Offrir des produits frais de qualité aux personnes en situation de précarité tout en rémunérant justement les producteurs : c’est l’objectif du groupement d’achat local interassociatif auquel participe la Banque alimentaire du Doubs. Alexandra Guyon, chargée de mission approvisionnement local, en détaille les premiers résultats et les perspectives.
Plus de 10 000 euros de produits achetés
Le rapprochement entre associations d’aide alimentaire et producteurs locaux se concrétise dans les commandes. Selon Alexandra Guyon, plus de 10 000 euros ont déjà été consacrés à l’achat d’environ 3,1 tonnes de denrées locales, dont certaines sont biologiques. Le prix moyen atteint 3,58 euros le kilo, toutes catégories de produits confondues. Ce groupement d’achat permet de diversifier les approvisionnements et de rendre des produits de qualité accessibles aux bénéficiaires de l’aide alimentaire. Il offre également des débouchés aux agriculteurs du territoire, avec la volonté de respecter leurs prix.
Des yaourts, du pain, des légumes et des fruits
Les achats couvrent plusieurs familles de produits. Alexandra Guyon cite notamment les yaourts du GAEC de la Vie de Fer, à Saône, ainsi que du pain et des légumes fournis par huit maraîchers du territoire de Grand Besançon Métropole. Des pommes, des poires, des jus et des confitures issus d’un verger de Sellières complètent cet approvisionnement. Cette diversité permet aux associations de proposer des denrées fraîches, mais aussi des produits transformés localement.
L'interview de la rédaction : Alexandra Guyon, chargée de mission approvisionnement local à la Banque Alimentaire du DoubsÂ
Des récoltes rapidement distribuées
Ces achats ne sont pas destinés à constituer uniquement des réserves pour l’hiver. « On fonctionne toute l’année », rappelle Alexandra Guyon. L’intérêt de la démarche réside justement dans la possibilité de distribuer rapidement les produits après leur récolte. Lors de l’entretien, la chargée de mission évoquait ainsi des denrées récoltées le matin même, destinées aux distributions du mercredi et du samedi matin, avec trois associations partenaires. Cette organisation rapproche le moment de la récolte de celui où les produits arrivent dans l’assiette des bénéficiaires.
Élargir le groupement pour pérenniser les commandes
Pour développer cette démarche, la Banque alimentaire a besoin de financements, mais aussi de nouvelles associations prêtes à rejoindre le groupement. Celui-ci accueille déjà des structures qui ne font pas partie de son réseau habituel de partenaires. L’enjeu est de réunir davantage de commandes tout au long de l’année, grâce aux moyens que les associations mobilisent notamment par les subventions et les dons. « Nous avons besoin d’avoir les moyens d’acheter des produits de qualité sans négociation », souligne Alexandra Guyon.
Cette dynamique collective doit permettre d’augmenter les quantités achetées et de mieux anticiper les besoins. Pour les producteurs, des commandes planifiées offrent davantage de visibilité sur les débouchés. Pour les associations, elles contribuent à inscrire l’accès à une alimentation locale de qualité dans la durée.