Le premier tour des élections municipales à Besançon a placé la liste conduite par Ludovic Fagaut en tête du scrutin. Le candidat divers droite devance la maire sortante Anne Vignot. Le second tour s’annonce ouvert dans la capitale comtoise.
Ludovic Fagaut arrive en tête
À l’issue du premier tour des élections municipales, Ludovic Fagaut arrive en tête à Besançon avec 40,13 % des suffrages. Le candidat divers droite devance la maire sortante Anne Vignot, qui recueille 33,37 % des voix. Derrière eux, Séverine Véziès obtient 10,90 %, Jacques Ricciardetti 8 %, Éric Delabrousse 5,67 % et Nicole Friess 1,93 %. Avec ces résultats, un second tour aura lieu dimanche prochain dans la capitale comtoise. La participation s’établit à 57,14 %.
« Le désir de changement »
À l’annonce des résultats, Ludovic Fagaut a salué le vote des Bisontins. « La démocratie a parlé. Les Bisontines et les Bisontins ont montré qu’ils voulaient décider par eux-mêmes de leur destin et ont exprimé leur désir de changement », a-t-il déclaré. Le candidat souligne que sa liste est arrivée « largement en tête », tout en appelant à la prudence. « Rien n’est gagné », a-t-il insisté, affirmant vouloir continuer à convaincre les électeurs d’ici le second tour.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
Une campagne qui se poursuit
Ludovic Fagaut indique vouloir poursuivre la campagne dès les prochains jours. « Dès demain matin, nous irons continuer à parler aux électeurs », explique-t-il, rappelant que près de 120 000 Bisontins sont appelés à voter. Le candidat met en avant une liste d’union allant de la droite au centre et à la social-démocratie, avec l’objectif de « redonner à Besançon sa place de capitale », renforcer la sécurité et relancer l’attractivité de la ville.
Pas de rapprochement avec le RN
Interrogé sur d’éventuels rapprochements politiques, Ludovic Fagaut a réaffirmé sa ligne. « Nous avons toujours été très clairs », affirme-t-il, indiquant qu’il souhaite s’adresser à l’ensemble des électeurs bisontins, sans discussion de fusion avec la liste du Rassemblement national.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
Un second tour très ouvert
La campagne se poursuivra donc toute la semaine avant le second tour prévu dimanche prochain. Pour Ludovic Fagaut, l’objectif est désormais clair : transformer l’avance du premier tour en victoire finale. « On va continuer à porter notre projet et à convaincre les Bisontins », assure-t-il.
Le premier tour des élections municipales s’est déroulé ce dimanche dans le Grand Besançon. Si certaines communes connaissent déjà leur nouveau maire, la capitale comtoise devra patienter une semaine de plus avant de trancher.
À Besançon, la liste conduite par Ludovic Fagaut arrive en tête avec 40,13 % des suffrages. Le candidat divers droite devance la maire sortante Anne Vignot, qui recueille 33,37 % des voix. Derrière eux, Séverine Véziès obtient 10,90 %, Jacques Ricciardetti 8 %, Éric Delabrousse 5,67 % et Nicole Friess 1,93 %. Avec ces résultats, un second tour aura lieu dimanche prochain dans la capitale comtoise. La participation s’établit à 57,14 %.
Dans l’agglomération bisontine, certaines communes ont déjà livré leur verdict. À Novillars, la liste menée par Lionel Philippe s’impose très largement dès le premier tour avec 81,71 % des suffrages, face à Laurent Guillemin qui recueille 18,29 % des voix.
À Fontain, Marc Girardot l’emporte avec 52,6 % des suffrages. Il devance Vivien Desgrange, qui obtient 47,3 % des voix.
À Saône, large victoire également pour Lylian Calvat et sa liste « Continuité et ambitions pour Saône ». Ancien adjoint du maire sortant Benoît Vuillemin, qui ne se représentait pas, le nouvel édile recueille 67,2 % des suffrages.
À École-Valentin, la liste « Un nouvel élan » conduite par Kadir Yildirim s’impose dès le premier tour avec 53,38 % des suffrages (655 voix). Il devance le maire sortant Yves Guyen, dont la liste « Agir pour vous » recueille 46,62 % des voix (572 voix). La participation s’établit à 64,27 %. Avec cette victoire, Kadir Yildirim obtient la majorité au conseil municipal et devrait devenir le prochain maire de la commune.
Ludovic Fagaut : 39%
Anne Vignot : 33%
Vézies : 10 %
Ricciardetti : 8,2%
Delabrousse : 5,7%
Friess : 2%
A Besançon, le NPA l’Anticapitaliste de Besançon appelle à voter, dès le premier tour des élections municipales, pour la liste conduite par Séverine Véziès avec La France insoumise. Selon le collectif, la liste « Faire mieux pour Besançon » porte des mesures importantes pour les classes populaires : transports et cantine bio gratuits, lutte contre les discriminations, logement digne, accueil des exilés et solidarités internationales ».
À l’approche des élections municipales, les différentes listes affûtent leurs arguments. À Besançon, Lutte ouvrière mène campagne en mettant en avant la colère des travailleurs face à l’inflation, aux licenciements et à la situation internationale. Pour Nicole Friess et son équipe, ces élections sont avant tout l’occasion d’exprimer un mécontentement social plus large, bien au-delà des enjeux strictement locaux. Elle répond à nos questions.
Quels sont, à votre avis, les principaux enjeux de cette élection ?
Cela dépend pour qui. Pour les partis politiques en lice, l’enjeu sera surtout de compter leurs points au second tour. En réalité, ces élections servent aussi de préparation pour la présidentielle de 2027. Pour nous, l’enjeu est de permettre aux travailleurs d’exprimer leur colère face à tout ce qu’ils vivent aujourd’hui. Nous le répétons tout au long de la campagne : inflation, hausse des prix de l’énergie, bas salaires, suppressions d’emplois… Plus de 500 plans de licenciements ont été annoncés, ce qui représente environ 200.000 travailleurs qui risquent de se retrouver au chômage. Retrouver un emploi à 50 ans est aujourd’hui presque impossible. Dans ce contexte, les travailleurs ont besoin d’exprimer leur colère lors de ces élections. C’est ce cri de colère que nous voulons faire entendre. Les élections ne changeront pas notre vie, mais elles peuvent au moins permettre d’exprimer cette colère face à un système qui s’aggrave et qui nous mène vers la guerre, car la guerre est aujourd’hui à nos portes.
L'interview de la rédaction : Nicole Friess
Vous êtes-vous fixé un objectif en termes de participation ou de score pour ces municipales ?
Je ne sais pas si nous aurons un maire, mais nous aurons probablement des élus dans certaines petites communes. Pour nous, c’est un enjeu important, car cela permettrait à des communistes révolutionnaires de siéger dans les conseils municipaux. Ils pourraient être les porte-parole et les appuis des travailleurs et de la population, dénoncer les mauvais coups lorsqu’il y en a et être les yeux et les oreilles des travailleurs dans ces conseils municipaux.
L'interview de la rédaction : Nicole Friess
En quoi voter Lutte ouvrière changerait-il le quotidien des Bisontins et des Bisontines ?
Cela ne changera pas directement la vie des Bisontins. En revanche, cela permettra de s’exprimer. Beaucoup de partis politiques se cachent derrière des appellations parfois fantaisistes et ne disent pas la vérité aux travailleurs. Les élections ne changeront pas notre vie, c’est une réalité. Mais elles permettent d’exprimer sa colère, de choisir son camp et de dire que nous ne voulons plus subir. Nous sommes fiers d’appartenir à une classe qui fait fonctionner toute la société mais qui, pour l’instant, n’a souvent que le droit de se taire.
Nous présentons plus de 246 listes dans le pays, ce qui représente environ 11 000 travailleurs engagés dans ces élections pour défendre cette politique. Nous disons aussi que tant que ce système capitaliste perdurera, nous irons vers la guerre. L’actualité internationale le montre. Les enjeux dépassent largement les municipales. Pourtant, beaucoup de candidats se limitent à des promesses locales parfois dérisoires. La guerre menace, et les budgets des communes diminuent d’année en année. Promettre une ville idéale sans parler de ces réalités, c’est tromper les travailleurs.
Le risque d’un basculement de la ville de gauche à droite vous préoccupe-t-il ?
Non, car cela ne changera rien au fond. Quel que soit le maire élu, la réalité finira par s’imposer. Les municipalités seront toutes contraintes par les budgets et les politiques nationales. Les partis politiques le savent, mais ils se présentent sous des appellations qui masquent souvent leur identité politique. Ils cherchent avant tout à compter leurs voix pour les échéances nationales, notamment pour 2027. Il ne faut pas prendre les électeurs pour des imbéciles.
L'interview de la rédaction : Nicole Friess
Donnerez-vous des consignes de vote au second tour, dans le duel entre Anne Vignot et Ludovic Fagaut ?
Non, bien sûr. Nous ne sommes pas propriétaires des voix. Pour nous, l’essentiel est le premier tour : que les travailleurs choisissent leur camp. Au second tour, chacun fera ce qu’il veut. Les voix des électeurs ne nous appartiennent pas, donc nous ne donnerons aucune consigne de vote.
La progression du Rassemblement national au sein des travailleuses et travailleurs vous inquiète-t-elle ?
Ce qui nous inquiète, c’est la montée réactionnaire dans la société, et notamment la progression de l’extrême droite. C’est effectivement préoccupant. Mais le gouvernement actuel n’a parfois rien à envier à l’extrême droite : la politique menée à l’égard des travailleurs étrangers, par exemple, va dans le même sens. Aucun parti ne propose réellement le droit de vote pour eux.
Cette situation s’accompagne d’une montée du racisme, de la division et de l’autoritarisme. On le voit aussi dans les débats publics : certaines positions sont immédiatement disqualifiées. Face à cela, nous nous sentons parfois impuissants. Pourtant, les seuls capables de changer réellement le cours des choses sont les travailleurs eux-mêmes, car ce sont eux qui font fonctionner toute la société. Mais cela dépendra d’eux. Bien sûr que la situation est inquiétante.
À quelques jours du scrutin, les enjeux politiques se précisent à Besançon. La maire sortante, Anne Vignot, défend son bilan et son projet pour la ville, entre développement économique, solidarité et transition écologique. Sécurité, attractivité du territoire, place de l’écologie ou encore duel politique avec son opposant Ludovic Fagaut : autant de sujets au cœur de cette campagne. Anne Vignot répond à nos questions.
Quels sont, pour vous, les enjeux de cette élection ?
Les enjeux sont assez simples. Je suis très attachée à une ville qui a toujours été reconnue pour sa dimension à la fois sociale et économique. Besançon repose sur ces deux piliers : accompagner les personnes en difficulté et porter une activité économique dynamique. Pour moi, l’objectif est de continuer à avancer sur ces deux jambes et ne pas se retrouver à cloche-pied sur une seule. J’ai besoin d’une ville animée, active, productive, donc très vivante, mais aussi juste et humaine. Face à une société qui traverse aujourd’hui une forme de chaos, nous avons besoin d’un territoire solide sur le plan de l’humanisme.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Pensez-vous que l’écologie a encore toute sa place comme préoccupation pour les Bisontins ?
En réalité, tous les sondages montrent que les habitants sont très attachés aux réponses à apporter face au climat, à l’effondrement de la biodiversité ou encore aux questions de pollution. Ces sujets préoccupent de plus en plus les citoyens, notamment parce qu’ils touchent directement à la santé. Bien sûr, cela implique des changements importants dans nos modes de vie et cela amène chacun à réinterroger ses habitudes et ses convictions. L’enjeu aujourd’hui est de montrer qu’il est possible de développer un territoire de manière écologique tout en garantissant l’activité économique, le pouvoir d’achat et la qualité de vie. Cela passe aussi par le vivre-ensemble : accompagner le vieillissement de la population, encourager la jeunesse, soutenir la parentalité et lutter contre les violences intrafamiliales. Tout est lié. Construire l’avenir, c’est aussi penser à notre environnement, car il aura un impact majeur, à la fois humain et économique.
La ville est à gauche depuis 1953. Ressentez-vous une responsabilité particulière de ne pas laisser Besançon basculer dans un autre camp politique ?
Je poserais la question autrement. En France comme à l’international, on observe une montée de réflexes politiques de droite, souvent marqués par des logiques de rejet et de durcissement. Ces discours se rapprochent parfois de ceux du Rassemblement national. Je m’oppose à cette dérive. Car laisser penser que certaines personnes ne mériteraient plus d’avoir accès aux services publics est extrêmement préoccupant. C’est une idée que l’on entend au Rassemblement national, mais aussi chez certains de mes opposants, notamment Ludovic Fagaut. On le voit par exemple dans certaines politiques sociales au niveau départemental, qu’il soutient : réduction du nombre de travailleurs sociaux, restriction de l’accès au RSA, critique permanente de la masse salariale des services publics, derrière ce discours, c’est en réalité l’accès aux services publics qui est remis en cause.
À Besançon, les habitants sont attachés à un modèle qui combine attractivité économique et solidarité. La preuve : la ville gagne des habitants, accueille de nouvelles entreprises et développe des espaces pour l’activité économique. Mais en même temps, nous ne lâchons pas la dimension sociale. Chacun sait qu’un accident de la vie peut arriver dans n’importe quelle famille. Et la société doit être capable de tendre la main. C’est profondément ancré dans l’identité de Besançon. Il ne faut pas opposer développement économique et solidarité. C’est justement la force de Besançon et aussi celle d’un projet écologiste et de gauche.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Vos opposants vous reprochent de ne pas avoir fait assez en matière de sécurité. Que leur répondez-vous ?
Je suis très claire sur ce sujet. Pendant six ans, j’ai mené un combat inédit sur la sécurité, en travaillant sur tous les aspects. D’abord, j’ai demandé dès 2022 la création d’un nouveau commissariat afin d’améliorer les conditions de travail des policiers et d’augmenter les effectifs. Nous travaillons main dans la main avec l’État. Lors d’opérations contre les points de deal, comme celles menées récemment, jusqu’à 180 policiers peuvent être mobilisés. Cela montre bien que la présence de la police est indispensable.
Mais pour lutter efficacement contre le trafic, il faut agir à plusieurs niveaux. D’abord en s’attaquant aux réseaux internationaux et aux avoirs financiers des grands chefs du narcotrafic. Sans cela, il est très difficile d’assécher le système. Ensuite, il faut agir sur la consommation. Tant que la demande existe, le marché se reconstitue. Arrêter les petits dealers ne suffit pas : ils sont remplacés très rapidement.
Faire croire que l’on règlera le problème uniquement avec davantage de caméras ou plus de policiers municipaux est illusoire. Des villes très équipées comme Nice, Nîmes, Toulouse ou Marseille continuent pourtant à faire face au narcotrafic. Il faut traiter ce problème comme une véritable cause nationale. Je suis d’ailleurs heureuse de voir que, au niveau national, des responsables politiques de différentes sensibilités commencent à travailler ensemble sur cette question.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Cela suppose aussi de s’attaquer aux causes du phénomène ?
Oui, bien sûr. Il faut comprendre pourquoi les gens consomment. La santé mentale joue souvent un rôle important. Dans une société de plus en plus tendue, certains pensent trouver une solution dans la consommation de drogues. Il y a aussi des jeunes en situation de précarité sociale qui sont attirés par le trafic parce qu’on leur fait miroiter de l’argent facile. En réalité, ils se retrouvent confrontés à une violence extrême. À cela s’ajoutent parfois des situations de violences intrafamiliales et des contextes sociaux très fragiles.
C’est sur l’ensemble de ces chantiers que nous agissons : lutter contre le narcotrafic, les incivilités et améliorer la sécurité. Nous travaillons avec les douanes, la police et la justice. Je ne veux pas faire de promesses irréalistes, mais je peux assurer que Besançon mène ce combat avec détermination.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Certains présentent cette élection comme un duel entre vous et Ludovic Fagaut. Est-ce pour vous un ennemi politique ?
Je dirais plutôt que Ludovic Fagaut porte une vision très marquée par le XXᵉ siècle et qu’il a du mal à entrer dans les enjeux du XXIᵉ siècle. Aujourd’hui, les priorités sont la qualité de vie, l’environnement, le cadre de vie et l’attention portée aux habitants, qu’il s’agisse des enfants ou des personnes âgées. Notre société a changé : la population vieillit, les structures familiales évoluent, l’économie et le commerce se transforment en permanence. Or son projet repose largement sur une vision centrée sur la voiture, comme dans les années 1960, 1970 ou 1980. Bien sûr, la voiture reste nécessaire, mais les habitants veulent aussi avoir le choix dans leurs modes de déplacement.
Par ailleurs, je ne crois pas que la compétitivité permanente entre territoires soit la solution. Dans un monde globalisé, la coopération entre territoires est essentielle pour renforcer la résilience économique. Nous devons soutenir nos entreprises, consolider nos filières et faire en sorte que la richesse créée profite au territoire, à l’emploi et au pouvoir d’achat des habitants. Un habitant qui a un bon pouvoir d’achat fait vivre les commerces, la culture, le sport et toute la vie locale. Je crains que certains projets très spectaculaires absorbent des moyens qui devraient plutôt être consacrés au soutien de l’économie locale et au pouvoir d’achat des habitants.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Pourquoi faut-il voter pour vous dimanche prochain ?
Parce qu’Anne Vignot et son équipe portent un projet collectif et pluraliste, très représentatif de la population de Besançon. Nous voulons une ville toujours plus vivante, plus juste et plus humaine. Ces valeurs guident la trajectoire que nous proposons pour la ville. Les habitants attendent que l’on s’occupe d’eux, qu’on les protège, qu’on les accompagne et qu’on leur permette de s’émanciper. C’est cette ville que nous avons commencé à construire et que nous voulons continuer à développer avec notre équipe.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
À quelques jours du premier tour des élections municipales, La France insoumise ne lâchera rien à Besançon. Le mouvement appelle les électeurs à soutenir la liste conduite par Séverine Véziès, qu’il présente comme le « vote efficace » pour imposer une orientation de gauche et préparer un rassemblement face à la droite au second tour.
Quels sont, selon vous, les enjeux de cette élection ?
L’enjeu de cette élection est de mener une politique au service des Bisontins et des Bisontines et de répondre à leurs besoins. C’est dans cet esprit que nous avons construit notre programme, autour de quatre piliers que l’on peut retrouver sur notre site internet. Notre objectif est que Besançon redevienne une ville d’innovations sociales, avec la création de nouveaux droits. C’est cette vision de l’action communale que nous défendons pendant cette campagne.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
Les sondages semblent favorables à La France insoumise. Comment les interprétez-vous ?
Les sondages restent des sondages, bien sûr. Mais sur le terrain, nous constatons un soutien de plus en plus important. Beaucoup de personnes comprennent que la campagne menée contre La France insoumise est éminemment politique. Elle vise, selon nous, à affaiblir la seule opposition solide face à l’extrême droite. Les électeurs s’en rendent compte et viennent nous soutenir. Ils comprennent aussi que plus La France insoumise sera haute au premier tour à Besançon, plus il sera possible de battre la droite. Nous sommes les seuls à être très clairs sur notre volonté de fusionner au second tour pour battre la droite. C’est pour cela que nous pensons représenter le vote efficace.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
Certains estiment que l’élection peut se jouer dès le premier tour. Qu’en pensez-vous ?
Une élection municipale se déroule en deux tours, contrairement à la présidentielle. Les deux listes arrivées en tête sont qualifiées pour le second tour. Les listes qui dépassent 10 % peuvent se maintenir, et celles qui dépassent 5 % peuvent fusionner. L’enjeu du premier tour est donc de déterminer l’orientation politique de la future majorité municipale. Les électeurs doivent choisir s’ils veulent des élus insoumis et s’ils souhaitent soutenir un programme de rupture. Ensuite, au second tour, l’objectif sera de rassembler la gauche pour battre la droite.
Qui est votre principal adversaire dans cette campagne ?
Notre adversaire politique est clairement la droite, incarnée notamment par Ludovic Fagaut, mais aussi par Jacques Ricciardetti et Eric Delabrousse. M. Delabrousse se présente comme centriste, mais les propositions qu’il avance sont des propositions de droite pour Besançon. Notre objectif est donc de défendre un programme de gauche ambitieux et de rupture, au service des Bisontins et des Bisontines.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
La France insoumise est parfois contestée au niveau national. Ressentez-vous une défiance pendant cette campagne ?
Non, pas du tout. Sur le terrain, beaucoup de personnes considèrent que ce qui se passe médiatiquement relève d’une forme de manipulation politique. Les citoyens suivent aussi ce qui se passe à l’Assemblée nationale. Ils voient que les députés insoumis restent fidèles à leurs convictions et ne transigent pas. C’est cet état d’esprit que nous voulons porter au conseil municipal.
La gauche peut-elle ressentir une pression particulière à Besançon, où la ville est dirigée par elle depuis 1953 ?
Effectivement, la ville est dirigée par la gauche depuis 1953. Mais nous sommes aussi dans un contexte national marqué par la progression de l’extrême droite et par une droite qui se rapproche de plus en plus de ses thématiques. Dans ce contexte, il est essentiel de proposer un véritable projet et un horizon d’espoir. Je ne crois pas qu’il suffise de dire aux électeurs : « Votez pour nous pour battre la droite ». Il faut voter pour nous parce que nous proposons un projet qui donne de l’espoir, et c’est cet espoir qui permettra de battre la droite et l’extrême droite, y compris à Besançon.
Continuerez-vous de mener une campagne de terrain jusqu’au scrutin ?
À quelques jours du premier tour, la campagne se poursuit activement. Les militants multiplient les opérations de terrain, les distributions de tracts et le porte-à -porte dans plusieurs quartiers de la ville. Nous sommes mobilisés jusqu’au bout . Nous étions dernièrement à Saint-Ferjeux et nous continuerons jusqu’au scrutin.
Pourquoi voter pour Séverine Vezier au premier tour ?
Parce que nous sommes les seuls à porter un véritable programme de transformation sociale pour Besançon, avec une écologie populaire. Notre programme est chiffré, détaillé et construit pour répondre aux besoins des habitants. Et dans la perspective du second tour, il faut voter pour la liste insoumise, car nous sommes les seuls à être clairement engagés dans une stratégie d’union pour battre la droite. Nous sommes le vote efficace au premier tour et nous saurons construire l’union nécessaire pour battre la droite à Besançon.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
Dans la dernière ligne droite de la campagne municipale à Besançon, Éric Delabrousse, candidat investi par le parti Horizons, défend une candidature qu’il veut « centrale, pragmatique et modérée ». Face à ce qu’il décrit comme une bipolarisation entre la maire sortante Anne Vignot et le candidat Ludovic Fagaut, il affirme porter une alternative fondée sur le choix d’un projet plutôt que celui d’un camp. Notoriété, sondages, stratégie politique et vision pour la ville : il répond à nos questions.
À votre avis, quels sont les enjeux de cette élection pour le territoire bisontin ?
Les enjeux tiennent d’abord à un choix. Ce que je préconise, et ce que ma liste porte, c’est le choix d’un projet plutôt que celui d’un camp. Il s’agit de proposer une alternative dans la manière de gérer et de conduire une ville, plutôt que de chercher à maintenir Besançon à gauche ou à la faire basculer à droite.
C’est votre première campagne électorale. Avez-vous mesuré les difficultés ? Vous attendiez-vous à un tel combat ?
Il y a deux choses que j’ai découvertes. D’abord, je n’avais peut-être pas pleinement mesuré l’importance de la notoriété locale pour pouvoir s’imposer dans un débat municipal. Ensuite, j’ai découvert la difficulté, voire la rudesse, d’un combat politique. Le mot « violence » serait peut-être trop fort, mais il est vrai que l’affrontement politique peut être très dur. Dans ma vie professionnelle, je n’ai évidemment pas connu un parcours toujours facile, mais je n’avais sans doute pas imaginé que cela puisse être aussi rude.
L'interview de la rédaction : Eric Delabrousse
Est-il difficile d’exister face à certains candidats ? Faut-il savoir jouer des coudes ?
Certains diront que c’est de bonne guerre, mais il est évident que certains candidats bénéficient d’une notoriété et de fonctions qui les avantagent. Face à un député, à une maire sortante ou encore à un premier vice-président du département, qui dispose par ailleurs d’une grande liberté d’action sur le territoire bisontin, il est forcément plus difficile d’exister. Il y a aussi eu six ans de conseil municipal qui ont installé une forme de bipolarisation. Cette bipolarisation s’est également reflétée dans les médias. Ce n’est pas une critique, c’est simplement un constat. Aujourd’hui, cette bipolarisation se retrouve aussi dans les sondages. Or, les sondages restent des sondages. On a parfois l’impression qu’ils constituent une vérité absolue, ce qui est dommage. Ils contribuent à installer l’idée d’un duel entre Anne Vignot et Ludovic Fagaut, au détriment d’autres projets et d’autres visions de la vie municipale.
L'interview de la rédaction : Eric Delabrousse
Votre message est donc : attention, ce ne sont que des sondages ?
Je ne veux pas faire du « bashing » des sondages. Ils existent et font partie du débat démocratique. Mais il faut aussi rappeler qu’il s’agit de sciences humaines, pas de sciences exactes. Par exemple, lorsqu’un sondage en ligne repose sur environ 600 réponses, dont un peu plus de 400 personnes réellement inscrites sur les listes électorales, et qu’on compare cela aux 66 000 électeurs inscrits à Besançon, il faut garder une certaine prudence. Avec une marge d’erreur d’environ quatre à quatre points et demi, cela peut placer un candidat dans des situations très différentes au soir du premier tour.
Croyez-vous encore à vos chances ?
Bien sûr. Besançon est une ville sociologiquement modérée, plutôt orientée vers le centre gauche. Or, aujourd’hui, les deux principales candidatures ne correspondent pas forcément à cet ADN politique. D’un côté, Anne Vignot, dont on peut penser qu’elle bénéficiera du soutien, voire d’une fusion avec la liste de La France insoumise. De l’autre, Ludovic Fagaut, qui a certes reçu le soutien d’un député MoDem, mais qui reste un candidat issu de la droite. Cela ne correspond pas nécessairement à l’équilibre politique traditionnel de Besançon. Si l’on regarde l’histoire politique de la ville avec Jean Minjoz, Robert Schwint ou Jean-Louis Fousseret, on ne peut pas dire que les positions actuelles s’inscrivent strictement dans cette continuité.
L'interview de la rédaction : Eric Delabrousse
La présence de Jean-François Longeot au meeting de Ludovic Fagaut vous a-t-elle surpris ?
Il s’agit d’une prise de position personnelle. J’ai l’investiture nationale du parti Horizons, et Jean-François Longeot est lui-même sénateur Horizons. Il a choisi de soutenir un candidat qui n’est pas celui investi par son parti. Je ne pense donc pas que cela remette en cause ma légitimité. Est-ce que cela affaiblit mon camp ? Je ne le crois pas. Je suis issu de la société civile. Je suis médecin hospitalier et je n’ai jamais exercé de mandat auparavant. La seule ambition que je porte est municipale, pour Besançon.
L'interview de la rédaction : Eric Delabrousse
N’est-il pas difficile aujourd’hui de porter une ligne de centre droit alors qu’Emmanuel Macron est contesté et qu’Édouard Philippe l’est aussi au Havre ?
Emmanuel Macron est effectivement contesté, comme beaucoup de présidents l’ont été avant lui. Mais il reste un président élu deux fois par les Français. Sa popularité a baissé, notamment en raison de certaines décisions politiques, mais cela ne remet pas forcément en cause les valeurs qu’il porte. Quant à Édouard Philippe, les analyses reposent surtout sur des sondages. Le dernier sondage IFOP montre d’ailleurs qu’il reste aujourd’hui l’un des seuls candidats capables de rassembler le centre et la droite pour empêcher une victoire du Rassemblement national lors de la prochaine présidentielle.
Pourquoi faut-il voter pour Éric Delabrousse à Besançon ?
D’abord parce que je suis un candidat issu de la société civile. Mon engagement est entièrement tourné vers ma ville. Je n’ai pas de carrière politique derrière moi : je propose simplement un projet municipal pour Besançon. Ensuite, parce que je propose le choix d’un projet plutôt que celui d’un camp. Nous avons été les premiers à publier l’intégralité de notre programme dès le début du mois de décembre. C’est un programme clair, construit depuis plusieurs années avec une équipe engagée et compétente.
Enfin, parce que je veux mener une politique pragmatique, modérée et à l’écoute des Bisontins. Une politique qui ne serait pas celle d’un camp contre un autre, mais celle de l’intérêt général. Besançon doit redevenir une ville sûre, ambitieuse, accueillante et solidaire. Au premier tour d’une élection municipale, il est important de voter pour le candidat qui vous ressemble le plus.
Je suis convaincu que beaucoup de Bisontins ne se reconnaissent ni totalement dans Ludovic Fagaut, ni dans Anne Vignot. Besançon n’est pas une ville de droite, mais elle ne souhaite
L'interview de la rédaction : Eric Delabrousse
Dernière ligne droite avant les élections municipales à Besançon. Ludovic Fagaut, le candidat de la liste Besançon Avance défend un projet qu’il présente comme une « rupture » avec la majorité sortante conduite par la maire écologiste Anne Vignot. Union du centre, de la social-démocratie et de la droite républicaine, dynamique de campagne, positionnement face aux extrêmes et appel au « vote utile » : il répond à nos questions.
Quels sont, selon vous, les enjeux de cette élection ?
Les enjeux sont assez simples : quel avenir voulons-nous pour le territoire bisontin ? Aujourd’hui, deux candidats sont en capacité de remporter l’élection. D’un côté, l’équipe d’Anne Vignot, que je considère liée à l’extrême gauche et à la France insoumise — d’ailleurs, certaines personnes issues de ce mouvement figurent déjà dans sa liste. De l’autre, notre équipe, qui porte un véritable projet de rupture. Nous voulons apporter un nouveau souffle et une nouvelle dynamique au territoire. Les enjeux concernent notamment l’attractivité, le développement économique, la sécurité, la circulation, l’animation de la ville, l’économie touristique ou encore le commerce qu’il faut revitaliser. Et puis il y a aussi le quotidien des habitants : l’état des trottoirs, les dessertes de bus… Ce sont tous ces sujets qui animent aujourd’hui cette élection.
L'interview de la rédaction :Ludovic Fagaut
Un dernier sondage vous donne en tête du scrutin. Est-ce une satisfaction ?
Je dirais plutôt que cela confirme une dynamique dans laquelle nous sommes engagés depuis quelque temps avec l’ensemble de l’équipe et de la liste Besançon Avance. Cette dynamique repose sur une union entre la social-démocratie, le centre et la droite républicaine. Nous le ressentons sur le terrain : les habitants nous le disent et attendent ce changement. Ce sondage vient donc confirmer cette dynamique, mais rien n’est joué. Nous allons continuer à convaincre les Bisontins de la nécessité d’un changement et d’une rupture par rapport au mandat qui vient de s’écouler et qui, selon nous, a laissé des traces sur le territoire.
Si la ville était remportée par la droite, ce serait un événement politique important.
Ce n’est pas une question de droite ou de gauche. La vraie question est de savoir quel projet nous voulons pour Besançon. Il est vrai que la ville n’a pas connu d’alternance depuis 1953. Il y a eu des maires comme Jean Minjoz, Robert Schwint ou Jean-Louis Fousseret, qui ont contribué à faire évoluer la ville. Mais aujourd’hui, je pense qu’il existe un besoin de rupture pour redonner un nouvel élan et un nouveau souffle à Besançon. L’enjeu est de remettre la ville sur la carte de France, de lui redonner sa place de capitale économique, culturelle, sportive et patrimoniale.
L'interview de la rédaction :Ludovic Fagaut
En cas de triangulaire ou de quadrangulaire, pourriez-vous échanger avec Jacques Ricciardetti du Rassemblement national ?
J’ai toujours été très clair sur ce sujet. Les extrêmes, qu’ils soient d’extrême droite ou d’extrême gauche, nous les combattons par les idées et nous continuerons à le faire. J’aimerais d’ailleurs qu’Anne Vignot clarifie son positionnement vis-à -vis de la France insoumise, avec laquelle elle a déjà engagé un rapprochement. Pour moi, ce mouvement représente aujourd’hui un danger pour la démocratie et pour la République. Nous continuerons donc à nous opposer à ces idées.
Considérez-vous Anne Vignot comme une ennemie politique ?
Ce n’est pas une ennemie en tant que personne. J’ai toujours respecté celles et ceux qui s’engagent en politique. En revanche, je ne partage pas du tout les idées qu’elle porte. À mes yeux, son positionnement politique a davantage répondu à des logiques idéologiques et partisanes qu’aux attentes des habitants. Or, pour moi, un maire doit être le maire de tous les habitants, qu’ils aient voté pour lui ou non. On ne gouverne pas pour un clan ou pour une idéologie. C’est ainsi que je conçois la fonction de maire. Mon adversaire n’est donc pas Anne Vignot en tant que personne, mais les idées qu’elle défend, notamment celles portées par les communistes ou par la France insoumise, qui est déjà présente dans son équipe.
L'interview de la rédaction :Ludovic Fagaut
Votre meeting de la semaine dernière semble avoir été une réussite. Était-ce un moment clé de votre campagne ?
Il s’inscrivait dans la continuité logique de notre campagne. Nous montons progressivement en puissance. Ce meeting était important, mais il l’est tout autant que les réunions de quartier que nous organisons. Nous continuons. Nous sommes ce soir aux Tilleroyes, demain aux Chaprais et mercredi à Montrapon. Le meeting a toutefois permis de rassembler de nombreux soutiens, notamment les sénateurs Jacques Grosperrin et Jean-François Longeot, la ministre Annie Genevard, la présidente du département Christine Bouquin ou encore plusieurs parlementaires. Besançon s’inscrit dans un territoire plus large, avec des villes comme Dole, Vesoul, Pontarlier ou Belfort. Dans cet ensemble, Besançon doit rester une locomotive.
La présence de Jean-François Longeot symbolise-t-elle le rassemblement du centre ?
C’est exactement l’objectif que je poursuivais depuis l’annonce de ma candidature, le 1er octobre. J’avais lancé un appel à l’union des forces de la social-démocratie, du centre et de la droite républicaine pour faire évoluer Besançon. Aujourd’hui, chacun a pris ses responsabilités. Il y a bien sûr un chef de file, mais toutes les sensibilités sont respectées dans cette liste. La présence de Jean-François Longeot, comme celle d’Annick Jacquemet, d’Annie Genevard ou de Christine Bouquin, montre que nous sommes unis autour d’un objectif commun.
L'interview de la rédaction :Ludovic Fagaut
Avez-vous imaginé la réaction d’Éric de Labrousse, le candidat d’Horizons, en voyant Jean-François Longeot à vos côtés ?
Je ne m’occupe pas des autres candidats. Dès le départ, nous avons tendu la main à toutes les forces de la social-démocratie, du centre et de la droite républicaine. Ensuite, chacun prend ses décisions. Pour nous, l’intérêt de Besançon doit passer avant les considérations personnelles.
Quel message souhaitez-vous adresser aux Bisontins ?
Aujourd’hui, notre équipe est la seule en capacité de battre la coalition sortante soutenue par la France insoumise. C’est pourquoi nous appelons à un vote utile dès le premier tour. Une liste qui ne pourrait pas gagner mais dépasserait les 10 % pourrait créer une triangulaire et fragiliser nos chances. Nous allons donc poursuivre la campagne jusqu’au bout, avec l’ensemble de nos colistières et colistiers, pour convaincre les Bisontins de nous faire confiance.
L'interview de la rédaction :Ludovic Fagaut
À Besançon, des bénévoles de l’association L214 ont mené samedi 7 mars une action d’affichage à une semaine du premier tour des élections municipales. Les militants ont encadré de « panneaux de la honte » les affiches du centriste Éric Delabrousse et du RN Jacques Ricciardetti, qui « refusent de s’engager en faveur de la charte portée par l’association ». Cette campagne, baptisée « Le Sauvetage du siècle », propose huit mesures visant à réduire de moitié le nombre d’animaux tués pour l’alimentation d’ici 2030. D’autres candidats ont, eux, déjà pris certains engagements.