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Deux génisses ont été tuées et une troisième probablement prédatée lors d'une attaque attribuée au loup dans la nuit du 5 au 6 juin aux Verrières, dans le canton de Neuchâtel, à proximité de la frontière avec le Haut-Doubs. Les autorités suisses soupçonnent la meute de loups de Jougne-Suchet, déjà impliquée dans plusieurs attaques de troupeaux dans la région. Il s'agit de la première attaque de loup recensée cette année dans le canton de Neuchâtel.

Face à la progression du loup dans le massif jurassien et aux inquiétudes du monde agricole, l’association FERUS poursuit le développement de son programme PastoraLoup-Massif du Jura. Lancé en 2023, ce dispositif de soutien aux éleveurs repose sur l’intervention de bénévoles chargés d’assurer une surveillance nocturne des troupeaux dans les secteurs exposés à la prédation. Depuis plus de vingt-cinq ans, l’association mène ce type d’actions dans les Alpes et en région PACA. Plus de 800 bénévoles se sont succédé sur les alpages depuis 1999. Dans le Jura, plus de 150 personnes ont déjà été formées et mobilisées depuis le lancement du programme.

Une présence humaine pour sécuriser les troupeaux

La mission de ces bénévoles consiste à passer la nuit à proximité des troupeaux afin de détecter et faire fuir le prédateur en cas d’approche. « Le tout, c’est justement d’être assez réactif et réveillé à ce moment-là pour faire fuir le loup », explique Natacha Bigan, bénévole au sein de l’association. Elle rappelle toutefois que cette présence humaine ne constitue pas une solution permanente. « L’idée, c’est que ce soit une aide relativement temporaire pour soulager les éleveurs, le temps qu’ils trouvent une solution plus pérenne », précise-t-elle.

L'interview de la rédaction : Natacha Bigan 

Des résultats jugés encourageants

Selon FERUS, les résultats obtenus jusqu’à présent sont très positifs. En 2025, les bénévoles ont assuré 238 nuits de garde entre la mi-mai et la fin octobre, sans qu’aucune prédation ne soit constatée pendant leur présence. « Les bénévoles ont pourtant vu des loups à plusieurs reprises, parfois d’assez près », souligne Natacha Bigan. Une quinzaine d’éleveurs ont fait appel au dispositif l’an dernier, un chiffre en augmentation constante. Certains exploitants quittent ensuite le programme après avoir mis en place d’autres moyens de protection, comme des chiens de protection ou des parcs de nuit adaptés. « Quand l’éleveur nous confie ses bêtes, l’idée, c’est qu’il puisse dormir sur ses deux oreilles », résume la bénévole.

L'interview de la rédaction : Natacha Bigan 

Deux nouvelles formations prévues dans le Jura

Pour faire face à la demande croissante, l’association organise deux nouvelles sessions de formation en 2026 : les 23 et 24 mai à Lajoux dans le Haut-Jura et les 6 et 7 juin dans le Haut-Doubs.  Les futurs bénévoles doivent ensuite s’engager à assurer au minimum deux nuits de garde entre mai et octobre. « Ce n’est pas énorme, même si certains bénévoles très investis réalisent jusqu’à vingt nuits durant l’été », souligne Natacha Bigan.

Une formation centrée sur la sécurité et les troupeaux

Contrairement aux idées reçues, les formations ne portent pas uniquement sur le loup. « Ce qu’on apprend surtout, c’est à gérer les bovins », explique la bénévole. Le programme comprend une présentation sur le comportement du loup et sa présence dans le massif jurassien, mais aussi des ateliers pratiques : installation d’un bivouac, déplacements de nuit dans les pâtures, approche des troupeaux en sécurité ou encore gestion du stress des animaux. « Faire fuir un loup, ça consiste surtout à taper dans les mains et crier un coup. Ce n’est pas ça la difficulté », sourit-elle.

Une méthode déjà éprouvée

Le dispositif développé par FERUS s’inspire des gardes de troupeaux mises en place dans les Alpes. L’association fait figure de pionnière dans ce domaine en France. Aujourd’hui, d’autres structures appliquent des méthodes similaires, notamment Opale en Suisse ou Vigie Jura dans le Doubs. En parallèle, FERUS poursuivra également en 2026 son programme « Parole de Patou », destiné à sensibiliser les randonneurs au rôle des chiens de protection et aux comportements à adopter lors des rencontres sur les sentiers du massif jurassien.

L'interview de la rédaction : Natacha Bigan 

Pour de plus amples informations : https://www.ferus.fr/benevolat/parole-de-patou#utm_source=newsletter_157&utm_medium=email&utm_campaign=communique-pastoraloup-massif-du-jura-saison-2026

La Coordination rurale estime que la gestion du loup en France est dans l’impasse. Selon le syndicat, l’augmentation annoncée des prélèvements n’aura aucun effet concret alors que la population lupine dépasserait désormais les mille individus. Il dénonce des méthodes de comptage jugées peu fiables, des coûts laissés aux éleveurs pour les chiens de protection et réclame la liberté de tir sur les loups à proximité des troupeaux, sans quota.

Depuis le début de l’année 2025, le Jura connaît une recrudescence d’attaques de loups, touchant surtout les ovins et caprins, mais désormais aussi les bovins dans le Haut-Jura. Depuis janvier, 47 animaux ont été victimes de prédations (35 moutons, 2 chèvres, 9 génisses et 1 cheval).

Face à cette situation, le préfet du Jura a autorisé des tirs de défense simple. Le 20 août, à Prémanon, un loup a été abattu par la brigade mobile d’intervention de l’Office français de la biodiversité (OFB). Le 25 août, un second tir a eu lieu après une nouvelle attaque dans la nuit du 21 au 22.

Le préfet rappelle que "ces mesures visent un double objectif : protéger les élevages fortement impactés et respecter la réglementation nationale qui encadre strictement l’usage des tirs". 

En déplacement en Aveyron, Emmanuel Macron a plaidé jeudi pour limiter l’implantation du loup dans les zones d’élevage, quitte à autoriser davantage d’abattages. Le président évoque la nécessité possible d’une loi, s’appuyant sur l’accord européen de 2024 visant à alléger le statut de protection du prédateur.

Ce jeudi 5 juin, le Conseil européen a acté une décision aux lourdes conséquences écologiques : le déclassement du loup du statut d'espèce « strictement protégée » à celui de « simplement protégée » dans la Directive Habitats.

Une mesure vivement contestée par les associations de protection de la nature, qui dénoncent « une décision contraire à la science et aux engagements européens Â». Plusieurs ONG, dont FERUS, ont saisi la Cour de justice de l’Union européenne pour en demander l’annulation.

Cette décision inquiète particulièrement en France, où la population de loups reste vulnérable. Les défenseurs de la biodiversité craignent une recrudescence des tirs, mettant en péril les efforts de cohabitation menés ces dernières années.

Pour les associations environnementales, « le déclassement du loup n’est qu’un prétexte, détournant l’attention des véritables causes du malaise agricole Â». Elles alertent « sur un risque majeur pour la protection de la faune sauvage en Europe Â».

A quelques semaines du retour des beaux jours, la question de la présence du loup sur le massif du Jura, et notamment dans le Haut-Doubs, ne cesse de susciter de nombreuses interrogations et préoccupation chez les éleveurs.  La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a, à ce sujet, signé un texte favorisant le tir de défense pour les préfets lors du salon de l’agriculture.

Rappelons que dans le Doubs, plusieurs arrêtés ont été attaqués en justice.  Selon Rémi Bastille, le préfet du Doubs, les tirs territorialisés, mis en place dans le secteur de Mouthe en 2024, ont donné satisfaction et seront renouvelés ce printemps. « Ce qui permet de mieux répondre aux enjeux et spécificités du territoire Â».

L’étude socio-économique réalisé a permis de dresser le bilan et justifier les prochaines mesures de protection. Les louvetiers conserveront pleinement la responsabilité des tirs. Ils sont 34 dans le département du Doubs.

Ce vendredi 31 janvier, une conférence sur le loup se tiendra à la salle de l’Union à Maîche. Cette soirée sera animée par Emmanuel Cretin, biologiste et spécialiste de l’espèce, qui présentera la situation actuelle du loup dans la région. Le rendez-vous est fixé à 20h. Pour participer à cet évènement, l’inscription est obligatoire. Pour ce faire : bit.ly/conference-maiche

L’association Ferus dresse le bilan de son opération PastoraLoup, lancé en 2023. La structure présente son programme, « comme un pilier de la coexistence harmonieuse entre éleveurs et grands prédateurs, avec des progrès significatifs dans le massif jurassien Â». Selon des chiffres de Ferus, en 2024, le programme a doublé son impact, passant de 39 à 153 nuits de surveillance en binôme. Les 55 bénévoles actifs ont sécurisé 6 exploitations dans le Jura et le Doubs. Il est remarqué une mobilisation citoyenne plus importante, avec plus de 150 candidatures reçues en deux semaines pour 64 places.

Sous la pression des éleveurs, une cinquantaine de pays se sont mis d'accord mardi à Strasbourg pour abaisser la protection du loup en Europe. Plus précisément, la Convention de Berne a approuvé un déclassement du statut de protection du loup, qui va passer d’espèce « strictement protégée Â» à « protégée Â». Cette décision pourrait faciliter son abattage. Les défenseurs des animaux dénoncent "une décision politique et purement démagogique"