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Municipales à Pontarlier : « Gagner à gauche est possible et nécessaire »

Publié le 06 Mar. 2026 à 11:03
Tags: Politique | cedric laithier | municipales 2026 | pontarlier 2026 |
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Municipales à Pontarlier : « Gagner à gauche est possible et nécessaire »

À l’approche des élections municipales de mars prochain à Pontarlier, Cédric Laithier, tête de liste de « La gauche pontissalienne », poursuit sa campagne. Le candidat affirme croire en la possibilité d’une victoire et met en avant un projet axé sur la transparence, la participation citoyenne et le partage du pouvoir au sein du conseil municipal.Rencontre. 

Croyez-vous en la victoire ? Est-il possible de gagner à Pontarlier quand on est de gauche ?

Évidemment que c’est possible de gagner à Pontarlier. Cette année, il y a quatre listes : trois listes de droite et une liste de gauche. Les trois listes de droite n’assument pas forcément d’être de droite, ce qui est assez étonnant. Nous, au contraire, nous assumons pleinement d’être de gauche et de porter un programme de rupture. Mais au-delà du fait que ce soit possible, c’est surtout nécessaire. Cela fait 30 ans que la ville est gérée par une politique de droite qui conduit aujourd’hui à un état catastrophique des finances municipales. On l’a vu lors du dernier conseil municipal : il n’y a quasiment plus aucune marge de manœuvre pour investir dans les prochaines années. Rien ne sera simple, mais il faut stopper rapidement cette hémorragie si l’on ne veut pas que Pontarlier soit placée sous tutelle. Donc oui, c’est possible, et c’est surtout nécessaire.

Sur l’échiquier politique, classez-vous tous vos adversaires à droite ?

On peut difficilement dire autre chose. Bertrand Guinchard a soutenu Éric Zemmour lors de l’élection présidentielle de 2022, même s’il essaie aujourd’hui de le cacher ou de ne pas le dire. Il est donc à droite. Bénédicte Hérard est aux Républicains. Quant à Patrick Comte, il a été investi en 2021 par le parti du Président de la République, Renaissance. Or, la politique menée par Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir est une politique de droite, ultra-libérale. Donc oui, ce sont des listes de droite.

Jean-Luc Mélenchon n’est-il pas en train de vous tirer une balle dans le pied ? Ne préféreriez-vous pas qu’il reste un peu en retrait en ce moment ?

Non. Jean-Luc Mélenchon s’exprime quand il en a envie. Ensuite, chacun interprète ses propos comme il l’entend. On ne peut pas interpréter les choses à la place des autres. Les valeurs que nous défendons à la France insoumise sont claires : nous nous battons contre l’antisémitisme, contre le racisme et contre toutes les discriminations. Nous avons un programme qui ne varie pas en fonction des événements. Je ne pense donc pas que Jean-Luc Mélenchon soit un problème, ici ou ailleurs. Certaines personnes ne l’aiment pas, ce n’est pas nouveau. Rappelons que 7 millions de personnes ont voté pour lui lors de la dernière élection présidentielle et qu’à Pontarlier, il est arrivé en deuxième position. C’est une force et une fierté d’appartenir à la France insoumise.

À gauche, n’avez-vous pas parfois tendance à vous couper l’herbe sous le pied. On a constaté qu’il y avait eu des scissions au sein de votre équipe à un moment donné. Était-il difficile de se rencontrer et de travailler collégialement à gauche ?

Non, ce n’est pas difficile. À la Gauche pontissalienne, nous avons toujours gardé le même cap : la transparence, le respect de la démocratie et celui des engagements que nous prenons. Si certaines personnes ne souhaitent pas tenir leurs engagements, cela les regarde. Nous, nous construisons un programme qui représente les Pontissaliens. Il a été élaboré par eux et pour eux. Dans notre manière de fonctionner, nous avons toujours été clairs et transparents : quand il y a des décisions à prendre, nous votons et nous respectons simplement le résultat du vote.

Si vous faites allusion à la scission qu’il y a eu avec un autre collectif, je le redis — nous l’avons déjà expliqué à plusieurs reprises — : un vote a eu lieu pour savoir s’il fallait ou non afficher les partis politiques nationaux. La décision démocratique a été de les afficher. Pour nous, c’était simple et clair : nous les affichions.

Si d’autres personnes ne souhaitaient pas le faire, c’est visiblement le choix qu’elles ont fait. Mais ce n’est pas ce qui avait été décidé collectivement, et manifestement elles n’y sont pas parvenues.

En tout cas, nous sommes présents. La gauche est présente à Pontarlier, et c’est bien cela le plus important. Les électrices et les électeurs de gauche de Pontarlier sont représentés à travers un programme et une équipe, et ils peuvent ainsi contribuer à faire changer les choses dans la ville.

Que répondez-vous à vos opposants qui estiment que votre programme est calqué sur le national et manque de propositions locales ?

Nous ne calquons pas le programme de la France insoumise. Il y a évidemment des éléments qui s’en inspirent, comme il y a aussi des éléments issus du programme des écologistes ou du Parti communiste français. Ce sont des idées de gauche. Et lorsqu’il s’agit d’idées de gauche, on défend nécessairement la justice sociale, la justice écologique et la démocratie. Ce sont des valeurs profondément ancrées dans notre projet.

L"interview de la rédaction : Cédric Laithier 

Qu’avez-vous envie de dire aux Pontissaliens qui nous écoutent pour qu’ils votent pour vous ?

Ce programme, nous l’avons construit avec eux et pour eux. Et il y aura énormément d’espace pour qu’ils puissent s’exprimer. Nous sommes les seuls à proposer le référendum d’initiative citoyenne afin que les habitants puissent changer des choses dans leur quartier ou dans leur ville. Nous proposons également un référendum d’initiative municipale : les habitants seront consultés sur tous les grands projets structurants, comme celui de la maison Chevalier, par exemple. Sur ce sujet, les autres candidats ont déjà des propositions, mais ils n’ont absolument pas consulté la population. Nous disons aux habitants : exprimez-vous, et nous ferons ce que vous voulez.

Enfin, nous proposons aussi le référendum révocatoire. Cela signifie que si des élus de la majorité se comportent mal ou adoptent une attitude indigne de leur mandat, ils pourront être révoqués. Ce sera également valable pour les engagements que nous prendrons. Les citoyens ont besoin de retrouver confiance dans la politique. C’est en leur redonnant la parole et le pouvoir que nous pourrons regagner cette confiance. Les promesses qui ne sont jamais tenues alimentent le désamour pour la politique.

L'interview de la rédaction : Cédric Laithier 

 

Pouvez-vous nous rappeler l’organisation que vous souhaitez mettre en place si vous arrivez aux responsabilités ? Êtes-vous le chef de file de cette liste ?

Je suis la tête de liste, puisqu’en France il faut une tête de liste pour conduire une liste aux élections municipales. Ce que j’ai expliqué, c’est que je ne serai pas un maire comme les autres. Je serai bien sûr le maire de Pontarlier, avec toutes les obligations que cela implique. Il n’y a aucune ambiguïté là-dessus. La grande différence avec les autres candidats et avec ce qui se faisait auparavant, c’est que je ne serai pas un maire avec les pleins pouvoirs. Le pouvoir sera réellement partagé entre l’ensemble des élus du conseil municipal.

Dès la première séance du conseil municipal, il y aura un vote pour décider si l’on donne ou non les pleins pouvoirs au maire. Pour ma part, je demanderai à ne pas les avoir, car en démocratie, c’est l’ensemble des représentants élus qui doit pouvoir exercer ce pouvoir.

L'interview de la rédaction : Cédric Laithier 

Quelques mots pour conclure sur le meeting qui va se tenir prochainement à Pontarlier ?

Ce meeting se tiendra en présence d’un député de la France insoumise, Thomas Portes. Il y aura également un représentant des écologistes, François Mandil, ainsi qu’une personne représentant le Parti communiste français et les citoyens engagés. C’est un moment important de cette campagne. Nous voulons dire aux habitants : venez nous rencontrer, venez comprendre pourquoi il faut voter pour nous et pourquoi nous pouvons changer votre quotidien. Le meeting aura lieu mardi 10 mars à 20 h, à la salle Morand.

L'interview de la rédaction : Cédric Laithier 

Dernière modification le vendredi, 06 mars 2026 12:05