Des parlementaires et élus francs-comtois dénoncent « un accord de la honte » à Besançon entre la maire sortante Anne Vignot et la liste de l’Insoumise Séverine Véziès. Dans un communiqué, ils critiquent une alliance avec l’extrême gauche et appellent les électeurs à un « sursaut » lors du second tour. Ils rappellent également l’arrivée en tête de Ludovic Fagaut au premier tour et plaident pour une alternance dans la capitale comtoise.
Parmi les signataires, on retrouve : le Sénateur Jacques Grosperrin (sénateur du Doubs), Marie-Noëlle Biguinet (maire de Montbéliard), Cédric Bole ( maire de Morteau), Alain Chrétien ( Maire de Vesoul), Marie-Christine Dalloz ( députée du Jura), Justine Gruet (députée jurassienne), Eric Liégeon ( député du Doubs), Jean-François Longeot ( sénateur du Doubs),…
Le député de la Somme François Ruffin est attendu ce mardi à Besançon pour soutenir Anne Vignot, candidate à sa réélection. Fondateur du mouvement Debout !, il se rendra à 18h30 à la permanence de campagne de la maire sortante. Cette visite s’inscrit dans la campagne du second tour des municipales.
Arrivé en tête du premier tour des élections municipales à Besançon avec 40,1 % des suffrages, Ludovic Fagaut réagit à la fusion des listes d’Anne Vignot, maire sortante (33,3 %), et de l’Insoumise Séverine Véziès (10,9 %), officialisée entre les deux tours. ,Dans une prise de parole ferme, le candidat qualifie cette alliance d’« accord de la honte » et de « choix du déshonneur ». Il accuse l’équipe sortante d’avoir abandonné une « ligne républicaine » en s’associant, selon lui, à « une extrême gauche violente, marquée par la radicalité et le conflit permanent ».
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
Une contradiction politique pointée du doigt
Ludovic Fagaut dénonce ce qu’il considère comme une incohérence. Il rappelle que la majorité sortante s’était jusque-là positionnée contre les extrêmes. « On voit le résultat aujourd’hui », affirme-t-il, estimant que cette alliance relève d’une « logique d’appareil de circonstance » davantage que d’un projet politique solide pour la ville. Selon lui, cette fusion interroge sur « la vision que Mme Vignot et ses alliés souhaitent défendre pour Besançon ».
Une “union républicaine” revendiquée
Face à cette recomposition, Ludovic Fagaut met en avant sa propre démarche. Il défend une « union républicaine responsable », construite « depuis longtemps » avec les forces de la droite et du centre. Sa liste, déposée en préfecture sans modification par rapport au premier tour, se veut « cohérente, expérimentée et compétente ». Le candidat insiste sur des priorités telles que la sécurité, le respect des institutions, la gestion rigoureuse des finances publiques, ainsi que le développement économique et l’attractivité de Besançon.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
Une campagne active jusqu’au second tour
À quelques jours du scrutin, Ludovic Fagaut poursuit sa campagne sur le terrain. « Nous sommes à la rencontre des Bisontines et des Bisontins », explique-t-il, évoquant plusieurs rendez-vous, dont un temps fort prévu en fin de semaine, jeudi plus particulièrement. Objectif : convaincre les électeurs dans un second tour qui s’annonce particulièrement disputé. Et ce, même si la maire sortante écologique se trouve en ballotage défavorable. Affaire à suivre.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
À Besançon, l’union conclue entre la maire écologiste sortante Anne Vignot et La France insoumise pour le second tour des municipales suscite de vives réactions. Dans un communiqué, le député centriste Laurent Croizier dénonce « un pacte du déshonneur » et accuse la maire sortante d’avoir choisi une alliance avec l’extrême gauche. Ses opposants estiment que cet accord pourrait faire peser La France insoumise sur les décisions municipales et appellent les électeurs bisontins à se mobiliser dimanche prochain.
À Besançon, le second tour des élections municipales s’annonce particulièrement disputé. Arrivée en deuxième position au premier tour avec 33,3 % des suffrages, la maire écologiste sortante Anne Vignot a décidé de s’unir avec la candidate de La France insoumise Séverine Véziès, qui a obtenu 10,9 % des voix. L’objectif de cette alliance est clair : faire barrage à la droite représentée par Ludovic Fagaut et au centriste Laurent Croizier.
Une « union démocratique » pour maintenir la ville à gauche
Pour Anne Vignot, cet accord avec La France insoumise s’inscrit avant tout dans une logique de rassemblement. « C’est un soutien de la France insoumise à l’union que nous avons portée au premier tour », explique la maire sortante. Selon elle, cette décision répond aux attentes des électeurs qui ont soutenu les deux listes et souhaitent voir Besançon rester à gauche. L’élue écologiste défend un modèle qu’elle juge indissociable de l’identité de la ville : « Le modèle social, économique et la générosité de cette ville ne peuvent pas être dégradés par une vision qui, selon nous, appartient au siècle dernier », affirme-t-elle.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Une alliance basée sur des valeurs communes
Face aux critiques évoquant un simple arrangement politique, Anne Vignot insiste sur la dimension programmatique et idéologique de l’accord. « Nous ne sommes pas dans un bidouillage politique », assure-t-elle, estimant au contraire que cette union repose sur des valeurs communes. Parmi celles-ci figurent notamment les principes d’égalité, de liberté, de fraternité et de solidarité. « Les valeurs sont le premier élément sur lequel on se rencontre et sur lequel on construit », souligne la maire sortante.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Les Insoumis conservent leur autonomie
L’accord conclu prévoit toutefois une organisation particulière. Les élus de La France insoumise soutiendront la majorité municipale, tout en conservant leur autonomie politique et leur liberté de vote au conseil municipal. Ils ne participeront pas directement à l’exécutif de la ville, mais continueront à défendre le programme présenté aux électeurs lors du premier tour.
Une fusion de listes complexe
La constitution de la liste commune a nécessité de longues discussions dans la nuit suivant le premier tour. Anne Vignot évoque un travail minutieux, à la fois politique et technique. À Besançon, une liste municipale compte 57 candidats. Dans l’hypothèse d’une victoire, environ quarante élus composeront la majorité municipale. Il a donc fallu répartir les positions dites « éligibles » entre les différentes composantes de la coalition. Six groupes politiques participent ainsi à cette union : les écologistes, le Parti socialiste, La France insoumise, le Parti communiste, Génération.s et À gauche citoyens. « Chacun a un poids différent dans la liste et il faut aussi respecter la parité entre les femmes et les hommes », explique Anne Vignot. Concrètement, onze élus insoumis figurent sur la liste de la maire sortante, huit se trouvant en position éligible.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Une mobilisation décisive pour le second tour
Désormais réunies, les forces de gauche espèrent mobiliser leurs électeurs pour le second tour. Dans un contexte politique tendu, la maire sortante appelle les Bisontins à se prononcer pour l’avenir de leur ville. Le scrutin de dimanche prochain s’annonce décisif pour l’équilibre politique de Besançon et opposera deux visions très différentes de l’avenir de la capitale comtoise.
Au lendemain du premier tour des élections municipales à Besançon, la maire écologiste sortante Anne Vignot et la candidate de La France insoumise Séverine Véziès ont décidé de faire cause commune pour le second tour. Objectif affiché : faire barrage à la droite menée par Ludovic Fagaut et au centriste Laurent Croizier.
Une alliance à gauche face à la droite
Arrivée en deuxième position au premier tour, Anne Vignot a choisi de rassembler les forces de gauche pour le second tour. Séverine Véziès, qui avait obtenu un score lui permettant de se maintenir, a finalement fait le choix de rejoindre la maire sortante. Pour la candidate insoumise, cette décision répond avant tout à un enjeu politique. « L’enjeu, c’était de faire preuve de responsabilité pour battre la droite dure qui se présente face à nous à Besançon », explique-t-elle.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
Les Insoumis conservent leur autonomie
L’accord conclu entre les deux camps n’est toutefois pas un accord programmatique complet. Les élus insoumis entendent conserver leur liberté de positionnement au sein du futur conseil municipal. « Les Insoumis vont garder leur autonomie et leur liberté de vote. Nous continuerons à défendre le programme que nous avons présenté aux Bisontins et aux Bisontines lors du premier tour », précise Séverine Véziès. Concrètement, les élus insoumis soutiendront les mesures qu’ils jugeront positives tout en cherchant à faire évoluer celles qui leur sembleraient insuffisantes.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
Pas de participation à l’exécutif municipal
Dans ce cadre, La France insoumise ne participera pas à l’exécutif municipal si la coalition de gauche l’emporte dimanche prochain. « Il y aura des élus insoumis au conseil municipal, mais nous n’entrerons pas dans l’exécutif de la ville », indique Séverine Véziès. Selon elle, cet accord vise avant tout à permettre la représentation de leurs électeurs tout en respectant les identités politiques de chacun.
Une mobilisation attendue pour le second tour
Pour la candidate insoumise, le scrutin à venir est déterminant pour l’avenir de la ville. Elle estime que la victoire de la droite serait « inquiétante » pour Besançon et appelle à une forte mobilisation des électeurs. « Maintenant, on se met au travail. J’appelle tous les Bisontins et toutes les Bisontines à se mobiliser, parce qu’il s’agit de leur avenir et de celui de la ville », lance-t-elle. Dans un scrutin particulièrement serré, le second tour s’annonce décisif pour déterminer la future majorité municipale à Besançon.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
C’est acté. Anne Vignot et Séverine Véziès ont choisi de faire cause commune lors du 2è tour des élections municipales, ce dimanche 22 mars. Hier, Anne Vignot est arrivée en deuxième position, battue par son rival de toujours Ludovic Fagaut. La maire écologiste sortante a recueilli 33,3% des suffrages, contre 40,1% pour M. Fagaut. Séverine Véziès est arrivée en troisième position, avec 10,9%, avec la possibilité de se maintenir au second tour. Finalement, elle rejoint l’autre camp de la gauche.
À quelques jours du scrutin, les enjeux politiques se précisent à Besançon. La maire sortante, Anne Vignot, défend son bilan et son projet pour la ville, entre développement économique, solidarité et transition écologique. Sécurité, attractivité du territoire, place de l’écologie ou encore duel politique avec son opposant Ludovic Fagaut : autant de sujets au cœur de cette campagne. Anne Vignot répond à nos questions.
Quels sont, pour vous, les enjeux de cette élection ?
Les enjeux sont assez simples. Je suis très attachée à une ville qui a toujours été reconnue pour sa dimension à la fois sociale et économique. Besançon repose sur ces deux piliers : accompagner les personnes en difficulté et porter une activité économique dynamique. Pour moi, l’objectif est de continuer à avancer sur ces deux jambes et ne pas se retrouver à cloche-pied sur une seule. J’ai besoin d’une ville animée, active, productive, donc très vivante, mais aussi juste et humaine. Face à une société qui traverse aujourd’hui une forme de chaos, nous avons besoin d’un territoire solide sur le plan de l’humanisme.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Pensez-vous que l’écologie a encore toute sa place comme préoccupation pour les Bisontins ?
En réalité, tous les sondages montrent que les habitants sont très attachés aux réponses à apporter face au climat, à l’effondrement de la biodiversité ou encore aux questions de pollution. Ces sujets préoccupent de plus en plus les citoyens, notamment parce qu’ils touchent directement à la santé. Bien sûr, cela implique des changements importants dans nos modes de vie et cela amène chacun à réinterroger ses habitudes et ses convictions. L’enjeu aujourd’hui est de montrer qu’il est possible de développer un territoire de manière écologique tout en garantissant l’activité économique, le pouvoir d’achat et la qualité de vie. Cela passe aussi par le vivre-ensemble : accompagner le vieillissement de la population, encourager la jeunesse, soutenir la parentalité et lutter contre les violences intrafamiliales. Tout est lié. Construire l’avenir, c’est aussi penser à notre environnement, car il aura un impact majeur, à la fois humain et économique.
La ville est à gauche depuis 1953. Ressentez-vous une responsabilité particulière de ne pas laisser Besançon basculer dans un autre camp politique ?
Je poserais la question autrement. En France comme à l’international, on observe une montée de réflexes politiques de droite, souvent marqués par des logiques de rejet et de durcissement. Ces discours se rapprochent parfois de ceux du Rassemblement national. Je m’oppose à cette dérive. Car laisser penser que certaines personnes ne mériteraient plus d’avoir accès aux services publics est extrêmement préoccupant. C’est une idée que l’on entend au Rassemblement national, mais aussi chez certains de mes opposants, notamment Ludovic Fagaut. On le voit par exemple dans certaines politiques sociales au niveau départemental, qu’il soutient : réduction du nombre de travailleurs sociaux, restriction de l’accès au RSA, critique permanente de la masse salariale des services publics, derrière ce discours, c’est en réalité l’accès aux services publics qui est remis en cause.
À Besançon, les habitants sont attachés à un modèle qui combine attractivité économique et solidarité. La preuve : la ville gagne des habitants, accueille de nouvelles entreprises et développe des espaces pour l’activité économique. Mais en même temps, nous ne lâchons pas la dimension sociale. Chacun sait qu’un accident de la vie peut arriver dans n’importe quelle famille. Et la société doit être capable de tendre la main. C’est profondément ancré dans l’identité de Besançon. Il ne faut pas opposer développement économique et solidarité. C’est justement la force de Besançon et aussi celle d’un projet écologiste et de gauche.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Vos opposants vous reprochent de ne pas avoir fait assez en matière de sécurité. Que leur répondez-vous ?
Je suis très claire sur ce sujet. Pendant six ans, j’ai mené un combat inédit sur la sécurité, en travaillant sur tous les aspects. D’abord, j’ai demandé dès 2022 la création d’un nouveau commissariat afin d’améliorer les conditions de travail des policiers et d’augmenter les effectifs. Nous travaillons main dans la main avec l’État. Lors d’opérations contre les points de deal, comme celles menées récemment, jusqu’à 180 policiers peuvent être mobilisés. Cela montre bien que la présence de la police est indispensable.
Mais pour lutter efficacement contre le trafic, il faut agir à plusieurs niveaux. D’abord en s’attaquant aux réseaux internationaux et aux avoirs financiers des grands chefs du narcotrafic. Sans cela, il est très difficile d’assécher le système. Ensuite, il faut agir sur la consommation. Tant que la demande existe, le marché se reconstitue. Arrêter les petits dealers ne suffit pas : ils sont remplacés très rapidement.
Faire croire que l’on règlera le problème uniquement avec davantage de caméras ou plus de policiers municipaux est illusoire. Des villes très équipées comme Nice, Nîmes, Toulouse ou Marseille continuent pourtant à faire face au narcotrafic. Il faut traiter ce problème comme une véritable cause nationale. Je suis d’ailleurs heureuse de voir que, au niveau national, des responsables politiques de différentes sensibilités commencent à travailler ensemble sur cette question.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Cela suppose aussi de s’attaquer aux causes du phénomène ?
Oui, bien sûr. Il faut comprendre pourquoi les gens consomment. La santé mentale joue souvent un rôle important. Dans une société de plus en plus tendue, certains pensent trouver une solution dans la consommation de drogues. Il y a aussi des jeunes en situation de précarité sociale qui sont attirés par le trafic parce qu’on leur fait miroiter de l’argent facile. En réalité, ils se retrouvent confrontés à une violence extrême. À cela s’ajoutent parfois des situations de violences intrafamiliales et des contextes sociaux très fragiles.
C’est sur l’ensemble de ces chantiers que nous agissons : lutter contre le narcotrafic, les incivilités et améliorer la sécurité. Nous travaillons avec les douanes, la police et la justice. Je ne veux pas faire de promesses irréalistes, mais je peux assurer que Besançon mène ce combat avec détermination.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Certains présentent cette élection comme un duel entre vous et Ludovic Fagaut. Est-ce pour vous un ennemi politique ?
Je dirais plutôt que Ludovic Fagaut porte une vision très marquée par le XXᵉ siècle et qu’il a du mal à entrer dans les enjeux du XXIᵉ siècle. Aujourd’hui, les priorités sont la qualité de vie, l’environnement, le cadre de vie et l’attention portée aux habitants, qu’il s’agisse des enfants ou des personnes âgées. Notre société a changé : la population vieillit, les structures familiales évoluent, l’économie et le commerce se transforment en permanence. Or son projet repose largement sur une vision centrée sur la voiture, comme dans les années 1960, 1970 ou 1980. Bien sûr, la voiture reste nécessaire, mais les habitants veulent aussi avoir le choix dans leurs modes de déplacement.
Par ailleurs, je ne crois pas que la compétitivité permanente entre territoires soit la solution. Dans un monde globalisé, la coopération entre territoires est essentielle pour renforcer la résilience économique. Nous devons soutenir nos entreprises, consolider nos filières et faire en sorte que la richesse créée profite au territoire, à l’emploi et au pouvoir d’achat des habitants. Un habitant qui a un bon pouvoir d’achat fait vivre les commerces, la culture, le sport et toute la vie locale. Je crains que certains projets très spectaculaires absorbent des moyens qui devraient plutôt être consacrés au soutien de l’économie locale et au pouvoir d’achat des habitants.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Pourquoi faut-il voter pour vous dimanche prochain ?
Parce qu’Anne Vignot et son équipe portent un projet collectif et pluraliste, très représentatif de la population de Besançon. Nous voulons une ville toujours plus vivante, plus juste et plus humaine. Ces valeurs guident la trajectoire que nous proposons pour la ville. Les habitants attendent que l’on s’occupe d’eux, qu’on les protège, qu’on les accompagne et qu’on leur permette de s’émanciper. C’est cette ville que nous avons commencé à construire et que nous voulons continuer à développer avec notre équipe.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Dans le cadre de la campagne des municipales à Besançon, la maire écologiste sortante Anne Vignot organise un grand meeting public ce mardi 3 mars à 19h au Grand Kursaal. Elle y présentera sa vision et ses priorités pour Besançon : transition écologique, justice sociale et renouveau démocratique.
Plusieurs figures nationales et régionales seront à ses côtés : Marine Tondelier, Jérôme Durain, Clémentine Autain, Guillaume Roubaud-Quashie, Marie-Guite Dufay et Dominique Voynet. L’entrée est libre et la soirée ouverte à tous.
À l’approche des échéances municipales, la question de l’implantation d’un deuxième commissariat à Besançon, dans le quartier de Planoise, cristallise les tensions entre le député du Doubs Laurent Croizier, candidat sur la liste conduite par Ludovic Fagaut, et la maire sortante écologiste, Anne Vignot. Si les deux responsables politiques affirment partager le même objectif de renforcement de la sécurité, ils s’opposent frontalement sur les causes des retards et sur la méthode à adopter pour faire aboutir le projet.
Un projet conditionné au dialogue avec l’État, selon le député
Le député Croizier se montre catégorique : le deuxième commissariat « verra le jour », à condition d’instaurer une relation de confiance avec l’État. Il met en avant son travail parlementaire à Paris et ses échanges avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ainsi qu’avec la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne pour faire avancer le dossier. À ses yeux, la coopération institutionnelle constitue la clé du succès.
Selon lui, deux freins principaux ralentissent aujourd’hui l’aboutissement du projet : Des relations « exécrables » entre la municipalité actuelle et l’État, qui nuiraient au dialogue nécessaire et l’instabilité politique et budgétaire nationale, qu’il attribue en partie aux équilibres à l’Assemblée nationale, notamment au sein du groupe écologiste auquel appartient la maire. Le député estime ainsi qu’un changement de maire permettrait de « retrouver de la sécurité » et de fluidifier les échanges avec les autorités nationales. La question du commissariat devient dès lors un enjeu clairement politisé.
L'interview de la rédaction : Laurent Croizier
Refus d’une « discrimination politique » par la maire
Anne Vignot rejette fermement l’idée selon laquelle la couleur politique d’une municipalité pourrait freiner l’implantation d’un équipement d’État. Elle qualifie cette hypothèse « d’insoutenable », y voyant une dérive autoritaire et une atteinte au principe d’égalité des territoires. Une telle discrimination, affirme-t-elle, « relèverait d’un manquement grave aux libertés publiques et pourrait, le cas échéant, être examinée par le Conseil constitutionnel ». Pour la maire, l’État ne saurait conditionner un projet de sécurité à l’étiquette politique d’une collectivité. Elle affirme qu’elle s’opposerait « fermement » à tout traitement différencié fondé sur des considérations partisanes.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Un projet techniquement avancé, mais suspendu au financement
Sur le plan opérationnel, la maire assure que le dossier est avancé : un emplacement a été identifié le long d’un axe structurant de Planoise, les aspects logistiques ont été travaillés avec le ministère de l’Intérieur et les plans ont été tracés. Selon elle, le principal verrou reste désormais le financement par le ministère de l’Intérieur. La ville s’engage également à contribuer financièrement au projet. Une somme de 600.000 euros a été consentie par la Ville de Besançon et Grand Besançon Métropole pour les travaux liés aux voieries et à la déviation des réseaux » explique Anne Vignot. Ainsi, là où le député pointe un problème politique et relationnel, la maire met en avant une question budgétaire et administrative.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
La sécurité, « première des injustices » selon le député
Au-delà du commissariat, le député Croizier qualifie l’insécurité de « première des injustices », estimant qu’elle touche d’abord les populations les plus fragiles. Il reproche à la majorité municipale actuelle de ne pas faire de la sécurité un combat central. Il défend un programme qu’il présente comme « équilibré », fondé sur un quadriptique : éducation, prévention, responsabilisation er répression.
L'interview de la rédaction : Laurent Croizier