Choix du secteur :
Se connecter :
 

Le collectif Loue Migrants appelle à la création d’un réseau d’accueil de migrants dans le Val de Loue.  Encore aujourd’hui, et à l’approche de l’hiver, beaucoup de migrants vivent et dorment dans la rue, à Besançon en particulier. Le collectif souhaite mettre en place un réseau de personnes qui accueillent à leur domicile, à tour de rôle, et pour une durée délimitée, ces personnes en difficulté. Un temps de rencontre sera organisé le 7 décembre prochain de 18h30 à 19h30 à Quingey.

« Les associations qui gèrent l'accueil de migrants, notamment les jeunes migrants isolés à Besançon, nous ont fait part d'un important nombre de jeunes qui se retrouvaient dans des situations difficiles, sur des périodes où leurs dossiers sont en cours de ré-étude. Ces jeunes se retrouvent à la rue et il y a une urgence pour les accueillir » indique Pascale Déjardin, du collectif Loue Migrants. Cette situation avait déjà été pointée du doigt le 20 novembre dernier, lors de la Journée Internationale des Droits de l’Enfant. L’association Solmiré dénonçait les dysfonctionnements du Département du Doubs en matière de Protection des Mineurs Etrangers Isolés. Un rassemblement s’était organisé au kiosque Granvelle de Besançon, rejoint par l’association Cimade ainsi qu’une vingtaine de mineurs étrangers isolés.

 

Rassembler toutes les personnes qui se sentent concernées

« Sur nos secteurs, on souhaite développer un collectif pour que les jeunes puissent être accueillis dans des familles, à tour de rôle, pour des périodes définies, et avec un soutien matériel et humain important. Il faut trouver des solutions. Mettons-nous au travail à notre échelle, pour apporter un soutien pendant cette période de ré-étude des dossiers, tout en protégeant ces jeunes de manière à leur remettre le pied à l'étrier, les aider à reprendre confiance, et puis qu'ils se lancent dans cette vie avec plus de force et de qualités » explique Pascale Déjardin, qui accueille des migrants à son domicile depuis des années. Pour se faire, un temps de rencontre sera organisé le 7 décembre prochain de 18h30 à 19h30 à Quingey. « L'objectif c'est que chacun puisse venir expliquer la façon dont il souhaite et dont il peut participer à ce projet. Cette réunion a pour but de rassembler toutes les personnes qui se sentent concernées par ce sujet, en discuter, et que chacun puisse apporter ses idées, ses questions, de manière à pouvoir progressivement réussir à mobiliser ces gens, et à fédérer un groupe d'accueil qui puisse devenir pérenne en fonction des demandes » poursuit Pascale Déjardin.

 

Pour plus d’informations, il est possible de contacter ce collectif via : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Ce samedi 18 décembre aura lieu la journée internationale des droits des migrants. Pour l’occasion, une manifestation aura lieu place Pasteur à partir de 17 h. L’objectif de la manifestation est d’apporter un soutien aux migrants en demandant des aides concrètes.

Une manifestation solidaire

La manifestation, appelée par plus de 20 organisations syndicales, associatives et politiques, se voudra solidaire avec les migrants qui souffrent de plus en plus des comportements hostiles dont ils sont parfois victimes. L’occasion permettra aussi de dénoncer les discours anti-immigration qui émanent de certaines personnalités de la sphère politique. Le départ de la manifestation se fera donc à 17 h place Pasteur, avant de défiler jusqu’à la préfecture. Les manifestants comptent bien faire entendre leurs voix, et obtenir des aides concrètes pour les migrants, notamment en termes d’accès aux soins, à l’éducation et au logement.

 

Interview de la rédaction, Noelle Ledeur (Présidente de l'association Solidarité Migrants Réfugiés) :

En avril 2021, l’association Solmiré réquisitionne à Besançon un logement de l’État afin d’y mettre à l’abri les enfants étrangers à qui le département du Doubs, l’État, ainsi que la mairie de Besançon refusent tout hébergement. Depuis 4 mois, les militants de l’association se relaient aux côtés de ces jeunes pour partager leurs repas, cuisiner ensemble, mettre en place la scolarité, les accompagner dans leurs soins (vaccins, dentiste…) et bien d’autres actions. Aujourd’hui les occupants de ce lieu sont menacés d’expulsion par les VNF (Voies navigables de France), gestionnaire du bâtiment, qui utilise une procédure d’urgence auprès du tribunal administratif et demande une expulsion sans délai de tous ses occupants.

 

L’audience au tribunal ce mardi 27 juillet

 

Ce mardi matin, le rendez-vous était donc au tribunal administratif de Besançon. L’association Solmiré appelait ses soutiens à se rassembler à 10h30 devant l’entrée du bâtiment, rue Charles Nodier. Entre 70 et 80 personnes ont fait le déplacement. Dans la salle d’audience, l’avocat qui représentait VNF a rappelé la façon dont l’association était entrée dans ces locaux inoccupés, dédiés au personnel en fonction, avançant que ce logement serait indispensable au fonctionnement du service public fluvial. Alors que selon Solmiré, ce logement est vacant depuis 2016. L’avocat de l’établissement public aurait alors rétorqué qu’il n’y avait personne, car des travaux de mise aux normes sont prévus dans ces locaux. Il aurait poursuivi en déclarant que l’association serait d’ailleurs entrée par effraction, et aurait changé plusieurs barillets de portes. De son côté, l’avocate souhaitant rester anonyme et représentant Solmiré a rejeté le fait que l’association se soit comportée « comme un délinquant ». En poursuivant et en écartant le caractère d’urgence et de l’atteinte aux bons fonctionnements du service. « Les arguments liés aux risques ne sont pas étayés et fondés » affirme-t-elle. En ajoutant qu’il est impératif d’apporter rapidement les garanties de la prise en charge de ces mineurs.

 

Une décision rendue dans les prochains jours

 

Selon Solmiré, c’est avec cynisme que l’avocat de VNF justifie également l’urgence de l’expulsion par le fait que ces jeunes seraient en danger à cet endroit, du fait notamment de la proximité de la route nationale qui les exposerait à un risque d’accident de la circulation. Un argumentaire ubuesque rappelant celui des autorités italiennes, qui en septembre 2020, immobilisaient au port le Sea Watch 4, un navire humanitaire de secours en mer, au prétexte qu’il ne respectait pas les normes en emportant à bord trop de gilets de sauvetage. Pour ces adolescents, en cas d’expulsion, la rue sera la seule alternative puisque depuis des mois et malgré de multiples sollicitations, les pouvoirs publics refusent de réagir concernant l’accueil de ces enfants. La décision sera rendue dans les prochains jours. Si le tribunal venait à prononcer une mesure d’expulsion, l’association et les jeunes auront trois jours pour quitter les lieux. Chaque jour de retard serait accompagné d’une amende de 300€. 

 

Lucie, membre de l'association Solmiré : 

 

Au début de 2021, Stéphane Ravacley a entrepris une grève de la faim pour soutenir Laye Fode Traoré, jeune migrant Guinéen, en formation dans sa boulangerie, lorsque celui-ci a fait l’objet d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), une fois ses 18 ans atteints. La démarche de Stéphane a éveillé l’intérêt des médias et lui a valu un large soutien public. Ainsi porté, il a obtenu gain de cause : Laye a été autorisé à rester en France pour terminer sa formation et se construire un avenir. 

 

Une nouvelle affaire d’expulsion

 

« Et il y en a des milliers d’autres en France » affirme Stéphane Ravacley. Les cas semblables sont nombreux et beaucoup de jeunes migrants en formation sont expulsés dans l'indifférence. Devant le constat de situations aussi dramatiques et répétées, un réseau de solidarité s’est constitué et prend la forme d’une association : « Patron.ne.s Solidaires ». Par ce soutien solidaire, actif et médiatique de son réseau, l’association a pour objet d’accompagner et de représenter les patrons dans leurs démarches pour que les jeunes migrants dont ils sont maîtres d’apprentissage, évitent l’expulsion et puissent terminer leur formation diplômante engagée légalement sous contrat. Si le cas de Laye Fode Traoré avait fait couler beaucoup d’encre en début d’année, un autre cas similaire est d’actualité à Besançon. Il s’agit de Lamine Diaby, un jeune Guinéen né en 2002 à Conakry, et apprenti boulanger à « La Gourmandise », tenue par Alexandre Figard. C’est quelques jours avant l’obtention de son CAP, le jeudi 8 juillet, que Lamine Diaby a reçu une menace d’expulsion par recommandé. Lors de son apprentissage ayant débuté en automne 2019, le jeune homme trouve incontestablement sa voix et démontre une volonté et une certaine habilité dans ce milieu. Et deux années plus tard, son patron Alexandre Figard, champion de France de boulangerie en 2011, est convaincu de vouloir garder Lamine à ses côtés, et lui promet une embauche à l’issue de sa formation. Seulement, l’État lui reproche de ne pas pouvoir prouver son identité. L’avis de l’expert en fraude documentaire de la police aux frontières est défavorable et fait état d’irrégularité dans les actes d’état-civil. Et un courrier de la direction de la citoyenneté et de la légalité, oblige Lamine Diaby à quitter le territoire français sous un mois.

 

« A l’heure actuelle, nous sommes dans un monde d’image, mais pas de travail »

 

« Et de repos » indique Stéphane Ravacley avec un sourire ironique. « On ne trouve plus d’employé, ni d’ouvrier, ni d’apprenti. Dans toutes les entreprises qui ont des métiers durs, comme le TP, les électriciens, les maçons, boulangers, pâtissiers, tout ce que vous voulez. L’époque n’est plus au travail, et on a besoin d’une autre main d’œuvre » déplore-t-il. « Donc forcément lorsque l’on a un jeune qui veux travailler on le prend, quelle que soit sa couleur de peau, et on le forme jusqu’à 18 ans. Passé cet âge, il y a le petit rappel de l’état indiquant qu’il doit repartir ». Des mesures qui n'évoluent pas dans le bon sens, selon le boulanger bisontin, mais plutôt en se durcissant depuis plusieurs mois. Pour cette raison, Stéphane Ravacley et ses collaborateurs ont édité une loi, notamment avec le sénateur de Saône-et-Loire Jérôme Durain, visant à empêcher l’expulsion des jeunes migrants en formation une fois atteint l’âge de 18 ans. « Nous, on veut aider les patrons qui ont quelqu’un de bien au sein de leurs entreprises, qui est intégré en France, qui ne pose de problème à personne. Parce que dites-vous bien qu’en Franche-Comté, il n’y a aucune plainte sur les MENA +. Ce que j’appelle les MENA + sont les Mineurs Etrangers Non Accompagnés de plus de 18 ans. Ils ne sont pas dangereux. Il n’y a eu aucune plainte » soutient le patron de la Hûche à Pain.

 

Une adhésion à 10€ par an

 

« C’est le prix d’un paquet de clope » lance Stéphane Ravacley en évoquant la page d’adhésion sur « Patron.ne.s Solidaires ». 10€ par an. Des donations sont aussi possibles, et les entreprises peuvent défiscaliser. « C’est-à-dire que pour un chèque de 100€, ils ne paieront que 40€, puisque l’Etat leur remboursera 60€. Il faut nous aider » précise le boulanger bisontin. Lui qui il y a quelques jours, était dans l’Ariège, pour venir en aide à un patron d’une boulangerie, confronté au même problème qu’il a connu en début d’année. Drôle de coup du sort, l’apprenti guinéen se nomme aussi Fodé, et le patron Stéphane…

 

Stéphane Ravacley, patron de la Hûche à Pain : 

 

Pour toute adhésion, le lien de Patron.ne.s Solidaires

https://www.helloasso.com/associations/patron-ne-s-solidaires/adhesions/bulletin-adhesion-patron-ne-s-solidaires

 

 

Après son combat mené l’hiver dernier pour son apprenti Laye Fodé Traoré, Stéphane Ravacley veut aller encore plus loin. Le boulanger bisontin lance son association Patron.ne.s Solidaires. Son combat avait fait grand bruit en janvier dernier. Boulanger à Besançon, Stéphane Ravacley décide d’entamer une grève de la faim pour attirer l'œil sur la situation de son jeune apprenti Laye Fodé Traoré. Ce dernier, âgé de 18 ans, est menacé d’expulsion par les autorités. Le jeune guinéen est pourtant apprenti à « La Huche à Pain » depuis 1 an et demi, mais la loi le contraint à quitter la France à sa majorité. Après 11 jours de grève de la faim, un malaise, et une médiatisation sans précédent, Laye est finalement régularisé. Une victoire pour le boulanger et son jeune apprenti, qui ne résout pas pour autant le problème législatif qui aurait pu contraindre Laye à retrouver la Guinée : « On s’est rendu compte que des Laye, il y en avait des milliers partout en France. Il faut qu’on arrive à protéger ces gamins », nous confiait Stéphane Ravacley en janvier dernier. Patron.ne.s solidaires L’idée de poursuivre le combat est venue naturellement pour le boulanger. Après celui mené pour Laye, Stéphane Ravacley a reçu d’innombrables messages de soutien, évidemment, mais aussi des messages de patrons venant de la France entière, subissant une situation similaire : « On voulait grandir un peu plus ce mouvement, c’est pour ça qu’on a créé cette association, qui a été acceptée par la Région ». Stéphane Ravacley lance donc Patron.ne.s Solidaires, dont il est le président. Patricia Hyvernat, qui s’était également mobilisé pour son apprenti Yaya, dans la même situation que Laye, est-elle vice-présidente : « La mission, ça va être de partir dans toute la France pour rencontrer des patrons, des apprentis, mais aussi des familles d’accueil, car on s’est rendu compte qu’elles avaient des problèmes similaires. On essayera de les aider en les aiguillant sur comment combattre, et comment réveiller l’opinion publique ». Apprenti comédien La régularisation de Laye n’a donc pas rassasié Stéphane Ravacley, qui souhaite un changement bien plus structurel et profond. Le boulanger, inépuisable, multiplie les casquettes pour faire parler de son combat. Président d’association, mais aussi comédien. Contacté il y a plusieurs mois par Patricia Allio, metteuse en scène, Stéphane Ravacley accepte de rejoindre la troupe, pour une pièce qui parle justement de la régularisation des migrants, et où le boulanger joue son propre rôle. Un moyen différent de toucher les gens qui permet aussi à Stéphane Ravacley d’apprendre quelque chose de nouveau, lui le passionné d’apprentissage et de transmission. Habituellement dans le rôle de celui qui transmet, le boulanger va cette fois passer du côté des apprentis, toujours dans l’optique de mener le combat qui l’anime.