Le nouvel arrêté municipal visant la « mendicité agressive et alcoolisée » à Besançon continue de susciter des réactions. Dans un communiqué, les élus du Groupe Socialiste et Citoyens critiquent vivement une mesure qu'ils jugent à la fois inefficace, stigmatisante et davantage tournée vers la communication que vers le traitement des causes des troubles à l'ordre public.
La pauvreté ne doit pas être assimilée à l'insécurité
Selon eux, la tranquillité publique constitue une attente légitime des habitants et les actes de violence, les menaces ou les incivilités doivent être combattus avec fermeté. Toutefois, ils estiment que la pauvreté ne doit pas être assimilée à l'insécurité. Les élus rappellent que ce sont les comportements qui troublent l'ordre public qui doivent être sanctionnés, quelle que soit la situation sociale de leurs auteurs. Ils dénoncent ainsi une mesure qui, selon eux, risque de désigner les personnes en situation de précarité comme responsables des difficultés rencontrées dans l'espace public.
Des outils déjà existants pour sanctionner les troubles
Le groupe souligne que les comportements visés par l'arrêté, comme les sollicitations agressives, les menaces, les violences ou certains troubles liés à l'alcoolisation sur la voie publique, sont déjà réprimés par la législation en vigueur. Les élus considèrent donc que ce nouvel arrêté n'apporte aucun moyen supplémentaire aux forces de l'ordre pour intervenir et faire respecter la tranquillité publique. Ils rappellent également que de nombreux arrêtés anti-mendicité ont suscité des controverses en France. Ils citent notamment les réserves exprimées par le Comité européen des droits sociaux, qui a alerté sur les risques d'atteinte aux droits fondamentaux des personnes en situation de précarité.
Miser sur la prévention et l'accompagnement
Pour les élus socialistes, la réponse doit être plus globale et s'inscrire dans la durée. Ils plaident pour une politique associant prévention, lutte contre les addictions, accompagnement social, soutien aux associations de terrain et coordination entre les acteurs de la santé, de la sécurité et de la solidarité. Ils mettent en avant les dispositifs déjà présents à Besançon, notamment le tissu associatif local, les maraudes sociales, les actions de prévention et les différents partenariats développés depuis plusieurs années.
Un appel à retirer l'arrêté municipal
Le Groupe Socialiste et Citoyens demande au maire de Besançon de retirer l'arrêté qu'il juge stigmatisant. Les élus souhaitent également l'ouverture d'une concertation réunissant l'ensemble des acteurs concernés afin de construire un véritable plan de cohabitation et d'apaisement à l'échelle de la ville. Selon eux, la protection des habitants passe avant tout par l'application des lois existantes, le renforcement de la prévention et de l'accompagnement social, plutôt que par des mesures d'affichage.
Mobilisation annoncée place Pasteur
Les élus annoncent enfin leur participation au rassemblement organisé le lundi 1er juin à 18h30, place Pasteur. Ils affirment vouloir défendre une ville « qui protège sans exclure, qui rassemble sans stigmatiser et qui traite les causes des difficultés plutôt que leurs seules conséquences ».