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Besançon : Au CHU Jean-Minjoz, la réalité virtuelle pour prévenir les violences sexistes et sexuelles

Publié le 03 Sep. 2026 à 19:09
Tags: Santé | chu besancon franchecomte |
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Besançon : Au CHU Jean-Minjoz, la réalité virtuelle pour prévenir les violences sexistes et sexuelles

Le CHU de Besançon accueillait, ce jeudi, le tournage d’un film immersif consacré aux violences sexistes et sexuelles dans le milieu hospitalier. Réalisé avec l’entreprise Reverto, ce nouvel outil de prévention place les professionnels dans la peau d’une victime ou d’un témoin. Six scènes inspirées de situations quotidiennes ont été imaginées avec les équipes de l’établissement.

Dans les locaux du CHU Jean-Minjoz, à Besançon, la caméra ne se contente pas de filmer les acteurs : elle devient elle-même un personnage. Installée au centre de la scène, elle permet aux futurs spectateurs de regarder tout autour d’eux grâce à un casque de réalité virtuelle. Ils pourront ainsi vivre les situations depuis le point de vue d’un professionnel hospitalier, d’un patient, d’une victime ou d’un témoin. Le projet est né d’une demande du CHU de Besançon. Il est développé avec Reverto, une entreprise spécialisée dans la production de contenus immersifs destinés à prévenir les violences et les risques psychosociaux au travail. « L’objectif est de permettre aux personnes de vivre différentes situations de sexisme et de violences sexuelles dans des casques de réalité virtuelle », explique Dorine Valex, psychologue du travail chez Reverto, où elle prépare également une thèse consacrée à l’efficacité de cet outil.

L'interview de la rédaction : Dorine Valex, psychologue du travail chez Reverto

Six scènes inspirées du quotidien hospitalier

Le scénario parcourt plusieurs univers professionnels de l’hôpital. Les agents d’accueil, médecins et infirmiers sont notamment représentés. Le point de vue des patients est également pris en compte, certains pouvant assister à des comportements déplacés entre professionnels. Au total, six scènes montrent les différentes formes que peuvent prendre le sexisme et les violences sexuelles dans le quotidien des services hospitaliers. Dans l’une d’elles, une professionnelle prénommée Leïla est confrontée à la drague insistante de plusieurs collègues. Regards déplacés, remarques ou attitudes ambiguës doivent conduire le spectateur à s’interroger sur la frontière entre la séduction et le harcèlement. Selon les séquences, la personne équipée du casque devient directement la cible des comportements ou assiste à la situation en qualité de témoin. Les comédiens s’adressent directement à la caméra comme s’ils parlaient à un personnage présent dans la pièce. « Les scènes sont construites de manière à ce que l’on comprenne rapidement les situations et que l’on puisse faire le lien avec des choses déjà vécues ou dont on a été témoin », précise Dorine Valex.

L'interview de la rédaction : Dorine Valex, psychologue du travail chez Reverto

Un projet conçu avec les équipes du CHU

Le scénario et le contenu pédagogique ont été élaborés à partir de groupes de travail réunissant Reverto et des représentants du CHU. L’entreprise apporte ses compétences en production audiovisuelle, en psychologie du travail et en sciences cognitives. L’établissement bisontin fournit, de son côté, son expérience du terrain, ses locaux et sa connaissance des métiers hospitaliers.Des spécialistes extérieurs peuvent également être sollicités lorsque les sujets abordés dépassent les compétences internes de l’entreprise. « On fait appel à des experts chaque fois que l’on voit que notre expertise a des limites », souligne la psychologue du travail. Cette collaboration doit permettre de proposer des situations réalistes, dans lesquelles les personnels pourront se reconnaître. « Le CHU de Besançon nous apporte son vécu et son lieu de tournage », ajoute-t-elle. L’objectif est d’aboutir à un contenu « auquel les individus peuvent s’identifier et qui aura, on l’espère, le plus d’impact possible ». Le dispositif s’adressera dans un premier temps aux salariés du CHU de Besançon. Il a toutefois été pensé pour pouvoir être utilisé dans d’autres établissements hospitaliers intéressés par cette démarche de prévention.

Une formation en deux parties

Le programme durera environ vingt minutes. Une première partie, d’une dizaine de minutes, sera consacrée aux six scènes de fiction filmées à 360 degrés. Le spectateur y sera plongé dans différentes situations de sexisme ou de violences sexuelles. Une seconde séquence, également d’une dizaine de minutes, prendra la forme d’un module pédagogique. Un présentateur apportera des définitions, analysera les scènes et précisera les interlocuteurs auxquels les salariés peuvent s’adresser lorsqu’ils sont victimes ou témoins. Des animations visuelles et des questions permettront également de mieux comprendre les mécanismes des violences sexistes et sexuelles. L’expérience ne s’arrêtera pas au retrait du casque. Les séances seront proposées à des groupes de six à douze personnes et suivies d’un temps de discussion encadré par un animateur. Les participants pourront partager leur ressenti, confronter leurs perceptions et, s’ils le souhaitent, évoquer leur propre expérience. « Le but est d’ouvrir la parole sur ces sujets et de créer des temps de discussion privilégiés », poursuit Dorine Valex. La fiction doit ainsi fournir une expérience et un vocabulaire communs à l’ensemble du groupe.

Un impact encore étudié scientifiquement

Si Reverto fait état de retours positifs de ses clients, l’efficacité de la réalité virtuelle dans les démarches de prévention fait encore l’objet de recherches. Les premiers travaux montrent que l’immersion favorise le sentiment de présence et peut solliciter l’empathie du spectateur. Les effets précis sur les comportements professionnels doivent toutefois encore être évalués.

Au-delà de l’innovation technologique, le CHU de Besançon entend ainsi se doter d’un nouvel outil de sensibilisation. En confrontant les personnels à des situations concrètes, l’établissement veut les aider à mieux identifier les violences sexistes et sexuelles, à savoir comment réagir et, surtout, à faire de ces questions un véritable sujet de discussion collective.

Dernière modification le jeudi, 03 septembre 2026 19:55