La mobilisation sociale pourrait connaître un nouveau temps fort ce jeudi 5 novembre à Besançon, comme partout en France. Après plusieurs semaines de contestation et une interruption liée aux vacances de la Toussaint, des lycéens envisagent de reprendre les blocages et de rejoindre les manifestations. Rencontrés par Plein Air, plusieurs jeunes témoignent de leur détermination, de leurs inquiétudes concernant leurs conditions d'études et de leur sentiment de ne pas être suffisamment entendus.
Le reportage de la rédaction :
Une mobilisation qui pourrait reprendre dès jeudi
La rentrée scolaire n'a pas mis fin à la contestation. Après avoir participé aux précédents blocages et manifestations organisés à Besançon, plusieurs lycéens envisagent de se mobiliser à nouveau ce jeudi 5 novembre, dans le cadre du mouvement social national interprofessionnel. Si l'ampleur de cette nouvelle journée reste encore incertaine, les jeunes interrogés par Plein Air affichent leur volonté de poursuivre le mouvement. « Demain, normalement, on est censé reprendre les blocus et des manifestations également », explique l'un d'eux, qui a participé aux précédentes actions.
Depuis la reprise des cours, les échanges avec les enseignants n'ont pas véritablement modifié leur perception de la situation. Plusieurs lycéens estiment que leurs revendications n'ont pas obtenu de réponses suffisantes. « Avec du recul, on voit qu'il n'y a pas grand-chose qui a bougé », regrette un manifestant, qui souhaite poursuivre la mobilisation pour obtenir des changements.
Des conditions d'études au cœur des revendications
Au-delà des revendications nationales, les témoignages recueillis mettent en évidence des préoccupations très concrètes concernant la vie quotidienne dans les établissements scolaires. Un lycéen évoque notamment les températures insuffisantes dans certaines salles de classe. « On a des salles de classe où on a vraiment froid. On est obligé de garder nos manteaux parce que sinon on ne peut pas travailler correctement », déplore-t-il. Un autre jeune dénonce l'état de certains bâtiments scolaires, citant notamment des dégradations observées dans d'autres lycées bisontins. Pour ces élèves, la mobilisation doit permettre d'attirer l'attention sur les conditions matérielles d'apprentissage, mais également sur les moyens accordés à l'Éducation nationale. « Il faut que les étudiants puissent étudier dans de bonnes conditions », insiste l'un des jeunes interrogés, qui rappelle que ces difficultés concernent également les enseignants.
Un sentiment de ne pas être suffisamment écoutés
Les conditions d'études ne constituent toutefois qu'une partie des préoccupations exprimées. Plusieurs lycéens dénoncent également un manque de dialogue avec les adultes et les institutions. Une jeune fille estime que les élèves disposent de trop peu d'occasions de faire entendre leurs revendications. « On ne se fait pas assez écouter. Il y a beaucoup de choses qui devraient changer », explique-t-elle. Selon son témoignage, la reprise des cours s'est déroulée normalement dans son établissement, sans véritable discussion collective sur les mobilisations précédentes. Une situation qui laisse certains élèves sur leur faim. Ils auraient souhaité que les manifestations et leurs revendications donnent lieu à davantage d'échanges au sein des établissements.
Manifester pour peser sur l'avenir
Pour ces jeunes, la mobilisation dépasse les seules difficultés rencontrées dans leur scolarité. Elle traduit également des interrogations sur leur avenir et sur leur capacité à participer aux décisions qui les concernent. « Je fais ça pour moi actuellement et je fais ça pour l'avenir, pour les générations qui viendront plus tard », explique un lycéen. À ses yeux, la manifestation demeure un moyen d'expression essentiel pour une jeunesse qui souhaite être davantage associée aux débats de société. « C'est dans la rue que ça va bouger », affirme-t-il, convaincu que la mobilisation collective peut contribuer à faire évoluer les décisions publiques. Cette volonté de se faire entendre s'accompagne également d'un attachement au caractère pacifique des rassemblements.
Plusieurs jeunes interrogés reconnaissent que des tensions ont pu survenir avec les forces de l'ordre lors des précédentes manifestations. Ils insistent néanmoins sur le fait que la majorité des actions auxquelles ils ont participé se sont déroulées sans dégradations. L'un d'eux appelle ainsi les manifestants à défendre leurs revendications sans violence, estimant que les dégradations matérielles desservent le mouvement.
Vers une nouvelle convergence des mobilisations ?
La journée du jeudi 5 novembre pourrait également permettre aux lycéens de retrouver les salariés et les organisations syndicales mobilisés dans le cadre du mouvement social national. Cette convergence entre générations est jugée importante par plusieurs jeunes interrogés. Certains souhaitent que les préoccupations liées à l'éducation, au pouvoir d'achat et aux perspectives d'avenir puissent être exprimées dans un même mouvement. Pour autant, la participation effective des lycéens reste à confirmer. Les témoignages recueillis par Plein Air traduisent des intentions individuelles de mobilisation, sans permettre à ce stade de mesurer le nombre d'établissements susceptibles d'être concernés par des blocages. « Il y a de grandes chances », répond un lycéen interrogé sur sa présence dans les cortèges jeudi. Une autre élève affirme également souhaiter participer, directement ou indirectement, pour témoigner de son soutien au mouvement.
Après une rentrée scolaire relativement calme, la journée de jeudi constituera donc un nouveau test pour la mobilisation lycéenne à Besançon. Reste à savoir si les intentions exprimées par ces jeunes se traduiront par de nouveaux blocages et par une participation significative aux manifestations.