La contestation monte dans les écoles du Doubs. Ce mardi matin, enseignants, parents d’élèves et représentants d’établissements se sont rassemblés devant le rectorat de Besançon pour dénoncer la future carte scolaire, qui prévoit la suppression de 21 postes d’enseignants et la fermeture de 109 classes dans le département. Des délégations venues de plusieurs communes du Haut-Doubs — notamment Damprichard, Belleherbe et l’école du Centre de Villers-le-Lac — ont fait le déplacement jusqu’à Besançon. Rapidement rejoints par d’autres établissements du département, les manifestants ont formé un cortège qui s’est ensuite dirigé vers la préfecture du Doubs.

Des zones rurales particulièrement touchées
Si la mesure concerne l’ensemble du territoire, les secteurs de Morteau et Maîche apparaissent parmi les plus durement impactés. Dans ces territoires ruraux, la fermeture de classes suscite une vive inquiétude. Officiellement, ces suppressions sont justifiées par la baisse démographique et la diminution du nombre d’élèves. Un argument que contestent fermement les manifestants. « Cette baisse pourrait être une opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage et accompagner davantage les élèves en difficulté », défendent plusieurs enseignants présents sur place. Pour eux, la réalité du terrain est tout autre : l’éloignement des structures spécialisées et le manque de moyens rendent la situation « particulièrement compliquée » dans ces zones rurales, déjà fragilisées.
L'interview de la rédaction : L'école du Centre de Villers-le-Lac
Des conséquences concrètes dans les écoles
À Belleherbe, la fermeture d’une classe est envisagée pour la rentrée prochaine. Une décision qui, selon les enseignants, aurait des répercussions immédiates : des effectifs en hausse, pouvant atteindre 26 à 28 élèves par classe, contre 24 actuellement, et la multiplication des classes à double, voire triple niveau. On aura moins de temps pour accompagner les élèves en difficulté, notamment ceux avec des besoins spécifiques », alerte une enseignante. Elle souligne également le caractère disproportionné de la mesure : l’école ne perdrait qu’un seul élève, passant de 146 à 145 inscrits. Même inquiétude à Villers-le-Lac, où les enseignants se sont mis en grève, entraînant la fermeture complète de l’école ce mardi. « Au-delà de la mobilisation, c’est la qualité de l’enseignement qui est en jeu », insiste la directrice de l’école. « Avec des classes à 27 ou 28 élèves, il devient impossible de suivre chaque enfant correctement. »
L'interview de la rédaction : Ecole de Belleherbe

« Marquer le coup »
Pour de nombreux participants, cette mobilisation vise avant tout à faire entendre leur désaccord, alors que les décisions définitives ne sont pas encore arrêtées. « On ne sait pas si cela changera quelque chose, mais il fallait marquer le coup », confie une enseignante venue du Haut-Doubs. Dans le cortège, la détermination est palpable. Tous dénoncent un « lourd tribut » payé par le monde rural et appellent à une révision de la carte scolaire, afin de préserver un service public d’éducation de qualité sur l’ensemble du territoire.
L'interview de la rédaction : Ecole de Damprichard
La mobilisation pourrait se poursuivre dans les prochains jours, alors que les discussions avec les autorités académiques restent attendues.