À l’approche des échéances municipales, la question de l’implantation d’un deuxième commissariat à Besançon, dans le quartier de Planoise, cristallise les tensions entre le député du Doubs Laurent Croizier, candidat sur la liste conduite par Ludovic Fagaut, et la maire sortante écologiste, Anne Vignot. Si les deux responsables politiques affirment partager le même objectif de renforcement de la sécurité, ils s’opposent frontalement sur les causes des retards et sur la méthode à adopter pour faire aboutir le projet.
Un projet conditionné au dialogue avec l’État, selon le député
Le député Croizier se montre catégorique : le deuxième commissariat « verra le jour », à condition d’instaurer une relation de confiance avec l’État. Il met en avant son travail parlementaire à Paris et ses échanges avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ainsi qu’avec la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne pour faire avancer le dossier. À ses yeux, la coopération institutionnelle constitue la clé du succès.
Selon lui, deux freins principaux ralentissent aujourd’hui l’aboutissement du projet : Des relations « exécrables » entre la municipalité actuelle et l’État, qui nuiraient au dialogue nécessaire et l’instabilité politique et budgétaire nationale, qu’il attribue en partie aux équilibres à l’Assemblée nationale, notamment au sein du groupe écologiste auquel appartient la maire. Le député estime ainsi qu’un changement de maire permettrait de « retrouver de la sécurité » et de fluidifier les échanges avec les autorités nationales. La question du commissariat devient dès lors un enjeu clairement politisé.
L'interview de la rédaction : Laurent Croizier
Refus d’une « discrimination politique » par la maire
Anne Vignot rejette fermement l’idée selon laquelle la couleur politique d’une municipalité pourrait freiner l’implantation d’un équipement d’État. Elle qualifie cette hypothèse « d’insoutenable », y voyant une dérive autoritaire et une atteinte au principe d’égalité des territoires. Une telle discrimination, affirme-t-elle, « relèverait d’un manquement grave aux libertés publiques et pourrait, le cas échéant, être examinée par le Conseil constitutionnel ». Pour la maire, l’État ne saurait conditionner un projet de sécurité à l’étiquette politique d’une collectivité. Elle affirme qu’elle s’opposerait « fermement » à tout traitement différencié fondé sur des considérations partisanes.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Un projet techniquement avancé, mais suspendu au financement
Sur le plan opérationnel, la maire assure que le dossier est avancé : un emplacement a été identifié le long d’un axe structurant de Planoise, les aspects logistiques ont été travaillés avec le ministère de l’Intérieur et les plans ont été tracés. Selon elle, le principal verrou reste désormais le financement par le ministère de l’Intérieur. La ville s’engage également à contribuer financièrement au projet. Une somme de 600.000 euros a été consentie par la Ville de Besançon et Grand Besançon Métropole pour les travaux liés aux voieries et à la déviation des réseaux » explique Anne Vignot. Ainsi, là où le député pointe un problème politique et relationnel, la maire met en avant une question budgétaire et administrative.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
La sécurité, « première des injustices » selon le député
Au-delà du commissariat, le député Croizier qualifie l’insécurité de « première des injustices », estimant qu’elle touche d’abord les populations les plus fragiles. Il reproche à la majorité municipale actuelle de ne pas faire de la sécurité un combat central. Il défend un programme qu’il présente comme « équilibré », fondé sur un quadriptique : éducation, prévention, responsabilisation er répression.
L'interview de la rédaction : Laurent Croizier