immersive : Citadelle Assiégée.
Hermine Chapron, médiatrice culturelle pour le Monument Vauban, explique : « Nous avons voulu renouveler l’expérience pour offrir au public une nouvelle manière ludique et moderne de découvrir la Citadelle. Cette formule interactive, de plus en plus présente dans les musées et monuments, séduit particulièrement les visiteurs jeunes et curieux ».
Un bond dans le temps, au début du XVIIIᵉ siècle
L’intrigue transporte les joueurs à l’époque de Vauban et de Louis XIV, en pleine guerre de Succession d’Espagne. Les participants incarnent des soldats chargés d’explorer un magasin aux fournitures — une cave historique qui servait à stocker nourriture, matériel et parfois armes. Chaque élément du décor a été pensé pour respecter l’authenticité historique : mobilier d’époque reconstitué, recherches dans encyclopédies et tableaux, recours à des artisans (céramistes, souffleurs de verre, forgerons) afin de reproduire fidèlement l’ambiance du début du XVIIIᵉ siècle.
L'interview de la rédaction : Hermine Chapron
Deux salles, deux publics
Pour satisfaire tous les visiteurs, deux scénarios distincts ont été développés :
Un défi d’une heure
Les équipes disposent de 60 minutes pour résoudre une douzaine d’énigmes mêlant fouille minutieuse, observation, adresse et réflexion. Coopération et communication sont essentielles pour avancer dans l’intrigue. La réservation se fait exclusivement en ligne (www.citadelle.com), avec quatre créneaux par jour. L’escape Game sera proposé tous les week-ends de septembre.
L'interview de la rédaction : Hermine Chapron
Des tests grandeur nature avant l’ouverture
Avant l’inauguration, l’équipe de la Citadelle a testé le jeu pour ajuster la difficulté et reformuler certaines énigmes. « Ce qui me semblait évident ne l’était pas forcément pour tout le monde », confie Hermine Chaperon. Et de continuer : « Heureusement, mes collègues ont joué les cobayes, ce qui nous a permis de trouver le bon équilibre. »
Ce dimanche 2 juillet, l’association Commerce Pontarlier Centre organise « les greniers de Saint-Pierre ». Plus de 150 exposants, professionnels et particuliers, sont attendus au centre-ville de la capitale du Haut-Doubs. Le rendez-vous est fixé de 8h30 à 18h sur la place Saint-Pierre.
Voici une idée de sortie. A compter du 5 juillet, et jusqu’au 25 août, le barrage-usine de Saut-Mortier sur la commune de Cernon est ouvert au public. Des visites guidées y sont organisées. Pour y participer, il suffit de s’inscrire auprès de Terre d’Emeraude de Tourisme et ses quatre bureaux d’information, situés à Clairvaux-les-Lacs, Orgelet, Arinthod et Moirans-en-Montagne ou sur www.terredemeraudetourisme.com/boutique. La visite d’une durée de 2h30 vous permettra d’en savoir davantage sur le fonctionnement et l’histoire du barrage-usine, mais aussi sur le projet de développement en cours, concernant également le barrage de Vouglans.