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Besançon : la gauche entre défaite et reconstruction après la victoire de Ludovic Fagaut

Publié le 23 Mar. 2026 à 13:03
Tags: Politique | raphael krucien | municipales 2026 | besancon2026 |
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Besançon : la gauche entre défaite et reconstruction après la victoire de Ludovic Fagaut Raphaël Krucien

Au lendemain de la victoire de Ludovic Fagaut à Besançon, les réactions se multiplient à gauche. Défaite difficile à encaisser, remise en question stratégique, interrogation sur l’alliance avec La France insoumise et sur le vote des quartiers populaires… Le conseiller départemental socialiste du Doubs, Raphaël Krucien, appelle à analyser les causes de cet échec et à reconstruire une gauche plus en phase avec les attentes des habitants. Il est au micro de notre rédaction.

Une réaction, tout d’abord, par rapport à ce résultat d’hier soir ?

Écoutez, c’est toujours un résultat difficile à digérer pour les représentants de la gauche et des socialistes à Besançon. Mais il faut reconnaître, de manière pleinement républicaine, la victoire de Ludovic Fagaut et lui souhaiter le meilleur mandat possible, dans le respect des valeurs qui ont toujours façonné notre ville.

S’il fallait donner quelques explications : cette fusion avec La France insoumise a-t-elle finalement compromis la victoire ?

Je pense que la défaite de la gauche est multifactorielle. Effectivement, la présence de La France insoumise, à travers un accord technique qui, à mon avis, a pu être perçu comme insincère par l’électorat, a contribué à cette défaite. En tant que président de bureau de vote lors de ce second tour, j’ai observé un regain de participation. J’ai cru qu’il y aurait une réaction face au risque de bascule. Mais cette réaction s’est finalement traduite par un vote en faveur de Ludovic Fagaut. Donc oui, je pense que cet accord technique a été, en partie, sanctionné par les électeurs.

L'interview de la rédaction : Raphaël Krucien 

Il semblerait que les quartiers populaires se soient en partie désintéressés du scrutin, tout en apportant aussi leur soutien à Ludovic Fagaut ?

Oui, c’est un point qu’il faudra analyser avec attention. Je pense que les socialistes feront ce travail. Il y a aussi, sans doute, la question de la sécurité que nous n’avons peut-être pas suffisamment bien traitée ou expliquée. Avons-nous manqué de pédagogie ? C’est possible. Ce qui est certain, c’est que les quartiers populaires, qui restent trop souvent les laissés-pour-compte de la République, se sont en partie détournés du vote de gauche, malgré une légère mobilisation au second tour. Pour ma part, je ne baisse pas les bras. Je continue à m’engager, politiquement et associativement, dans ces quartiers. Il faut reconstruire. Après un tel résultat, tout est à repenser, et c’est l’occasion de repartir sur de nouvelles bases pour se reconnecter aux attentes des citoyens.

L'interview de la rédaction : Raphaël Krucien 

Quand on est un élu de gauche comme vous, voir Besançon basculer à droite pour la première fois depuis 1953, c’est aussi difficile à encaisser ?

Oui, c’est difficile. Mais je rappelle aussi qu’en 2020, la gauche l’avait emporté dans le cadre d’une triangulaire, avec le maintien d’Éric Alauzet au second tour. Le rapport de force était, selon moi, assez proche de celui de 2026. Il faut aussi prendre en compte un glissement global du paysage politique français vers la droite, avec une montée en puissance de thématiques et d’un vocabulaire portés par la droite et l’extrême droite. Ludovic Fagaut s’est inscrit dans cette dynamique, et le résultat est tombé au second tour.

L'interview de la rédaction : Raphaël Krucien 

Vous avez parlé de reconstruction. L’ancienne maire a évoqué une « reconquête ». Comment va s’organiser la gauche à Besançon, notamment en termes de leadership ?

C’est une question qu’il faudra impérativement se poser. Dans les prochains jours, l’ensemble des forces de gauche devra tirer les conclusions de ce scrutin et s’organiser pour la suite. Il y a des questions de fond : quels sujets avons-nous mal traités ? Où sommes-nous passés à côté ? Comment faire mieux ? Et il y a aussi la question de l’incarnation, du leadership, de l’ADN de la gauche. C’est un débat nécessaire, mais il est encore un peu prématuré pour entrer dans le détail. Cette question sera traitée, c’est certain.

L'interview de la rédaction : Raphaël Krucien 

Vous côtoyez Ludovic Fagaut au conseil départemental du Doubs. Quel regard portez-vous sur lui ?

Je reconnais qu’il est très fort en communication. C’est clairement l’une de ses grandes qualités, et il a mené une campagne très efficace. En revanche, sur le fond, je regrette qu’il n’ait pas apporté suffisamment de réponses, que ce soit au département ou durant la campagne municipale. Je constate aussi certaines contradictions entre ses positions à la mairie et ses actes au conseil départemental du Doubs. Avec mes collègues conseillers départementaux du territoire bisontin, nous avons pris nos responsabilités en dressant un bilan de son action au département. Cela n’a manifestement pas suffi. Mais nous resterons vigilants et proactifs pour observer la cohérence entre ce qu’il fera au département, à la ville de Besançon et au niveau de l’agglomération.

L'interview de la rédaction : Raphaël Krucien 

Dernière modification le lundi, 23 mars 2026 13:14