Le parc zoologique de la Citadelle de Besançon inaugure un nouvel enclos destiné à ses cinq langurs de François. Ces primates menacés partageront désormais cet espace avec une nouvelle espèce : l’émyde à cou rayé, une tortue asiatique en danger critique d’extinction.
Un nouvel espace consacré à la conservation des espèces menacées ouvre ses portes au parc zoologique de la Citadelle de Besançon. Entièrement réaménagé, l’enclos accueillera les cinq langurs de François présents sur le site ainsi que deux émydes à cou rayé arrivées en 2026. Le projet, lancé à l’automne 2025, a été réalisé en grande partie par les équipes techniques et zoologiques de la Citadelle, avec le soutien de plusieurs entreprises locales et de l’Office français de la biodiversité.
L'interview de la rédaction : Christine Werthe, élue en charge de la Citadelle.

Christine Werthe
Un environnement adapté aux comportements naturels
Installé dans une partie du parc restée inoccupée depuis plusieurs années, le nouvel espace s’appuie sur les reliefs escarpés des murs de la Citadelle. Cette configuration doit recréer un environnement proche de l’habitat naturel des langurs de François. ,Des cordages, des lianes et différentes plantations ont été installés afin de permettre aux primates de grimper, de se déplacer et d’exprimer leurs comportements naturels. Des zones de retrait, des brise-vues et des surfaces vitrées limitées doivent également réduire les sollicitations du public et garantir la tranquillité des animaux. Le bâtiment servant d’abri a été entièrement rénové. Il dispose désormais d’un toit végétalisé pour améliorer son isolation thermique ainsi que d’un éclairage ultraviolet adapté au confort hivernal des deux espèces. Les tortues bénéficient, quant à elles, d’une pièce chauffée avec un bassin intérieur pendant la saison froide. Un autre bassin a été aménagé à l’extérieur.
L'interview de la rédaction : Christine Werthe
Une cohabitation entre primates et tortues
Le choix de réunir les langurs et les émydes dans un même espace doit permettre de stimuler leurs comportements par les interactions entre les deux espèces. Cette cohabitation offrira également au parc un nouveau support de sensibilisation à la fragilité des écosystèmes asiatiques. Le langur de François est classé en danger d’extinction sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Sa population sauvage est estimée à moins de 2 100 individus, après un déclin de 50 % en 36 ans. Seuls 160 langurs de François vivent actuellement dans des parcs zoologiques à travers le monde, dont 58 en Europe. Les cinq animaux présents en France, un couple et trois jeunes, sont tous accueillis à Besançon. Depuis l’arrivée des premiers spécimens à la Citadelle en juillet 2012, quatre petits y sont nés. La situation de l’émyde à cou rayé est encore plus préoccupante. Cette tortue est classée en danger critique d’extinction. Sa population sauvage reste inconnue, mais elle aurait diminué de 80 % en vingt ans. On recense 348 individus dans les parcs zoologiques du monde, dont 204 en Europe et 59 en France. Deux sont désormais présentes à Besançon.
Trois médiateurs scientifiques dans les allées
Cette ouverture s’accompagne d’un renforcement de la médiation auprès des visiteurs. Depuis le printemps 2026, trois médiateurs scientifiques sont présents en permanence dans les allées du parc pendant la haute saison. Leur mission consiste à répondre aux questions du public, à expliquer les comportements des animaux et à sensibiliser les visiteurs aux enjeux de préservation de la biodiversité. Avec ce nouvel espace, la Citadelle entend ainsi associer bien-être animal, conservation des espèces menacées et transmission des connaissances.