De nouveaux blocages ont été observés ce matin. Lons‑le‑Saunier et Besançon s’inscrivent dans ces actions. À Jean‑Michel, plusieurs accès sont obstrués et les élèves de Montciel ont rejoint l’action. À Besançon, environ 150 élèves bloquent le lycée Pasteur. L’établissement devrait rester bloqué tout au long de la journée.
La mobilisation ne faiblit pas à Besançon, où lycéens, étudiants et syndicats ont de nouveau battu le pavé ce mardi 6 octobre, entre le parc des Glacis et le centre‑ville. Les manifestants réclament en priorité le remplacement des professeurs absents et une amélioration des conditions d’étude. Beaucoup de jeunes disent aussi leur anxiété face à l’orientation et à leur avenir professionnel, évoquant notamment Parcoursup, les emplois du temps éclatés et les violences policières.
Encadrés par des élus de gauche et plusieurs organisations syndicales, nombre d’entre eux assurent vouloir maintenir la pression. La matinée a rassemblé plus de 4 000 personnes dans la capitale comtoise. Les syndicats CGT Éducation, FSU 25, FO et Sud Éducation avaient appelé à la grève pour soutenir ce mouvement initié par les lycéens et étudiants, mobilisés depuis une semaine contre le manque d’enseignants, les classes surchargées et des conditions d’étude jugées dégradées.
Dans le Haut‑Doubs, le lycée Edgar‑Faure de Morteau s’est également mobilisé ce matin.
Le Jura n’est pas resté en retrait : à Dole, un cortège a relié les lycées Pasteur et Nodier avant de brandir une banderole contre les violences policières devant la sous‑préfecture. À Lons‑le‑Saunier, après le blocus du lycée Jean‑Michel, une délégation d’élèves a été reçue à la préfecture. À Salins‑les‑Bains, les grévistes du lycée Victor‑Considérant avaient prévu une déambulation. À Saint‑Claude, les élèves du Pré‑Saint‑Sauveur ont défilé de manière spontanée.
Lycéens, étudiants et organisations syndicales se sont mobilisés ce mardi 6 octobre à Besançon. Réunis à 10 heures au parc des Glacis, les manifestants ont cheminé en ville pour rejoindre le parc Micaud. Au cœur des témoignages recueillis : le manque d’enseignants, les inégalités et la volonté de faire entendre les préoccupations de la jeunesse.
La mobilisation dépasse les portes des établissements scolaires. Ce mardi matin, à Besançon, le rassemblement lycéen, étudiant et intersyndical a donné corps à une volonté commune : rapprocher les revendications liées à l’éducation des préoccupations sociales qui traversent le monde du travail. Dans le cortège, les jeunes interrogés expriment à la fois leur inquiétude pour l’avenir et leur détermination à poursuivre un mouvement engagé depuis plusieurs jours.
Le reportage de la rédaction :
Des enseignants absents et des parcours scolaires fragilisés
Le manque de professeurs et les difficultés de remplacement reviennent régulièrement dans les témoignages. Des élèves du lycée Pasteur évoquent également des emplois du temps chargés et le sentiment de ne pas être suffisamment entendus. Unélève de première à Jules-Haag, qui souhaite devenir ingénieur, souligne les conséquences des absences dans les disciplines scientifiques. « Quand on n’a pas des profs de physique-chimie ou de maths, des disciplines qui sont hyper importantes pour ce genre de métier plus tard, on est un peu désorienté », explique-t-il.
À ces difficultés s’ajoutent les heures creuses et les contraintes de transport. Pour les élèves qui habitent loin, les journées s’allongent, sans que les conditions permettent toujours de travailler efficacement entre deux cours. Derrière ces problèmes quotidiens se dessine une inquiétude plus large : réussir son orientation et accéder aux études souhaitées.
Les étudiants mobilisés par solidarité
Les étudiants rencontrés insistent sur les liens entre leurs préoccupations et celles des lycéens. Une étudiante en géographie à la faculté des lettres de Besançon évoque notamment le manque d’enseignants et l’état des locaux universitaires. D’autres, inscrits en classe préparatoire, reconnaissent bénéficier de bonnes conditions d’études. Leur présence relève d’abord de la solidarité envers les jeunes moins favorisés. Le rôle même de l’école fait aussi débat. Un étudiant défend une éducation qui permette d’apprendre à réfléchir et de s’émanciper, au-delà de la seule préparation à l’emploi.
Le reportage de la rédaction :
Des revendications scolaires aux préoccupations sociales
Cette journée commune traduit également une volonté de rapprocher les générations. Dans les témoignages, l’accès aux soins, la possibilité de vivre dignement et la perspective d’exercer un métier choisi prolongent les revendications scolaires. Pour les lycéens interrogés, la présence des étudiants et des adultes constitue un soutien important. Elle renforce leur sentiment de participer à un mouvement collectif, alors qu’ils disent parfois voir leur parole minimisée en raison de leur âge.
Le reportage de la rédaction :
Un appel au dialogue et à l’apaisement
La question du maintien de l’ordre occupe également une place dans les échanges. Une étudiante dénonce des interventions qu’elle juge disproportionnées lors des précédentes mobilisations. Il est, par exemple, fait allusion à l’intervention, au sein même de la faculté des lettres, d’une patrouille de CRS. Ce qui avait été dénoncé par le Doyen de l’établissement. Présent auprès des jeunes, l’élu écologiste bisontin Anthony Poulin explique vouloir contribuer à l’apaisement et faciliter le dialogue entre les manifestants et les forces de l’ordre. Tout en condamnant les violences, il appelle à entendre les revendications : « L’enjeu aujourd’hui, c’est le dialogue. »
Le reportage de la rédaction :
La volonté de poursuivre
Plusieurs participants évoquent le 17 octobre comme un horizon de mobilisation, avec la volonté de maintenir le mouvement jusque-là. Ils restent toutefois prudents sur les réponses concrètes qu’ils obtiendront. « Je ne sais pas si on va parvenir à nos fins, j’espère qu’on y arrivera », confie un lycéen. Avant d’ajouter : « Si ça marche pas, on recommencera. »
La Préfecture du Jura a communiqué, ce lundi, ses chiffres sur la mobilisation lycéenne d’hier dans le département. À Lons‑le‑Saunier, un lycéen a été interpellé alors qu’il confectionnait un cocktail Molotov. Dans son véhicule, les policiers ont découvert le matériel nécessaire à la fabrication d’engins incendiaires. La mobilisation est restée concentrée sur le lycée Jean‑Michel, où dix interpellations ont eu lieu, dont sept gardes à vue.
Depuis le début du mouvement, le Jura totalise 25 interpellations et 19 gardes à vue. Les faits recensés confirment, selon l’Etat, une montée des violences. Par ailleurs, un individu cagoulé porteur d’un marteau brise‑vitre a également été arrêté.
Plusieurs rassemblements sont annoncés ce mardi 6 octobre, dans le cadre d’une journée de mobilisation en soutien au mouvement lycéen. Dans le Jura, deux rendez-vous sont prévus : à 10 heures devant le lycée Jean-Michel, à Lons-le-Saunier, puis à 13 heures devant la sous-préfecture de Dole. Cette nouvelle journée de mobilisation intervient au lendemain du rassemblement de quelque 400 jeunes devant le lycée Jean-Michel. Les lycéens y avaient exprimé leur colère et leurs inquiétudes.
Mobilisations lycéennes en hausse ce matin dans le Jura et le Doubs. À Lons‑le‑Saunier, environ 400 élèves ont bloqué l’entrée du lycée Jean‑Michel, barricadée dès l’aube, tandis que la police procédait à plusieurs interpellations. À Besançon, nouveaux barrages au lycée Pasteur et obstacles légers à Victor‑Hugo, sous surveillance renforcée autour de Jules‑Haag et Condé.
Nos confrères du journal « Le Progrès » évoque des barricades installées à l’entrée du lycée Jean‑Michel à Lons le Saunier, où environ 400 élèves ont bloqué l’établissement ce lundi 5 octobre au matin. A Besançon, l’entrée principal du lycée Pasteur a également été occupé par des manifestants, comme lors des précédents blocus. À Planoise, quelques cadis ont été placés devant l’entrée du lycée Victor‑Hugo.
La mobilisation lycéenne se poursuit ce vendredi 2 octobre dans le secteur de Besançon, malgré un essoufflement constaté. Nathalie Faivre, du syndicat SNES-FSU, défend la légitimité des revendications des jeunes et envisage une possible convergence avec les personnels de l’Éducation nationale, appelés à faire grève le 6 octobre.
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Des revendications sur les conditions d’études
Pour Nathalie Faivre, réduire la mobilisation à une volonté de manquer les cours reviendrait à ignorer les préoccupations exprimées par les lycéens. « Il y a de réelles motivations », insiste-t-elle, en évoquant les classes surchargées, les locaux scolaires inadaptés ou encore les difficultés liées à la restauration scolaire. Parcoursup figure également parmi les sujets de contestation. La représentante du SNES-FSU rapporte une demande de modification de son algorithme, dont elle critique l’opacité et la logique de sélection. Autant de préoccupations qui rejoignent, selon elle, les revendications portées depuis plusieurs années par les enseignants. Elle récuse ainsi l’idée d’élèves manipulés : « Ce serait leur enlever leur libre arbitre et leur capacité de réflexion".
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Une jeunesse préoccupée par son avenir
Nathalie Faivre voit dans ce mouvement l’expression d’une conscience des difficultés actuelles. Selon elle, les lycéens mesurent les incertitudes économiques, sociales, politiques et écologiques auxquelles ils sont confrontés. Elle estime que la jeunesse est particulièrement exposée aux décisions d’économies budgétaires et comprend les inquiétudes exprimées pour l’avenir. Leur mobilisation traduit aussi, à ses yeux, un refus de la dégradation des conditions d’enseignement. La syndicaliste considère par ailleurs que l’entrée des jeunes dans la contestation peut susciter davantage d’attention que les seules mobilisations enseignantes. « Quand les jeunes descendent dans la rue, ça fait un petit peu peur à tout le monde », observe-t-elle. Mais cette écoute éventuelle doit, selon elle, déboucher sur des réponses : « Les jeunes attendent des mesures concrètes".
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Un mouvement qui a surpris les syndicats
Si elle soutient les revendications exprimées, Nathalie Faivre reconnaît que l’émergence du mouvement a pris les organisations syndicales de court. « Pour être honnête, non, on n’a pas du tout vu ça venir », confie-t-elle. Elle décrit une mobilisation apparue de manière inattendue et spontanée. Les tensions observées dans certains territoires ne permettaient pas, explique-t-elle, de prévoir leur extension à d’autres secteurs. Cette incertitude demeure quant à la suite du mouvement. Malgré la détermination d’une partie des lycéens, la représentante syndicale se garde de prédire sa durée ou son ampleur : « Bien malin serait celui qui peut prévoir l’avenir du mouvement".
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Le 6 octobre, une possible convergence
À Besançon et dans ses environs, la mobilisation faiblit mais se poursuit, constate Nathalie Faivre ce vendredi. Elle envisage une reprise la semaine prochaine, à l’occasion de la journée de grève du 6 octobre. Selon la représentante du SNES-FSU, plusieurs organisations syndicales de l’Éducation nationale appellent les personnels à cesser le travail pour réclamer davantage de moyens pour l’école. Les lycéens pourraient se joindre à cette mobilisation. Une rencontre entre les revendications des jeunes et celles des personnels que le syndicat souhaite favoriser. « C’est ce que nous espérons faire le 6 octobre », conclut Nathalie Faivre.
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Ce vendredi matin, la mobilisation lycéenne ne faiblit pas à Besançon. Les accès de plusieurs établissements scolaires sont bloqués, selon nos informations, Il s’agit des lycées Pasteur et Jules Haag. A Condé, les policiers ont levé le blocage lycéen matinal. Aucun lycée n’est fermé dans l’académie de Besançon. L’Union syndicale lycéenne entend vouloir maintenir le mouvement cette journée de vendredi encore. Rappelons qu’un grand rassemblement lycéen est prévu le 6 octobre prochain.
Depuis 7h45, les sapeurs‑pompiers sont engagés à plusieurs reprises pour des feux de poubelles et de mobilier urbain devant des lycées. Les faits concernent les communes de Baume‑les‑Dames, Besançon, Pontarlier et Montbéliard.