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Le maire de Besançon a annoncé une évolution au sein de l'équipe municipale. Frédéric Parise quitte ses fonctions d'adjoint chargé des Sports et des Équipements sportifs. Mohamed Aït Ali, dit « Max », lui succède à ce poste. Cette réorganisation s'accompagne également de l'entrée de Marie-Line Egron au conseil municipal. Elle devient conseillère municipale déléguée aux sports adaptés, au sport handicap et au sport santé. Dans son message, le maire a salué l'engagement de Frédéric Parise et de l'ensemble des élus au service de l'intérêt général.

Le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, se félicite de la décision du tribunal administratif de ne pas suspendre l'arrêté anti-mendicité et d'interdiction de la consommation d'alcool sur la voie publique adopté par la nouvelle majorité municipale. Selon lui, « la justice a parlé » en confirmant la légalité de la mesure contestée par des élus de l'opposition. Le maire affirme que cet arrêté ne vise « pas un statut social, mais un comportement », en ciblant les actes d'agression, d'intimidation ou de violence dans l'espace public. Il assure vouloir restaurer la tranquillité et la sécurité des Bisontins, tout en poursuivant l'accompagnement social des personnes en difficulté avec le CCAS et les associations

Le tribunal administratif de Besançon a rejeté la demande de suspension de l'arrêté anti-mendicité pris par la nouvelle majorité municipale. Saisie en référé, la juridiction a estimé qu'il n'existait pas, en l'état du dossier, de doute suffisamment sérieux sur la légalité de la mesure pour en ordonner la suspension. L'arrêté demeure donc applicable. Le recours en référé avait été déposé par Anthony Poulin, élu écologiste, et Séverine Véziès, élue de La France insoumise, tous deux membres de l'opposition de gauche au conseil municipal de Besançon. Ils contestent un arrêté qu'ils jugent inefficace, disproportionné et préjudiciable aux personnes les plus vulnérables.

Une décision qui ne règle pas le fond du dossier

Les deux élus rappellent que cette ordonnance ne tranche pas la légalité de l'arrêté. En référé, le juge administratif examine uniquement si les arguments présentés justifient une suspension en urgence. Le recours pour excès de pouvoir, qui vise à faire annuler l'arrêté sur le fond, suit donc son cours. Les requérants annoncent vouloir renforcer leur argumentaire avec leur avocate afin que les éléments qu'ils estiment insuffisamment examinés soient pleinement pris en compte.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès 

L'interview de la rédaction : Anthony Poulin 

Des arguments laissés de côté selon les requérants

Anthony Poulin et Séverine Véziès regrettent que plusieurs aspects essentiels n'apparaissent pas dans la motivation de la décision. Ils citent notamment la situation de la rue Champron, où se concentrent plusieurs services destinés aux personnes sans domicile, comme la boutique Jeanne-Antide. Selon eux, l'arrêté risque de décourager les personnes les plus précaires de fréquenter ce secteur, par crainte de verbalisation, compromettant ainsi leur accès aux services sociaux. Les élus dénoncent également le caractère flou de la notion de « présence prolongée » dans l'espace public. À leurs yeux, cette formulation entretient une insécurité juridique et produit un effet dissuasif sur l'exercice de droits fondamentaux.

Une mesure jugée inutile et contre-productive

Pour les deux élus d'opposition, les outils juridiques existent déjà pour sanctionner les troubles à l'ordre public. Ils rappellent que les polices nationale et municipale disposent des moyens nécessaires pour intervenir en cas d'agressions, de nuisances ou de comportements répréhensibles. Ils estiment donc que le nouvel arrêté répond davantage à une logique politique qu'à un réel besoin opérationnel. Selon eux, il ne fait que déplacer les situations de mendicité vers d'autres quartiers de la ville, sans apporter de solution durable. Les élus évoquent également les conséquences de l'arrêté en période de fortes chaleurs. Ils estiment qu'il pourrait conduire certaines personnes en grande précarité à éviter des espaces publics ombragés ou des îlots de fraîcheur, comme le square Bouchot, le square Saint-Amour ou la place Granvelle, alors même que ces lieux constituent des refuges lors des épisodes caniculaires.

Un appel à davantage de dialogue

Anthony Poulin et Séverine Véziès regrettent que ce dossier n'ait jamais fait l'objet d'un débat en conseil municipal. Ils affirment avoir sollicité à plusieurs reprises un rendez-vous avec le maire, Ludovic Fagaut, sans obtenir de réponse. Ils plaident pour une approche davantage fondée sur la médiation, le renforcement des associations et des travailleurs sociaux plutôt que sur des mesures qu'ils jugent stigmatisantes envers les personnes vivant dans la rue. Les deux élus ont également rendu hommage à Claire, l'une des requérantes, saluant le courage d'une personne sans domicile qui a accepté de porter cette procédure devant la justice.

Le combat continue

Si Anthony Poulin reconnaît que cette première décision constitue une victoire procédurale pour la majorité municipale, il estime que le débat est loin d'être clos. Les deux élus demandent au maire de retirer, suspendre ou, à tout le moins, de préciser son arrêté afin de limiter ses conséquences sur les publics les plus fragiles.

En parallèle du recours devant le tribunal administratif, ils annoncent poursuivre leur mobilisation politique pour défendre, selon leurs termes, une approche plus humaine de la tranquillité publique et de la lutte contre la précarité.

Alors qu'un nouvel épisode de fortes chaleurs est annoncé après la récente canicule qui a touché la France, les élus de La France insoumise au conseil municipal de Besançon appellent la municipalité à renforcer sans attendre les mesures de protection de la population. Dans un communiqué, ils estiment que « la canicule tue » et jugent insuffisantes les actions actuellement mises en œuvre. Les élus insoumis alertent sur les conséquences sanitaires des vagues de chaleur, en particulier pour les personnes âgées, les enfants, les personnes malades, les sans-abri ou encore les habitants de logements particulièrement exposés aux fortes températures. Ils évoquent également une forte pression sur les établissements de santé et les services hospitaliers.

Davantage de lieux frais ouverts au public

Le groupe demande au maire de Besançon « d'aller au-delà de la simple information sur les points de fraîcheur disponibles dans la ville Â». Il propose l'ouverture de tous les lieux climatisés ou naturellement frais pouvant accueillir du public, qu'il s'agisse de bâtiments municipaux, de galeries commerciales volontaires, de cinémas, de salles publiques, de caves accessibles ou encore de lieux de culte. Selon les élus, ces espaces pourraient constituer de véritables refuges lors des prochains épisodes de chaleur extrême.

Plusieurs mesures d'urgence proposées

Les élus de La France insoumise réclament également :

  • l'élargissement des horaires d'ouverture des piscines municipales et une adaptation des tarifs ;
  • la réquisition des logements vacants afin de mettre à l'abri les personnes sans domicile ;
  • un renforcement de l'information auprès des personnes isolées et des publics les plus vulnérables ;
  • la mise en place d'un plan d'urgence pour identifier les « logements bouilloires », installer rapidement des protections solaires ou des systèmes de ventilation et prévoir des solutions de relogement temporaire lorsque la situation l'exige.

Un conseil municipal exceptionnel demandé

Au-delà de ces mesures immédiates, les élus rappellent leur soutien à des politiques de plus long terme comme la végétalisation de la ville, la désimperméabilisation des sols, la rénovation thermique des logements ou encore la lutte contre les îlots de chaleur urbains. Ils réitèrent enfin leur demande de convocation d'un conseil municipal exceptionnel consacré à l'adaptation de Besançon au changement climatique. Selon eux, certaines décisions peuvent être prises immédiatement par la municipalité, tandis que d'autres nécessitent une coordination avec les services de l'État. Pour les élus insoumis, face à la multiplication des épisodes caniculaires, « chaque jour perdu augmente les risques », estimant que des mesures d'urgence sont désormais indispensables pour protéger les habitants.

Cent jours après l'arrivée de Ludovic Fagaut (LR) à la tête de la mairie de Besançon, Anthony Poulin, élu d'opposition et ancien adjoint d'Anne Vignot, dresse un bilan particulièrement critique. Selon lui, le nouveau maire peine encore à endosser pleinement son rôle et privilégie la communication au détriment de l'action collective.

« Il n'a pas encore pris le costume de maire »

Pour Anthony Poulin, Ludovic Fagaut reste enfermé dans une logique d'opposition. « J'ai l'impression que Monsieur Fagaut n'a toujours pas pris pleinement le costume de maire. Il reste dans une posture de candidat ou d'opposant, obsédé par l'idée de remettre en cause ce qui a été fait auparavant Â». L'élu estime que le maire devrait désormais représenter « toutes les Bisontines et tous les Bisontins » plutôt que de chercher à effacer le bilan de l'ancienne majorité.

L'interview de la rédaction : Anthony Poulin 

Une opposition qui dit ne pas être écoutée

Anthony Poulin regrette également l'absence de dialogue avec la minorité municipale. Il affirme que plusieurs propositions formulées depuis le début du mandat ont été écartées, notamment un plan destiné à faire face à la hausse des prix des carburants ou encore la création d'une cellule de crise associant l'ensemble des élus pour gérer les épisodes de canicule. Selon lui, cette méthode traduit « une pratique ancienne du pouvoir » qui empêche de prendre en compte la diversité des points de vue.

Le plan écoles défendu face aux critiques

L'ancien adjoint défend avec vigueur les investissements réalisés sous la précédente mandature en matière de rénovation thermique des écoles et des crèches. Il cite notamment l'exemple de l'école Viotte, récemment rénovée. « Par rapport à l'an dernier, il fait sept degrés de moins dans les salles de classe. Ce sont des résultats concrets ».  Pour Anthony Poulin, vouloir remettre en cause ce programme alors que les épisodes de fortes chaleurs se multiplient relève davantage d'une volonté politique que d'une analyse objective. Il estime que les enjeux climatiques devraient conduire à rassembler plutôt qu'à opposer les équipes municipales.

L'interview de la rédaction : Anthony Poulin 

Une communication jugée excessive

L'élu écologiste reproche également au maire de privilégier son image. Selon lui, Ludovic Fagaut serait davantage préoccupé par sa présence sur les réseaux sociaux que par les préoccupations quotidiennes des habitants. « Cela fait beaucoup d'images pour, au final, peu d'actions concrètes Â». Anthony Poulin considère que la communication ne peut constituer une politique municipale à elle seule.

Des choix budgétaires contestés

Sur le plan financier, l'opposant critique les premières orientations de la nouvelle majorité. Il estime que la municipalité puise dans un budget qu'il jugeait jusque-là « solide et robuste » afin de financer des opérations qu'il qualifie de symboliques, évoquant notamment le fleurissement de la ville, l'installation de palmiers ou encore l'éclairage de la Citadelle. Selon lui, ces dépenses relèvent davantage de la communication que de véritables priorités pour les habitants.

L'interview de la rédaction : Anthony Poulin 

« Un maire isolé »

Anthony Poulin dit également percevoir un manque de fonctionnement collectif au sein de la majorité municipale. Il affirme voir essentiellement Ludovic Fagaut s'exprimer publiquement et estime que certains membres de son équipe tiennent des propos « outranciers » lors des conseils municipaux. Il reproche également au maire de vouloir limiter les prises de parole de l'opposition, évoquant notamment les débats autour du règlement intérieur du conseil municipal.

L'interview de la rédaction : Anthony Poulin 

Des recours devant la justice

Enfin, Anthony Poulin confirme que l'opposition poursuivra les recours engagés contre plusieurs décisions municipales. Il vise notamment l'arrêté anti-mendicité ainsi que certaines dispositions du règlement intérieur du conseil municipal. Selon lui, ces textes dépasseraient les prérogatives du maire et il appartient désormais à la justice administrative de se prononcer.

L'interview de la rédaction : Anthony Poulin 

Un appel au changement de méthode

Malgré ses critiques, Anthony Poulin affirme qu'il est « encore temps » pour Ludovic Fagaut de modifier sa manière de gouverner.  Il appelle le maire à davantage écouter les propositions de l'opposition afin de répondre collectivement aux défis de la ville, qu'il s'agisse de la transition écologique, de la situation budgétaire ou de la qualité de vie des Bisontins. « Je pense que Monsieur Fagaut peut se montrer à la hauteur de son mandat. Aujourd'hui, il ne l'est pas », conclut-il.

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Le président du groupe socialiste et citoyen au conseil municipal de Besançon critique un début de mandat qu'il juge très médiatique, improvisé et insuffisamment tourné vers les enjeux de fond de la ville. Selon lui, derrière une communication omniprésente, les dossiers structurants peinent à avancer.

« Un mandat placé sous le signe de la communication »

Pour Jean-Sébastien Leuba, ces cent premiers jours auront surtout été marqués par une forte personnalisation de l'exercice du pouvoir. « Ces cent jours sont symboliques, mais Ludovic Fagaut n'a pas manqué de symboles. Il a été hyper-communiquant, très politique et parfois, il a même fait preuve d’improvisation dans son action. Il avait annoncé vouloir être le maire de tous les Bisontins, mais on découvre une vision très personnelle de la politique Â». L'élu socialiste estime que le nouveau maire occupe seul l'espace médiatique, au détriment du travail collectif de son équipe municipale.

L'interview de la rédaction : Jean-Sébastien Leuba 

Des priorités jugées déconnectées

Jean-Sébastien Leuba critique également les premières décisions prises par la majorité. Il cite notamment le fleurissement de la ville ou l'installation de palmiers alors que Besançon traverse un épisode de forte chaleur. « Les premières mesures ont consisté à planter des fleurs et des palmiers en pleine période de canicule. Puis il y a eu un arrêté anti-mendicité annoncé devant les médias. Pendant ce temps-là, les véritables enjeux attendent ».

L'opposition reproche également une succession d'annonces budgétaires réévaluées au fil des semaines. Le socialiste explique que plusieurs projets ont vu leur coût fortement évoluer, notamment le renforcement de la police municipale ou encore le marché de Noël. « On dépense sans compter avec le chéquier de la Ville. Les budgets évoluent constamment, ce qui traduit une forme d'improvisation ».

Sécurité, mobilité : « les grands dossiers restent sans réponse »

Si la sécurité figurait parmi les thèmes majeurs de la campagne municipale, Jean-Sébastien Leuba estime que les réponses concrètes tardent à venir. Il évoque notamment les incertitudes autour du futur hôtel de police, mais aussi l'absence de stratégie globale concernant les déplacements. « On annonce des parkings gratuits, mais où est le véritable plan de mobilité ? Les Bisontins attendent des réponses sur la circulation, les embouteillages, les pistes cyclables ou encore les transports en commun. Aujourd'hui, cette vision n'existe pas ».

L'interview de la rédaction : Jean-Sébastien Leuba 

Le cumul des fonctions également critiqué

Le président du groupe socialiste s'interroge aussi sur le maintien par Ludovic Fagaut de son mandat de vice-président du conseil départemental du Doubs, en plus de ses responsabilités de maire et de président de Grand Besançon Métropole. « C'est la première fois qu'un maire de Besançon cumule autant de responsabilités. À force de vouloir tout faire, on finit parfois par ne pas faire grand-chose". 

L'interview de la rédaction : Jean-Sébastien Leuba 

Une démocratie locale jugée fragilisée

Jean-Sébastien Leuba dénonce également les méthodes de gouvernance de la nouvelle majorité. Il regrette que l'opposition soit, selon lui, insuffisamment associée aux décisions et que plusieurs informations soient communiquées d'abord sur les réseaux sociaux personnels du maire. « Aujourd'hui, la communication passe d'abord par le profil personnel de Ludovic Fagaut. Les élus découvrent parfois les décisions après tout le monde. Ce n'est pas notre conception du fonctionnement démocratique d'une collectivité. »

L'élu socialiste critique également les modifications apportées au règlement intérieur du conseil municipal, notamment les dispositions relatives aux sanctions disciplinaires des élus. « Nous avons formulé plusieurs propositions. Elles ne sont ni étudiées, ni débattues. Nous avons davantage le sentiment d'une logique d'affrontement que de construction". Interrogé sur les difficultés évoquées par certains agents de la Ville et de Grand Besançon Métropole, Jean-Sébastien Leuba estime que les difficultés trouvent leur origine dans un mode de gouvernance très centralisé.

L'interview de la rédaction : Jean-Sébastien Leuba 

L'arrêté anti-mendicité toujours contesté

Enfin, Jean-Sébastien Leuba revient sur l'arrêté anti-mendicité, l'une des mesures les plus commentées du début de mandat. Sans annoncer une participation directe aux recours engagés devant la justice administrative, le groupe socialiste estime que cette réponse privilégie l'affichage politique plutôt que le traitement des difficultés sociales. « Nous aurions préféré que la Ville réunisse les associations et tous les acteurs concernés. Lorsqu'on veut résoudre un problème, on construit des solutions avec ceux qui travaillent sur le terrain Â».  Selon lui, les outils juridiques existants permettent déjà d'intervenir lorsque cela est nécessaire, rendant cet arrêté peu utile dans sa version actuelle.

L'interview de la rédaction : Jean-Sébastien Leuba 

 

Une opposition qui réclame désormais des actes

Au terme de ces cent premiers jours, Jean-Sébastien Leuba estime que la majorité municipale doit désormais passer des annonces aux réalisations. S'il reconnaît l'omniprésence médiatique du nouveau maire, il considère que les Bisontins attendent désormais des réponses concrètes sur les grands dossiers du mandat : sécurité, mobilité, transition climatique, fonctionnement des services municipaux et dialogue avec l'ensemble des élus. Pour le groupe socialiste et citoyen, le temps de la communication doit désormais laisser place à celui de l'action.

Pour l'élu communiste Hasni Alem, les cent premiers jours de Ludovic Fagaut à la tête de la Ville de Besançon marquent une rupture avec la précédente majorité, mais aussi les limites d'une gouvernance qu'il juge trop personnelle. Il critique une politique « revancharde », une communication omniprésente et un manque de dialogue avec l'opposition.

« Une rupture, mais pas dans le bon sens »

Interrogé sur les cent premiers jours du nouveau maire de Besançon, Hasni Alem reconnaît d'abord que Ludovic Fagaut a tenu sa promesse de rompre avec la mandature précédente menée par Anne Vignot. Selon lui, cette rupture s'est traduite par des choix systématiquement opposés à ceux de l'ancienne majorité. Mais l'élu communiste estime que cette stratégie se heurte désormais « au mur du réel », notamment face aux épisodes de canicule. Il cite en exemple la politique de fleurissement engagée par la nouvelle municipalité, qu'il considère inadaptée aux enjeux du changement climatique. « Il va désormais devoir gouverner et faire des choix dans l'intérêt général, et non dans une logique de revanche politique », affirme-t-il.

L'interview de la rédaction : Hasni Alem 

Un maire qui « n'a pas encore endossé pleinement son rôle »

Hasni Alem estime que Ludovic Fagaut conserve davantage une posture d'opposant que de maire. Il lui reproche notamment ses relations avec les élus de gauche, évoquant la manière dont serait traitée Anne Vignot ainsi qu'un manque de concertation avec l'opposition. À ses yeux, l'exemple le plus révélateur reste la réaction municipale après le décès de deux jeunes noyés dans le Doubs. L'élu communiste assure que son groupe souhaitait participer à une réflexion commune sur les mesures à mettre en œuvre, mais que le maire aurait préféré élaborer seul son plan d'action. « Dans un moment aussi grave, le consensus aurait dû primer », estime-t-il.

Une communication jugée excessive

Autre critique formulée par Hasni Alem : la place prise par la communication du maire. S'il reconnaît que la précédente majorité n'avait peut-être pas suffisamment communiqué, il considère que la situation actuelle est devenue inverse. Selon lui, les habitants voient quotidiennement des vidéos du maire sur les réseaux sociaux, tandis que les autres membres de la majorité demeurent quasiment invisibles. « On ne voit que Ludovic Fagaut », résume-t-il, estimant que cette personnalisation excessive du pouvoir traduit « une vision monarchique » de la gouvernance municipale.

L'interview de la rédaction : Hasni Alem 

Une équipe municipale peu visible

Pour l'élu communiste, cette forte personnalisation pourrait rapidement atteindre ses limites. Il estime qu'un maire ne peut durablement gouverner seul et qu'il devra nécessairement s'appuyer davantage sur son équipe. Hasni Alem regrette qu'aucun adjoint ne parvienne aujourd'hui à émerger politiquement, laissant, selon lui, toute la lumière au seul maire. Il compare cette stratégie à « l'hyperprésidence » de Nicolas Sarkozy, dont il estime qu'elle avait fini par lasser une partie des Français.

L'interview de la rédaction : Hasni Alem 

Des recours judiciaires toujours en cours

Sur le terrain juridique, Hasni Alem confirme que le recours engagé contre l'arrêté municipal anti-mendicité doit connaître une première étape devant le tribunal administratif de Besançon ce lundi.  Il précise toutefois qu'aucune décision définitive n'est attendue immédiatement. Concernant le nouveau règlement intérieur du conseil municipal, l'opposition étudie également différentes voies de recours, en lien avec les autres groupes minoritaires et la préfecture. L'article prévoyant la possibilité d'un blâme envers les élus apparaît, selon lui, comme le point le plus problématique.

L'interview de la rédaction : Hasni Alem 

« Nous continuerons à combattre ces orientations »

Malgré les tensions avec la majorité municipale, Hasni Alem rappelle que les élus communistes votent favorablement près de 80 % des délibérations présentées en conseil municipal. Selon lui, les désaccords portent essentiellement sur les grandes orientations politiques et sur la méthode de gouvernance. Interrogé sur les éventuelles sanctions prévues par le nouveau règlement intérieur, l'élu conclut avec ironie : « Les blâmes de Ludovic Fagaut, pour moi, ce sont des médailles. »

Cette prise de position s'inscrit dans une série d'entretiens réalisés avec les différents responsables politiques bisontins à l'occasion des cent premiers jours de mandat de Ludovic Fagaut à la tête de la Ville de Besançon.

Cent jours après la prise de fonctions de Ludovic Fagaut (LR) à la tête de la Ville de Besançon, l'élue municipale de La France insoumise, Séverine Véziès, porte un regard très critique sur le début de mandat du nouveau maire. Elle lui reproche de ne pas avoir pleinement endossé sa fonction, de privilégier une approche idéologique et de négliger, selon elle, les priorités sociales et environnementales de la ville.

« Les Bisontins ont élu un maire, pas un influenceur »

Premier grief formulé par l'élue insoumise : Ludovic Fagaut n'aurait pas encore pris la mesure de ses nouvelles responsabilités. Selon Séverine Véziès, le maire continuerait d'adopter une posture de candidat en cherchant avant tout à s'adresser à son électorat plutôt qu'à l'ensemble des habitants. « Les Bisontins ont élu un maire et pas un influenceur », lance-t-elle, critiquant une communication qu'elle juge davantage tournée vers les réseaux sociaux que vers l'exercice de la fonction municipale. Elle estime qu'un maire doit désormais gouverner « pour tous les Bisontins » et défendre l'intérêt général.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès, élue bisontine insoumise 



« Toujours dans une logique d'opposition »

L'élue considère également que Ludovic Fagaut conserve les réflexes qu'il avait lorsqu'il siégeait dans l'opposition municipale. Elle souligne que les élus de La France insoumise n'hésitent pas à soutenir certaines délibérations de la majorité lorsqu'elles leur paraissent aller dans le bon sens. À l'inverse, elle affirme que les propositions déposées par son groupe sont systématiquement rejetées sans débat de fond. Selon elle, cette attitude traduit une volonté de s'opposer par principe plutôt que d'examiner les propositions sur leur contenu.

Des choix budgétaires contestés

Séverine Véziès critique également les premières orientations budgétaires de la nouvelle majorité. Elle évoque notamment les dépenses consacrées à la vidéosurveillance, à l'armement létal de la police municipale ou encore à l'achat de nouveaux chalets pour le marché de Noël. Si elle reconnaît l'intérêt de certaines animations, elle estime que ces investissements ne répondent pas aux besoins prioritaires des habitants. À ses yeux, les moyens auraient dû être davantage orientés vers les écoles, les politiques sociales ou encore l'adaptation de la ville aux épisodes de fortes chaleurs.

Canicule et écoles : « Rien n'était prévu »

L'élue affirme avoir interpellé le maire lors du dernier conseil municipal sur les conséquences de la canicule, notamment à l'approche de la rentrée scolaire. Elle regrette l'absence, selon elle, de mesures spécifiques concernant les écoles, les personnels municipaux ou les enfants les plus fragiles. Séverine Véziès cite également la rénovation thermique des établissements scolaires comme un enjeu majeur face au réchauffement climatique. Elle se dit particulièrement inquiète des déclarations de Ludovic Fagaut laissant entendre qu'il pourrait remettre en cause ce programme de rénovation. Pour l'élue insoumise, une telle orientation revient à ignorer les conséquences déjà visibles du changement climatique.

Des recours devant le tribunal administratif

Sur le plan institutionnel, Séverine Véziès annonce que plusieurs décisions du nouveau maire feront l'objet de recours. Elle confirme qu'un recours a été déposé contre l'arrêté anti-mendicité, qu'elle qualifie d'« arrêté anti-pauvres ». L'audience doit se tenir devant le tribunal administratif ce lundi.  Elle critique également le nouveau règlement intérieur du conseil municipal, notamment la création d'un dispositif de blâme à l'encontre des conseillers municipaux. Selon elle, cette disposition vise à limiter la liberté d'expression de l'opposition alors que le maire dispose déjà du pouvoir de police de l'assemblée. Elle assure que son groupe contestera également cette mesure devant la justice administrative.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès, élue bisontine insoumise 

« Une politique du XXe siècle »

Au-delà des décisions prises depuis cent jours, Séverine Véziès reproche au maire de ne pas intégrer pleinement les enjeux climatiques dans son action municipale. Elle estime que remettre en cause les rénovations énergétiques des écoles constitue « une politique du XXe siècle » et une négation du réchauffement climatique. Pour l'élue de La France insoumise, les épisodes de canicule actuels démontrent au contraire la nécessité d'accélérer les travaux permettant d'améliorer le confort thermique des bâtiments publics.

En conclusion, Séverine Véziès estime que les cent premiers jours de Ludovic Fagaut traduisent davantage une continuité de son rôle d'opposant qu'une prise de hauteur liée à ses nouvelles responsabilités de maire. Elle assure que son groupe poursuivra son action d'opposition, tant dans l'hémicycle que devant les juridictions administratives lorsque cela lui paraîtra nécessaire.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès, élue bisontine insoumise 

Ludovic Fagaut, maire de Besançon et président de Grand Besançon Métropole, poursuit la constitution de sa nouvelle équipe dirigeante. Après plusieurs changements intervenus ces dernières semaines au sein de l'administration et du cabinet du maire, parfois accompagnés d'inquiétudes et d'arrêts de travail parmi les agents,inquiets pour leur avenir professionnel,  l'élu annonce la nomination de Sébastien Lenoir au poste de directeur général des services. Fort de plus de vingt ans d'expérience dans la fonction publique territoriale, il rejoindra Besançon le 17 août prochain après avoir exercé à Nice, Annecy et Sens. Il aura pour mission de piloter l'administration municipale et intercommunale et d'accompagner la mise en Å“uvre du projet de la nouvelle majorité.

Le conseiller départemental Raphaël Krucien interpelle l'exécutif du Département du Doubs sur l'évolution du nombre de bénéficiaires du RSA. Dans une question orale transmise à la présidente du Département et qui sera examinée lors de l'assemblée départementale de ce lundi, il demande à Ludovic Fagaut, premier vice-président en charge des solidarités, de préciser les sources des chiffres qu'il avait présentés lors de la séance du 27 avril dernier.

Selon l'élu d'opposition, les données avancées par l'exécutif pour démontrer l'efficacité de sa politique d'insertion seraient en contradiction avec les statistiques officielles publiées par la Drees. Raphaël Krucien affirme notamment qu'en 2025, le nombre de bénéficiaires du RSA a progressé de 4,38 % dans le Doubs contre 0,47 % au niveau national. Il s'interroge également sur les écarts entre les chiffres communiqués par le Département et ceux de la Drees concernant le nombre d'allocataires.

Dans un communiqué, l'élu estime que les données mises en avant par la majorité départementale relèvent davantage de la communication politique que de la réalité statistique et reproche à Ludovic Fagaut d'avoir accusé ses opposants de mentir lors des débats. La majorité départementale devra répondre publiquement à ces interrogations lors de la séance de lundi.