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A Besançon. Deux individus, âgés de 17 ans, ont été interpellés mardi  soir, vers 22h40, après avoir mis le feu à une poubelle dans le parc des Glacis à proximité du monument aux morts. Ces deux jeunes hommes ont été identifiés grâce aux caméras de vidéosurveillance. Ils ont été interpellés trois arrêts de bus plus loin, alors qu’ils avaient pris le transport en commun pour quitter les lieux. A l’issue de leur garde à vue, ils ont été remis à leurs parents en vue d’une convocation ultérieure.

Brigitte Bourguignon, Ministre déléguée auprès du Ministre des solidarités et de la santé, chargée de l'autonomie, participera ce soir, à 20h, à l’hommage qui sera rendu à Moussa Dieng, l’ambulancier bisontin poignardé samedi matin, à Besançon, lors d’une intervention. Elle y exprimera, lors d’une cérémonie d’hommage, « la solidarité de la Nation envers Monsieur Moussa Dieng et ses proches ». le rassemblement se tiendra au siège de l’entreprise Jussieu Secours.

Les chiffres de l’insécurité routière dans le Jura restent préoccupants. Dans la semaine du 24 au 31 août, les forces de l’ordre ont enregistré 67 excès de vitesse, 28 conduites addictives, un accident, faisant 5 blessés, 6 défauts de permis de conduire, 39 téléphones au volant et 10 fautes de priorité.

Ce mercredi, les centres ambulanciers Jussieu secours rendent un hommage national à Moussa Dieng, poignardé lors d’une intervention par un individu, en totale démence, samedi matin à Besançon, dans le quartier Planoise. Ils appellent l’ensemble de la profession à se joindre à eux. Ainsi, une minute de silence sera observée à 12h.

Ce soir, les ambulanciers du centre Jussieu de Besançon organisent une cérémonie d’hommage, en présence des autorités de tutelle, du Ministère de la Santé, des partenaires locaux et du réseau Jussieu secours. Les professionnels de santé sont invités à y participer. Elle se tiendra à 20 heures dans les locaux du centre ambulancier.

Un accident s’est produit hier soir, vers 20h, à Pont d’Hery. Deux voitures sont impliquées. On déplore trois blessés qui ont été transportés sur un centre hospitalier.

Plusieurs feux de poubelle se sont déclarés cette nuit à Besançon. Rue Georges Clémenceau, un premier sinistre s’est produit  à l’angle de la rue Coste. Il a été éteint au moyen d’une lance à eau, mais quelques minutes plus tard un feu identique est constaté.

Cette fois-ci, il s’est propagé au coffret à gaz d’un immeuble d’habitation. Les flammes ont détérioré des lignes électriques, entraînant une coupure de courant pour un certain nombre de logements. D’autres feux de poubelle ont été enregistrés dans les rues de la Madeleine, Edgar Faure et cité de la Viotte.

Trois individus, impliqués dans un trafic de stupéfiants, ont été interpellés ce mardi rue de Cologne à Besançon. L’un d’eux était en possession d’une bonbonne de cocaïne et d’un petit morceau de résine de cannabis. Le troisième homme, soupçonné d’être le vendeur, avait sur lui 92 grammes de cannabis, 34 grammes de cocaïne et 47 grammes d’héroïne. Les investigations se poursuivent.

Cet après-midi, vers 13h30, une patrouille de la police nationale s’est rendue Boulevard Blum à Besançon pour interpeller un individu susceptible d’être armé. A leur arrivée, les forces de l’ordre ont trouvé dans l’appartement désigné deux individus fortement alcoolisés. Les deux hommes ont été placés en garde à vue. Les actes d’enquête sont en cours ce mardi soir.

Dans un communiqué de presse, l’union régionale des sapeurs-pompiers de Bourgogne-Franche-Comté témoigne de son « énorme tristesse et de sa profonde indignation » après le meurtre de l’ambulancier bisontin ce samedi à Planoise. Elle adresse à sa famille, ses proches et à toute  la profession ses plus sincères condoléances.

Il est rappelé les difficultés auxquelles les forces de sécurité sont confrontée face à la détresse sociale et psychologique. Le collectif demande que les sujets de la protection des acteurs du secours et des forces de l’ordre soient pris en compte par les autorités de tutelle. Les sapeurs-pompiers sont à la disposition de ces dernières pour mener la réflexion.

Etienne Manteaux, le procureur de la République, a précisé les premiers éléments de l’enquête qui doit faire la lumière sur le drame survenu au matin du 28 août rue de Bourgogne, ayant coûté la vie de Moussa Dieng, un ambulancier de l’entreprise Jussieu, lors d’une intervention.

 

Un homme souffrant de psychose grave

 

C’est dans la matinée de samedi 28 août, une première fois à 4h du matin, puis à nouveau à 6h, qu’un homme de 40 ans, relevant d’une « grave psychose » se rend chez sa mère, afin d’obtenir des cigarettes. Son comportement est agressif, inquiétant, mais connaissant les troubles de son fils dont il souffre depuis 20 ans, celle-ci lui donne ce qu’il réclame, en lui sommant ensuite de repartir. Dans un premier temps l’homme refuse, et insiste pour monter dans l’appartement, mais sa mère réussi à lui en défendre l’accès, et le fait repartir chez lui. Seulement, celui qu’elle décrit comme « quelqu’un de gentil, mais qui présente des signes d’agressivité dès lors qu’il décompense au niveau psy » est inquiétant, et elle décide d’appeler le Samu un peu plus tard dans la matinée, afin qu’il soit hospitalisé. Il est 9h15 lorsque l’opérateur du Samu est contacté. Après avoir envoyé une ambulance, l’opérateur appelle le CIC, le Centre d’Information et de Commandement du commissariat de police de Besançon.

 

« Selon la retranscription entre l’opérateur du Samu et celui du commissariat, ce dernier fait observer que les usages sont d’abord qu’il y ait une ambulance ou les pompiers qui aillent au contact de la personne qui doit être hospitalisée. Et que ce n’est qu’une fois ce premier contact opéré, s’ils constatent une agressivité ou une impossibilité d’exécuter leur mission, qu’il y a à ce moment-là l’envoie d’une patrouille » Etienne Manteaux, procureur de la République

 

Le déroulement des faits

 

L’opérateur CIC indique alors qu’un équipage est disponible, et l’envoie à l’adresse indiquée. Il est 9h18 lorsque la communication se termine. L’ambulance arrive à 9h23 sur le site. A ce stade, il ne semble pas que l’opérateur du Samu ait rappelé l’entreprise Jussieu pour indiquer qu’il venait de raccrocher avec les policiers, et qu’une patrouille était finalement réquisitionnée. Des propos confirmés par l’ambulancier survivant, qui révèle ne pas avoir été informé qu’une patrouille arrivait. Il raconte ensuite que lorsqu’ils arrivent sur place, au rez-de-chaussée du 11 rue de Bourgogne, l’individu est très agressif, et semble évoquer des gens qui veulent intenter à sa vie. Il refuse catégoriquement de les suivre, et ferme sa porte. L’ambulancier explique que dans ce contexte, la mission ne pouvant être exécutée, il repart, et indique à son collègue de faire de même. Et alors qu’il est quasiment au niveau de la sortie, il constate que son confrère est encore devant la porte, pour contacter le Samu, afin de faire un bilan de ce qu’il s’est passé, et obtenir des consignes supplémentaires. Au moment où il est en train de composer ce numéro, la porte s’ouvre à nouveau, et cette fois, l’individu est armé d’un couteau de cuisine. Il assène directement deux coups au niveau du thorax de Moussa Dieng. L’ambulancier recule, il est pris en charge par son collègue, qui l’amène très rapidement dans l’ambulance. L’individu constate ensuite qu’il y a un voisin de palier, présent à quelques mètres. Il s’agit effectivement de celui qui a indiqué aux secouristes où il habitait. Aussitôt, il se tourne vers lui, et lui assène 4 coups de de couteau, au niveau du pectoral droit. Aucun point vital ne sera touché, sa vie ne sera pas en danger. Quelques secondes plus tard, l’ascenseur du bâtiment s’ouvre, et un père de famille accompagné de son enfant de 7 ans sont confrontés à cette scène effroyable. L’individu se retourne, et se précipite sur le père de famille. S’ensuit alors une lutte entre les deux hommes, dans laquelle l’assaillant est désarmé, mais blesse tout de même sa victime au niveau de l’oreille. Le père, âgé de 38 ans, décrira « un homme qui était déterminé à le tuer, compte tenu de son agressivité, de son regard, et de la façon dont il s’est précipité poing en l’air avec son couteau en sa direction ». C’est au moment où les deux hommes sont engagés dans une lutte au sol que les policiers arrivent, et n’ont d’autre choix que d’user du pistolet à impulsion électrique pour maîtriser l’individu, extrêmement véhément. Moussa Dieng est pris en charge immédiatement par son collègue qui le transporte à l’hôpital. Cependant, le couteau a touché des organes vitaux, et il décède très rapidement après son arrivée. Son autopsie a été réalisée hier, afin de mieux déterminer les circonstances du décès.  

 

Une information judiciaire ouverte

 

La garde à vue n’a pas permis d’entendre l’individu, compte tenu de son état psychique. Il a été rapidement transporté dans la chambre carcérale du centre hospitalier Jean Minjoz. Examiné par un médecin psychiatre, ce dernier a considère que son état n’est pas compatible avec son maintien en garde à vue. L’individu est lourdement sédaté, et le préfet prend la décision de l’hospitalisation sans consentement. Il est depuis samedi soir au centre hospitalier spécialisé de Novillars. « J’ai ouvert une information judiciaire, pour homicide volontaire sur cet ambulancier de 50 ans d’origine sénégalaise, et pour les deux tentatives d’homicide, sur son voisin de palier, et sur le père de famille 38 ans » indique Etienne Manteaux. N’ayant pas encore été déféré au parquet de Besançon, l’homme de 40 ans devrait être mis en examen dans les 10 jours. « Ce délai est favorable car il est dans un état tel aujourd’hui qu’il n’est pas additionnable. La priorité sont les soins pour qu’il recouvre un peu de lucidité, afin qu’il puisse être utilement entendu, s’il souhaite répondre aux questions du magistrat instructeur. Ensuite il sera statué sur son placement en détention provisoire, ou pas » précise le procureur de la République. En cas de placement en détention provisoire, l’homme de 40 ans pourrait alors être sous un double statut : celui d’incarcération et d’hospitalisation sans consentement. Cela pourrait l’amener à être transféré dans une unité hospitalière spécialement aménagée, ce qu’on appelle UHSA. « Beaucoup de chose restent encore à déterminer. Le point central de ce dossier sera de déterminer quel était l’état psychiatrique, psychique, dans lequel se trouvait l’individu au moment des faits, pour déterminer s’il y avait une altération ou une abolition de son discernement à ce moment-là » souligne Etienne Manteaux.