Karima Rochdi
Après avoir quitté la liste « Besançon Mérite Mieux » menée par Éric Delabrousse lors des dernières élections municipales, Karima Rochdi tient à clarifier sa position. L’ancienne élue assure qu’elle reste pleinement engagée dans la vie politique locale et fidèle aux valeurs du parti Horizon d’Edouard Philippe. Entre perspectives nationales, notamment la prochaine élection présidentielle, et inquiétudes concernant le climat politique à Besançon et au sein de la métropole, elle revient sur ses choix, ses convictions et ses ambitions pour la suite.
Quelle est votre situation aujourd’hui, politiquement parlant ?
Je ne me suis pas du tout retirée de la vie politique et de la vie publique locale. Au contraire, je suis plus que jamais engagée, notamment au service des Bisontines et des Bisontins. J’avais fait le choix de me retirer d’une liste parce que je n’étais pas d’accord avec la manière de mener la campagne. Je me suis donc retirée de la liste « Besançon Mérite Mieux » en 2026, mais mon engagement politique et public se poursuit.
L'interview de la rédaction : Karima Rochdi
Cela signifie que vous continuez avec la même sensibilité politique, à savoir Horizon ?
Tout à fait. Je suis toujours adhérente à Horizon et je continue d’en porter les valeurs à Besançon. Je poursuis mon engagement et je reste au service des habitants.
Par ailleurs, des échéances importantes arrivent, et je compte bien m’y investir.
L'interview de la rédaction : Karima Rochdi
Vous faites référence à quelles échéances : les sénatoriales, la présidentielle, les législatives ?
La prochaine échéance majeure, c’est la présidentielle. C’est un moment très important pour les Français, où chacun a un rôle à jouer. Et bien sûr, d’autres échéances suivront.
Vous ne souhaitez pas revenir davantage sur les raisons de votre départ de la liste d’Éric Delabrousse ?
Je tiens à préciser que j’ai quitté la liste d’un candidat, pas d’un parti. Je suis une élue de terrain, proche des habitants. Pour moi, une campagne électorale doit avant tout être une campagne de proximité : aller à la rencontre des citoyens, écouter leurs besoins, leurs propositions, leurs attentes. Une campagne numérique est utile, mais elle ne remplace pas le contact direct. Les solutions doivent partir du terrain.
C’est sur ce point que nous étions en désaccord. J’ai quitté une liste parce que je n’étais pas d’accord avec la manière de mener la campagne, mais je n’ai quitté ni Horizons ni la vie politique.
Concernant le conseil municipal de Besançon, vos récentes déclarations montrent une certaine inquiétude. Pourquoi ?
Le mandat 2020-2026 a été marqué par des tensions fortes entre majorité et opposition. On avait parfois l’impression que la place des Bisontins passait au second plan, au profit de confrontations politiques. J’ai suivi le dernier conseil municipal, et j’ai constaté que ces tensions persistent. Cela m’inquiète, car Besançon a besoin de sérénité.
Dans une démocratie, il faut savoir gagner, mais aussi savoir perdre. Aujourd’hui, chacun doit faire preuve de responsabilité. Les habitants attendent du respect, de l’objectivité et un travail collectif.
L'interview de la rédaction : Karima Rochdi
Craignez-vous que ces tensions se retrouvent également au niveau de Grand Besançon Métropole ?
Oui, c’est une crainte réelle. La métropole prend de plus en plus d’importance, notamment en matière de développement économique, d’emploi ou de tourisme.
Si ces logiques d’affrontement persistent, ce sont les habitants qui en pâtiront.
J’espère que le conseil communautaire ne reproduira pas les tensions observées au conseil municipal. Besançon a besoin de stabilité et de coopération.
L'interview de la rédaction : Karima Rochdi
Certains estiment qu’il s’agit d’un “retour à l’envoyeur”, notamment vis-à-vis de personnalités comme Ludovic Fagaut ou Laurent Croizier. Qu’en pensez-vous ?
C’est justement pour cela que je dis qu’il faut savoir gagner comme perdre. Les deux camps doivent mettre leur ego de côté. Les Bisontins se sont exprimés, leur choix doit être respecté. Certains ont voté pour Ludovic Fagaut, d’autres pour Anne Vignot. Tous doivent être respectés. Les élus ont la responsabilité de représenter l’ensemble des citoyens.
On n’a donc pas fini d’entendre parler de vous dans la vie publique bisontine ?
Je poursuis mon engagement politique et citoyen. Ce qui m’importe, c’est l’intérêt général. Lorsque je ne suis pas en accord avec une équipe, je m’en retire, mais cela ne signifie pas que je quitte la vie politique. Les Bisontines et les Bisontins peuvent compter sur moi. Lorsque j’ai quitté cette liste, je leur ai donné rendez-vous très bientôt — et ce sera le cas.
L'interview de la rédaction : Karima Rochdi
Comment analysez-vous le score de la liste d’Éric Delabrousse ?
Je pense que l’équipe comptait des personnes intéressantes, avec de vraies idées et une volonté de renouvellement. Cependant, il y a eu un manque de présence sur le terrain. Il y a eu un rendez-vous manqué avec les habitants. Une campagne nécessite d’aller à la rencontre des citoyens, de se faire connaître, d’expliquer son projet.
Il y avait un espace politique à occuper, qui ne l’a pas été. Avec davantage de travail de proximité, un score entre 10 et 15 % était envisageable, permettant de jouer un rôle constructif entre les deux tours au service des habitants.