Une signalisation routière consacrée à la présence du lynx boréal va être expérimentée dans le Parc naturel régional du Haut-Jura. L’objectif est d’inciter les automobilistes à ralentir afin de réduire les risques de collision avec cette espèce protégée, classée « en danger » sur la Liste rouge nationale des espèces menacées.
Entre septembre et octobre, des panneaux réglementaires A15b signalant la présence de faune sauvage seront installés sur plusieurs portions des routes nationales 5 et 57, ainsi que sur des axes départementaux. Le dispositif concernera l’Ain, le Doubs et le Jura. Des panonceaux indiquant la longueur des secteurs à risque et des vitesses conseillées pourront compléter cette signalisation.
Une vingtaine de collisions détectées chaque année
Le lynx boréal est particulièrement exposé aux accidents en raison de l’étendue de son domaine vital, de ses nombreux déplacements et de son comportement territorial. Au cours de la dernière décennie, une vingtaine de collisions routières ont été détectées chaque année. Elles constituent désormais la première cause de mortalité de l’espèce.
Dans une population déjà réduite, la disparition d’un seul individu peut avoir d’importantes conséquences. Les destructions illégales et le manque de brassage génétique représentent les deux autres principales menaces pesant sur le félin.
Si son aire de répartition s’étend progressivement au-delà du massif jurassien, la situation du lynx demeure préoccupante. Le massif abrite à lui seul près de 80 % de la population française de cette espèce.
Une expérimentation évaluée pendant trois ans
Cette opération s’inscrit dans le Plan national d’actions en faveur du lynx boréal, approuvé en 2022. La DREAL Bourgogne-Franche-Comté en assure la coordination pour le compte de l’État, tandis que l’Office français de la biodiversité est chargé de son animation. Ce plan mobilise notamment les associations, les scientifiques, les représentants des activités socioprofessionnelles, les éleveurs et les chasseurs afin de rétablir l’espèce dans un bon état de conservation.
La nouvelle signalisation sera évaluée pendant trois ans par le Cerema. L’étude portera notamment sur le comportement et la perception des automobilistes, mais aussi sur l’efficacité du dispositif pour limiter les collisions. Si les résultats sont concluants, son déploiement pourrait être étendu.
L’expérimentation est conduite avec le Parc naturel régional du Haut-Jura, les services routiers de l’État et les conseils départementaux concernés. Elle bénéficie du soutien financier du ministère de la Transition écologique et du WWF, par l’intermédiaire de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères.