Une mobilisation nationale des surveillants pénitentiaires se tient ce lundi devant plusieurs établissements en France, dont la maison d’arrêt de Besançon. À l’appel de trois syndicats majoritaires, les agents dénoncent une dégradation continue de leurs conditions de travail, marquée notamment par une surpopulation carcérale alarmante et un manque criant de personnel.
Une surpopulation carcérale préoccupante
Au cœur des revendications, la surpopulation pénale atteint des niveaux critiques. À Besançon, l’établissement dispose de 273 places théoriques, mais accueille actuellement environ 460 détenus. Cela représente un taux d’occupation oscillant entre 150 % et 190 % depuis plusieurs mois. « La situation explose partout en France, mais particulièrement ici », souligne Christophe Vernerey, représentant local du syndicat UFAP UNSA Justice et secrétaire régional adjoint. Cette densité carcérale accroît les tensions quotidiennes et complique considérablement la gestion des détenus.
L'interview de la rédaction : Christophe Vernerey
Un déficit important d’effectifs
À cette surcharge s’ajoute un manque significatif de personnel. Selon un audit récent, la maison d’arrêt de Besançon accuse un déficit d’au moins 26 agents. Une situation qui pèse lourdement sur les équipes en place. « Il manque énormément de personnel », explique M. Vernerey. « Cela met en difficulté les agents et augmente les risques dans l’exercice de nos missions. »
Des conditions de travail jugées dangereuses
Les surveillants alertent également sur la hausse des agressions. En 2023, près de 5 000 incidents ont été recensés à l’échelle nationale. Une tendance inquiétante qui alimente le malaise dans la profession. Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par un événement tragique : le décès de deux agents le 14 mai 2024. « Aujourd’hui, nous nous mobilisons pour éviter que de tels drames ne se reproduisent », confie le responsable syndical, évoquant une profession « de plus en plus exposée ».
Une mobilisation appelée à durer
Au niveau national, près de 100 établissements pénitentiaires seraient concernés par des blocages, plus ou moins importants selon leur taille. À Besançon, les agents se disent prêts à prolonger le mouvement sur plusieurs jours. « Nous espérons une sortie rapide de conflit, mais nous attendons des annonces fortes de la part du ministère », indiquent les syndicats. Des discussions doivent se tenir dans la journée entre les représentants nationaux et les autorités.

Soutien attendu des élus locaux
Le député Laurent Croizier et Ludovic Fagaut, le maire de Besançon, ont fait le déplacement devant la maison d’arrêt. Ces derniers ont eu l’occasion de visiter dernièrement l’établissement. Les surveillants appellent les responsables politiques à constater eux-mêmes la situation : « Nous les invitons à venir sur le terrain pour voir la réalité de nos conditions de travail ».
Une situation sous haute surveillance
Alors que la mobilisation se poursuit, l’enjeu reste la sécurité, tant pour les agents que pour les détenus. Entre surpopulation, sous-effectif et tensions croissantes, la maison d’arrêt de Besançon apparaît comme un symbole des difficultés structurelles du système pénitentiaire français.