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Besançon : plusieurs centaines de personnes rassemblées en hommage à Lyhanna et pour réclamer une loi contre les violences sexuelles

Publié le 08 Jui. 2026 à 20:06
Tags: Faits divers | justice |
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Besançon : plusieurs centaines de personnes rassemblées en hommage à Lyhanna et pour réclamer une loi contre les violences sexuelles

L'émotion était vive ce lundi soir devant le tribunal judiciaire de Besançon. À l'appel de l'intersyndicale féministe du Doubs, plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour rendre hommage à Lyhanna, la fillette de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, et pour dénoncer les défaillances dans la protection des victimes de violences sexuelles. Des rassemblements similaires se sont également tenus à Pontarlier et à Lons-le-Saunier dans le cadre d'une mobilisation nationale organisée dans plus de 200 villes.

Un hommage à Lyhanna et à toutes les victimes

A Besançon, à l’appel de l’intersyndicale féministe du Doubs à Besançon ou de l’association « Nous Toutes Â» à Pontarlier, des centaines de personnes ont fait le déplacement.  Tous ont exprimé leur soutien à la famille de Lyhanna et rappelé que ce drame dépasse un cas individuel. « Aucune famille ne devrait avoir à traverser une telle épreuve », a notamment déclaré une représentante de La France insoumise, estimant que cette affaire soulève de nombreuses questions sur les moyens consacrés à la protection de l'enfance.

La dénonciation de défaillances structurelles

Les intervenants ont insisté sur le fait que l'auteur présumé des faits faisait déjà l'objet de plusieurs signalements pour des violences sexuelles sur mineurs. Pour Solidarité Femmes Besançon, il ne s'agit pas d'une simple erreur ou d'un dysfonctionnement isolé. L'association dénonce « des défaillances structurelles » au sein des dispositifs de prévention, de protection et de traitement judiciaire des violences sexuelles. « Combien de victimes ont été agressées, violées ou tuées alors que leur agresseur avait déjà été signalé ? », ont interrogé les militantes, appelant à une réforme en profondeur du système. Les associations ont également dénoncé le manque de moyens accordés à la justice et à la protection de l'enfance. Plusieurs chiffres ont été rappelés au cours du rassemblement : la France compterait deux fois moins de juges et quatre fois moins de procureurs par habitant que la moyenne européenne.

lyhanna manif 2

Une loi-cadre réclamée en urgence

Au cœur des revendications figure la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, portée par plus de 130 associations, syndicats et collectifs. Les organisateurs demandent notamment le renforcement des moyens humains et financiers consacrés à la justice, à la police, à la prévention et à l'accompagnement des victimes. Ils réclament également la formation obligatoire des professionnels amenés à recueillir la parole des victimes, en particulier celle des enfants. Cette loi prévoit notamment un socle minimal d'enquêtes en cas de plainte, des mesures de protection immédiate pour les enfants en danger, des juridictions spécialisées ainsi qu'un investissement annuel estimé à 2,6 milliards d'euros.

« Quand les enfants parlent, ils doivent être entendus »

Au fil des prises de parole, plusieurs intervenants ont souligné la difficulté persistante à faire reconnaître la parole des enfants victimes de violences. « Lorsqu'ils parlent, ils ne sont pas toujours écoutés ni crus », a rappelé Solidarité Femmes Besançon, dénonçant une culture de l'inceste et du silence encore trop présente dans la société. Pour les participants, la protection des enfants ne peut reposer uniquement sur la réponse pénale. Elle suppose également un travail de prévention, d'éducation et une transformation des mentalités afin que les violences sexuelles soient davantage identifiées, signalées et prises en charge.

Des slogans pour réclamer des moyens

Le rassemblement s'est achevé par plusieurs slogans scandés devant le tribunal : « Lyhanna, plus jamais ça » ou encore « Des moyens humains pour la justice ». Au-delà de l'émotion suscitée par ce drame, les organisateurs espèrent que cette mobilisation nationale permettra d'accélérer l'examen de la proposition de loi et de renforcer durablement la protection des enfants victimes de violences sexuelles.