À la suite des tensions récentes et en amont de la nouvelle journée de mobilisation prévue ce samedi, la CGT du Doubs a été reçue ce vendredi matin par le préfet. Le syndicat a rappelé ses revendications prioritaires, condamnant toutes les formes de violence — y compris policières — et dénonçant une politique gouvernementale jugée trop sécuritaire. Jugeant l'injustice sociale intolérable face à la baisse du pouvoir d'achat, aux difficultés de la jeunesse et aux coupes budgétaires prévues dans le projet de loi de finances, la CGT réaffirme son soutien aux actions en cours et appelle d'ores et déjà l'ensemble des salariés, jeunes et retraités à une forte mobilisation le jeudi 5 novembre prochain.
Suite à des appels à manifester relayés sur les réseaux sociaux sans déclaration préalable en préfecture, le préfet du Doubs, Rémi Bastille, a pris un arrêté interdisant tout rassemblement sur la voie publique au centre-ville de Besançon ce samedi 24 octobre, de 9h à minuit. Faute d'organisateur identifié et de parcours défini, les conditions de sécurité n'étant pas réunies, tout contrevenant s'expose à une amende de 135 €.
Par ailleurs, des interdictions temporaires sont en vigueur dans tout le département du vendredi 23 octobre (20h) au dimanche 25 octobre (20h), concernant le transport de carburant, de matières inflammables, d'engins pyrotechniques et d'armes par destination. À Besançon et Montbéliard, le port de protections individuelles (casques, masques) est également banni sans motif légitime. Les forces de l'ordre, appuyées par une unité mobile, seront pleinement mobilisées pour veiller au respect de ces mesures.
Du changement pour les usagers à Pontarlier ! Depuis le 19 octobre, le Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) a modifié ses horaires d'ouverture afin de mieux répondre aux besoins de la population. L'accueil du public est désormais assuré du lundi au vendredi, de 9h à 12h et de 13h à 17h30. Nouveauté notable de cette organisation : la possibilité de prendre des rendez-vous sur la pause méridienne, entre 13h et 14h. Cette expérimentation fera l'objet d'un premier bilan à la mi-décembre.
Une nouvelle mobilisation est annoncée à Besançon ce samedi 24 octobre. Baptisé « Acte II : Continuons le combat ! », ce rassemblement est prévu à 14 heures, place de la Révolution. L’appel, diffusé notamment sur la plateforme militante InfoLibertaire, intervient une semaine après les manifestations du 17 octobre, marquées par des violences et des dégradations dans la capitale comtoise. Les participants sont invités à poursuivre la mobilisation à travers ce nouveau rendez-vous.
Après les violences urbaines des 17 et 18 octobre, le Gouvernement déploie plusieurs mesures exceptionnelles pour soutenir les commerces et entreprises victimes de dégradations. Parmi elles, la prise en charge intégrale de l’activité partielle par l’État, des reports de cotisations sociales jusqu’à douze mois et des facilités fiscales. Bpifrance proposera également des prêts à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros sur trois ans. Un fonds de soutien spécifique est prévu pour les petites entreprises les plus touchées. Les commerçants pourront aussi bénéficier d’un délai de trente jours pour déclarer leurs sinistres aux assureurs. Un numéro national d’information est mis à leur disposition : le 0 806 807 807.
Deux jours après les violences et les dégradations survenues samedi dans le centre-ville de Besançon, un rassemblement citoyen et transpartisan s'est tenu ce lundi 19 octobre, en fin d'après-midi, place du 8 Septembre, devant l'hôtel de ville. Organisé à l'appel de France urbaine et de l'Association des maires de France, sous le mot d'ordre « #TouchePasÀMaVille », il visait à dénoncer les violences et à réaffirmer l'attachement aux valeurs républicaines. Mais cette mobilisation a été perturbée par la présence de militants scandant des slogans hostiles à la police, au maire de Besançon et à la politique gouvernementale.
Des habitants venus condamner les violences de samedi
Habitants, commerçants et élus se sont retrouvés devant l'hôtel de ville pour exprimer leur indignation après les dégradations commises samedi, en marge de la mobilisation sociale. Parmi les participants, Jérôme, 67 ans, explique appartenir à cette France silencieuse qui s'exprime principalement dans les urnes. Sa présence traduit une volonté de dénoncer des méthodes qu'il juge inacceptables. « Manifester, oui, absolument, heureusement, mais pas casser, non, c'est plus possible », insiste-t-il. Pour ce Bisontin, les destructions ont des conséquences qui dépassent les seuls dégâts matériels. Elles pénalisent les commerçants, les habitants et, plus largement, la collectivité qui doit en supporter les coûts. D'autres participants évoquent leur désolation face aux images des violences et rappellent leur attachement aux libertés publiques et aux valeurs de la République.
Le reportage de la rédaction :
Un rassemblement perturbé par des militants contestataires
La mobilisation n'a toutefois pas échappé aux tensions politiques et sociales qui traversent actuellement la ville. À quelques mètres des participants venus dénoncer les violences, un groupe de militants, composé de jeunes et de personnes plus âgées, a perturbé le rassemblement en scandant des slogans hostiles aux forces de l'ordre, à la personne du maire de Besançon et à la politique menée par le gouvernement. Une confrontation essentiellement verbale s'est ainsi installée entre des citoyens venus condamner les dégradations et des militants souhaitant faire entendre une contestation d'une autre nature. Sollicités pour expliquer leur présence, leurs revendications et le sens de leur démarche, les militants contestataires ont refusé de s'exprimer devant la presse. Un refus qui n'a pas permis de recueillir directement leurs arguments ni de préciser les motivations individuelles de leur mobilisation. Cette situation interroge sur les conditions du dialogue démocratique. Si chacun dispose du droit de manifester et de défendre publiquement ses convictions, la confrontation des idées suppose également de pouvoir les expliquer et les soumettre au débat.
Les commerçants dénoncent les conséquences économiques des dégradations
Présent sur place, Jean-Luc Quivogne, président de la chambre de commerce et d’industrie Saône-Doubs, apporte son soutien aux professionnels touchés par les événements de samedi. Selon lui, deux commerces ont été pillés à Besançon, tandis que plusieurs vitrines ont été endommagées. Il insiste sur la nécessité de distinguer les manifestants, notamment les lycéens et les étudiants, des individus qui profitent des mobilisations pour commettre des vols et des dégradations. « Je suis vraiment à leurs côtés », explique-t-il en évoquant les commerçants qui ont parfois engagé toutes leurs économies dans leur activité. Des salariés de la maison Loiseau ont également témoigné de leur inquiétude. Samedi, ils ont tenté de mettre à l'abri des clients et des personnes cherchant refuge dans leur établissement. Ils évoquent également plusieurs annulations liées aux événements. La perspective d'une nouvelle mobilisation samedi prochain nourrit désormais leurs préoccupations.
Le reportage de la rédaction : Jean-Luc Quivogne, président de la chambre de commerce et d’industrie Saône-Doubs
Le reportage de la rédaction : président de la chambre de commerce et d’industrie Saône-Doubs
Des élus réclament le retour de l'ordre républicain
La présence de responsables politiques a également donné une dimension institutionnelle au rassemblement. Laurent Croizier, député du Doubs a exprimé sa colère après les violences du week-end. Il réclame le rétablissement de l'ordre républicain et estime que des mesures de couvre-feu pourraient être envisagées si les circonstances le nécessitent. Il demande également que les commerçants puissent rouvrir rapidement et que les auteurs des dégradations assument les conséquences financières de leurs actes. Sur le plan politique, il met en cause certains représentants de La France insoumise, des écologistes et du Parti communiste, auxquels il reproche d'avoir contribué à alimenter les tensions. Il reconnaît néanmoins la légitimité de certaines revendications sociales, notamment celles des lycéens et celles liées à la hausse des prix des carburants, tout en refusant toute justification des violences.
Le reportage de la rédaction : Laurent Croizier, député du Doubs
Des jeunes partagés entre compréhension de la colère sociale et condamnation des violences
Parmi les personnes présentes, plusieurs jeunes ont exprimé une position nuancée. Un adolescent de 17 ans estime que les manifestations traduisent une colère sociale réelle, alimentée par le sentiment de ne pas être entendu par les pouvoirs publics. Il condamne toutefois les destructions, rappelant qu'elles peuvent fragiliser des familles et des professionnels. Un autre jeune participant partage cette analyse. Selon lui, la manifestation doit permettre de défendre des idées et de faire entendre des revendications, mais les violences ne constituent pas une réponse aux difficultés rencontrées. « C'est pas en cassant que ça va résoudre le problème », résume-t-il.
Le reportage de la rédaction :
Deux expressions de la démocratie, mais un dialogue difficile
Au-delà des divergences politiques, les tensions observées ce lundi soir illustrent une situation paradoxale. D'un côté, des citoyens réunis pour défendre les valeurs républicaines, condamner les violences et rappeler leur attachement au droit de manifester. De l'autre, des militants venus exprimer leur opposition aux forces de l'ordre, au maire et à la politique gouvernementale. Malgré leurs désaccords, les deux groupes revendiquent, à travers leur présence dans l'espace public, une même liberté fondamentale : celle de manifester et d'exprimer leurs convictions.
Une ville encore marquée par les événements de samedi
Deux jours après les violences qui ont touché son centre-ville, Besançon demeure traversée par de fortes tensions. Le rassemblement de ce lundi 19 octobre aura permis à des habitants, des commerçants et des élus d'exprimer publiquement leur refus des dégradations et leur volonté de défendre les valeurs républicaines. Mais les perturbations qui ont accompagné cette mobilisation montrent également combien le dialogue reste difficile entre les différentes sensibilités politiques et sociales.
Une question demeure : comment permettre à chacun de faire entendre sa colère ou ses convictions, sans que l'expression des uns ne vienne perturber celle des autres ? C'est aussi l'un des enjeux démocratiques soulevés par cette soirée bisontine
La mobilisation contre la vie chère a rassemblé environ 10 000 manifestants dans le Doubs, dont 9 500 à Besançon, ce samedi 17 octobre. Selon le bilan communiqué par la préfecture, les violences survenues dans le centre-ville bisontin ont conduit à neuf interpellations, notamment pour des tirs de mortiers, des dégradations et des pillages de commerces.
Huit policiers ont été blessés et un véhicule endommagé. Les pompiers ont effectué 14 interventions pour des incendies de poubelles, de barricades et de mobilier urbain. Le préfet du Doubs, Rémi Bastille, condamne fermement ces violences, tout en rappelant son attachement à la liberté de manifester.
Au lendemain de la mobilisation sociale organisée ce samedi à Besançon, les socialistes bisontins appellent le gouvernement à apporter des réponses concrètes aux revendications exprimées. Pouvoir d’achat, hausse du coût de la vie, inégalités sociales, manque d’enseignants et dégradation des conditions d’études : pour Ahmet Polat, secrétaire de section du PS Besançon et Agglomération, et Jean-Sébastien Leuba, président du groupe Socialiste et Citoyens, cette mobilisation traduit un profond malaise social. Les deux responsables politiques jugent cette colère légitime, tout en condamnant les violences et dégradations commises en marge du rassemblement. Ils réclament l’ouverture d’un véritable dialogue et estiment que le seul maintien de l’ordre ne suffira pas à résoudre la crise.
Après les violences, dégradations et pillages qui ont émaillé la mobilisation sociale de ce samedi après-midi à Besançon, les élus écologistes d’opposition Anne Vignot et Anthony Poulin condamnent les actes commis par « quelques individus ». Selon eux, plus de 10 000 personnes ont manifesté pacifiquement contre l’injustice sociale et la crise du pouvoir d’achat. Les deux élus estiment que ces violences ternissent la mobilisation, sans remettre en cause la légitimité des revendications.
Après les violences et les dégradations survenues ce samedi lors de la mobilisation sociale à Besançon, l’élue insoumise Séverine Véziès appelle ceux qui partagent son combat à refuser les pillages et les saccages. Elle juge ces actions sans signification politique et contraires aux méthodes de son mouvement. Tout en mettant en cause la responsabilité d’Emmanuel Macron et des gouvernements successifs dans les tensions actuelles, elle estime que l’issue ne peut être que politique.