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Surendettement : une hausse des dossiers dans le Doubs en 2025

Publié le 26 Fév. 2026 à 18:02
Tags: société | banque de france |
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Surendettement : une hausse des dossiers dans le Doubs en 2025

Ce jeudi, la Banque de France à Besançon, a dressé un état des lieux du surendettement dans le Doubs. Si les profils restent globalement stables, une augmentation des dossiers et un rajeunissement des déposants sont observés. Rencontre avec Christine Accart, adjointe du directeur départemental de la structure.

Une augmentation de 7 % des dossiers

En 2025, le Doubs enregistre une hausse de 7 % des dossiers de surendettement déposés auprès de la Banque de France. « Les grandes tendances restent relativement homogènes par rapport aux années précédentes », précise Christine Accart. Les femmes représentent 51 % des dossiers déposés. Par ailleurs, 28 % des situations concernent des personnes séparées ou des familles monoparentales. Autre évolution notable : une augmentation du nombre de déposants âgés de moins de 30 ans. Une tendance également constatée au niveau national, bien que de manière un peu moins marquée dans le département.

L'interview de la rédaction : Christine Accart, adjointe du directeur départemental de la Banque de France

 

Des accidents de la vie plus que des excès de crédit

Le profil des situations de surendettement a évolué ces dernières années. « Nous sommes désormais davantage face à un surendettement passif qu’actif », explique la représentante de la Banque de France. Concrètement, les dossiers sont majoritairement liés à des accidents de la vie : séparations, problèmes de santé et perte d’emploi. S’ajoute la situation des « travailleurs pauvres » et des retraités aux revenus modestes, dont les ressources insuffisantes ne permettent pas de dégager une capacité de remboursement suffisante. Le surendettement n’est donc plus principalement lié à une accumulation excessive de crédits à la consommation, mais à une fragilisation économique durable.

Oser franchir la porte de la Banque de France

Face à ces difficultés, Christine Accart invite les personnes concernées à ne pas attendre. « Il ne faut pas hésiter à pousser la porte de la Banque de France, même si cela peut impressionner Â». Les équipes travaillent en lien étroit avec les travailleurs sociaux afin d’accompagner les ménages dans leurs démarches. Un numéro unique, le 34 14, permet d’obtenir des informations sur la procédure et les solutions envisageables. « Il y a une grande bienveillance de la part des agents qui travaillent pour les particuliers », insiste-t-elle. Le dépôt d’un dossier constitue souvent la première étape vers un rééquilibrage de la situation financière.

L’effacement de dettes : une procédure encadrée

L’idée selon laquelle la Banque de France effacerait automatiquement les dettes est un mythe. « Ce n’est pas aussi simple », rappelle Christine Accart. En 2025, 120 effacements de dettes ont été prononcés dans le Doubs. Mais chaque situation fait l’objet d’une analyse approfondie. La bonne foi du demandeur est examinée avec attention. Il ne s’agit pas d’un dispositif permettant de contracter des crédits sans intention de remboursement. Par ailleurs, les créanciers disposent d’un droit de recours. En cas de contestation, le dossier est transmis au tribunal, et c’est le juge qui décide in fine d’un éventuel effacement.

Une réalité sociale persistante

La progression des dossiers en 2025 confirme que le surendettement demeure un enjeu social majeur dans le Doubs. Derrière les chiffres, ce sont des parcours de vie fragilisés que la commission de surendettement tente d’accompagner, avec pour objectif de permettre aux ménages de retrouver une stabilité financière durable.