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Comme chaque été, le musée Courbet d'Ornans propose une grande exposition temporaire. Cette année, l'établissement met à l'honneur « Réalisme animal », une exposition visible jusqu'à la mi-novembre, qui réunit près de 80 œuvres – peintures, sculptures, dessins et photographies – prêtées par de prestigieuses institutions françaises et internationales. Pour Benjamin Foudral, directeur-conservateur du musée Courbet, cette exposition s'inscrit dans la tradition des grands rendez-vous estivaux de l'établissement. « Chaque été, nous présentons une exposition événement, tant par sa thématique que par l'importance des prêts obtenus auprès des plus grands musées nationaux et internationaux », explique-t-il.

Des chefs-d'œuvre exceptionnellement réunis

L'un des temps forts de cette exposition est la présentation du Labourage nivernais de Rosa Bonheur, prêt exceptionnel du musée d'Orsay. Habituellement visible à Paris, cette œuvre majeure est exceptionnellement exposée à Ornans pendant plusieurs mois. Au total, près de 80 prêts permettent au public de découvrir des œuvres rarement présentées ensemble, ainsi que des artistes aujourd'hui parfois méconnus, aux côtés de Gustave Courbet.

Quand l'animal devient un sujet artistique

L'exposition montre comment, au XIXe siècle, les artistes vont profondément renouveler leur manière de représenter le monde animal. Jusqu'alors souvent relégué au second plan, l'animal devient progressivement un sujet à part entière. Le parcours fait dialoguer les œuvres de Gustave Courbet avec celles de grands peintres animaliers de son époque. Il révèle comment ces artistes participent à un changement de regard sur le vivant et témoignent des évolutions de la société. Pour Benjamin Foudral, cette transformation artistique accompagne une prise de conscience plus large : l'animal est désormais considéré comme un être sensible, capable d'émotions, d'intelligence et de souffrance.

musee courbet realisme animal

L'art, témoin des évolutions de la société

Cette évolution se déroule dans un contexte marqué par une nouvelle sensibilité à la condition animale, illustrée notamment par la création de la Société protectrice des animaux (SPA) en 1845. À travers leurs œuvres, les artistes rendent compte de cette mutation des mentalités. Ils montrent un rapport nouveau entre l'homme et l'animal et, plus largement, une réflexion sur la place du vivant dans la société. Selon Benjamin Foudral, l'exposition ne se limite pas à raconter le XIXe siècle. Elle entre aussi en résonance avec les préoccupations contemporaines. Les questions soulevées par ces œuvres – notre relation à l'animal, au vivant et à la nature – restent d'une grande actualité.

Une exposition qui parle aussi de notre époque

En réunissant des chefs-d'œuvre, des artistes célèbres et d'autres aujourd'hui moins connus, « Réalisme animal » invite les visiteurs à porter un regard nouveau sur une évolution majeure de l'histoire de l'art. Au-delà de l'intérêt patrimonial, l'exposition montre que les œuvres du XIXe siècle interrogent encore notre rapport au monde vivant et trouvent un écho dans les débats actuels sur la place de l'animal dans nos sociétés.*

 

L’exposition «  Réalisme animal » est à découvrir tout au long de cet été, et jusqu’au 8 novembre prochain, au Musée Gustave Courbet d’Ornans.

À Ornans, le Musée Courbet, propriété du Conseil départemental du Doubs, célèbre un demi-siècle d’existence. Plus précisément, l’établissement marque les 50 ans de la donation fondatrice réalisée en 1976 par  les Amis de Courbet. Pour l’occasion, un week-end festif, gratuit et accessible à tous est organisé, fidèle aux valeurs d’ouverture portées par le musée.

Une origine fondatrice en 1976

C’est en 1976 que l’associations les Amis de Courbet, alors engagée dans la valorisation de l’œuvre du peintre, cède le musée au Département du Doubs. Cette donation constitue l’acte fondateur de l’établissement tel qu’il existe aujourd’hui. « Cet anniversaire célèbre surtout 50 ans d’engagement collectif », souligne son directeur et conservateur Benjamin Foudral. A l’origine doté de 140 œuvres, le musée conserve désormais plus de 800 pièces, dont 63 œuvres de Gustave Courbet, soit la plus importante collection publique consacrée à l’artiste. Il accueille aujourd’hui plus de 50 000 visiteurs par an, un chiffre remarquable pour le territoire. Depuis sa rénovation et son agrandissement en 2011, le musée a renforcé son attractivité tout en restant profondément ancré dans la vallée de la Loue.

L'interview de la rédaction : Benjamin Foudral 

Un week-end festif et participatif

Pour célébrer cet anniversaire, le musée propose un programme riche et varié, pensé comme « un forum ouvert ». Pendant deux jours, le public pourra profiter gratuitement d’animations multiples : ateliers créatifs avec artistes, fresque participative retraçant l’histoire du musée, visites guidées par les équipes. La programmation musicale viendra compléter ces temps forts, avec un duo violon-percussions le samedi et du swing manouche le dimanche. Les ateliers se tiendront de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, tandis que les concerts auront lieu le samedi à 14 h et 17 h, et le dimanche en matinée et dans l’après-midi. Point d’orgue des festivités : un goûter d’anniversaire sera offert au public le dimanche à 14 h.

L'interview de la rédaction : Benjamin Foudral 

Un musée ouvert et accessible

Au-delà de la célébration, cet anniversaire rappelle la vocation du musée : être un lieu accessible à tous. « Un visiteur a parlé d’un “écrin d’humanité” dans notre livre d’or, c’est exactement ce que nous voulons être », confie Benjamin Foudral. Grâce à des partenariats avec de grandes institutions comme le musée d’Orsay ou le Petit Palais, le Musée Courbet conjugue aujourd’hui ancrage local et rayonnement international, tout en restant fidèle à l’esprit libre et engagé de l’artiste.

Cet hiver, le Musée Courbet se réinvente. Avec « Rencontre intime », sa nouvelle exposition, l’établissement culturel ornanais fait le pari d’une expérience muséale sensible, immersive et profondément humaine. Loin des parcours classiques, le visiteur est ici invité à devenir acteur de sa visite, à prendre le temps, à ressentir et à partager.

Une expérience muséale à hauteur d’émotions

« Dans un monde qui va trop vite, où beaucoup de choses nous bousculent, nous avions envie de proposer un lieu où l’on se pose », explique Benjamin Foudral, le directeur de l’établissement. « Rencontre intime » s’inscrit dans cette volonté de ralentissement, de contemplation et de proximité avec les œuvres. La sélection est volontairement resserrée : une quinzaine d’œuvres seulement, choisies pour leur capacité à susciter l’émotion et l’attention. Le musée devient ainsi un espace familier, presque domestique, où chacun peut se sentir « chez soi », laisser libre cours à ses émotions et partager un moment avec ses proches.

Un parcours sensoriel et participatif

Le parcours de visite se déploie dans plusieurs espaces, mêlant salles temporaires et espaces permanents du musée. Les deux premières salles abordent le genre du portrait : sa composition, les liens entre l’artiste et son modèle, les différentes manières de se représenter. Dans une première salle, quatre œuvres seulement invitent à s’interroger sur ce qu’est un portrait. Des dispositifs de médiation ludiques et manipulables permettent à chacun de créer son propre portrait de famille et de devenir pleinement acteur de la visite.

La seconde salle élargit la réflexion autour des portraits de proches : parents, enfants, membres de la famille. Un choix fort, notamment pour le XIXᵉ siècle, période marquée par une nouvelle considération de l’enfance. Ici, le toucher et l’odorat entrent en jeu : tissus à manipuler, odeurs évocatrices – parfois surprenantes – accompagnent les œuvres et réveillent souvenirs et sensations.

Une salle « coup de poing » dédiée à la contemplation

Moment central de l’exposition : une troisième salle, pensée comme une véritable ode à la contemplation. Une seule œuvre y est présentée, le Portrait de Juliette Courbet, sœur de Gustave Courbet. Grâce à des dispositifs auditifs et à un aménagement propice à l’écoute et au silence, le visiteur est invité à s’asseoir, à observer et à comprendre autrement. Ce portrait revêt une importance particulière : offert par Juliette Courbet elle-même au Petit Palais, il revient aujourd’hui à Ornans et annonce déjà l’exposition estivale à venir, Juliette Courbet, à l’ombre de Gustave.

Créer, partager, se souvenir

À la sortie des salles, le parcours se prolonge dans un atelier créatif. Dessin, coloriage, pochoirs : autant de propositions pour restituer ce que l’on a ressenti et se créer un souvenir personnel de la visite. Une fresque participative, renouvelée chaque semaine par une nouvelle question, invite également les visiteurs à s’exprimer autour des souvenirs familiaux, au sens large : famille de cœur, amis, proches choisis. Un espace de lecture et de détente, installé dans la galerie vitrée sur la Loue, complète cette expérience pensée comme un moment de partage et de dialogue.

Un musée pour tous, et surtout pour les familles

Si le Musée Courbet accueille déjà de nombreux scolaires – avec lesquels il mène un travail pédagogique reconnu à l’échelle de l’académie de Besançon – « Rencontre intime » vise plus largement à toucher un public de proximité, notamment les familles, encore trop peu présentes. « L’objectif est que tous les visiteurs, quelle que soit leur trajectoire ou leur profil, franchissent les portes du musée et s’y sentent à l’aise », souligne la direction de l’établissement. Les dispositifs sensoriels et ludiques sont conçus pour que les enfants gardent un souvenir marquant de leur visite : un tissu touché, une odeur perçue, une œuvre associée à une émotion.

Redonner envie de musée

Avec « Rencontre intime », le Musée Courbet affirme une ambition claire : déconstruire l’image d’un musée figé ou ennuyeux, sans renoncer à l’exigence scientifique. Les visiteurs habitués y retrouveront la rigueur des contenus historiques, tandis que de nouveaux publics pourront découvrir l’art autrement, par les sens, l’émotion et le temps long. Une invitation à ralentir, à regarder vraiment, et peut-être, à revenir.

Une exposition à découvrir jusqu'au 19 avril prochain. 

Hier, le Musée Courbet d’Ornans installait « La Truite », une des œuvres majeures de l’artiste franc-comtois, dans ses murs. Une Huile sur toile, prêtée par le musée d’Orsay, dans le cadre d’un partenariat avec le Conseil Départemental du Doubs. Ces actions culturelles  permettent de mettre à disposition, chaque année, 100 œuvres du musée parisien, dans les musées des collectivités territoriales. La présence de l’œuvre de Gustave Courbet s’inscrit dans le cadre de l’opération « 100 œuvres qui racontent le climat », déclinée en 2025.

benjamin coudral la truite

 

L'interview de la rédaction : Christine Bouquin, présidente du Conseil Départemental du Doubs

Comme le soulignent  Sylvain Amic,  directeur de musées d’Orsay et de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing,  et Christine Bouquin, présidente du Conseil Départemental du Doubs, l'œuvre, en plus de tout l’intérêt qu’elle porte artistiquement, permettra d’aborder des sujets contemporains, liés au climat, à la biodiversité et à la nature. Dans ce cadre-là, des rencontres, prévues dans et hors les murs du musée, sont prévues avec diverses populations, que sont les collégiens, les lycéens, les agriculteurs, les associations et les collectivités. Comme le rappelle Sylvain Amic : « le musée d’Orsay est une matrice du monde contemporain, où les préoccupations actuelles se retrouvent dans les collections ». Dans un contexte où les opinions se mêlent aux informations, où les faits deviennent des opinions comme les autres, la parole scientifique est d’une importance capitale. « Le musée est un lieu de référence et de confiance pour le public, offrant des informations vérifiées et produites par des experts académiques » explique le directeur.

L'interview  de la rédaction : Sylvain Amic, directeur de musées d’Orsay et de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing

L'interview  de la rédaction : Sylvain Amic, directeur de musées d’Orsay et de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing

Rendre accessible la culture

la truite officiel

                                                                                                                Benjamin Foudral, Christine Bouquin et Sylvain Amic

Une nouvelle fois encore, le musée Courbet d’Ornans joue un rôle essentiel dans la diffusion de la culture en milieu rural. Grâce à ses équipes et à la volonté des élus départementaux, il rend accessible la culture et donne accès à sa richesse au plus grand nombre. L’arrivée  de ce prêt exceptionnel se conjugue également à d’autres évènements et expositions. Deux temps forts viendront compléter cette offre culturelle durant toute la période estivale, du 28 juin au 19 octobre, avec Eva Jospin à l’atelier Courbet à Ornans et l’exposition « Paysages de marche, dans les traces de Rousseau, Courbet, Renoir, Cézanne et les autres ».

L'interview de la rédaction; Benjamin Foudral, conservateur du Musée Courbet d'Ornans

L'interview de la rédaction; Benjamin Foudral, conservateur du Musée Courbet d'Ornans

 

« La Truite » de Gustave Courbet est visible à Ornans, jusqu’au mois d’octobre, dans le parcours permanent du musée.