Séverine Véziès
La section bisontine de la France insoumise monte au créneau après la publication d'un arrêté anti-mendicité signé par l'adjoint au maire de Besançon, Ludovic Fagaut. La mesure concerne plusieurs secteurs du centre-ville ainsi que la zone commerciale de Châteaufarine. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, les militants et élus insoumis dénoncent une décision qu'ils jugent « grave socialement et symboliquement ». Ils regrettent notamment l'absence de débat préalable au sein du conseil municipal et accusent la majorité municipale d'avoir agi sans véritable discussion publique.
« Une politique de stigmatisation »
Pour la France insoumise, cet arrêté ne constitue pas une réponse aux difficultés rencontrées dans l'espace public mais participe à une politique de « stigmatisation » des personnes les plus précaires. Le mouvement estime que la mesure vise davantage à éloigner la pauvreté des zones les plus fréquentées qu'à traiter les causes de la précarité. Les auteurs du communiqué rappellent que le Conseil de l'Europe a récemment critiqué les arrêtés anti-mendicité, considérés comme discriminatoires et contraires aux droits sociaux fondamentaux.
Des outils juridiques déjà existants
La France insoumise souligne que les comportements portant réellement atteinte à l'ordre public, comme les agressions, les menaces, l'ivresse publique ou la mendicité coercitive, peuvent déjà être sanctionnés par les dispositifs légaux existants. Selon le mouvement, l'arrêté municipal relève donc d'un choix politique davantage que d'une nécessité juridique ou sécuritaire.
Un recours envisagé
Les insoumis accusent également la municipalité de privilégier les réponses sécuritaires et la communication au détriment des politiques sociales de fond. Ils citent notamment les questions du logement, de la santé mentale, des addictions, du pouvoir d'achat ou encore de la lutte contre la précarité. La France insoumise annonce enfin qu'elle examinera le contenu précis de l'arrêté avec des juristes afin d'étudier d'éventuels recours. Elle indique également vouloir lancer un appel à la mobilisation citoyenne contre cette mesure qu'elle juge contraire à sa vision d'une ville « solidaire, digne et humaine ».