La baisse démographique s’annonce particulièrement marquée dans les lycées de Bourgogne-Franche-Comté. Selon une étude de l’Insee, réalisée en partenariat avec la région académique, les effectifs pourraient passer de 81.200 élèves à la rentrée 2025 à 64 ;400 en 2040. Soit près de 17 ;000 lycéens en moins en quinze ans. Une diminution qui toucherait l’ensemble des territoires, avec des disparités importantes entre les zones urbaines, rurales et frontalières.
Une baisse qui devrait s’accélérer à partir de 2030
La Bourgogne-Franche-Comté doit se préparer à une diminution importante de sa population lycéenne. Selon les projections de l’Insee, la région pourrait perdre 16 800 élèves entre 2025 et 2040, soit une baisse d’environ 20,7 %. Cette évolution, amorcée dès 2018, devrait s’accélérer à partir de 2030. Elle s’explique principalement par la diminution du nombre de naissances, qui se répercute progressivement sur les effectifs scolaires. Cette tendance soulève plusieurs questions concernant l’avenir des établissements, l’organisation de l’offre de formation et la répartition des moyens éducatifs sur le territoire régional.
Besançon pourrait perdre plus de 1 600 lycéens
Dans le Doubs, les projections font apparaître des situations contrastées. À Besançon, les effectifs pourraient diminuer de 1.630 élèves d’ici 2040, soit une baisse de 18 %. Si ce recul reste proportionnellement moins important que dans plusieurs autres territoires, il représente néanmoins l'une des plus fortes diminutions en nombre d'élèves de la région.
Le secteur de Montbéliard-Valentigney serait davantage touché, avec 1.190 lycéens en moins, soit une contraction de 25,7 %. Dans le nord de la Franche-Comté, Belfort pourrait également enregistrer une baisse particulièrement marquée, estimée à 1.340 élèves, soit 26,5 % de ses effectifs.
Haut-Doubs : Pontarlier et Morteau relativement moins touchés
Les territoires frontaliers du Haut-Doubs devraient mieux résister à cette évolution démographique, même si leurs effectifs lycéens diminueraient également. À Pontarlier, les projections font état d'une baisse de 360 élèves entre 2025 et 2040, soit 15 %. Dans le secteur de Morteau, le recul serait limité à 150 lycéens, correspondant à une diminution de 13,2 %.
Ces deux territoires figurent ainsi parmi les secteurs où la baisse serait proportionnellement la moins prononcée. Leur attractivité résidentielle et leur proximité avec la Suisse peuvent contribuer à expliquer cette relative résistance démographique. Il ne s'agit toutefois pas d'une augmentation des effectifs, mais d'un recul moins important que dans le reste de la région.
Jura : Dole et le secteur de Champagnole particulièrement concernés
Dans le Jura, toutes les zones étudiées seraient également confrontées à une diminution de leur population lycéenne.
Le secteur de Dole enregistrerait une baisse de 630 élèves, soit 25,1 % de ses effectifs actuels. Il s'agirait de l'un des reculs les plus importants du département.
La zone regroupant Champagnole, Poligny et Salins-les-Bains pourrait perdre 460 lycéens, soit une diminution de 22,2 %.
À Lons-le-Saunier, les projections font apparaître 340 élèves en moins, correspondant à une baisse de 18,9 %.
Dans le Haut-Jura, le secteur des Hauts de Bienne et de Saint-Claude serait également concerné, avec une diminution estimée à 230 lycéens, soit 19,4 %.
Ces évolutions pourraient peser sur l'organisation des établissements, particulièrement dans les territoires ruraux et de montagne, où les distances entre les lieux de résidence et les lycées constituent déjà un enjeu important.
Quels enjeux pour les lycées de demain ?
Au-delà des chiffres, ces projections interrogent l'avenir du réseau des lycées en Bourgogne-Franche-Comté. La diminution du nombre d'élèves pourrait conduire les autorités académiques et les collectivités à adapter progressivement les capacités d'accueil, les formations proposées et les moyens consacrés aux établissements. La question pourrait se poser avec une acuité particulière dans les territoires ruraux, où le maintien d'une offre éducative de proximité constitue un enjeu d'aménagement du territoire.
La Ville de Besançon lance un appel à candidatures pour le recensement de la population, prévu du 21 janvier au 27 février 2027. Les agents recenseurs, âgés de 18 à 69 ans, devront suivre une formation de l’INSEE et être disponibles en soirée, aux heures des repas et le samedi. Discrétion, organisation et rigueur sont requises pour cette mission rémunérée environ 12 € brut par logement recensé. Les candidatures (CV et lettre de motivation) sont à déposer avant le 18 octobre sur la plateforme de recrutement de la Ville. Chaque année, 8 % des logements bisontins sont recensés, permettant à l’INSEE d’actualiser les données démographiques utilisées pour adapter les services publics et calculer les dotations de l’État.
Selon une dernière étude de l’Insee, la Bourgogne-Franche-Comté poursuit son déclin démographique. En 2025, la région compte 2,8 millions d’habitants et enregistre, pour la dixième année consécutive, une baisse de sa population, contrairement à la tendance nationale toujours orientée à la hausse.
Une natalité en chute durable
Le principal moteur de cette diminution reste la baisse continue des naissances. En 2025, 21 900 bébés ont vu le jour dans la région, un niveau historiquement bas. À titre de comparaison, près de 39 300 naissances étaient recensées en 1980, et encore 33 000 au début des années 2000.
Cette contraction s’explique par une fécondité en net recul : une femme a en moyenne 1,5 enfant en 2025, contre 1,9 en 2015. Parallèlement, le nombre de femmes en âge de procréer diminue également : les 20-39 ans sont 11 % moins nombreuses qu’en 2010. Le solde naturel – différence entre naissances et décès – est ainsi négatif depuis 2015.
Des décès en hausse sous l’effet du vieillissement
À cette baisse des naissances s’ajoute une augmentation du nombre de décès. En 2025, 31 900 décès ont été enregistrés, un niveau élevé, hors année exceptionnelle du Covid. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte de vieillissement marqué de la population, lié notamment à l’arrivée aux grands âges des générations du baby-boom.
Aujourd’hui, un habitant sur huit a 75 ans ou plus dans la région. Si l’espérance de vie demeure élevée – 85,3 ans pour les femmes et 79 ans pour les hommes – la progression du nombre de seniors accentue mécaniquement le nombre annuel de décès.
Un déséquilibre générationnel croissant
La combinaison d’une natalité faible et d’un vieillissement accéléré creuse le déséquilibre entre générations. La part des personnes âgées progresse tandis que celle des jeunes diminue, ce qui pèse sur le dynamisme démographique régional.
Sans retournement durable de la fécondité ou apport migratoire significatif, la Bourgogne-Franche-Comté devrait continuer à voir sa population s’éroder dans les années à venir.
Le recensement de la population 2024, menée par l’Insee, attaque sa dernière ligne droite. 80 % des logements du Doubs et 83% dans le Jura ont déjà été enquêtés, à la date de mardi. Rappelons que cette campagne se poursuit jusqu’au samedi 17 février dans les communes de moins de 10.000 habitants concernées et jusqu’au samedi 24 février dans les communes de 10.000 habitants ou plus, sur un échantillon de logements.