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Economie : L’emploi frontalier ralentit nettement en Bourgogne-Franche-Comté

Publié le 28 Mai. 2026 à 19:05
Tags: Economie |
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Economie : L’emploi frontalier ralentit nettement en Bourgogne-Franche-Comté

Après plusieurs années de forte progression, l’emploi frontalier vers la Suisse connaît un net ralentissement en Bourgogne-Franche-Comté. Selon une étude publiée par l’Insee, la hausse du nombre de travailleurs frontaliers n’a atteint que 0,5 % en 2025, bien loin des +6,7 % enregistrés en 2023.

Une croissance plus faible qu’au niveau national

Fin 2025, près de 48 450 habitants de Bourgogne-Franche-Comté travaillent en Suisse. La région représente à elle seule 20 % des frontaliers français employés de l’autre côté de la frontière. Mais la dynamique ralentit fortement. Après une hausse de 1,5 % en 2024, la progression tombe à seulement 0,5 % en 2025. À l’échelle nationale, la croissance reste plus soutenue avec +2,2 %. Pour les auteurs de l’étude, ce ralentissement est particulièrement marqué dans le nord de la bande frontalière, notamment dans les territoires dépendants des cantons suisses du Jura et de Neuchâtel.

L’industrie particulièrement touchée

Le principal facteur de ce ralentissement concerne l’industrie, secteur historiquement très important pour les frontaliers francs-comtois. En un an, le nombre de travailleurs frontaliers employés dans l’industrie recule de 1,7 %. Fin 2025, ils sont environ 19 160 à travailler dans ce secteur, soit près de 40 % de l’ensemble des frontaliers de la région. L’horlogerie est particulièrement touchée. Déjà fragilisée par le ralentissement économique chinois en 2024, elle subit désormais les conséquences du contexte international plus tendu. L’Insee évoque notamment les hausses de droits de douane décidées par les États-Unis, qui pénalisent l’économie suisse, fortement dépendante de ses exportations. Les autres industries manufacturières sont également concernées par ce recul.

Des situations contrastées selon les territoires

Les chiffres publiés par l’Insee montrent toutefois des évolutions différentes selon les intercommunalités de la région. Le ralentissement est particulièrement visible dans le nord du Haut-Doubs. La Communauté de communes du Pays de Maîche enregistre ainsi un recul de 1,2 % du nombre de frontaliers en 2025, avec 3 570 travailleurs concernés contre 3 610 un an plus tôt. Même tendance pour Pays de Montbéliard Agglomération, où le nombre de frontaliers baisse de 0,9 %, avec 5 030 habitants travaillant en Suisse. À l’inverse, certains territoires continuent de progresser. La Communauté de communes des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs affiche une hausse de 2,4 % avec 5 810 frontaliers, tandis que la Communauté de communes du Grand Pontarlier progresse de 1,8 % pour atteindre 5 310 travailleurs frontaliers. Dans le Jura, la Communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura enregistre également une légère hausse de 1,5 %, alors que la Communauté de communes Haut-Jura Saint-Claude reste l’un des territoires les plus dynamiques avec +3 % sur un an. La Communauté urbaine Grand Besançon Métropole connaît de son côté une progression limitée à +0,5 %, après une forte hausse observée en 2024.

Le Doubs reste particulièrement exposé

Le ralentissement touche les trois départements frontaliers de la région, mais le Doubs apparaît particulièrement exposé en raison de ses liens économiques étroits avec les cantons de Neuchâtel et du Jura. Contrairement à d’autres régions frontalières comme l’Auvergne-Rhône-Alpes ou le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté bénéficie moins de l’attractivité des grandes métropoles suisses comme Genève ou Bâle. Ces territoires disposent d’un marché de l’emploi plus diversifié et davantage tourné vers les services.

Les services et la santé résistent

Malgré ce ralentissement global, certains secteurs continuent toutefois de soutenir l’emploi frontalier. Les activités dites « présentielles », liées aux besoins quotidiens de la population, restent dynamiques. C’est notamment le cas du secteur de la santé, qui continue de recruter des travailleurs frontaliers français. L’intérim, en revanche, recule également, reflet des incertitudes économiques actuelles et d’un marché du travail plus prudent des deux côtés de la frontière. Pour l’Insee, cette évolution confirme la forte dépendance de l’emploi frontalier régional à la conjoncture industrielle suisse.