La tension monte à la clinique Saint-Vincent à Besançon, propriété du groupe Elsan . Le personnel soignant, emmené notamment par Patricia Dreyer, secrétaire du CSE, déléguée syndicale et infirmière depuis plus de vingt ans, a entamé un nouveau mouvement de grève pour dénoncer l’absence d’avancées salariales.
Des négociations dans l’impasse
À l’origine du conflit : des discussions jugées infructueuses avec la direction. « Nous n’avons obtenu aucune proposition concrète », explique Patricia Dreyer. Le personnel avait pourtant élaboré un tableau détaillé des augmentations de salaire, métier par métier et selon l’ancienneté. Une base de travail que la direction refuse, selon les syndicats, d’étudier.
Face à ce blocage, les négociations ont été suspendues. La décision a été prise de mener des temps ponctuels de mobilisation, qui permettent de créer un effet de surprise auprès de la direction, d’éviter des pertes de salaire trop importantes et de ne pas pénaliser les patients : « On ne peut pas les prendre en otage », insiste la représentante du personnel. « Ce ne sont pas des grèves perlées, mais des arrêts de travail ciblés », précise Mme Dreyer. Les équipes s’organisent en interne. Cette organisation repose sur une forte coordination entre les salariés. « Tout le monde s’implique, tout le monde communique », souligne-t-elle. Le collectif décide lui-même des modalités de mobilisation, sans en informer à l’avance la direction.
Une revendication chiffrée
Le personnel avance un chiffre précis : 624 000 euros. C’est le montant estimé des augmentations demandées. Une somme jugée « absorbable » par les syndicats, qui pointent la bonne santé financière de la clinique. Mais selon eux, le problème dépasse l’établissement lui-même. Appartenant à un groupe, la clinique participerait à un système de redistribution interne. « Notre structure finance des investissements ailleurs, alors que nos salaires stagnent », déplore Patricia Dreyer.
Un ras-le-bol généralisé
Derrière les revendications salariales, c’est un malaise plus profond qui s’exprime. « On est au bord de la saturation financière », confie la déléguée syndicale. Le personnel souhaite également valoriser l’expérience et fidéliser les équipes, notamment en récompensant l’ancienneté.

Un mouvement appelé à durer
Si aucune avancée n’est obtenue, la mobilisation pourrait se prolonger. Contrairement aux précédents mouvements, souvent limités à quelques jours, celui-ci s’inscrit dans une stratégie de long terme. « La différence aujourd’hui, c’est l’organisation. Les équipes tiennent dans la durée », observe Patricia Dreyer. Une mobilisation discrète mais efficace, qui pourrait bien contraindre la direction à reprendre les discussions. Pour l’heure, le dialogue semble rompu. Mais du côté des soignants, la détermination reste intacte.