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Pontarlier rend hommage à Constantin Belinsky, maître de l’affiche de cinéma

Publié le 03 Mar. 2026 à 19:03
Tags: culture | amis du musee de pontarlier |
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Pontarlier rend hommage à Constantin Belinsky, maître de l’affiche de cinéma

Du 7 au 22 mars, la Chapelle des Annonciades à Pontarlier accueillera une exposition exceptionnelle consacrée à Constantin Belinsky (1904-1999). Organisé par le CRIC – Centre de Ressources Iconographiques pour le Cinéma des Amis du Musée de Pontarlier – cet hommage met en lumière l’un des affichistes les plus prolifiques et talentueux du XXe siècle. Invitée d’honneur, sa fille Lydia Belinsky Monteil sera présente pour le vernissage.

Un artiste au service d’un art éphémère

« Ce n’est pas seulement mon père que l’on célèbre, c’est aussi le métier d’affichiste », souligne Lydia Belinsky. Peintre, sculpteur et musicien formé aux Beaux-Arts, Constantin Belinsky s’installe à Paris en 1925. Il débute sa carrière d’affichiste après la Seconde Guerre mondiale, vers 1945, et exercera jusqu’aux années 1980, réalisant près de 2 000 affiches en un demi-siècle d’activité. « Il adorait son métier. Il savait que l’affiche était un art éphémère, mais il le faisait avec un enthousiasme extraordinaire », confie sa fille. Son objectif était clair : attirer le regard des passants, les conduire vers les salles obscures et susciter l’envie de découvrir le film.

À une époque où le photomontage n’existait pas encore, l’affiche relevait d’un véritable travail artistique. À partir de quelques photographies et parfois du scénario – sans forcément avoir vu le film – l’artiste réalisait à la gouache de petites maquettes sur papier Canson. Ces esquisses, appelées « gouaches », étaient proposées au distributeur, qui choisissait ensuite la version définitive. « Il fallait rendre les visages au plus proche des acteurs, transmettre l’ambiance du film. C’était un travail de dessin, d’imagination et de composition totalement manuel », rappelle Lydia Belinsky.

L'interview de la rédaction : Lydia Belinsky 

Une signature parmi les plus prolifiques

Constantin Belinsky n’avait pas de spécialité particulière : il travaillait sur tous les genres. Mais, comme ses contemporains,  il possédait une écriture graphique reconnaissable entre toutes. Parmi les affiches emblématiques qu’il a signées figurent celles de Scarface (1932), La Fiancée de Frankenstein, La Créature du lac noir, Laura, Rivière sans retour, L’Homme qui rétrécit ou encore La Soif du mal. Une filmographie impressionnante, marquée par le cinéma de genre et la série B. « Ces affichistes formaient une véritable bande d’artistes. Ils ont consacré leur vie à dessiner des affiches. Cela demandait une imagination immense et des compétences multiples », souligne sa fille.

Un artiste moderne face aux évolutions technologiques

Interrogée sur ce que penserait aujourd’hui son père de l’intelligence artificielle, Lydia Belinsky esquisse un sourire : « Il était toujours en avance sur son temps. Il aimait le modernisme et les nouveautés. Il aurait certainement essayé. » Mais elle nuance : « Cela lui aurait sans doute enlevé une part de personnalité. Pour lui, l’affiche était un travail artistique à part entière. »

Une exposition pour faire vivre la mémoire

L’exposition présentera plus de 100 affiches originales, témoignant de la richesse et de la diversité de son œuvre.

Le vernissage aura lieu vendredi 6 mars 2026 à 18 h 30 à la Chapelle des Annonciades, en présence de Lydia Belinsky. La soirée se poursuivra au cinéma Olympia avec la projection, à 21 heures, de Rivière sans retour (1954) d’Otto Preminger. « Quand on parle encore de quelqu’un après sa disparition, cela le fait continuer à exister », confie-t-elle avec émotion. « Je suis très heureuse et très fière que cette exposition rende hommage à mon père, mais aussi à ce métier d’affichiste qu’il ne faut pas oublier. »

Informations pratiques

Exposition du 7 au 22 mars 2026
Chapelle des Annonciades – Pontarlier
Du lundi au samedi : 10 h – 12 h / 14 h – 18 h
Dimanche : 14 h – 18 h

Avec cet hommage, Pontarlier célèbre non seulement un artiste d’exception, mais aussi tout un pan de l’histoire du cinéma et de son imaginaire visuel