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L’académie de Besançon accueille 191.461 élèves à la rentrée 2026, soit 2.270 de moins que l’année précédente. Cette baisse démographique, qui devrait s’accentuer, impose une réorganisation progressive des écoles. Protection des enfants, interdiction du téléphone au lycée, santé mentale et adaptation aux fortes chaleurs figurent aussi parmi les dossiers prioritaires. Rencontre avec Pierre Moya, recteur de l’académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté

Une baisse démographique durable

Le nombre d’élèves continue de diminuer dans les quatre départements de l’académie de Besançon. Selon les projections du rectorat, 30 000 élèves supplémentaires pourraient disparaître des effectifs au cours des dix prochaines années. Cette baisse s’ajouterait aux 28 000 élèves déjà perdus durant la décennie précédente. L’Éducation nationale veut donc sortir des décisions prises année après année. Les prévisions démographiques doivent être partagées avec les élus et les services de l’État afin d’organiser le réseau scolaire sur plusieurs années. Les temps de transport, l’isolement des communes et l’accès aux autres services publics devront être pris en compte. « La diminution des effectifs a déjà permis d’alléger les classes dans le premier degré. Elles compteront en moyenne 20,7 élèves à cette rentrée. Dans les collèges et les lycées, la moyenne reste stable » nous dit-on. .

Une nouvelle méthode expérimentée dans le Doubs

Le Doubs fait partie des dix-huit départements choisis pour tester une « carte scolaire inversée ». Cette méthode consiste à réfléchir avec les élus à l’avenir des écoles avant de répartir les moyens, plutôt que de décider chaque année des ouvertures et des fermetures de classes. Un projet doit être construit à l’horizon 2031. Certaines petites écoles pourront être maintenues lorsque leur situation géographique, les difficultés de transport ou leur rôle dans une zone de montagne le justifient. D’autres pourront être regroupées dans des pôles scolaires plus importants, avec davantage d’enseignants et de services périscolaires. Des fermetures resteront possibles, mais elles devront être préparées et discutées avec les collectivités. La première véritable application de cette nouvelle carte scolaire est attendue en 2027.

Mieux repérer les violences subies par les enfants

La protection des élèves constitue un chantier majeur. Selon les estimations présentées par le rectorat, environ trois enfants par classe auraient subi des violences sexuelles, principalement dans le cadre familial. Un questionnaire national adapté à leur âge doit être proposé avant les vacances de la Toussaint, en même temps que celui consacré au harcèlement. Les personnels seront également davantage formés pour détecter les signes de mal-être, accueillir la parole d’un enfant et l’orienter vers les professionnels compétents.

L'interview de la rédaction : Pierre Moya, recteur de l'académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté 

Le téléphone éteint et rangé au lycée

Après les écoles et les collèges, l’interdiction du téléphone portable doit s’appliquer dans les lycées. Les appareils devront être éteints et rangés pendant le temps scolaire. Chaque établissement pourra toutefois adapter la mesure. Des dérogations seront possibles lorsque le téléphone est nécessaire pour accéder à la cantine, effectuer un travail pédagogique ou répondre aux besoins des internes. Cette décision vise à améliorer la concentration des élèves et à réduire leur dépendance aux écrans.

L'interview de la rédaction : Pierre Moya, recteur de l'académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté 

Préparer les écoles aux fortes chaleurs

Après les épisodes de canicule survenus au printemps et au début de l’été, le rectorat veut identifier les écoles et les collèges les plus exposés. Des travaux et des achats d’équipements doivent permettre de créer au moins quelques salles fraîches dans les établissements concernés. Les épreuves écrites et orales des examens seront organisées le matin afin d’éviter les heures les plus chaudes. Une semaine académique consacrée à l’éducation au développement durable est également annoncée pour mars 2027. Enfin, malgré les cyberattaques ayant touché le ministère pendant l’été, la préparation de la rentrée n’a pas été perturbée dans l’académie de Besançon. Un plan de formation à l’intelligence artificielle doit également être déployé durant l’année, afin d’aider les enseignants et les élèves à utiliser ces nouveaux outils avec discernement.

L'interview de la rédaction : Pierre Moya, recteur de l'académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté 

Pierre Moya a été nommé recteur de la région académique Bourgogne-Franche-Comté et de l’académie de Besançon, ainsi que chancelier des universités, lundi 27 juillet en Conseil des ministres. Il succède à Nathalie Albert-Moretti, en poste depuis mars 2022, qui rejoint la région académique Bretagne et l’académie de Rennes.

Professeur d’histoire-géographie de formation, Pierre Moya a commencé sa carrière dans l’enseignement en 1990. Il a ensuite occupé de nombreuses fonctions de direction et d’encadrement au sein de l’Éducation nationale, notamment dans les académies de Lille, Versailles, Rouen et Créteil, ainsi qu’au ministère. Recteur de l’académie d’Amiens depuis juillet 2023, il prend désormais la tête de la région académique Bourgogne-Franche-Comté.

Les premiers résultats du baccalauréat 2026 confirment une légère progression dans l'académie de Besançon. Sur les 11 449 candidats inscrits, 9 783 ont été admis à l'issue du premier groupe d'épreuves, soit un taux de réussite de 85,4 %, en hausse de 0,4 point par rapport à 2025. Au total, 930 candidats (8,1 %) pourront se présenter aux épreuves de rattrapage.

Dans le détail, le baccalauréat général enregistre un taux de réussite de 90 %, en léger recul de 0,5 point. Les filières technologique (79,5 %) et professionnelle (81,6 %) progressent respectivement de 1,3 et 1,4 point par rapport à la précédente session. Les candidats se répartissaient entre la voie générale (51 %), la voie technologique (20 %) et la voie professionnelle (29 %).

Une intersyndicale de l'Éducation nationale appelle les enseignants à recourir à la grève pour dénoncer des conditions de travail jugées « inacceptables ». Les organisations syndicales estiment que la santé des personnels et des élèves est mise en danger et mettent en cause la responsabilité du ministère de l'Éducation nationale, du gouvernement ainsi que des précédents exécutifs.

Alors que le Doubs est désormais placé en vigilance rouge canicule, le SNES-FSU dénonce l'absence de consignes claires du rectorat de Besançon. Le syndicat affirme que près de 80 fiches ont été référencés dans le registre santé et sécurité depuis le début de la canicule.  Ils  ont été remplies par des personnels de l'académie de Besançon. Le syndicat  réclame des décisions harmonisées  et un plan de rénovation thermique des établissements scolaires.

Face aux fortes chaleurs, la Ville de Lons-le-Saunier délocalise ses écoles dans des locaux climatisés ou rafraîchis du 25 juin au 3 juillet. Juraparc, le Bœuf sur le Toit, la médiathèque 4C ou encore le centre de Montciel accueilleront les élèves selon leur établissement. Une mesure exceptionnelle destinée à garantir la sécurité des enfants tout en maintenant les cours dans de bonnes conditions.

En raison de l'épisode de canicule et de températures comprises entre 30 et 40°C relevées dans les établissements scolaires, la Ville de Lons-le-Saunier a décidé de fermer l'ensemble de ses écoles publiques du mardi 23 au vendredi 26 juin inclus, en concertation avec l'Éducation nationale. Seule l'école Bernard-Clavel, équipée d'un système de climatisation, restera ouverte. Aucun service d'accueil ne sera assuré pendant cette période.

Alors que la session du baccalauréat touche à sa fin ce jeudi, un incident s'est produit au lycée Jules-Haag de Besançon hier, mercredi. Vingt-deux élèves ont passé l'épreuve de spécialité en histoire géographie sur un sujet qui ne leur était pas destiné. Une confusion entre le sujet principal et le sujet de remplacement est à l'origine de cette erreur. Malgré ce dysfonctionnement, les candidats concernés n'auront pas à repasser l'épreuve. Le rectorat précise que leurs copies seront prises en compte selon une procédure adaptée.

Le coup d'envoi des épreuves au lycée Ledoux

Le baccalauréat 2026 a officiellement débuté ce lundi matin au lycée Ledoux de Besançon avec la traditionnelle épreuve de philosophie. Présente pour marquer le lancement de cette session, la rectrice de l'académie de Besançon, Nathalie Albert-Moretti, a rappelé les principaux enjeux de cet examen qui demeure, selon elle, « un très beau rituel de la République ». Comme chaque année, la philosophie ouvre le bal des épreuves terminales et suscite une attention particulière chez les jeunes, mais également dans les familles, dans les médias et au sein même de cette administration.

 

bac croizier

Le député Laurent Croizier était présent et a participé à la distribution des sujets de philosophie 

Une attention renforcée à l'orthographe et à la maîtrise de la langue

Parmi les consignes nationales de cette session 2026 figure une vigilance accrue concernant la qualité de l'expression écrite. Une orientation portée par le ministre de l'Éducation nationale et relayée auprès des candidats. « Le ministre souhaite que l'on prête une attention renforcée à la maîtrise de la langue et à la maîtrise de l'orthographe », explique Nathalie Albert-Moretti. Elle invite les élèves à consacrer du temps à la relecture de leurs copies afin d'éviter les erreurs qui pourraient pénaliser leur travail. La rectrice insiste toutefois sur le fait que cette exigence ne doit pas devenir une source d'angoisse supplémentaire : « Il ne faut pas que ce soit un facteur de stress, mais simplement un facteur d'attention ". 

L'interview de la rédaction : Nathalie Albert Moretti. 

Fraude et intelligence artificielle sous surveillance

Comme lors des sessions précédentes, la lutte contre la fraude reste une priorité. L'essor des nouvelles technologies et de l'intelligence artificielle conduit les services de l'Éducation nationale à renforcer leur vigilance. Les consignes sont claires : téléphones portables éteints et rangés dans les sacs, interdiction des montres connectées et surveillance attentive du déroulement des épreuves. « À la lecture des copies, on vérifie qu'il n'y ait pas de choses étranges qui pourraient laisser penser que l'intelligence artificielle a été mobilisée », précise la rectrice. Si aucune inquiétude particulière n'est signalée cette année dans l'académie, les candidats ont été sensibilisés aux risques encourus en cas de fraude. « On leur rappelle les sanctions qu'ils encourent si jamais ils sont surpris en train de frauder », ajoute-t-elle.

L'interview de la rédaction : Nathalie Albert Moretti. 

 

bac salle de classe

Un diplôme toujours central pour l'avenir des jeunes

Au-delà des épreuves elles-mêmes, Nathalie Albert-Moretti rappelle l'importance du baccalauréat dans le parcours des élèves. « Le baccalauréat, c'est le sésame pour les études supérieures », affirme-t-elle. L'examen représente souvent un moment de tension pour les candidats mais aussi pour leurs familles. « C'est un moment de stress et de mobilisation familiale bien souvent », reconnaît-elle. Elle insiste enfin sur la responsabilité de l'institution scolaire : « Il s'agit de valider leur capacité à suivre des études supérieures. » Une exigence qui, selon elle, justifie toute la mobilisation des équipes éducatives.

Au lycée Ledoux, les candidats ont ainsi planché ce lundi matin sur leur copie de philosophie avec sérieux et concentration. « Ils ont bien conscience que c'est un moment important de leur vie », conclut Mme Albert Moretti.

L'interview de la rédaction : Nathalie Albert Moretti. 

 

Les épreuves écrites du baccalauréat 2026 débuteront ce lundi 15 juin avec la traditionnelle épreuve de philosophie pour les élèves de terminale générale et technologique. Les candidats poursuivront ensuite leur parcours avec les épreuves de spécialité puis le grand oral avant les résultats attendus le 7 juillet. Dans l’académie de Besançon, plus de 11 600 candidats sont inscrits cette année. Parmi eux, plus de 8 200 préparent un baccalauréat général ou technologique, tandis que près de 3 400 se présentent au baccalauréat professionnel.

Une lutte renforcée contre la fraude

Cette session 2026 est marquée par un durcissement des mesures destinées à lutter contre la fraude aux examens. Le ministère de l’Éducation nationale estime que le développement des nouvelles technologies a favorisé l’apparition de nouvelles formes de tricherie, portant atteinte à l’équité entre les candidats et à la valeur des diplômes. Désormais, toutes les académies françaises sont équipées de détecteurs de téléphones portables. Les candidats seront également sensibilisés aux sanctions encourues en cas de fraude ou de tentative de fraude.

Les sanctions administratives peuvent aller du simple blâme à l’interdiction de se présenter à tout examen conduisant à l’obtention du baccalauréat pendant une durée maximale de cinq ans. Les fraudeurs peuvent également être privés de toute mention sur leur diplôme ou se voir interdire l’inscription dans un établissement public d’enseignement supérieur pour la même durée.

Une exigence accrue sur la qualité de l’expression écrite

Autre évolution importante de cette session 2026 : la maîtrise de la langue française sera davantage prise en compte dans l’évaluation des copies. Orthographe, syntaxe, grammaire, clarté de l’expression et qualité du raisonnement figureront désormais plus explicitement dans les barèmes nationaux de l’ensemble des disciplines. Le ministère précise qu’une copie jugée incompréhensible en raison d’une maîtrise insuffisante de la langue ou d’une expression défaillante se verra attribuer une note inférieure à la moyenne. Les candidats bénéficiant d’aménagements d’examen continueront toutefois à faire l’objet d’une prise en compte adaptée à leur situation. Cette mesure vise à valoriser le travail régulier, la rigueur, la qualité rédactionnelle et la capacité des élèves à construire une argumentation claire et structurée.

Les prochaines échéances

Après les épreuves écrites et orales, les résultats du baccalauréat seront publiés le 7 juillet. Les candidats admis au second groupe pourront passer les épreuves de rattrapage du 8 au 10 juillet. Enfin, les épreuves de remplacement sont programmées du 7 au 11 septembre pour les élèves n’ayant pu se présenter aux examens pour un motif dûment justifié. Pour les milliers de lycéens de l’académie de Besançon, le coup d’envoi des examens est désormais imminent, avec une session placée sous le signe de l’exigence, de l’équité et de la maîtrise de l’expression écrite.