Un rassemblement devant l’inspection académique à Besançon
Ce mardi à la mi-journée, plusieurs enseignants du premier degré se sont rassemblés devant l’inspection académique de Besançon. À l’appel du syndicat FSU-SNUipp, cette mobilisation, sans grève, coïncidait avec la tenue du groupe de travail consacré à la carte scolaire. « Nous avons appelé les collègues à se rassembler car aujourd’hui, l’inspecteur d’académie présente son projet de répartition des postes », explique Marjorie Breney, co-secrétaire départementale du syndicat. Une première étape avant une grande journée de grève le 31 mars prochain, qui touchera également le second degré.
L'interview de la rédaction : Marjorie Breney, co-secrétaire départementale du syndicat FSU/SNUIPP
21 postes supprimés dans le Doubs
Au cœur des inquiétudes : la suppression annoncée de 21 postes d’enseignants dans le département du Doubs, dans le cadre d’une réduction nationale de 1 891 postes dans le premier degré. Mais derrière ce chiffre se cache une réalité plus large. Selon les documents de travail transmis aux syndicats, ces suppressions pourraient entraîner la fermeture de 109 classes, pour moins de 30 ouvertures. « Il faut bien comprendre que ce ne sont pas seulement 21 classes qui ferment. Avec les postes hors classe ou de remplacement, cela représente bien plus sur le terrain », souligne Marjorie Breney.
L'interview de la rédaction : Marjorie Breney, co-secrétaire départementale du syndicat FSU/SNUIPP
Une baisse démographique contestée
L’administration justifie ces suppressions par une baisse du nombre d’élèves. Dans le Doubs, celle-ci est estimée à environ 800 élèves en moins pour 400 écoles. Un argument que conteste le syndicat : « Cela représente en moyenne deux élèves en moins par école. Et pour ça, on supprimerait plus de 100 classes ? Ce n’est pas acceptable. » Pour la FSU-SNUipp, cette évolution démographique devrait au contraire être une opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage.
Des conditions d’enseignement jugées dégradées
Les représentants syndicaux alertent sur une dégradation continue des conditions de travail des enseignants et d’accueil des élèves. « Nous avons aujourd’hui des classes très hétérogènes, dans une école inclusive où tous les élèves sont accueillis. On ne peut plus travailler comme il y a dix ans avec les mêmes moyens », insiste Marjorie Breney. Le syndicat demande donc une répartition plus équitable des postes supprimés et espère infléchir le projet lors des discussions avec l’administration.

Les territoires ruraux particulièrement touchés
Certaines zones apparaissent plus fragilisées, à l’image du secteur de Morteau et Maîche, où plus d’une dizaine de fermetures de classes sont envisagées. Dans ces territoires ruraux, les difficultés sont accrues : accès limité aux soins, manque de spécialistes (orthophonistes, psychologues), éloignement des services. « La ruralité accentue les inégalités. Ces suppressions vont encore aggraver les conditions d’apprentissage », alerte la syndicaliste.
L'interview de la rédaction : Marjorie Breney, co-secrétaire départementale du syndicat FSU/SNUIPP

Des négociations encore ouvertes
Le projet présenté reste à ce stade provisoire. Les syndicats entendent peser dans les discussions pour limiter l’impact des suppressions. « Nous allons défendre nos revendications pour obtenir une marge de manœuvre et une meilleure répartition », conclut Marjorie Breney. Les décisions finales sur la carte scolaire sont attendues dans les prochaines semaines.