Choix du secteur :
Se connecter :

Besançon : les commerçants du centre-ville veulent rassurer leur clientèle avant une nouvelle mobilisation sociale

Publié le 29 Oct. 2026 à 16:10
Tags: Economie | union des commercants de besancon | commerce |
Lecture: min
Besançon : les commerçants du centre-ville veulent rassurer leur clientèle avant une nouvelle mobilisation sociale Image d'illustration

Besançon : les commerçants du centre-ville veulent rassurer leur clientèle avant une nouvelle mobilisation sociale

Après les tensions survenues lors des manifestations des 17 et 24 octobre à Besançon, les commerçants du centre-ville tentent de retrouver une activité normale. Si le dispositif de sécurité déployé le 24 octobre a permis d'éviter de nouvelles dégradations, la fréquentation commerciale a néanmoins été affectée. À l'approche d'une nouvelle mobilisation annoncée ce samedi, Adrien Pourcelot, directeur de l'Union des commerçants de Besançon, se montre moins inquiet sur le plan sécuritaire. Il appelle surtout les consommateurs à continuer de fréquenter les commerces du centre-ville.

Une baisse de fréquentation après les violences du 17 octobre

Les conséquences des précédentes manifestations continuent de peser sur l'activité commerciale du centre-ville bisontin. Selon Adrien Pourcelot, les événements du 17 octobre, marqués par des dégradations et des pillages, ont durablement inquiété une partie de la clientèle. Cette appréhension s'est notamment traduite par une diminution de la fréquentation le samedi 24 octobre, malgré l'important dispositif de sécurité mis en place. « Le préjudice sur le 24 octobre, c'est essentiellement en termes de chiffre d'affaires, puisqu'il y a quand même une baisse de fréquentation, une baisse de clientèle », explique le directeur de l'Union des commerçants. Selon lui, les images des violences survenues une semaine auparavant ont dissuadé certains consommateurs de revenir dans le centre-ville, faute de savoir comment se déroulerait cette nouvelle journée de mobilisation. Pour autant, Adrien Pourcelot souligne l'efficacité des mesures de protection déployées par les autorités le 24 octobre. « Le centre-ville a vraiment été sanctuarisé et protégé. On n'a pas eu de débordements et de pillages comme la semaine auparavant. En termes de sécurité, ça s'est plutôt très bien passé », constate-t-il.

L'interview de la rédaction : Adrien Pourcelot 

Des aides principalement destinées aux commerces dégradés

Face aux conséquences économiques de ces événements, plusieurs dispositifs de soutien peuvent être mobilisés par les commerçants touchés. Adrien Pourcelot évoque notamment les mesures annoncées par le ministère de l'Économie. Celles-ci concernent principalement les établissements ayant subi des dégradations matérielles. Les commerçants confrontés uniquement à une diminution de leur chiffre d'affaires semblent, en revanche, disposer de possibilités plus limitées. « Ceux qui n'ont pas eu de dégradation, mais qui ont une perte de chiffre d'affaires, sont un peu moins concernés », précise-t-il. Des dispositifs d'activité partielle peuvent également être envisagés pour les établissements qui n'ont pas été en mesure de reprendre immédiatement leur activité après les dégradations. Le directeur de l'Union des commerçants mentionne aussi les possibilités d'accompagnement proposées par l'Urssaf, notamment à travers l'étalement de certaines échéances de cotisations.

Une inquiétude moins forte avant la mobilisation de samedi

Alors qu'une nouvelle mobilisation sociale est annoncée ce samedi à Besançon, les commerçants abordent cette échéance avec davantage de sérénité que la précédente. Adrien Pourcelot estime que le dispositif de sécurité mis en œuvre le 24 octobre a permis de rassurer les professionnels sur la capacité des autorités à protéger le centre-ville.  La principale préoccupation porte désormais sur la fréquentation commerciale. L'enjeu est d'éviter qu'une nouvelle journée de mobilisation ne dissuade les habitants de venir effectuer leurs achats. Pour cela, l'Union des commerçants entend renforcer sa communication auprès de la clientèle, afin de rappeler que les établissements restent ouverts et accessibles. Certains professionnels pourraient également adapter leur organisation en fonction du déroulement de la journée.

L'interview de la rédaction : Adrien Pourcelot 

Des manifestations encadrées qui rassurent davantage

Concernant les modalités de la prochaine mobilisation, Adrien Pourcelot ne réclame pas nécessairement une mise à l'écart systématique du centre-ville. Il indique que l'intersyndicale aurait demandé l'autorisation de manifester ce samedi. Une démarche qu'il accueille sans opposition de principe, à condition que le rassemblement soit déclaré et correctement encadré. « Les commerçants n'ont rien contre, évidemment. Quand les manifestations sont déclarées, elles sont encadrées, il y a un service d'ordre, elles se passent plutôt très bien », souligne-t-il. Pour le directeur de l'Union des commerçants, l'existence d'un cadre organisé contribue à réduire les tensions et les inquiétudes. Il distingue ainsi les manifestations syndicales encadrées des situations susceptibles de dégénérer en raison de la présence d'individus plus radicaux. « Quand ces manifestations sont déclarées et encadrées, il y a moins de réticence, il y a moins d'inquiétude », insiste-t-il.

Préserver l'activité commerciale sans remettre en cause le droit de manifester

À quelques jours d'un nouveau rendez-vous social, l'Union des commerçants de Besançon cherche donc à concilier deux préoccupations : le respect du droit de manifester et la préservation de l'activité économique du centre-ville. Si les violences du 17 octobre ont laissé des traces, le déroulement de la journée du 24 octobre semble avoir partiellement rassuré les professionnels sur les conditions de sécurité. Reste désormais à convaincre les consommateurs de revenir dans les commerces, alors que la répétition des mobilisations peut fragiliser une activité déjà dépendante de la fréquentation du samedi.

L'interview de la rédaction : Adrien Pourcelot