Samuel Rouzet, directeur de l'inspection académique du Doubs
C’est l’une des nouveautés de la rentrée 2026 dans l’académie de Besançon. L’Éducation nationale expérimente dans le Doubs une planification de l’organisation des écoles à cinq ans. Cette « carte scolaire inversée » doit permettre d’anticiper les conséquences de la baisse démographique avec les élus et les services de l’État.
Sortir des décisions annuelles
Fermetures de classes, regroupements scolaires, transferts d’élèves : chaque préparation de rentrée suscite des inquiétudes dans les territoires. La nouvelle méthode consiste à présenter aux élus les prévisions démographiques à cinq ans, puis à réfléchir avec eux à l’avenir de chaque école. Une structure devenue trop petite pourra être réhabilitée, transformée ou rattachée à un pôle scolaire voisin. La distance, le temps de transport, les conditions d’accueil et la qualité pédagogique devront être pris en compte. L’administration assure qu’aucun modèle unique ne sera appliqué. Une attention particulière doit être accordée aux zones de montagne, aux communes isolées et aux établissements accueillant des publics spécifiques. L’objectif revendiqué est celui de l’équité territoriale, avec une réponse adaptée aux besoins locaux.
L'interview de la rédaction : Samuel Rouzet, directeur de l'inspection académique du Doubs
Préserver un service public de proximité
Dans les villages, l’école reste souvent l’un des derniers services publics. L’Éducation nationale défend ainsi le passage de « l’école de la commune » à « l’école pour la commune » : un regroupement pourrait continuer à servir un territoire même si les élèves ne sont plus accueillis dans leur village. Douze réunions ont déjà été organisées dans les communautés de communes du Doubs. Une phase de concertation et de contractualisation doit commencer en septembre. La première véritable « carte scolaire inversée » est annoncée pour la rentrée 2027. Si l’expérimentation est concluante, elle pourrait être généralisée à d’autres départements.
Vingt pôles mobiles pour accompagner les écoles
Autre nouveauté de cette rentrée : la création dans le Doubs de vingt pôles d’appui à la scolarité. Chacun réunira un enseignant spécialisé et un éducateur spécialisé. Ces équipes mobiles interviendront notamment auprès des élèves présentant des difficultés comportementales. Elles pourront également conseiller les familles, les orienter vers les structures médicales adaptées et accompagner les enseignants. L’Agence régionale de santé doit consacrer 1,7 million d’euros à la rémunération des éducateurs spécialisés.
Ces dispositifs sont lancés alors que le Doubs doit perdre 21 postes à la rentrée, sous réserve des derniers ajustements. Ils doivent permettre d’adapter le réseau scolaire à la baisse du nombre d’élèves, tout en maintenant une offre éducative de qualité dans les territoires doubistes.
L'interview de la rédaction : Samuel Rouzet, directeur de l'inspection académique du Doubs